Lire: La Langue de Marc Cassivi est-elle vraiment Mauvaise ?

cassiviAi-je le droit d’aimer à la fois Marc Cassivi et Mathieu Bock-Côté ? J’ai l’impression que l’un et l’autre me l’interdiraient, mais étant un indépendantiste indépendant impénitent, je choisis de ne pas choisir.

J’ai bien trouvé dans Mauvaise langue, le petit essai publié par Cassivi, des points de désaccord. Il juge que la Charte des valeurs était xénophobe, ce qui est à mon avis un point de vue intolérant. Il affirme qu’à chaque retour de l’étranger, il trouve le Québec nombriliste, centré sur ses nouvelles et ses vedettes. Il devrait savoir que c’est vrai de tout citoyen revenant chez lui et qu’au palmarès du nombril, le Québec est loin derrière les États-Unis ou le Canada. Finalement Cassivi répète un poncif élitiste sur l’anti-intellectualisme primaire des Québécois. Moi qui pensais lui avoir fait la démonstration du contraire ici: (Le Québec anti-intello ? Wô Menute !)

Mais pour le reste, j’ai aimé ma lecture. Son récit de francophone transplanté de sa Gaspésie natale dans le No-French-Land que constitue le West Island, puis découvrant au collège la culture québécoise, est une utile contribution qui s’ajoute à celle, discutée ici, du hongrois d’origine Akos Verboczy dans Rhapsodie québécoise.

Je sais que Cassivi donne de l’urticaire à mes amis de la SSJB. Personnellement, je suis plutôt content que ce représentant auto-proclamé de l’anglophilie, des joies du franglais et d’un attachement à la diversité quasi indissociable du trudeauisme soit (rrrroulement de tambour) indépendantiste. Qu’il en explique le sens, qu’il le dise à tous les micros, de façon désinhibée, à sa manière. Car sa manière est celle d’un très grand nombre de Québécois et de Montréalais.

Cassivi est plus Alexandre Cloutier que Bernard Drainville. C’est clair. Et pourquoi pas ? Je suis de ceux qui leur trouve du mérite (et des défauts) à tous les deux. Je ne manque jamais une chronique de Christian Rioux (la bête noire de Cassivi). Pourtant,  j’ai découvert dans Mauvaise Langue des raisons d’apprécier le chroniqueur devenu essayiste.

N’est-ce pas un signe de richesse intellectuelle que d’avoir pour l’indépendance des voix aussi diverses ? Qu’ils se chamaillent à qui mieux mieux, parfait ! Cela nous fait de la bonne lecture et tient nos neurones en éveil. Mais qu’ils entraînent chacun avec leur couleur, leurs lecteurs vers un pays appelé Québec, la fête n’en sera que plus belle.

À votre tour !

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Pour les précédentes recensions, c’est ici.



9 réflexions au sujet de « Lire: La Langue de Marc Cassivi est-elle vraiment Mauvaise ? »

  1. Très déçu de cette prise de position de votre part M. Lisée. À force de vouloir paraître ouvert d’esprit on en vient à se renier. Si Cassivi est souverainiste, c’est plus au sens de la boutade de Justin Trudeau, à propos sa conversion possible à l’indépendance du Québec, si Harper et les conservateurs, trop à droite, continuaient de changer la nature de son Canada. Le Canada légué par son papa. En d’autres mots, Cassivi se dit souverainiste pour des principes autres que ceux liés à la protection de notre particularité identitaire. Sa position ne tient pas la route et incarne une contradiction évidente. Il se dit souverainiste pour avoir l’air ouvert d’esprit, en l’appuyant à moitié vous faites la même chose. Tous deux vous ne croyez pas vraiment à votre position contradictoire, mais ça fait tellement plus chic d’être impur, de mélanger les idées, même au péril de l’incohérence et de l’aveuglement.

  2. Il vous doit une fière chandelle. Si son brûlot(pas lu) trouve grâce à vos yeux, lui-même, dans ses entrevues éparses ne cherche nullement à se gagner NOS faveurs, à Nous qui poursuivons Notre Quête vers le Pays où coulent le lait et le miel. KCV exaspère par son sourire auquel il ne peut rien mais aussi par son choix de mots, qui lui viennent aussi malgré lui lorsqu’il improvise, dans une ligne de pensée qu’il avoue être une commande.

