Pourquoi pas Stéphane Dion à la Cour suprême ?

téléchargementLe grand ami de l’autonomie québécoise, le député libéral Stéphane Dion, sera une des poids lourds du comité qui va aider Stephen Harper à choisir un bon juge venu du Québec pour la Cour suprême.

C’est une bonne nouvelle pour le trudeauisme et la centralisation. Pour le Québec, un peu moins.

Cette Cour suprême a récemment invalidé une loi sur les écoles passerelles, qui avait été adoptée à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale. Oui, à l’unanimité !

Le Québec réclame depuis des décennies le pouvoir de désigner, lui-même, les trois juges provenant du Québec. Voilà le Canada d’aujourd’hui : des juges désignés par des trudeauistes, sans l’accord du Québec, s’appuient sur une Constitution que nous n’avons ni négociée ni approuvée pour invalider les lois que nous voulons.

Avec les suggestions de Stéphane Dion, on peut s’attendre au pire. Je propose que les choses soient claires: nommons M. Dion directement juge en chef !

Harper : mode d’emploi

5104ZlCxwlL._BO2204203200_PIsitb-sticker-arrow-clickTopRight35-76_AA278_PIkin4BottomRight-5222_AA300_SH20_OU01_-e1339082064958Le premier ministre du Canada semble cyclothymique.

Pendant de longs mois, il peut mener son gouvernement comme une pièce d’horlogerie bien huilée, faire progresser ses dossiers contre vents et marées, marquer des points. On reconnaît alors son sens de la stratégie, son intelligence tactique, sa capacité de communiquer  ses idées à une portion croissante de Canadiens qui en ont fait « leur » premier ministre.

Puis, vient une période de cafouillages, d’annonces bâclées, de dépenses folles, de mensonges éhontés. Où est passé, alors, l’habile capitaine Harper ?

Paul Wells, de Maclean’s, tente de décoder le personnage dans The Harper Decade, un livre numérique dans lequel sont regroupés ses meilleurs textes publiés depuis 10 ans sur le personnage.

Le moment le plus éclairant survient pendant la campagne électorale de 2008. À la fin d’une entrevue, Harper décrit l’édifice qu’il est en train de construire, plus centré sur des valeurs conservatrices que sur une volonté de se débarrasser des libéraux.

Pourquoi Harper est content de la crise étudiante

harper_stephen_big_381C’est certain, le premier ministre du Canada aurait préféré que, lors des nombreuses manifestations étudiantes depuis maintenant 16 semaines, quelqu’un ait eu la bonne idée de brandir un drapeau canadien.

C’est Jacques Parizeau qui a remarqué cette absence en fin de semaine. Remarquez, quelqu’un s’est peut-être peint l’unifolié sur le torse, mais cela s’est perdu dans la mer rouge des manifs.

Mais d’Ottawa, Harper doit être content que le Québec soit « décanadianisé » à ce point qu’il ne mobilise aucune énergie pour s’opposer à l’extraordinaire entreprise de rouleau compresseur dont il est en train de rendre le Parlement et l’État fédéral victimes.

Ma collègue Manon Cornellier en faisait la synthèse dans Le Devoir de mardi :

Notre mission: Aider les journalistes de Rad-Can à aider les ministres de Harper

Federal_Cabinet_1276875cl-8-150x150Les journalistes de Radio-Canada sont bien en peine, ces jours-ci. Le nouveau code de conduite officiel des salariés de la boîte, y compris des cadres et journalistes, décrit de la façon suivante le comportement souhaité:

Article 1.2 Ils exécutent avec loyauté les décisions prises par leurs dirigeants conformément à la loi et aident les ministres à rendre compte au Parlement et à la population canadienne.

Ah ! Aider les ministres à rendre compte ! Qu’est-ce que cela pourrait bien vouloir dire ? Tout est question d’interprétation. Le syndicat des journalistes de la maison, soutenu par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, a choisi d’y voir une menace à l’indépendance des médias.

Je ne vois pas pourquoi. D’abord, si le gouvernement Harper a insisté pour qu’on indique que les employés de Rad-Can doivent « aider » les ministres, il s’agit d’un éclatant geste de transparence. Oui, oui. Ottawa admet que les ministres ont besoin d’aide. On ne peut être en désaccord avec ce message implicite.

Appels frauduleux: l’étau se resserre sur le PCC

Si vous l’avez manqué, voici le reportage qu’il faut voir sur les Robocalls. Terry Milewski de la CBC a interrogé plusieurs électeurs ayant 1) répondu à un appel des conservateurs sur leur intention de vote en affirmant qu’ils n’allaient pas appuyer le parti 2) reçu un appel frauduleux les dirigeant vers un faux bureau de scrutin.

Mieux, en certains cas l’électeur a retracé l’appel frauduleux au numéro local du Parti conservateur et en un cas, le conservateur vérifiant l’intention de vote a simplement enchaîné, dans le même appel, en affirmant que le bureau de vote avait été déplacé…

robocalls

 

 

 

 

La preuve s’accumule…

Appels frauduleux, le Watergate de Harper?

indexLe dommage causé à la réputation du parti de Stephen Harper par le scandale des appels frauduleux semble massif.

