J’ai répondu à cette question lors du Conseil national du Parti Québécois.
1) Des intérêts existentiels
2) Des intérêts prosaïques
3) Une volonté de solidarité
J’ai répondu à cette question lors du Conseil national du Parti Québécois.
1) Des intérêts existentiels
2) Des intérêts prosaïques
3) Une volonté de solidarité

Avec le ministre blogueur indien
C’était pour ainsi dire la rencontre des ministres-blogueurs. Shashi Tharoor est une des étoiles montantes de la vie politique indienne, naguère candidat au poste de Secrétaire Général des Nations-Unies. Aujourd’hui ministre d’État au Développement des Ressources humaines, il est le ministre-blogueur et gazouilleur.
Cela lui a valu quelques tuiles, pour avoir critiqué des politiques de ses collègues en ligne. Il en a vécu une période de purgatoire et est de retour aux affaires, avec ses 1,6 millions d’abonnés en Inde.
Nous discutons donc des joies et périls du blogue ministériel, dans une conversation qui se déroule entièrement en français, Tharoor ayant passé quelques années à Montréal pendant les années 1970, où il a charmé une (première) épouse montréalaise. D’ailleurs, les membres féminins de la délégation québécoise sont sous le charme.
Ayant établi en six ans une solide tête de pont dans la métropole indienne Mumbai, nous avons décidé de franchir un nouveau pas en montrant notre intérêt pour l’État central de l’Inde, le Madhya Pradesh, 72 millions d’habitants, taux de croissance de 12% l’an dernier, lieu de passage du futur Corridor industriel Delhi-Mumbai.
Il faut se relever les manches et tout expliquer. Recommencer à zéro. Nous sommes là pour ça. Mais dans la voiture qui nous conduit du nouvel aéroport de Bhopal vers un hôtel en expansion, on apprend que le sous-ministre chargé de l’énergie renouvelable demande une rencontre urgente, car il vient d’être informé de notre présence et il doit quitter le soir même pour un déplacement.« Nous connaissons l’excellente réputation du Québec en énergie verte », me dit-il.Ah bon ?
Chaque année, la Nouvelle-Delhi réunit des élus, ONGs et chercheurs pour prendre le pouls des discussions en cours sur les changements climatique, dans le Delhi Sustainable Development Summit.
Le Québec y est un invité fréquent. J’y ai expliqué comment le Québec peut s’appuyer sur des alliances avec des États comme la Californie pour provoquer des changements dans la politique climatique du Canada et des États-Unis.
Voici la vidéo de mon intervention de ce jeudi:
L’article du Devoir de ce matin résume inexactement mes propos sur le poids qu’aurait pu avoir un Québec souverain dans les débats passés. Voici ce que j’ai dit:
We in Quebec of course are not a sovereign state. Or not yet a sovereign state. Some of us would have liked to be in Rio or Copenhagen and have the ability to vote with others environmentally friendly nations and try to help tipped the balance. We may not have succeed.
Bon, je l’avoue, j’avais sous-estimé le Québec. J’avais bien vu que, depuis 2006, le gouvernement et les entreprises québécoises avaient commencé à labourer le marché indien. J’y voyais un effort louable, qui certes donnerait des résultats, mais je nous voyais comme un lilliputien tentant d’attirer l’attention d’un nouveau géant.
Après quatre jours de mission en Inde, avec ma collègue Elaine Zakaïb et une vingtaine d’entreprises et d’institutions, je dois admettre que le Québec sait remarquablement tirer son épingle du jeu.
D’abord quelques chiffres. J’aurais pensé que notre commerce avec l’Inde ne serait qu’une infime fraction du commerce Canada-Inde, compte tenu des fortes diasporas indiennes à Toronto et Vancouver. Erreur : nous comptons pour 20 % du total, soit précisément notre proportion de l’économie.
En leur donnant un tremplin. Ou une base de lancement.
C’est ce que nous avons fait ce jeudi à New York, la première ministre et moi, en ouvrant le premier d’une série de bureaux appelés « Expansion Québec ».
