Marteau-piqueur et lois fédérales

Comment faire sauter une loi fédérale...

Comment faire sauter une loi fédérale…

En détruisant une dalle posée par Postes Canada, le maire Denis Coderre a posé… un geste de souveraineté !

En effet, le maire de Montréal a décidé que la loi fédérale qui donne à Postes Canada le pouvoir de couler du ciment où bon lui semble sur le territoire québécois et contre le vœu des élus locaux devait voler en morceaux. C’est tout de même quelque chose, de la part d’un des anciens lieutenants de Jean Chrétien.

Mieux encore, l’Union des municipalités applaudit !

Malaise du côté du gouvernement Couillard, où le ministre Pierre Moreau a joué les Capitaines Canada contre Coderre:  « ce n’est pas un exemple à donner. Ce n’est pas la façon de marquer le point » a dit celui qui est membre d’un gouvernement qui n’arrive pas à marquer un seul point face au gouvernement fédéral.

Encore la schizophrénie canadienne de Philippe Couillard,

Ce samedi à Québec, le premier ministre Couillard a plongé tête baissée dans la piscine constitutionnelle. «À l’aube du 150e anniversaire du Canada, les Québécois souhaitent que le pacte qui lui a donné naissance soit réaffirmé» a-t-il dit devant un Stephen Harper impassible.

Que voulait-il dire ? Ses conseillers ont ainsi traduit sa pensée, selon ce qu’en a rapporté La Presse:

Dans l’entourage de M. Couillard, on confirme que cette «réaffirmation» fait référence à la signature par le Québec de l’acte constitutionnel de 1982. On indique aussi que c’est la première fois que le M. Couillard exposait cette volonté devant le premier ministre du Canada.

Signer la constitution d’ici 3 ans ? M. Couillard n’a pas vérifié avant de plonger, mais la piscine est vide. Le bureau de Stephen Harper a immédiatement indiqué aux journalistes qu’il n’était pas question de reparler de constitution.

C’était samedi. Qu’a-t-il dit dimanche ? Le contraire !

Si Maxime Bernier faisait son travail…

À quoi servent les députés conservateurs élus par les Québécois ? À défendre les intérêts du Québec dans la belle fédération canadienne ? À faire en sorte que les investissements fédéraux soient équitablement répartis dans toutes les provinces ? À se battre aussi fort que leurs collègues du reste du pays pour promouvoir leur province d’origine ?

Si vous avez répondu oui à ces questions, vous n’êtes pas attentifs à leur travail.

Le ministre conservateur Maxime Bernier a traité cette semaine les Québécois de « quêteux ».

«C’est toujours la même politique de quémandage, déplore le ministre d’État à la Petite entreprise. Même si les montants en provenance d’Ottawa augmentent, ce n’est jamais assez. On en veut toujours plus, sinon c’est la preuve que le fédéralisme n’est pas rentable.»

En janvier dernier, son collègue Denis Lebel avait aussi fait la leçon aux Québécois au sujet de la péréquation. Tout cela tombe bien, le ministre fédéral des finances vient de dire à son homologue québécois qu’il n’aura pas de sou de plus du fédéral dans l’avenir prévisible.

Pays rêvé, pays réel, pays détaché

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Here we go again…

Le scénariste Daniel Thibault a le sens de la formule. Un de ses gazouillis post-électoraux se lisait comme suit: « Quand le PQ est élu, on n’ergote pas tant sur la mort du rêve fédéraliste, me semble. »

En effet. Mais quand le PQ est battu, c’est la mort du séparatisme. Ça doit être vrai: on la prédit tous les dix ans. Cette fois, selon Maclean’s qui a aussi le sens de la formule, il s’agit d’un « effondrement épique ». D’autres, plus prudents, dont notre nouveau Premier ministre, avertissent que cette idée ne mourra jamais.

Ils ont tous raison. L’idée d’indépendance, au printemps 2014, est bien vivante, mais son principal porteur a subi une terrible défaite. Il nous appartient, nous indépendantistes, de déterminer, non la vie, inexpugnable, de l’idée, mais sa vitalité.

La séparation qui ne dit pas son nom

The Economist: Canada « Uncool »? Québec « Cool »!

L’influent magazine britannique The Economist écrivait cet automne que le Canada devenait assurément, « Uncool ».

Soucieux de ne pas faire souffrir le Québec de cette mauvaise presse anti-canadienne, j’ai envoyé une brève lettre au magazine pour souligner notre différence.

Et en voici la traduction :

Gens du pays, c’est votre tour

SIR – Si The Economist estime que le Canada est moins « cool » (« Uncool Canada », The World In 2014), ne devrait-il pas estimer que le Québec, lui, est « cool »? Là où Ottawa promeut les sables bitumineux, Québec lance le premier marché du carbone du continent (avec la Californie) et fait de l’électrification des transports le cœur de sa politique industrielle. Là où Ottawa détruit son registre des armes à feu, Québec porte l’affaire devant les tribunaux afin de maintenir le registre en place, du moins sur son territoire. Là où Ottawa dépense davantage sur les prisons, Québec met en œuvre un système universel de garderie et l’équité salariale entre les hommes et les femmes. Là où Ottawa recule sur les questions autochtones, Québec multiplie ses propres ententes. Là où Ottawa réduit l’aide envoyée à l’étranger, Québec planifie mettre sur pied son propre organisme d’aide internationale.

Le Canada, un « corps étranger » ? C’est pire que vous pensez!

Pour tout vous dire, ça m’est venu comme ça, l’expression voulant que le Canada apparaissait « de plus en plus comme un corps étranger » dans l’expérience québécoise.

Les journalistes tentaient de me faire tirer des conclusions de cause à effet entre l’appui des Québécois à notre proposition de Charte des valeurs et de la laïcité et le bond, de 33 % à 44 %, de l’intention de vote souverainiste entre deux récents sondages.

Je m’y suis refusé, affirmant comme c’est mon habitude que la volatilité de l’intention de vote souverainiste d’un sondage à l’autre n’est pas significative. J’estime beaucoup plus importante la tendance lourde qui fait en sorte que l’attachement des Québécois envers le Canada s’amenuise, notamment chez les jeunes Québécois. On est en présence d’une « décanadianisation » du Québec et, chez nos voisins, d’une « déquébécisation » du Canada.

Slogans optiques canadiens à Londres

Lorsqu’un diplomate québécois à Londres m’a raconté la chose, je suis resté  dubitatif. J’ai demandé des preuves. Il en a fourni. Je les partage avec vous.

C’est une histoire de drapeaux.Or, comme le disait joliment le britannique Arthur Koestler, « les drapeaux sont des slogans optiques ».

Sur l’immeuble du Haut Commissariat Canadien à Londres (l’ambassade) on pouvait naguère voir le drapeau canadien, aux côtés des drapeaux de chacune des dix provinces canadiennes. Le slogan optique, donc, de la diversité canadienne.

L'immeuble canadien avant...

L’immeuble canadien avant…

Mais un redécorateur — ou un réécriveur de slogans optiques — canadien est passé par là, on ne sait pas quand (avis aux alertinternautes qui connaissent la date du changement) et cette cacophonie de drapeaux a été remplacée par une belle et unique tonalité… canadienne.

...et après !

…et après !