L’ahurissante proposition anti-Charlie de la CAQ

Avec mes collègues du Parti québécois, je me lèverai aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour renvoyer aux poubelles de l’histoire — donc à sa juste place — la proposition de François Legault de réprimer la liberté d’expression au Québec.

Aspirée par le vide créé par l’inaction coupable du gouvernement libéral en matière d’intégrisme et de laïcité, la CAQ est tombée dans l’abîme du contrôle du discours religieux — et, on va le voir, politique — dans l’espace public au Québec.

Incroyable ? Lisez plutôt l’extrait de la motion présentée par le parti de Legault:

Que l’Assemblée:

’’presse le gouvernement de déposer un projet de loi interdisant les expressions qui font le déni des valeurs inscrites dans la charte des droits et libertés de la personne en faisant la promotion de la haine OU en incitant au mépris et à la marginalisation d’une personne ou d’un groupe de personnes sur la base d’un motif de discrimination interdit;’’

CAQ et PLQ: Des déserteurs de la compassion ?

Nous étions pourtant tous d’accord, il y a un an à peine, en mai 2013. Tous, Libéraux, Caquistes, Solidaires et Péquistes.

Nous avons tous reconnus que:

« L’assemblée nationale demande au gouvernement de rehausser le financement des organismes d’action communautaire autonome en santé et services sociaux ».

Pourquoi? Parce que ces 3000 organismes, et 1000 autres dans les secteurs de la famille, de l’éducation et de la défense des droits, apportent au quotidien un appui inestimable à des dizaines de milliers de Québécois vulnérables.

Le gouvernement du Parti québécois a répondu à l’appel unanime de l’Assemblée en prévoyant, dès septembre de cette année, trois mesures phares: un rehaussement annuel de 54 millions pour stabiliser le financement de base des organisations, une enveloppe de 10 millions pour les aider à devenir propriétaires de leurs locaux, des mesures pour que les salariés de ces organismes aient des bénéfices et des retraites décents.

Un candidat de la CAQ anti-Charte, anti-loi 101, pro-Charest et anti… CAQ !

C’est tout un candidat que François Legault a choisi pour représenter son parti dans la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce. « Je connais bien Noah, a déclaré François Legault, c’est un gars brillant ! »

Noah Sidel, le candidat anti-loi 101 de François Legault

Et un gars qui sait écrire. Noah Sidel n’a pas la langue, ni le clavier, dans sa poche.

Il possède un blogue dans lequel il jette son fiel sur un certain nombre de principes que défend pour tant la CAQ et son chef.

Voici des morceaux choisis:

 

1. La « Bullshit » de la CAQ sur la langue:

« I’m not saying the CAQ is a magical cure-all and i agree with everything they – in particular their babble about strenghtening Bill 101 and the supporting the nonsensical BS that you « can’t get served in French in downtown Montreal » – which is complete and utter bull. »
(billet du 19 septembre 2012)

La campagne anti-montréalaise de la CAQ

La Coalition Avenir Québec s’est lancée dans une véritable campagne anti-montréalaise.
Ce mardi, à l’Assemblée nationale, François Legault a directement insulté le maire de Montréal, Michael Applebaum, en affirmant ce qui suit:

F. Legault: M. le Président, quand c’est rendu que le maire de Montréal fait un sondage pour savoir s’il faut boucher les nids-de-poule, quand c’est rendu là, c’est parce qu’on a une poule qui n’a plus de tête.

En fin de semaine, un ténor de la CAQ, François Bonnardel, a affirmé que « Montréal est morte ou à l’agonie ».

Personne ne conteste que la situation montréalaise pourrait être meilleure. Mais il est irresponsable de passer de la critique à l’insulte.

Des Morts bien vivants

Il est bon de rappeler que le taux de chômage de Montréal est plus faible que ceux de Toronto, New York ou Chicago.

Legault et la fiscalité: la « droite inefficace » !

417162-dores-avec-positions-m-legault-150x150Il y a très très longtemps, dans une galaxie politique très éloignée, François Legault se disait indépendantiste, québécois, et partisan de la « gauche efficace ».

La transformation est complète. Il est maintenant fédéraliste, « canadian », et dit « partager des valeurs avec Stephen Harper ».

Lors de son allocution à la Chambre de Commerce de Montréal ce mardi, Pauline Marois a disséqué les mesures fiscales proposées par M. Legault et a bien démontré qu’il était maintenant passé à la « droite inefficace ». J’invite mes lecteurs de centre-droit à y prêter attention, car c’est assez étonnant. Elle présente brièvement ses propositions et les compare à celles de la CAQ.

Extraits:

Débat: Legault et Charest dans une dimension parallèle ?

579270-francois-legault-jean-charest-pauline-1C’est mon estimé collègue blogueur Paul Wells, de Maclean’s, qui introduit l’idée d’autre dimension dans le débat québécois. Juste après le débat de dimanche soir, il a écrit ceci:

Marois, who’s been depicted by Charest as a flake, tried to appear reassuring, competent and moderate. Legault, a doughy middle-aged fellow who founded Air Transat in the mid-’80s and was recruited into Lucien Bouchard’s PQ government more than a decade ago, pretended he sprang naked from an egg yesterday and that he’s amazed to discover what’s been going on in Quebec while he was vacationing in another dimension.

Je traduis:

Marois, que Charest a décrit comme une faible d’esprit, a tenté de paraître rassurante, compétente et modérée. Legault, homme d’âge moyen un peu enveloppé qui a fondé Air Transat dans la mi-80 et fut recruté dans le gouvernement de Lucien Bouchard il y a plus de 10 ans, a prétendu qu’il venait de sortir tout nu d’un oeuf hier et qu’il est renversé de découvrir ce qui s’est produit au Québec pendant qu’il était en vacances dans une autre dimension.

Le plan Legault: Abolir 7 000 emplois

Cette vidéo circule sur la toile:

Pas inintéressant de lire ce qu’écrit à ce sujet Claudette Carbonneau, ex-présidente de la CSN:

La fosse aux trésors de la CAQ, c’est la lutte au gaspillage et à la débureaucratisation. Quand on questionne le comment, on se retrouve au royaume du déjà-vu et d’une réingénierie abordée une fois de plus par le biais des structures.

Hier, c’était la disparition des régies régionales et la fusion des établissements qui allaient sauver le système de santé. Aujourd’hui, ce sont les agences qu’il faut abolir. Hier, c’était la fusion des commissions scolaires, voire leur disparition. Aujourd’hui, ce sont les centres de services avec à la clé des économies incommensurables! Deux fois dans les neuf dernières années, nous avons révisé les organismes publics dans le but d’en éliminer. Parlant débureaucratisation, peut-on s’affairer à des travaux plus utiles?