Où étiez-vous, quand René Lévesque est mort ?

Ce matin, Pauline Marois a déposé une gerbe de fleurs au pied du monument de René Lévesque, sur la colline parlementaire. Photo de Pascal Ratthé pour Le Soleil.

Ce jeudi matin, autour de la statue de René Lévesque devant le Parlement, les élus péquistes d’hier et d’aujourd’hui (et de demain, car il y avait beaucoup de brillants attachés politiques) saluaient l’homme qui incarne à lui seul l’intégrité et l’idéal d’indépendance.

Pauline Marois n’a pas manqué de noter le formidable ‘clin d’oeil’ que le destin nous fait: 25 ans jour pour jour après le départ de Lévesque, sa successeure dépose un nouveau Projet de loi 1 sur l’intégrité. Un ange passe.

Où étais-tu, il y a 25 ans, me demande Bernard Drainville avant la cérémonie ? Je m’en souviens très bien. Je l’ai même écrit, dans mon ouvrage Dans l’oeil de l’aigle. En voici un extrait :

La guerre contre les femmes. La vraie.

Pendant l’été, quelques billets de blogue choisis, en rappel.

gop-war-on-womenJ’avoue avoir piqué une colère en 1991 quand la féministe Susan Faludi a publié son Backlash : La guerre froide contre les femmes. Elle y affirmait que la société masculine américaine agissait de mille manières pour faire reculer les droits des femmes chèrement acquis en 30 ans. Arrivant de quatre ans de correspondance aux États-Unis j’avais constaté qu’au contraire, les gains féminins se multipliaient et je trouvais contre-productif de tenter de culpabiliser les hommes qui, tant bien que mal, s’ajustaient à cette nouvelle réalité.

Vingt ans plus tard, j’avoue être sur le point de piquer une colère car les États-Unis de 2012 sont le lieu d’une guerre, véritable cette fois, contre les femmes, leur liberté de choix, le contrôle de leur corps.

Les funérailles prochaines de l’État providence américain

Pendant l’été, quelques billets de blogue choisis, en rappel.

L’ acteur Craig T. Nelson (notamment de la série de films Poltergeist) a avoué au journaliste de Fox Glenn Beck il y a deux ans avoir déjà eu une période de grande pauvreté. « J’étais sur l’aide sociale et aux Food Stamps», disait-il, faisant référence au programme social américain qui distribue des coupons d’alimentation aux déshérités.

« Est-ce que quelqu’un m’a aidé », a-t-il demandé ? « Non! », a-t-il ajouté, usant de son exemple pour critiquer l’essentiel de l’intervention gouvernementale.

Glenn Beck, n’a évidemment pas relevé que, oui, quelqu’un était venu au secours de l’acteur dans sa grande détresse: l’État américain, en lui donnant des coupons d’alimentation et des chèques d’aide sociale.

L’attitude de l’acteur est l’un de nombreux signes qui pointent dans une direction : nous vivons les dernières années de l’État providence aux États-Unis.

L’économie va super bien : pour le 1 %

Pendant l’été, quelques billets de blogue choisis, en rappel.

26rattner-graphic-popupCessez de vous en faire avec  la crise, un récent calcul du partage des revenus annuels le démontre : le 1 % de la population américaine peut enfin respirer.

Comme vous le savez sans doute, 1 % des Américains avaient réussi, en 2007, à engranger 23,5 % de tous les revenus générés cette année-là aux États-Unis.

Un exploit — merci Ronald Reagan, merci George W. Bush — qui s’approchait de leur niveau record de 23,9 % atteint en 1928, juste avant la Grande Crise.

Mais, patatras ! Comme pour la crise de 1929, celle de 2008 allait dégrader la part de tarte du 1 % jusqu’à un maigre 18,1 % en 2009. Heureusement, en 2010, afin de rétablir la situation et de remettre les hyper-riches en piste vers un nouveau record historique, l’économie américaine a bien fait les choses.

La preuve est faite: le lobbying, c’est payant!

Pendant les vacances, quelques billets de blogue choisis, en rappel.


L’ONG américaine Sunlight Foundation vient de publier un rapport sur le taux de rendement du lobbying. Elle a calculé la somme dépensée par les huit entreprises les plus investies dans le lobbying à Washington, et spécifiquement dans le lobbying pour réduire leur fardeau fiscal. Puis elle a calculé de combien leur fardeau s’était effectivement réduit sur la même période.

