Message d’Ottawa au Québec: « Canada, love it or don’t leave it! »

Avec sa loi adoptée en 2000, le Canada a mis quatre cadenas sur le processus d’indépendance du Québec.

Les procureurs fédéraux, apprend-on, ont avisé la Cour que le Québec ne pourrait devenir indépendant que si une majorité de provinces donnait son accord.

Bref, que même si le Québec votait Oui à son indépendance, cette décision serait, disons, dépendante, de la bonne volonté des autres provinces. Combien ? Peut-être sept, peut-être neuf, ce n’est pas encore clair.

Pourquoi s’en étonne-t-on ? Car c’est étonnant, oui. C’est impraticable, insensé, absurde, oui. Mais à leur décharge, les procureurs n’ont rien fait d’autre que d’appliquer la loi. La loi canadienne. La loi sur la « clarté » adoptée en 2000. Elle dit exactement ça.

Et avait fait dire au politologue de l’Université de Montréal, Alain Noël, que la position officielle d’Ottawa au Québec était: « Canada, love it or don’t leave it ».

« Le Québec est debout ! » – Décodage du discours d’outre-tombe de Monsieur

Discours du 30 oct

Jacques Parizeau, enregistrant son discours de victoire du Oui

Je l’ai réentendu en juin dernier, à la soirée hommage à Jacques Parizeau, Salut Monsieur !, lu par plusieurs voix fortes et fières. Je ne m’en souvenais presque plus. Il m’a retransporté, comme plusieurs, en octobre 1995.

Je ne peux pas dire que c’était un discours difficile à écrire. Il coulait de source. Il devait réitérer, le soir de la victoire, exactement ce que nous avions promis de faire. Surtout, il devait convaincre de notre calme détermination à faire exactement ce que nous voulions faire.

À vingt ans de distance, le discours mérite peut-être un décodage. Car ses messages sont nombreux, comme sont multiples les auditeurs qui y sont ciblés.

1. On part !

Le PLQ de l’après-Meech: Aux origines du mensonge

Les archives parlent. Il y a 25 ans, alors que le Canada vient de dire non au Québec et que 60% des Québécois souhaitent se donner un pays, le chef du PLQ, Robert Bourassa, leur ment. Il leur dit qu’ils sont « maîtres de leur choix » et qu’il est ouvert à toutes les solutions « sauf le statu quo ».

Tommy Chouinard de La Presse rapporte ce matin ce que Bourassa disait, en privé, à ses ministres, en juillet 1990: le contraire de ce qu’il affirmait aux Québécois. Extraits:

Champlain: La vraie histoire

champlain

Un personnage plus grand que nature. Un modèle de volonté et d’ouverture pour le Québec d’hier et d’aujourd’hui.

Vous ne comprenez pas pourquoi Samuel de Champlain trouve tant de défenseurs déterminés, 406 ans après son arrivée en Québec ?

Il faut lire Un des meilleurs ouvrages politiques que j’ai lus ces dernières années: Le rêve de Champlain, de l’américain David Hackett Fisher, traduit chez Boréal.

La hauteur de vue, la modernité, l’altruisme de Champlain donne à l’an un de notre histoire collective son véritable héros (et Dieu sait si on en a besoin).

Fisher est légèrement trop obséquieux avec son sujet, qui n’en demandait pas tant, mais l’écriture est alerte, les aventures palpitantes, l’inventivité de Champlain débordante.