Les marchés: des petits vieux ou de jeunes crocs?

Les citations du jour reviennent à Hubert Védrine, ex-ministre français socialiste des Affaires étrangères, dans une entrevue lumineuse accordée à Christian Rioux du Devoir et publiée ce samedi.

Sur les marchés:

l’Europe n’a pas décidé jusqu’où elle était solidaire ni comment dompter les marchés. Je dis «dompter» et non pas «rassurer», car ces marchés ne sont pas un rassemblement de vieilles personnes inquiètes, mais un marécage de crocodiles qu’il faut dompter.

Sur les élites et les peuples européens:

il y a plein d’eurosceptiques qui pourraient se rallier à l’Europe si on leur démontrait que celle-ci n’est pas une machine à éradiquer les identités. Ils voudraient que l’Europe soit un facteur d’équilibre face à la Chine, par exemple.

Si l’Europe est fondée sur le fait que c’est abominable d’être français ou espagnols et qu’il faut se fondre dans un grand magma européen, les peuples n’en voudront jamais. Ils ne sont pas xénophobes, mais ils n’en veulent pas. Vous comprenez ça très bien, vous, les Québécois!

Comprendre le « cas » Berlusconi

Le chercheur et activiste italien Ugo Mattei tente d’expliquer pourquoi le peuple italien a porté au pouvoir Sylvio Berlusconi pour une période aussi longue. Dans le dernier Planète Terre.

berlusconi

Une Italie moins hypocrite…

Puis, l’écologiste Harvey Mead nous explique l’Indice de progrès véritable et nous parle de son livre « L’indice de progrès véritable du Québec« .

Indépendance: Le converti

2011-01-26-Jordi-Pujol-355x550-150x150Toute comparaison est boiteuse, mais je me risque. Imaginez que Jean Lesage, le premier ministre du « maître chez nous » du début des années 60, ait été élu six fois à la tête du Québec et ait gouverné pendant 23 ans. Un premier ministre nationaliste, mais fédéraliste.

Imaginez maintenant que, huit ans après avoir quitté volontairement le pouvoir, il annonce que, vu l’évolution de la situation du Québec, il estime que l’indépendance est désormais une absolue nécessité. Cela ne créerait-il pas un léger remous dans les chaumières ?

C’est précisément ce qui vient de se passer en Catalogne. Le leader historique de la nation catalane, Jordi Pujol, vient d’affirmer que l’avenir de son peuple passe nécessairement par son indépendance.

La Catalogne et le Québec ont des relations privilégiées et j’ai eu la chance d’assister deux fois à des rencontres avec ce géant politique entre 1995 et 2000. Son épouse ne s’en cachait pas, elle était indépendantiste. Lui, non.

Pourquoi la Pologne est-elle de droite ?

solidarnosc_25latNous qui avons manifesté pour Solidarnosc (et qui sommes plus vieux, dois-je dire), nous sommes un peu intrigués par la force de la droite dans le paysage politique polonais pré- et post-tragédie.

J’ai voulu comprendre en interrogeant, dans le dernier Planète Terre, Magdalena Dembinska, Polonaise d’origine et politologue à l’UdeM. Aussi au programme : les « économies morales » et la lecture de Daniel Weinstock : Why Not Socialism ?

Une psy montréalaise présidente de l’Europe ?

Vaira_Vīķe-Freiberga_Davos-150x150Si vous avez étudié la psychologie à l’Université de Montréal entre 1965 et 1998, vous l’avez sans doute eu comme prof.  Veira Vike-Freiberga, lettone d’origine, a occupé sa retraite de l’UdeM à diriger le nouvel État letton avec un tel éclat, qu’elle est maintenant en lice pour devenir, jeudi le 19 novembre, la première personne à président le Conseil européen, bref le premier Président de l’Europe.  Elle a, disent les analystes, beaucoup plus de chances d’y arriver que Tony Blair, partant pourtant favori l’an dernier.

Son choix tomberait à pic pour le projet de Jean Charest — qui lui a d’ailleurs remis l’Ordre national du Québec en 2006, le ratoureux — de faire aboutir la négociation d’un nouvel accord de libre échange Canada/Union européenne, dont le Québec est le principal fer de lance.