Le rendement est épatant ! En moyenne, chaque million de dollars dépensé en lobbying produit 2,4 millions d’économies réalisées sur le fardeau fiscal. Le champion incontesté est le géant des Télécoms AT&T: pour chaque million de lobbying, il a économisé 103 millions d’impôts. Voici le tableau:

lobby

 

 

 

 

 

« The system works » (Le système fonctionne. Mais pour qui ?) Cliquer pour agrandir.

(Via Ezra Klein)

Santé aux USA: Le pire n’est pas toujours sûr, Alléluia !

Supreme-Court-Obamacare

Un diplomate américain de carrière, de toute évidence démocrate, rencontré lors d’un séjour à l’étranger, et en pleine montée du Tea Party, s’était laissé aller devant moi: « Quand on pense qu’on a vraiment atteint le fond du baril, que ça ne pourrait être pire, c’est pire ! »

Il parlait de la propension de la politique américaine de décevoir les progressistes depuis, disons, la démission de Nixon.

Mais en ce jour de juin 2012, contre presque toute attente, le pire n’est pas arrivé. Le pire étant la décision de la Cour suprême d’invalider la réforme de la santé qui allait — et donc qui va — faire entrer les États-Unis dans le XXeme siècle (oui oui, le XXe, pas le XXIe, comme je l’ai expliqué ici) en faisant en sorte que la première puissance mondiale devienne la dernière société industrialisée à offrir à la quasi totalité de ses citoyens une couverture d’assurance-maladie.

États-Unis : vers une génération non lyrique ?

commencement-35-150x150Le printemps québécois de 2012 l’a amplement démontré: nous vivons un retour du lyrisme, de l’idéalisme, du refus des limites imposées par l’économie, les habitudes, la tradition. Une nouvelle révolution tranquille.

Chez nos voisins du Sud, est-ce le contraire? Le démographe Neil Howe a prononcé début mai devant une classe de finissants américains un discours qui détonne. Selon lui, la génération du millénaire — donc qui entre sur le marché du travail au début du 21e siècle — représente l’antithèse à la fois des boomers lyriques et de l’individualisme de la génération X.

La génération du millénaire a la capacité de corriger les excès des boomers et des X qui dirigent en ce moment l’Amérique. Je n’ai pas à vous rappeler quels sont ces excès : le refus du compromis qui conduit au blocage du leadership, l’individualisme galopant, la destruction des traditions, les guerres culturelles sans merci et une méfiance pathologique envers toutes les institutions.

Prisons: l’exemple américain

L’engouement du gouvernement Harper pour les prisons est bien connu. Alors pourquoi en ferme-t-il aujourd’hui alors qu’il prévoit en construire demain ? Selon mon estimée collègue Chantal Hébert, c’est parce qu’ils ferment des prisons dans des circonscriptions d’opposition pour en ouvrir dans des circonscriptions conservatrices ! À voir.

Mais ce qui est déjà tout vu est le très grand succès de l’opération incarcération aux États-Unis, où un adulte sur 100 est désormais derrière les barreaux. Ce graphique est, en soi, hallucinant:

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Comme quoi les Dalton étaient bien seuls, à l’époque !

(Merci à l’alertinternaute Erick F. pour ce signalement.)

Obama vs Romney. Comment ça se présente.

J’ai pensé faire sourire l’immense majorité de mes lecteurs en illustrant simplement, maintenant que l’on sait que Mitt Romney sera le candidat républicain à l’investiture, comment se présente l’opinion publique américaine sur la question.

Ce tableau est un agrégat réalisé par Realclearpolitics.com de tous les sondages effectués depuis janvier. Les intentions de vote pour Obama sont en bleu.

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Mieux ceci que l’inverse…

L’écart n’est pas considérable. Entre 2 et 3 points de pourcentage. Et il reste des indécis. Et on dit toujours qu’il ne faut regarder aucun sondage avant la fête du travail, en septembre, moment où les électeurs commencent à s’intéresser vraiment à l’élection présidentielle de novembre.

Évidemment on ne peut s’empêcher de les regarder. (Moi, en tout cas.) Et de se dire que c’est quand même mieux d’avoir un Obama constamment en avance sur Romney que l’inverse.