Tarifer, oui. Mais seulement les vrais riches !

Soyons clairs: la proposition du gouvernement Couillard de moduler les tarifs des garderies en fonction du revenu est totalement inacceptable.

D’abord parce que la question du tarif des garderies a fait partie du débat électoral et que le PLQ s’est engagé à les indexer, point à la ligne. Sa décision de modifier fondamentalement le mode de tarification, sans en avoir avisé les électeurs il y a à peine sept mois, est un déni de démocratie, purement et simplement.

Ensuite, parce que la tarification envisagée provoquerait un choc tarifaire auprès de la classe moyenne, dont le fardeau fiscal ne doit en aucun cas être rehaussé.

Cela dit, doit-on pour autant s’interdire de réfléchir à une possible modulation des tarifs en fonction des revenus, y compris pour les garderies ? Dans un monde idéal, on devrait répondre non, car l’impôt sur le revenu devrait être le véhicule par lequel chacun contribue à la hauteur de ses revenus, en échange d’un service universel.

Croissance économique: En fait, le Québec est dans le bleu !

C’est comme la marée. Chaque année, on nous revient avec le caractère chétif de l’économie québécoise. Les exagérations pleuvent.

Chaque année, des économistes doivent remettre les pendules à l’heure et c’est souvent le cas de Pierre Fortin. Hier, on a vu comment il a dégonflé le ballon de l’écart de richesse entre le Québec et les États-Unis.

Il s’en prend aussi, dans un blogue récent, aux calculs qui minimisent le taux de croissance du Québec. Souvent, on utilise la croissance du PIB brut, plutôt que le PIB par habitant, comme le font pourtant toutes les organisations internationales.

Lorsqu’on calcule correctement pour 2013, la croissance québécoise est égale à celle du Canada tout entier (pourtant dopé par les provinces pétrolières) et supérieure à l’Ontario.

Fortin croissance

Ce petit manège sur le PIB brut ou par habitant dure depuis longtemps, au détriment du Québec. Je l’avais expliqué pour les 20 dernières années ici:

Comment mettre l’argument de la péréquation K.O.

Qu’est-ce qu’on nous rebat les oreilles, ces temps-ci, avec la péréquation! Un argument partiel et partial.

Je l’ai pris de front dans mon bouquin La droite K.O. et j’en résume l’argument ici:

Denis Lebel et consorts affirment que le Québec est la plus pauvre au Canada, donc elle reçoit le plus gros montant de péréquation. Mais lorsqu’on calcule tous les robinets des transferts (sans parler du déséquilibre des budgets défense, salariés fédéraux, crédits d’impôts pétroliers, investissements dans le nucléaire et l’automobile ontariens) alors pourquoi reçoit-on moins que la moyenne des provinces ?

BfUrQamCcAAV6c1.png large(Calculs S. Gobeil, dernières données disponibles).

Pour les autres capsules vidéo de La droite K.O., c’est ici.