  3. Cher Jean-François,

    Je n’ai pas lu l’essai de Cassivi. Je devrais peut-être, par honnêteté intellectuelle ou par ouverture d’esprit. Mais il me semble qu’en me fiant seulement à vos  »points de désaccords », je suis déjà en désaccord. Un trudeauiste indépendantiste? Voilà une courbette nouvelle. Notre projet de société (distincte) est-il devenu si désincarné de l’histoire, de sa trame nationale, que l’on en soit venu à embrasser l’idéologie dominante, à faire nôtre ses apparats et son pouvoir séducteur? Serions-nous devenus jaloux de la victoire idéologique du camp adverse, celui dont le projet avoué depuis longtemps est la négation de notre existence comme nation?

    Jusqu’où irons-nous dans la négation des fondamentaux de notre lutte nationale pour séduire cet électorat mondialisé qui ne se sent tout simplement pas attaché, comme nous le sommes, à la dimension historique du mouvement indépendantiste, à la continuité historique de sa résistance? Si, par miracle, nous leur arrachons leurs votes et que dans les urnes, à 50+1, nous vainquons, quelle citoyenneté aurons-nous en héritage? Un multiculturalisme 2.0, à saveur bilingue? Autrement dit, à quoi bon faire la révolution, si c’est pour ne rien changer?

    Habituellement, la faiblesse de  »nos amis de la SSJB » (hashtag caribous), est le fait de vouloir réaliser l’indépendance coûte que coûte, sans engagement dans un projet social. Ici, la faiblesse, c’est de vouloir réaliser l’indépendance pour reproduire le projet social…canadien! Je ne voudrais pas me retrouver avec le pire des deux mondes.

    Vaincre ne sera pas suffisant, les énergies que nous déployons exigent que le jeu en vaille la chandelle. Nous devons convaincre.

    Amicalement,
    Marc-Étienne

    • Bon, un autre créneau qu’on tente d’agrandir et surtout d’occuper. Ici il me semble que les arguments anti, de Cassivi, pèsent plus lourds que sa  »supposée » option politique. En effet, à quoi sert de se prétendre  »indépendantiste » si on donne dans l’argumentaire contraire. belle façon de  »gripper » la machine encore un peu plus.
      Tenter de se…distinguer des quelques résistants qui s’affichent en laissant entendre que la bataille de la…reconnaissance du français est  »passéiste »; n’est pour moi qu’une façon d’attirer les projecteurs en laissant entendre :  »…moi j’ai compris des choses que vous les obstinés (astineux) comprendrez, peut-être, plus tard ». Quant à Christian Rioux, puisqu’il ne sera sûrement pas remplacé, longue vie à sa chronique et on lui pardonne les quelques  »raccourcis » qui émaillent parfois des textes qui surprennent.
      Foglia, vous n’avez pas déjà oublié, j’espère?

  4. Pour moi l’implantation du franglais au Québec est simplement le rêve absolu, la « solution finale » du multiculturalisme canadien trudeauiste.
    À partir du moment où le franglais se répand ici, il scie la branche du français comme langue internationale… et plonge les Québécois dans un cul-de-sac en transformant la langue d’ici en diialecte, inutile … pour se relier au monde … alors l’avenir, la seule ouverture sur le monde devient le passage à l’anglais comme langue d’ouverture sur le monde….

    Le franglais c’est le chiac du NewB, puis la louisianisation.

    Le franglais est simplement du désamour du français enseigné ici depuis l’implantation de l’empire britannique ici , qui a tenté de convaincre tout le monde qu’ici ce n’est pas du français, c’est une sous-langue , dont il faudrait avoir honte et enfin parler la langue de l’Empire

    Désamour que montre à l’oeuvre Akos Verboczy à savoir la campagne culturelle des anglos pour faire du Québec un des rares endroits au monde où le français est méprisé… message transmis à tous les nouveaux arrivants , merci Canada.

