À quoi nous servent les Français ?

Je l’avais observé lorsque j’étais journaliste et lorsque j’étais conseiller: nos relations avec la France suscitent chez une partie de l’opinion — et des faiseurs d’opinion — un scepticisme irréfragable.

Pour ceux que l’économie intéresse au-dessus de tout, il devrait suffire d’indiquer que la France est le second investisseur au Québec. Que l’implantation de ses 166 entreprises chez nous dépasse en nombre leur présence dans n’importe quelle province ou État américain et qu’elles emploient directement 8 000 salariés québécois, dans de bons secteurs d’emploi, devrait clore le débat sur la valeur de cette relation.

Qui plus est, un touriste sur 10 venu au Québec en 2011 provenait de l’Hexagone ce qui, en proportion de la population française, est presque équivalent au nombre de touristes américains qui envahissent nos festivals.

Mais cela ne suffit pas, semble-t-il, à justifier notre présence régulière dans la ville lumière. On nous reproche d’aller y parler de politique.

Lui, Président de la République, vraiment

Quel Président de la république sera François Hollande. Trop tôt pour le dire. Mais on sait à partir de quel canevas lui donner ses notes, bonnes ou mauvaises. Car il en a lui-même donné les contours, lors de sa maintenant fameuse tirade « Moi Président de la République » lors du débat face à Nicolas Sarkozy. La revoici, avec un peu de musique:

Devine qui ne vient pas dîner avec Hollande ce soir?

S’il y a des drapeaux français à Sagard, le Versailles-en-Charlevoix de la famille Desmarais, ils sont en berne ce soir. Le grand ami et fréquent visiteur, Nicolas Sarkozy, a mordu la poussière ce dimanche et devra bientôt quitter l’Élysée.

Chacun se souvient qu’au soir de son élection, il y a cinq ans, Sarkozy avait célébré au célèbre restaurant le Fouquet’s des Champs-Élysée avec les grands de ce monde, y compris Paul Desmarais qui l’avait couvé pendant sa traversée du désert politique à la fin des années 90. Devenu président, Sarkozy récompenserait son bienfaiteur en lui accordant la plus haute distinction française, la Grand’Croix de la Légion d’Honneur, lors d’une touchante cérémonie.

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La fin d’un formidable trio !

Ce qui ne signifie pas que les Desmarais n’ont pas, aussi, leurs entrées chez les socialistes. Après tout, François Mitterrand lui avait naguère accordé la légion d’honneur, en présence de l’alors ambassadeur du Canada Lucien Bouchard.

Suspense en France: l’effet débat, l’effet Bayrou, la clé FN

hollande-sarkozy-janus-150x150Pour ceux qui suivent ça de près, on peut noter en 48 heures deux mouvements statistiquement significatifs, après le débat Hollande/Sarko et après l’annonce du centriste François Bayrou de son vote pro-Hollande:

– L’avance globale de Hollande passe de 5 à quatre points de pourcentage;

– Le nombre d’abstentionnistes chute chez les centristes (32% d’abstention plutôt que 42% il y a 48 heures) et se répartit également chez Hollande (+5 portant sa proportion de centristes à 31%) et chez Sarko (+5 portant sa proportion à 37%)

– Malgré l’appel au vote blanc de Marine Le Pen, le nombre d’abstentionnistes chute aussi dans le vote, plus important en nombre, du Front National  (26% plutôt que 39% il y a 48 heures).  Hollande en prend +3 et Sarko en prend +10.

L’essentiel du débat Hollande/Sarko

Vous ne voulez pas vous taper les plus de deux heures de débat Sarko/Hollande, mais en voulez davantage que les brefs extraits des journaux télévisés ? Voici les faits saillants en moins de six minutes et demie, colligés par Libération:

Sarkozy, les frontières et l’enfermement

quebec.1224351773-150x150Je ne peux m’empêcher de faire ce parallèle. En février 2009, le président Sarkozy avait fait la leçon aux souverainistes Québécois. Affirmant qu’ils étaient coupables de « sectarisme », d »enfermement sur soi », de vouloir définir leur « identité par opposition féroce à l’autre », alors que « si notre identité est forte, on n’a pas besoin d’être agressifs ».

« De qui parlez-vous ? » avaient rétorqué dans une missive carabinée Pauline Marois et Gilles Duceppe, faisant le détail des gestes d’ouverture posés par les gouvernements souverainistes. La question prend un sens encore plus fort aujourd’hui.

Peut-être le Nicolas Sarkozy de février 2009 parlait-il, en le semonçant à l’avance, le Nicolas Sarkozy d’avril 2012.

Car le terme « repli sur soi » pullulent sur les manchettes des quotidiens français depuis que le président-candidat mène campagne contre l’immigration en soi et fait l’apologie, lui le grand européen d’hier, des « frontières », dans un discours ce dimanche:

Le pari risqué (perdu?) de Nicolas Sarkozy

312801_des-affiches-electorales-de-marine-le-pen-et-de-nicolas-sarkozy-le-26-avril-2012-dans-le-nord-de-la-france-300x245Jusqu’où le président Sarkozy doit-il se déporter à droite pour remonter la pente et rester président dimanche prochain ? Un sondage publié ce lundi nous donne un début de réponse. Elle n’est pas très bonne pour le Président.

C’est pourtant toute la question de l’entre-deux-tours. Et il faut dire que Sarko y met toute la gomme, annonçant ce dimanche que la question de « la frontière » sera au cœur de son hypothétique second quinquennat.

L’enjeu est le suivant: convaincre suffisamment d’électeurs du Front National de Marine Le Pen, ils étaient 19% au premier tour, de se reporter sur lui. Mme Le Pen annoncera ce mardi quelle est sa consigne, mais on comprend que l’abstention est son intérêt premier: abstention signifie échec de Sarkozy, donc droite recomposée dans laquelle Marine Le Pen aurait une place privilégiée.