Selon un sondage Angus Reid rendu public ce mardi, 44% des Canadiens pensent que cette tactique a « définitivement changé le résultat de l’élection du 2 mai ». Seulement 36% sont convaincus du contraire, 21% restant indécis.

Cette opinion mine la légitimité même du gouvernement conservateur, d’autant qu’un électeur conservateur sur six est du même avis.

De plus, la moitié des Canadiens (et 31% des électeurs conservateurs) estiment que des élections partielles devraient être déclenchées « dès que possible » dans chacune des circonscriptions touchées par les appels frauduleux.

Dans combien de circonscriptions ? Difficile à dire, mais 64% des Canadiens et 47% des conservateurs croient que la fraude ne se limite pas à la circonscriptions de Guelph, en Ontario, point de départ de l’enquête.

Le catalogue de Pierre Poutine

6a00d8341c00c753ef0120a6139776970c-150x150On parle beaucoup, depuis la prise de pouvoir de Stephen Harper, de l »américanisation » du Canada, ou du moins de la politique canadienne. Une américanisation originale, car les conservateurs tiennent, on le sait, à la monarchie.

Mais parmi les emprunts que fait le parti conservateur à leurs voisins républicains américains, il y a les dirty tricks.

On ne sait encore qui a, sous le pseudonyme de Pierre Poutine, organisé les appels trompeurs qui furent, en mai dernier, un affront au processus démocratique.

Mais les suspicions pointent vers un parti bleu en particulier, surtout lorsqu’on regarde le catalogue de coups bas répertorié par le commentateur canadien Lawrence Martin ces jours dernier sur ipolitics.ca.

Martin monte une liste de 22 coups bas imputés aux conservateurs de Harper. On peut chipoter sur un ou deux. On peut arguer que d’autres partis ont fait en certain cas (commandites ?) preuve de bassesse. Mais la liste conservatrice impressionne.

Un conservateur le confirme: Harper ne mange pas de bébés!

brown-stephen-harper-eats-babies-women-s-t-shirts-150x150C’est important de le savoir car, selon un conservateur québécois de longue date, Peter White, un proche de Brian Mulroney, les politiques de Stephen Harper envers le Québec sont tellement mauvaises que les Québécois croient qu’il est un consommateur de nourrissons:

“His image here is the pits. I’ve had francophones say to me publicly that they think he’s got ears and a tail, and he eats babies. And these are conservatives. They can’t understand why Harper doesn’t fix his image. Everyone knows he doesn’t eat babies, but he does everything he can to make people think he does.”

Ma traduction:

« Son image est dans les bas fonds. J’ai entendu des francophones me dire publiquement qu’ils pensent qu’il a une queue et qu’il mange des bébés. Et ce sont des conservateurs! Ils ne comprennent pas pourquoi Harper ne corrige pas son image. Tout le monde sait qu’il ne mange pas de bébés,  mais il fait tout en son pouvoir pour que les gens croient qu’il le fait. »

Le péril des théo-conservateurs – en français

41XCshnAssL._SL500_AA300_1Je vous en avais parlé lorsque l’ouvrage a été publié en anglais. Voici sa version française: Le facteur Armageddon — La montée de la droite chrétienne au Canada (Stanké).

Si vous voulez comprendre certains (pas tous) des réflexes du gouvernement conservateur qui dirige nos destinées pour au moins les quatre prochaines années, il faut lire cet ouvrage qui soulève la couverture conservatrice pour révéler le travail des taupes évangélistes qui préparent les prochaines cohortes de décideurs conservateurs: plus radicaux, oui, mais plus habiles que jamais.

Dans l’édition française, l’auteure, Marci McDonald, ajoute une brève post-face où elle évoque les balbutiements du mouvement évangéliste chrétien au Québec, notamment la méga-église évangélique Nouvelle Vie, à Longueuil, qui comte 3 500 membres. Le candidat conservateur (battu) dans Longueuil en était membre.

La description que Marci fait du sermon/spectacle/soft-rock du pasteur Claude Houde nous donne vraiment le goût d’aller y passer un dimanche matin, seulement pour le divertissement.

La Reine possède-t-elle des droits sur Ottawa?

Élisabeth II possède-t-elle des droits d’auteurs sur les publications du gouvernement canadien ? Et si oui, combien cela lui rapporte-t-elle ?

La question se pose car on retrouve mention de son droit d’auteur au bas de deux bulletins d’information récents de Ressources Naturelles Canada.

En anglais:

reineang

 

La Reine en droit. C’est clair !

Et en français:

Reine-Fr

 

La Reine du Chef ? Mais pas du sous-chef ?

Appel aux internautes, sujets de la Reine, et mieux informés que moi. Est-ce récent ? Ancien ? Inopiné ?

Merci à l’alertinternaute Pierre Hamel pour ce signalement.