Des électeurs adéquistes surréalistes !

La lecture des sondages révèle toujours la diversité des opinions des citoyens. Des libéraux indépendantistes. Des Québec Solidaire qui flirtent avec Legault, etc.

Mais il est rare de trouver, comme dans le sondage Léger réalisé pour Le Devoir de ce lundi, la perle rare: une majorité d’égarés.

En fin de sondage, l’équipe Léger a demandé ceci:

Si un Nouveau parti démocratique existait sur la scène provinciale au Québec, est-ce que vous voteriez pour un tel parti?

Les électeurs Adéquistes se sont montrés particulièrement intéressants.

12% ont juré fidélité à leur parti.
42% ont dit qu’ils ne savaient pas s’ils voteraient, ou non, pour le NPD
et
46% ont dit que, oui, ils voteraient pour le NPD.
Donc pour un parti officiellement « socialiste ».

Si Mario Dumont était mort, il ferait un 360 dans sa tombe !

A la défense de Sylvie Roy

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D’accord, elle n’est ni ne sera notre Hillary Clinton (dommage) notre Margaret Thatcher (heureusement) ou notre Ségolène Royal (?!?). Si elle quitte la politique le canal V lui offrira peut-être d’animer Sylvie Roy 26 ou 47, mais certainement pas 360. N’empêche. Elle est aujourd’hui victime d’une stratégie politique que les auditeurs de l’excellente ex-série américaine The Practice connaissent sous le nom de « Plan B ». Les protagonistes, avocats de la défense, utilisaient cette technique lorsqu’ils savaient que leur client était sur le point d’être condamné (souvent à mort). Alors, avec toute la mauvaise foi dont ils étaient capables, ils choisissaient un des témoins et l’accusaient, lui, sans la moindre preuve, d’être une crapule. Le but: insérer un doute dans l’esprit d’au moins un membre du jury.  Ça marche à Québec aussi.Englué dans un contexte de scandales de collusion et de corruption, complètement réfractaire à l’idée de tenir une commission d’enquête publique, assommé par une jugement surréaliste de la Cour suprême sur la langue, en chute dans les sondages, l’équipe Charest choisit de changer le sujet. Le prétexte, la question que la chef intérimaire de l’ADQ a posée en chambre. La voici:  «Est-ce que le ministre de la Sécurité publique, dans ses vérifications, a appris que le premier ministre sait qu’il y a trois ministres qui ont été sur le bateau d’Accurso?» Maintenant, les faits avérés: Benoit Labonté croyait savoir que trois ministres y étaient allés et en a informé Jean Charest. Sylvie Roy n’a pas nommé les ministres, mais Labonté l’avait fait dans sa conversation à Charest. Ce dernier a vérifié auprès des ministres, qui ont nié. Puis, M Charest  a révélé leurs noms. Sylvie Roy, jamais. Pourtant, le gouvernement veut adopter une motion de blâme contre Mme Roy, ce qui ne s’est pas fait en vingt ans.

(Pas toutes) Mes excuses

Le Devoir

samedi 13 décembre 2008

Jean Charest était fidèle à lui-même au lendemain d’une élection boudée par 43 % des électeurs — une catastrophe démocratique. Il n’y est pour rien, dit-il. Il ne connaît ni regret, ni excuses, jamais, sur aucun sujet. C’est sa ligne de conduite. On trouve parfois le travers inverse, soit le cas où, pour reprendre la fulgurante expression d’Yves Boisvert au sujet d’un chef forcé de se dédire, « ses excuses ont dépassé sa pensée ». Je vais tenter de naviguer entre ces deux écueils en présentant ici mes excuses mesurées à Jean Charest, à Françoise David et Amir Khadir, puis à Mario Dumont.

Montée de l’ADQ: Enfin de l’action

Disons-le autrement : la promotion des intérêts de la société francophone qu’est pour l’essentiel le Québec est la raison d’être du PQ, le souveraineté étant le moyen proposé pour le mieux y arriver. Se déconnecter de cette raison d’être, c’est se couper de son énergie vitale et de l’électorat francophone.

L’actualité, vendredi 11 mai 2007

(Version intégrale)

L’incertitude. Nous y voilà, dans l’incertitude politique. Pour plusieurs années. Et je dois avouer qu’à première vue, je m’y plais. Parce que récemment – depuis, disons, 2000 – nous vivions dans la certitude, et cela me lassait. La certitude qu’il ne se passerait rien, sur le plan de l’avenir du Québec. Pas de réconciliation avec la grande famille canadienne. « Le fruit n’est pas mûr » répétait Jean Charest. Pas mûr après un quart de siècle sur la branche, 25 ans après l’exclusion du Québec du traité de mariage qui le lie à son voisin, la Constitution. Pas même encore verdâtre. Ce fruit, celui de la reconnaissance, symbolique ou concrète, de la différence québécoise par le Canada, ne mûrit pas. Il s’évide. On peut même en mesurer la cavité. L’automne dernier, lorsque la Chambre des communes a voté une motion reconnaissant l’existence de la nation québécoise, nos voisins canadiens, sondés par Léger Marketing, ont exprimé leur désaccord à hauteur de 72%. Acide, le fruit.

The Odd Couple: Mario Dumont’s ADQ and the “Québec Model”

(Published in Inroads, Spring 2003 Issue.)

How are we to account for last year’s sudden ascendance of Mario Dumont, the young leader of Québec’s third party, the Action démocratique du Québec? There is, of course, the man himself: he has style, energy, determination. He comes across as sure of himself but not arrogant. He calls for dramatic changes, yet his style is anything but that of a damn-the-torpedoes radical. An experienced political tactician despite his age, he has a good timing and a developed ear for popular sentiment and for what will or will not play in the media. Above all, and contrary to his Parti québécois and Parti liberal foes, he doesn’t seem torn, anguished, burdened by Québec politics and his place in it. He seems at ease, like a fish in water. In Québec, a complex place that breeds inferiority complexes, this is a refreshing posture.

Envol de l’ADQ : Comment le PQ peut réagir


L’actualité – 16 août 2002


Qui est responsable de l’ascension de Mario Dumont ? Il serait normal de répondre : « Mario Dumont ». Il ne manque pas de qualités en effet. Homme politique patient, davantage attentif aux humeurs de l’électorat que fidèle à une vision politique interne et malgré tout cohérent dans sa communication, il dégage un sentiment absent chez Jean Charest et chancelant chez les principaux leaders péquistes : il semble bien dans sa peau, content d’être là. Ni angoissé, ni tourmenté, il est rafraîchissant. Il est surtout remarquablement habile. En témoigne la façon dont il a géré, pendant tout le printemps, l’hypothèse de former un gouvernement. Il l’a joué modeste, ne s’engageant que très graduellement dans cette hypothèse – comme à reculons – laissant l’opinion et les chroniqueurs le précéder.