Vous êtes une PME avec un super produit. Vous savez qu’il y a un marché, pour votre truc, ailleurs dans le monde. Mais venir, par exemple, à New York, tout seul, c’est un peu au-dessus de vos forces. Il faut se trouver un lieu d’affaires sans se faire avoir — donc payer 3000$ de loyer pour 12 mois. Se trouver une secrétaire, brancher tout ce qu’il y a à brancher, puis s’embaucher un conseiller pour la moindre des transactions.
Normal, vous hésitez.
Ce n’est pas banal. L’Assemblée nationale a été unanime, ce mardi, pour adopter la résolution suivante:
« Que l’Assemblée nationale invite le gouvernement du Canada à prendre acte de la décision de l’Organisation des nations unies reconnaissant le statut d’État observateur pour la Palestine et à maintenir l’aide canadienne précieuse prodiguée à la construction de l’état de droit en territoire palestinien ;
Qu’elle réaffirme le soutien indéfectible du Québec à une solution négociée qui incarne à la fois la nécessité pour Israël de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ainsi que le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à la création d’un État. »
J’ai présenté cette motion, après négociations avec le PLQ, la CAQ et Québec solidaire, qui l’a secondé.
Vous le savez peut-être, je suis ministre du Commerce extérieur et, comme l’a indiqué Mme Marois dans son discours d’ouverture, nous sommes en train de redéfinir la politique commerciale du Québec. Pour ceux que ça intéresse, j’ai fait deux interventions récentes sur ce sujet.
D’abord dans le journal Les Affaires, dans une entrevue à François Normand. Extraits:
Exportations : la méthode Lisée
La diversification des marchés internationaux du Québec avec des interventions ciblées sera la priorité du gouvernement Marois, à l’intérieur des États-Unis, dans les pays du BRIC et en Afrique, dit Jean-François Lisée, que nous avons rencontré à son bureau de Montréal.
Aux États-Unis, Québec mettra le paquet pour développer nos exportations dans le sud du pays, précise le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur.
Je l’avais observé lorsque j’étais journaliste et lorsque j’étais conseiller: nos relations avec la France suscitent chez une partie de l’opinion — et des faiseurs d’opinion — un scepticisme irréfragable.
Pour ceux que l’économie intéresse au-dessus de tout, il devrait suffire d’indiquer que la France est le second investisseur au Québec. Que l’implantation de ses 166 entreprises chez nous dépasse en nombre leur présence dans n’importe quelle province ou État américain et qu’elles emploient directement 8 000 salariés québécois, dans de bons secteurs d’emploi, devrait clore le débat sur la valeur de cette relation.
Qui plus est, un touriste sur 10 venu au Québec en 2011 provenait de l’Hexagone ce qui, en proportion de la population française, est presque équivalent au nombre de touristes américains qui envahissent nos festivals.
Mais cela ne suffit pas, semble-t-il, à justifier notre présence régulière dans la ville lumière. On nous reproche d’aller y parler de politique.
« Il va régler ça, lui ! »
C’était, immanquablement, le commentaire de mon père Jean-Claude, lorsqu’on voyait à la télé un ministre canadien ou québécois se rendre dans un endroit troublé de la planète. Vous ai-je dit que mon père maniait l’ironie ?
Il avait raison, papa, de douter de la capacité de nos élus. Et c’est avec son sain scepticisme en tête que j’ai abordé, avec la première ministre, notre réel impact sur des événements qui nous dépassent.
Il faut le dire: le Québec a une image de marque dans les pays de la Francophonie. Sur 50 ans, l’engagement, l’énergie, le professionnalisme des artisans québécois ont construit une réelle réputation de probité et d’efficacité.
Mais nous ne sommes pas une grande puissance. Nous n’avons pas les muscles des États-Unis ou de la France. Notre intervention, dans le cas, en l’espèce, de la confiscation de la démocratie congolaise par le régime Kabila, n’a qu’un poids relatif. Comment en user au mieux ?