La cuisine qui raccroche !

J’ai super bien mangé vendredi midi. J’étais invité chez un excellent traiteur. J’avais déjà gouté leurs délices lors d’une levée de fond, à l’automne. Un endroit chic ? Le nom du site internet, (www.traiteurbis.qc.ca) et les photos qu’on y voit, pourraient nous le faire croire, si on n’y prête pas suffisamment attention.

shapeimage_1Mais le « bis » après « traiteur » signifie Buffet Insère-jeunes. Les cuistots sont des jeunes de 16 à 25 ans que la vie n’a pas gâtés et qui deviennent en six mois, grâce aux formateurs de l’entreprise d’insertion sociale, des aide-cuisiniers ponctuels, efficaces, qui s’insèrent en emploi ou retournent aux études. (Transparence totale: c’est dans ma circonscription de Rosemont, rue Beaubien.)

Une cinquantaine par année sont ainsi des raccrocheurs sociaux dans les odeurs de soupe et de gâteaux, consommés par des écoles, des CPE, des individus qui font appel à ce service de traiteur sans toujours savoir qu’ils aident, ainsi, la réinsertion de décrocheurs.

Une partie des diplômés d’Insère-Jeunes se retrouvent un peu partout dans les cuisines des restaurants de Montréal. Et, m’explique-t-on, il est maintenant fréquent que les restaurateurs appellent, au moment de faire une nouvelle embauche, pour savoir si quelqu’un est disponible. Ça, c’est une réputation ! Il a fallu une dizaine d’années pour la construire.

Comme plusieurs autres entreprises d’insertion, BIS bénéficie de subventions gouvernementales, mais complète ses revenus de la vente de ses produits. Ce qui, pour l’ensemble des entreprises d’insertion, double la mise gouvernementale.

Une étude de 2011(pdf) commandée par le Collectif des entreprises d’insertion du Québec montre que l’investissement gouvernemental est récupéré aux 2/3 dès la première année et que, sur une période de 21 ans, ils ont des gains de 100 millions sur la dépense, sans compter les effets induits sur l’activité économique générale.

Bref, bien manger tout en investissant dans l’économie québécoise et en favorisant le raccrochage, c’est tout un menu…

 



12 réflexions au sujet de « La cuisine qui raccroche ! »

  1. Nous avons un projet au Nord d’Alma ; un centre écotouristique Mistouk sur le Lac comprenant des plateaux d’insertion socio professionnelle, en tourisme et en cuisine. Dix formations ont été ciblées par la CS LAc St-Jean Est afin de permettre à des jeunes du secteur éloignés du milieu du travail de pouvoir réintégrer leur milieu social et de nouveau contribuer au développement de leur coin de pays avec une fierté renouvelée et avec un sentiment d’appartenance fort et structurant pour le milieu : phase finale de financement avec ouverture prévue pour mi décembre 2013 si tout est attaché comme prévu d’ici fin février
    Hélène Philion, Chargée de prjet pour le Groupe Coderr

  2. Les enfants et les jeunes des pays en développement sont formidables d’ingéniosité et de courage face à l’incertitude de leur avenir économique. Pourtant, ils travaillent très fort. Se débrouillent et forcent l’admiration face à leur adaptation à des conditions extrêmes.

    Comment en sommes-nous arrivés ici à devoir récupérer autant de jeunes dans des programmes de soutien à l’apprentissage ?

    Un paradoxe… Plus on vous facilite la vie, et plus il devient compliqué de vous mobiliser ?

    Poser la question…

  3. Attention…avez vous payez pour votre diner…avec la commission Charbonneau, je ne fera pas de gaffes
    .

  4. C’est une excellente initiative pour faire participer les jeunes

    car tout le monde aime manger. C’est au quotidien en plus.

  5. Ces entreprises qui permettent de raccrocher les jeunes sont d’excellentes initiatives qui méritent d’être encouragées. Merci de nous tenir informés. Une petite remarque en passant : « levée de fonds » est un anglicisme. Il est préférable d’utiliser : collecte de fonds ,campagne de souscription etc.

  6. Formidables projets de réinsertion. Paradoxalement, ayant vécu dans les pays en développement comme agent de changement, j’y assistais à des initiatives quotidiennes de gens démunis, jeunes, handicapés et autres clientèles… qui n’attendaient aucune aide de l’État. La débrouille est fonction croissante des possibilités des programmes divers… Moins vous avez de subventions et plus vous trouvez des moyens par vous-même pour arriver à vous en sortir. Et l’inverse. Plus vous avec de voie de dérivation, et plus vous dérivez…

    Je pose seulement une question ici…

    Mais quand on a vu un cycliste renverser son vélo à dessein de le transformer en poste de travail et utiliser son pédalier comme moteur pour affuter les couteaux, on se demande bien à quoi servent les subventions, sinon à émousser les velléités autonomistes des travailleurs en quête de vacances anticipées…

    Je sais. Autres pays, autres moeurs. Mais tout de même. L’approche socio-démocrate aurait-elle ses limites ?

  7. Merci de nous le faire savoir. Pourriez-vous, M. Lisée, informer les &?%@ qui nous gouvernent au fédéral que des initiatives de ce genre sont nettement plus efficaces que l’enfermement dans des pénitenciers?

    • M. Louis Paré, le ‘harper government’ veut imiter les USA et faire du système judiciaire et des pénitenciers, un secteur d’activité économique du système capitaliste, là où la Société n’existe plus, seulement des individus dans la jungle humaine, un lieu favorable aux plus forts, aux prédateurs de tout acabit.

      Seulement les crimes commis à l’aide d’une arme à feu, représentent plus de 300 milliards de retombées diverses dont les plus lucratives découlent des pénitenciers sous gérance privée.

      Ouao ! Jackpot !$$$ !

      Enfin pour la Droite américaine (et les ‘reformists’ cadna-dians), les Institutions de l’État ne sont que là que pour servir à l’enrichissement des riches et puissants et ainsi, rien ne doit être tenté pour aider les plus vulnérables et, ou réduire les possibilités de prédation pour eux, djeu ayant créé un monde chaotique ‘‘volontairement’’ aux faveurs de ses ‘élus privilégiés’, les riches et puissants de la finance, du pétrole et de l’armement.

      La Souveraineté est notre seul salut, considérant que les ‘reformists’ harperiens « s’arrangeront » pour se maintenir au pouvoir très, très longtemps.

    • La planète Harper-Boisvenu est glaciale. Et il nous tarde de la reléguer aux confins de la galaxie du passé…

  8. il faut aller voir le site du restaurant « Fifteen » à Londres mis sur pied par Jamie Oliver (oui, c’est bien lui) afin de permettre à des jeunes sans emploi de participer à une entreprise de création remarquable (http://www.fifteen.net);
    avec ma femme, nous avons mangé là en 2011 et ce fut une expérience inoubliable….
    bonne continuation
    jacques

  9. À Québec, il existe le Piolet, sur la rue Racine, qui a la même mission. On y mange très bien et les résultats sont impressionnants! C’est de voir la fierté retrouvée de ces jeunes ! Bravo à tous ceux qui jour après jour travaillent avec eux, leur redonne confiance et leur montre un métier!

Les commentaires sont fermés.