Victimes d’actes criminels: le déficit de compassion libéral se creuse

L’Association québécoise Plaidoyer-Victimes pose ce jeudi une question essentielle au gouvernement Couillard, qui selon La Presse envisage une « réduction importante » de l’aide aux victimes d’actes criminels, pourtant bonifiée par le gouvernement du Parti Québécois en 2013, avec l’appui du… PLQ:

« Le gouvernement s’apprête à couper dans le régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels. Il avait annoncé ses couleurs dès son arrivée au pouvoir. On n’est guère donc surpris. On peut cependant questionner cette démarche qui vise à sabrer notre régime actuel sous le seul prétexte qu’il est plus coûteux au Québec qu’ailleurs au Canada. Est-ce qu’on s’est questionné sur la qualité des services offerts par les régimes d’indemnisation des autres provinces, voir sur l’absence de tels régimes dans certains coins du pays? »

J’ai interrogé la ministre de la Justice à ce sujet aujourd’hui. Elle répond que des changements sont souhaitables. Je veux bien, mais sans réduire les sommes. Elle a été incapable de s’engager à ne pas piger dans les budgets consacrés aux victimes.

CAQ et PLQ: Des déserteurs de la compassion ?

Nous étions pourtant tous d’accord, il y a un an à peine, en mai 2013. Tous, Libéraux, Caquistes, Solidaires et Péquistes.

Nous avons tous reconnus que:

« L’assemblée nationale demande au gouvernement de rehausser le financement des organismes d’action communautaire autonome en santé et services sociaux ».

Pourquoi? Parce que ces 3000 organismes, et 1000 autres dans les secteurs de la famille, de l’éducation et de la défense des droits, apportent au quotidien un appui inestimable à des dizaines de milliers de Québécois vulnérables.

Le gouvernement du Parti québécois a répondu à l’appel unanime de l’Assemblée en prévoyant, dès septembre de cette année, trois mesures phares: un rehaussement annuel de 54 millions pour stabiliser le financement de base des organisations, une enveloppe de 10 millions pour les aider à devenir propriétaires de leurs locaux, des mesures pour que les salariés de ces organismes aient des bénéfices et des retraites décents.

Solidarité: Philippe Couillard saura-t-il faire les bons choix?

Ce n’est pas un secret, les membres du gouvernement Couillard se promènent de ministère en ministère avec de grands couteaux pour tenter de réduire rapidement les dépenses publiques.

Ils le font avec un empressement tel qu’ils ont, temporairement, mis en péril l’ouverture de garderies qui attendaient leurs premiers poupons. Heureusement, ils se sont ravisés.

D’autres décisions prises ces jours-ci n’auront cependant pas une telle visibilité et pourraient n’apparaître que le 3 juin, lors du dépôt du budget et du livre des crédits.

C’est pourquoi un grand nombre de groupes sont inquiets de ce qui pourrait leur arriver. C’est le cas de tous ceux qui sont intéressés par l’Itinérance et des 3000 groupes communautaires qui aident, au quotidien, les Québécois les plus fragiles.

#Smartnomination: Comment Mike Ward a fait de moi un bon samaritain!

Pause politique sur le blogue. Il en faut. Un peu de positivisme dans le débat, cela repose et soulage.

Ça s’appelle une #smartnomination. C’est une réponse aux absurdes necknominations, genre de programme de promotion du délire éthylique.

Être smartnominé, c’est être mis au défi de faire de bonnes actions, pour le simple plaisir de rendre service, d’enjoliver la vie de ses semblables.

C’est l’humoriste Mike Ward qui m’a fait le plaisir — je ne sais pas pourquoi, mais je suis reconnaissant — de me lancer le défi, à la fin de sa propre journée de bonnes actions. Il avait lui-même été mis au défi par un autre humoriste: Alexis Barrette.

Voici comment j’ai tenté de relever le défi:

Et j’ai, comme c’est la règle, smartnominé trois personnalités québécoises:

Un anti-virus contre le décrochage scolaire

Prévenir et réduire le décrochage scolaire est un des grands défis sociaux au Québec: 41% ne réussissent pas à terminer leur secondaire en 5 ans.

J’ai rencontré une des équipes qui font concrètement reculer le décrochage: Perspectives jeunesse, établi dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. Présentes chaque jour dans trois écoles secondaires, les intervenantes de Perspectives jeunesse offrent une écoute individuelle et des projets à chaque jeune à risque de décrochage. Deux volets d’intervention permettent de travailler en amont et en aval des situations de décrochage : Option et Drop-in. Le premier vise une réduction du taux de décrochage en décelant dès les premiers jours de classe les jeunes qui seraient plus portés à abandonner afin de leur offrir une approche personnalisée en début de parcours. Drop‑In vise plutôt une réinsertion scolaire des jeunes qui ont perdu leur motivation par une mise en action et l’élaboration d’un projet de vie englobant, notamment par des stages en milieu de travail dans des entreprises telles qu’Ubisoft.

