À lire: L’espionne de Margaret Atwood

margaret atwoodOui, j’ai lu The Testaments, la suite de La servante écarlate, de Margaret Atwood. Oui, je l’ai lu en moins de 48 heures. Oui, je vous le recommande chaudement.

Atwood est une romancière remarquable. J’ai dû lire la moitié de sa production, presque toujours avec délice (je n’ai pas terminé sa trilogie de science fiction MadAddam , que je trouvais répétitive, mais je recommande chaudement La voleuse d’hommes/ The Rubber Bride, Le tueur aveugle/Blind Assasin  et son essai sur la dette Comptes et légendes/Payback)

Évidemment, son roman le plus connu – et peut-être le meilleur, ce qui n’est pas certain – est La servante écarlate, publié en 1985, au moment où on prend conscience de la montée de la droite religieuse aux États-Unis.

Le récit est connu: La Servante (Handmaid’s Tale), est une jeune professionnelle américaine vivant la prise du pouvoir par les « Fils de Jacob » qui imposent sur une partie des États-Unis une théocratie misogyne. Le taux de natalité ayant sombré, les femmes capables d’enfanter, comme l’héroïne, sont forcées de fournir une progéniture aux dirigeants du régime.

La Servante décrit au quotidien la vie dans ce régime concentrationnaire appelé « Gilead » et les tentatives de ses opprimées pour s’en affranchir. Le bouquin est devenu un classique, souvent enseigné dans les écoles secondaires  au même titre que 1984, de George Orwell. Avec raison.

Le roman connaît une nouvelle vie avec la série télé produite en 2017 mettant en vedette Elizabeth Moss. Sa première saison (excellente) est fidèle au livre, les deux suivantes sont des extrapolations. (La troisième saison contredit Testaments sur l’histoire pré-Gilead de Tante Lydia. Mais on indique que la quatrième saison va rajuster le tir.)

Alors que dire de sa suite, The Testaments ? Il faut absolument le lire, bien sûr, mais seulement si on a lu La Servante d’abord.

Je prends le risque de dire que The Testaments n’est pas un Grand livre. Peut-être parce qu’il s’appuie sur l’univers créé dans son tome précédent, Testaments apporte peu en terme de réflexion nouvelle sur l’oppression, la condition des femmes, la place de la religion. Il s’agit simplement d’un excellent thriller qui se déroule dans l’univers de La Servante.

Je ne divulgue ni ne gâche rien d’important en rapportant que, dès les premières pages, on est pris par la main par une des figures les plus détestables de La Servante, Tante Lydia, qui a la tâche de discipliner, battre, casser les femmes pour les contraindre à leur nouveau rôle dans la théocratie.

Atwood nous révèle ici que cette Tante, une juge dans les États-Unis pré-Giliad,  a elle-même du être cassée et torturée pour accepter son nouveau rôle. Elle prépare savamment sa revanche.

Testaments, comme La Servante, est écrit sous la forme d’un manuscrit laissé par Lydia et de témoignages de deux femmes de la seconde génération de Gilead. Ce qui donne de l’épaisseur au récit.

Je n’en dis pas plus.

On nous avise que Testaments est sur la liste des finalistes pour un des plus grands prix littéraires du monde anglophone, le Booker Prize. (Dernière heure: elle vient de le recevoir !)

Il ne le mérite pas. S’il l’obtient – et je lui souhaite – c’est seulement parce que le jury du Booker Prize ne l’ont pas offert à La Servante en 1985. Ce serait donc alors un prix, mérité, pour l’ensemble de l’œuvre sur Gilead !

Donc, oui, dans la catégorie NPLCLALUTDMC (Ne pas lire ce livre aurait laissé un trou dans ma culture) : La Servante écarlate, en librairie

La version française de Testaments est disponible, on peut la commander en cliquant ici.


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