CAQ et PLQ: Des déserteurs de la compassion ?

Nous étions pourtant tous d’accord, il y a un an à peine, en mai 2013. Tous, Libéraux, Caquistes, Solidaires et Péquistes.

Nous avons tous reconnus que:

« L’assemblée nationale demande au gouvernement de rehausser le financement des organismes d’action communautaire autonome en santé et services sociaux ».

Pourquoi? Parce que ces 3000 organismes, et 1000 autres dans les secteurs de la famille, de l’éducation et de la défense des droits, apportent au quotidien un appui inestimable à des dizaines de milliers de Québécois vulnérables.

Le gouvernement du Parti québécois a répondu à l’appel unanime de l’Assemblée en prévoyant, dès septembre de cette année, trois mesures phares: un rehaussement annuel de 54 millions pour stabiliser le financement de base des organisations, une enveloppe de 10 millions pour les aider à devenir propriétaires de leurs locaux, des mesures pour que les salariés de ces organismes aient des bénéfices et des retraites décents.

Tout le monde a applaudi.

Ce jeudi, tout le monde n’a pas applaudi.

Ce jeudi, ma collègue Françoise David a présenté à l’Assemblée, avec mon co-parrainage, une motion qui réitérait tout simplement ce que nous avions dit, ensemble, il y a un an.

Cette fois, le PLQ a dit non. Le PLQ a estimé qu’il serait impossible, dans le budget de 90 milliards de dollars qui sera déposé la semaine prochaine, de trouver 54 millions pour 4000 groupes d’aide, soit 0,06%
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Cette fois, la CAQ a dit non. Non pour coparrainer la motion, non pour participer à la conférence de presse commune avec les groupes concernés, non pour réitérer publiquement sa position de mai 2013. Ce refus fut clairement signifié aux organismes concernés.

Ce qui est particulièrement étonnant lorsqu’on lit la lettre envoyée il y a à peine six mois par François Legault aux organismes communautaires de sa région:

Legault

Le chef caquiste aurait-il oublié cet engagement depuis ? Non, il l’a réitéré dans un journal local IL Y A DEUX JOURS:

Questionné sur des dossiers qui touchent particulièrement les communautés lanaudoise et moulinoise, M. Legault a entre autres déploré les problèmes d’équité qui perdurent dans le financement des organismes communautaires ainsi que dans les ressources du réseau de la santé et des services sociaux.

Son député de Masson, Mathieu Lemay, disait la même chose le 2 mai dernier:

« Également, sur la scène communautaire, les organismes ont hâte de voir si le rehaussement du financement qui leur a été promis par le Parti Québécois sera maintenu par le Parti libéral. Nos organismes ont besoin de ce financement, et moi et mon parti entendons suivre ce dossier de près.»

Cela vous choque ? Joignez-vous à la campagne:

Et ma question à ce sujet à la ministre ce jeudi:



17 réflexions au sujet de « CAQ et PLQ: Des déserteurs de la compassion ? »

  1. Je n’ai pas de commentaires, mais plutôt une question concernant la séparation du Québec!
    J’y croyais fermement avec René Lévesque. Un peu moins avec Jacques Parizeau. Maintenant, plus du tout, avec toute la merde qui se passe présentement.
    Ce que j’aimerais connaître, car jamais nous l’entendons clairement, ce sont les chiffres. Les chiffres qui démontrent clairement « le pourquoi » que le Québec devrait se séparer. De plus, est-ce possible de savoir combien le Québec donne au Fédéral et combien celui-ci nous donne t-il chaque année?
    Merci de faire suite,

  2. Votre « collègue » Françoise David!!! Pffff! Elle n’a pas cessé de « varger » sur le PQ pendant les dix-huit mois de son gouvernement. Et maintenant elle se plaint du PLQ!
    Quelle hypocrite.

  3. @ André Cyr

    Comment peut-on dire d’un citoyen qui paie plus de 100 000$ en impôts qu’il ne paie pas sa juste part? Je crois plutôt qu’il paie la part de plusieurs de ses concitoyens. La rectitude politique a détourné le sens de la solidarité pour en faire une obligation envers les plus pauvres, or elle devrait être un devoir de tous les citoyens envers tous leurs concitoyens.

