« Le Québec est debout ! » – Décodage du discours d’outre-tombe de Monsieur

Discours du 30 oct

Jacques Parizeau, enregistrant son discours de victoire du Oui

Je l’ai réentendu en juin dernier, à la soirée hommage à Jacques Parizeau, Salut Monsieur !, lu par plusieurs voix fortes et fières. Je ne m’en souvenais presque plus. Il m’a retransporté, comme plusieurs, en octobre 1995.

Je ne peux pas dire que c’était un discours difficile à écrire. Il coulait de source. Il devait réitérer, le soir de la victoire, exactement ce que nous avions promis de faire. Surtout, il devait convaincre de notre calme détermination à faire exactement ce que nous voulions faire.

À vingt ans de distance, le discours mérite peut-être un décodage. Car ses messages sont nombreux, comme sont multiples les auditeurs qui y sont ciblés.

1. On part !

Le PLQ de l’après-Meech: Aux origines du mensonge

Les archives parlent. Il y a 25 ans, alors que le Canada vient de dire non au Québec et que 60% des Québécois souhaitent se donner un pays, le chef du PLQ, Robert Bourassa, leur ment. Il leur dit qu’ils sont « maîtres de leur choix » et qu’il est ouvert à toutes les solutions « sauf le statu quo ».

Tommy Chouinard de La Presse rapporte ce matin ce que Bourassa disait, en privé, à ses ministres, en juillet 1990: le contraire de ce qu’il affirmait aux Québécois. Extraits:

Champlain: La vraie histoire

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Un personnage plus grand que nature. Un modèle de volonté et d’ouverture pour le Québec d’hier et d’aujourd’hui.

Vous ne comprenez pas pourquoi Samuel de Champlain trouve tant de défenseurs déterminés, 406 ans après son arrivée en Québec ?

Il faut lire Un des meilleurs ouvrages politiques que j’ai lus ces dernières années: Le rêve de Champlain, de l’américain David Hackett Fisher, traduit chez Boréal.

La hauteur de vue, la modernité, l’altruisme de Champlain donne à l’an un de notre histoire collective son véritable héros (et Dieu sait si on en a besoin).

Fisher est légèrement trop obséquieux avec son sujet, qui n’en demandait pas tant, mais l’écriture est alerte, les aventures palpitantes, l’inventivité de Champlain débordante.

Les aventures de Marcel Masse à Ottawa

En nous quittant, Marcel Masse laisse derrière lui tout un univers: celui des nationalistes québécois conservateurs, politiquement nés avec la Révolution tranquille, repêchés par la tentative de réconciliation lancée par Brian Mulroney en 1984, déçus par son échec, puis ralliés à la cause souverainiste à temps pour le référendum de 1995.

J’ai eu la chance de connaître Marcel Masse. Il était député de Frontenac — où est ma ville natale Thetford Mines — et il était devenu bon ami avec mon père. Je l’ai recroisé comme journaliste, puis l’ai longuement interviewé pour mes livres Le Tricheur et Le Naufrageur. J’ai ensuite travaillé avec lui lorsqu’il présidait la Commission de la Métropole pour l’avenir du Québec, puis pendant la campagne référendaire où il ralliait les Conservateurs pour le Oui, puis ensuite comme Délégué général du Québec à Paris.

1er juillet: Pourquoi la fête est-elle si triste ?

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Fidèle aux traditions, je republie ce billet, d’abord écrit en 2010, chaque 1er juillet depuis. Il est un des plus populaires de ce blogue.

Pour tout étranger établi au Québec, l’étonnement est annuel. La Fête nationale du Québec, le 24 juin, est un événement majeur.

La Fête du Canada, le premier juillet, est largement ignorée. Comment a-t-on pu en arriver à cette situation, impensable dans toute nation normalement constituée (je pèse mes mots) ?

C’est qu’il y a un vice de conception. Le premier juillet 1867, date de fondation du pays, fut un jour chômé et les autorités organisèrent plusieurs manifestations. Le haut clergé était très favorable à la confédération, se sachant maître des compétences léguées à la nouvelle province, notamment l’éducation, outil de son autoperpétuation.

En flânant sur l’Avenue Robert-Bourassa

Le Maire de Montréal vient de relancer l’idée de désigner une rue de la ville du nom de l’ex premier ministre libéral Robert Bourassa, idée abandonnée par son prédécesseur Gérald Tremblay en 2006. Que faut-il en penser ? Je me suis exprimé sur le sujet, notamment dans l’introduction de mon livre  Le Petit Tricheur – Robert Bourassa derrière le masque. En voici un extrait légèrement remanié.

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Dix ans après le décès de Robert Bourassa, le maire de Montréal a voulu rebaptiser une avenue en son honneur. Pourquoi pas ? Bourassa fut élu quatre fois par les Québécois entre 1970 et 1993. Il a laissé sa marque dans notre histoire. Il pourrait aussi la laisser sur la carte.