    Comme je l’ai suggéré ailleurs, la survie du français au Québec, passe par une politique de multilinguisme des Amériques, (le français d’abord , puis deux langues secondes… l’espagnol et l’anglais, …. car si nous sommes entourés par une mer d’anglos, levons les yeux et il y a 600 millions de latins en Amériques

    pour une introduction à cette question… «  »Anglais et français: les langues ne sont pas interchangeables » », sur le site du Huff Post
    http://quebec.huffingtonpost.ca/alain-lavallee/francais-langue-francaise-quebec-anglais-espagnol-bilinguisme_b_9236412.html

  5. Cassivi et ses compagnons en idéologie multiculturaliste ont gagné. Je n’en suis ni heureux ni malheureux, ayant fait le plus gros, vraiment le plus gros de mon temps sur terre… de mon temps tout court. Ce n’est pas seulement la fin assurée d’une possible souveraineté (la grande majorité, sinon la totalité des nouveaux arrivants votent désormais pour les deux Parti Libéral rt de plus en plus de jeunes se fichent de la souveraineté). C’est aussi le début de la fin prévisible maintenant de la francophonie en Amérique du Nord. La langue impériale du 20ème siècle domine le monde. Partout, l’anglais est la langue véhiculaire. Pour survivre n’importe où dans le monde, il faut parler même pas « fluent », anglais et j’en ai fait largement l’expérience. Au Québec, à commencer par Montréal ouest, ça s’infiltre par les université francophones et par les CEGEP. Tous les cégépiennes (et piens) sont désormais bilingues. La culture littéraire, musicale, cinématographique netflixienne est désormais anglophone. La très bonne émissiion de la télévision de Radio-Canada « En direct de l’univers » diffuse souvent une majorité de chanson anglophones (de très bonnes chansons anglophones) et tout le monde suit parfaitment. De plus en plus dans des réunions francophones, si l’un ou l’une des participant-e-s anglophones ne parle pas français, la discussion se déroule uniquement en anglais et à peu près tput le monde suit et participe.. Le Premier Ministre du Québec ne semble avoir aucun intérêt politique pour le français. À ses yeux, ce ne peut-être qu’une deuxième langue que l’on peut maîtriser ttrès bien et c’est ce qu’il fait, souvent mieux que bien des ministres francophones. Peut-être et au maximum, une langue de grande culture, comme il était bon dans son cours classique d’étudier le latin et le grec, des langues mortes. La langue « efficace » aux yeux de M. Couillard et de ses consillers, c’est l’anglais. Et que dire du pouvoir fédéral, le français ne sert à rien. Point barre., Pendant la deuxième guerre mondiale, le général de Gaulle avait souvent maille à partir ave un important général britannanique qui parlait parfaitement français, mais qui rêvais en même temps de mettre la France au pas. Ce général anglais disait qu’il aimait la France. De Gaulle lui répondait qu’il aimait la France comme il aimerait le camembert, pour la manger. M. Couillard doit sans doute préféer le stilton.

  6. La Révolution tranquille ou l’auto-flagellation? Je sais aujourd’hui que, comme tous les multiculturels dont je faisais partie (j’habitais Ville-Émard) à l’époque de M. Duplessis, que les unionistes étaient tout simplement des francophones dont la culture religieuse aidait à s’aimer comme peuple.
    Je sais aussi maintenant que le multiculturalisme était une patente à gosse dont l’objectif était précisément le contraire. J’avais l’impression que dorénavant, les pommes, les oranges, les bananes, ça pouvaient être néfaste pour certains. Le remède à tous nos maux: la salade de fruits. J’y ai vu surtout un tremplin pour propulser dans l’actualité des personnages qui autrement seraient restés dans l’anonymat. Pire, certains de ces personnages faisaient semblant que leur affection pour le peuple francophone du Québec conditionnait leur comportement, non pas leur ambition.

    • Réflexe d’arrière-garde! Tous les Indépendantistes de cette terre: unissez-vous pour porter la Cause au pouvoir! Ensuite à la Constitution! Ensuite au Référendum! Ensuite au Pays du Québec, République, avec élections démocratiques programmées et terre d’accueil pour les invités respectueux!

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