  4. Intéressant votre article Monsieur Lisée. Comme d’autres électeurs cependant, je me pose de sérieuses questions sur les choix fiscaux que le Parti québécois n’a pas osé faire, même dans son court mandat de moins de 20 mois. L’élite économique néolibérale nous bombarde présentement de modifications structurelles des finances publiques associées entre autres au vieillissement de la population. Cependant, pourquoi les partis traditionnels incluant le PQ n’osent pas aborder la structure de ces paliers d’imposition fiscaux qi au cours des dernières années n’ont jamais cessé de faire porter le fardeau sur les individus des classes appauvries et de la classe moyenne. Ne faudrait-il pas élargir ces taux d’imposition également afin que certains riches paient leur juste part? N’est-ce pas George Soros et Warren Buffet, parmi les plus riches américains qui conseillaient au Président Obama et reconnaissaient qu’ils ne payaient pas d’impôts alors que leur secrétaire gagnant à peine 40 000 $ étaient imposés à plus de 30 %. Ne croyez-vous pas que Mad. Marois en tant que Première ministre aurait du faire preuve de plus d’audace afin d’imposer les plus riches, les 1%, sinon ceux qui à coups de milliards investissent dans les paradis fiscaux comme l’ile de Jersey (comme Philippe Couillard) ou dans le Delaware (comme le député péquiste de St-Jérôme) . Évidemment, pour reconnaitre une telle situation, il aurait fallu que la PM ose affronter les Chantres du capitalisme comme les Chambres de commerce qui ont des pouvoirs au-delà de leur réelle représentation; les calculs politiques du Parti québécois étant de ménager ces élites économiques « déjà frileuses au plan de la souveraineté » afin de ne pas soulever trop de vagues et s’assurer de regagner le Pouvoir majoritaire à tout prix.
    Je vous rappellerai enfin qu’après la seconde guerre mondiale banques et richesses sous Eisenhower étaient imposés jusqu’à 90 % ; période qui correspondait à l’une des périodes les plus fastes au plan économique pour l’Occident: http://www.nytimes.com/2012/04/14/us/politics/obamas-release-tax-returns.html?_r=0

  5. Je vous trouve bien courageux de vous battre comme vous le faites pour nous. Je ne vous cacherai pas mon léger découragement devant les événements. Oui, vous avez bien raison que bien des organismes communautaires méritent entièrement notre appuie. J’y ai travaillé pendant de longues années. C’est sûr qu’il y a eut de l’amélioration, il faut d’ailleurs féliciter les nombreux bénévoles. Je prends de l’âge et je m’accroche à ces personnes fabuleuses qui ne lâchent pas. Elles sont comme des étoiles qui brillent dans mon firmament. Histoire vraie. Je parlais dernièrement à mon ancien directeur d’école qui me faisait remarquer que l’année 1982 fut l’année charnière qui marqua définitivement le Québec. Avant 82, les québécois étaient ouverts, partageaient, mes classes étaient animées comme ça ne se peut pas et, tout à coup, sans explication, (C’était quand même la crise.) tout sommes retombés dans du chacun pour soi et nous y sommes restés. Avant 82, j’avais même un petit parti communiste formé d’élèves de 2e secondaire. Ils sont tous fait des missionnaires pour quelques années en Amérique du Sud. Des gens engagés comme ça se peut pas et tout à coup, un revirement de situation complet, du chacun pour soi mais totalement chacun pour soi.Et ça n’a pas changé. Ça me désole. Et je ne sais trop comment vous faites pour vous intéresser à la politique. Bien sûr que vous avez fréquenté du Lucien Bouchard par exemple. Alors, là, c’est du haut de gamme. Vous êtes un « vlimeux » de chanceux et plein de talents en plus. Orphelin, j’ai passé ma vie à me battre pour avoir de la culture, etc. Et maintenant, on me dit que j’en sais trop. Curieux le monde! Comment vous faites pour durer? Je vous trouve, très, très bon de durer et de m’aider à durer aussi. Avec tous mes hommages. Richard Labelle

  6. La ministre est loin de maîtriser le discours politicien traditionnel qui nous donne l’impression d’avoir répondu à la question alors que ce n’est pas le cas. Sa stratégie pour éviter les questions est évidentes et pathétique. On dirait du Jacques Gourde au fédéral. La même cassette qui revient constamment. Elle dit être députée depuis 2003. Navrant pour son comté.