CMBTTR L’NLPHBTSME

J’étais vendredi dans les locaux de Lettres en main, organisme de Rosemont d’alphabétisation. En plus d’avoir accompagné plus de 1 000 citoyens dans la découverte de la lecture et de l’écriture, l’organisme produit des brochures explicatives sur des sujets d’intérêt (alimentation, santé, etc), écrits dans une langue simple. Ils ont été téléchargés 1,5 millions de fois !

L’importance de faire reculer l’analphabétisme est de plus en plus comprise au Québec, et c’est tant mieux. L’ONF, en collaboration avec Le Devoir, a mis en ligne en novembre dernier un outil interactif expliquant la problématique, à partir de trois témoignages. On peut le consulter ici.

Lettres en main et l’organisme La Jarnigoine ont aussi produit un vidéo à l’intention des analphabètes et de leurs proches, intitulé Tu m’aides-tu ? Le voici:

Cliquez pour vous rendre à la vidéo

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L’anti-gang: Des Auberges qui ont du coeur

Je suis allé visiter, dans ma circonscription de Rosemont, une des 29 Auberges du Coeur qui accueillent des jeunes itinérants, souvent victimes de violence. Elles leur donnent un havre, un cadre, un soutien. La plupart eu temps, en quelques mois, le jeune, souvent mineur, retrouve le chemin soit de l’école, soit de la famille, soit de l’emploi.

Surtout, en les sortant de la rue, les Auberges soustraient ces jeunes, dans leur moment le plus vulnérable, au monde des gangs, de la prostitution et des trafics. En un sens, les Auberges sont l’anti-gang par excellence.

Les jeunes itinérants ont besoin d’elles. Elles ont besoin de nous.

La cuisine qui raccroche !

J’ai super bien mangé vendredi midi. J’étais invité chez un excellent traiteur. J’avais déjà gouté leurs délices lors d’une levée de fond, à l’automne. Un endroit chic ? Le nom du site internet, (www.traiteurbis.qc.ca) et les photos qu’on y voit, pourraient nous le faire croire, si on n’y prête pas suffisamment attention.

shapeimage_1Mais le « bis » après « traiteur » signifie Buffet Insère-jeunes. Les cuistots sont des jeunes de 16 à 25 ans que la vie n’a pas gâtés et qui deviennent en six mois, grâce aux formateurs de l’entreprise d’insertion sociale, des aide-cuisiniers ponctuels, efficaces, qui s’insèrent en emploi ou retournent aux études. (Transparence totale: c’est dans ma circonscription de Rosemont, rue Beaubien.)

Une cinquantaine par année sont ainsi des raccrocheurs sociaux dans les odeurs de soupe et de gâteaux, consommés par des écoles, des CPE, des individus qui font appel à ce service de traiteur sans toujours savoir qu’ils aident, ainsi, la réinsertion de décrocheurs.

L’incroyable dévotion des parents d’enfants handicapés

J’ai rencontré ce vendredi les responsables d’un organisme admirable, Solidarité de parents de personnes handicapées. Ce collectif, basé dans ma circonscription de Rosemont, aide ces parents à s’organiser, avoir des répits, avoir accès à des produits adaptés à moindre coût.

J’ai été touché par leur dévouement et la qualité de leur travail et voudrais vous en faire part. Pour illustrer son action, Solidarité a produit un remarquable vidéo que je vous invite à visionner ici:

L’organisme a, bien sûr, besoin d’aide. Vous pouvez contribuer ici.

 

Passer au suivant. Une riche idée!

Résumons-nous. J’ai décidé de donner environ 80 000$ de l’argent que j’ai gagné en huit ans de travail lorsque j’étais au CÉRIUM pour aider les jeunes décrocheurs de Rosemont. Je leur donnerai ensuite, pendant que je suis élu, la retraite de 13 000 $ par an de l’Université*.

Aucune règle légale ou éthique ne m’y obligeait, ce que le commissaire à l’éthique m’a dit, par écrit, le 29 novembre. Je ne pouvais donner cet argent avant, car si le commissaire m’avait demandé de m’en départir, il m’aurait peut-être donné des balises précises sur la disposition de la somme.

On me reproche aujourd’hui de ne pas avoir décidé de passer au suivant dans les jours écoulés entre le 29 novembre et la publication d’un article, 13 jours plus tard, le 11 décembre. Je comprends qu’on la pose. Les journalistes ne sont pas dans la business du bénéfice du doute, et les politiciens ont perdu, ces dernières années, tout leur quota de cet important capital social.