  7. Pour aider davantage les organismes communautaires il faudrait taxer davantage des entreprises comme Couche-Tard qui a servi à enrichir son PDG en exploitant des travailleurs incapables de se syndiquer. Capitalisme sauvage, vous dis-je ! Pourtant son PDG méprise aujourd’hui le Québec en raison du fait qu’il reçoit du Fédéral un retour sur son argent en plus d’une compensation pour les avantages reçus par l’Ontario dans l’automobile, l’Alberta pour son pétrole, Terre-Neuve pour l’hydroélectricité et l’Ouest pour le blé. Par contre, lorsque la crise du bois d’oeuvre est survenu au Québec le Fédéral était aux abonnés absents.

    Sans la présence des organismes communautaires et de leurs dévoués bénévoles le vivre ensemble et le partage seraient un vain mot. Il ne faudrait surtout pas compter sur des PDG comme Monsieur Bouchard pour contribuer à faire réduire la pauvreté.

    En réaction à son discours les BS devraient cesser de fréquenter ses dépanneurs. Ce serait un juste retour des choses !

  8. J’ai maintenant pris l’habitude de consulter régulièrement votre blog et je réalise de plus en plus, avec étonnement, qu’il constitue pour moi une source d’information inestimable sur le plan politique par rapport à ma traditionnelle consommation d’information qui avait toujours été, jusqu’à récemment, exclusivement télévisuelle. Il faut dire qu’en matière de médias sociaux, je suis plutôt un néophyte. Mais je parle d’étonnement parce qu’il me semble tout à fait incroyable de constater ( j’en profite en passant pour vous féliciter pour la formule que vous avez adoptée) jusqu’à quel point sur le plan de la clarté, le compte rendu de ce qui se passe, ne serait-ce qu’à l’assemblé national par exemple, diffère de ce qui nous est délivré quotidiennement dans les médias traditionnels. Comme tout autre citoyen fortement engagé dans ses propres occupations je n’ai pas le loisir de suivre attentivement tout les débats, mais je n’en suis pas moins conscient que plein de choses se débattent et se trament sans que je n’ai plus de moyens de tout suivre que d’intervenir. Je m’étonne, parce que la substance de vos interventions à vous, et dont vous nous faîtes part, et qui sont, il me semble, d’une importance capitale, ne trouve nullement d’échos dans les buletins de nouvelles que je continue pourtant de suivre. La facilité…. L’habitude…. peut-être un peu la paresse, parfois, oblige…. N’empêche que pour ce qui est de la véracité (çà crève les yeux), la compréhension des enjeux, du positionnement de chacun des partis. Pour ce qui est de la mise en perspective, je ne saurrais dire tout simplement, que ç´est plus efficace, ç´est surtout plus vraies!! Je me demande seulement si vous ne devriez pas trouver le moyen de rejoindre encore plus de gens, de vous diffuser davantage. Encore une fois je vous félicite pour votre éloquence, et votre prestance aussi, nous avons grandement besoin de gens comme vous.

  9. Le financement des organismes communautaires est depuis trop longtemps un enjeu de société de lutte à la pauvreté, sans parler des conditions de travail de ces travailleurs-euses ! Merci M. Lisée d’en parler sur votre blogue, j’aime vous lire…

  10. Ce gouvernement est à la solde de tous ceux qui veulent un certain développement du Québec mais pas avec une certaine solidarité.Tout pour les amis quoi!

  11. À mon avis moins il y aura d’investissement dans les organismes communautaires qui viennent en aide aux plus vulnérables, plus la criminalité augmentera avec tous les frais afférant à celle-ci. C’est un mauvais calcul!

  12. « Cette fois, le PLQ a dit non. Le PLQ a estimé qu’il serait impossible, dans le budget de 90 milliards de dollars qui sera déposé la semaine prochaine, de trouver 54 millions pour 4000 groupes d’aide, soit 0,0000000006% »

    M. Lisée, 54 M$ en provenance de 90 G$ représente 0,06% et non 0,0000000006% comme vous le sous-entendez.

    Bien à vous

  13. Si les banques, directeurs de grosses compagnies (Hydro), actionnaires, médecins, sénateurs payaient leur juste part en impôts, plutôt que d’envoyer leurs profits en paradis fiscaux (voir P.Couillard), nous aurions assez d’argent ET pour nos services essentiels ET pour payer les salaires (minimals) des 3000 organismes culturels et sociaux. Que fait le PLQ ? Il accorde des augmentations à collègues !

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