Les Anglos et le français: le débat continue

frogs-150x150Notre dossier sur les Anglos et le français a créé une petite tempête dans les médias anglophones du Québec.  Tout y a passé: la méthodologie, la formulation des questions et, pour quelques-uns, la présence dans le dossier de votre blogueur favori, qui ne semble pas être le favori de tous.

L’attaque la plus surprenante est cependant venue de Jack Jedwab. Le directeur de l’Association des études canadiennes avait pu longuement — et sobrement — donner son point de vue sur le sondage dans les colonnes du magazine, juste après mon analyse. Son nom apparaît d’ailleurs sur la couverture du numéro.

jackNotre surprise fut donc grande de lire une critique vitriolique de notre numéro dans les pages de The Gazette de samedi dernier. Omettant d’informer ses lecteurs anglophones qu’il avait été invité par L’actualité à commenter la chose ou que Josh Freed était blogueur invité pour deux semaines sur notre site, Jack nous a reproché de ne pas avoir voulu ouvrir un dialogue (!!).

À l’Assemblée nationale, L’actualité est dans les questions et dans les réponses

447610-semaine-derniere-assemblee-nationale-publie-150x150Journée faste hier à l’Assemblée nationale pour L’actualité et son dossier sur les Anglos-Québécois. Nous étions très cité pendant la période de questions. Voyez plutôt:

M. Blanchet (critique PQ en matière de langue): M. le Président, L’Actualité publiait la semaine dernière une enquête percutante sur les perceptions et habitudes linguistiques des Anglo-Québécois et leur rapport avec le français. 59 % d’entre eux sont en paix avec le fait que Montréal deviendrait bientôt une ville majoritairement anglophone, 77 % chez les 18-34 ans. Ces mêmes jeunes estiment que le caractère français de Montréal n’est pas important. Ces chiffres sont inquiétants puisque c’est dans la catégorie d’âge le plus jeune que s’exprime le plus d’indifférence, voire de résistance envers le français.

La ministre constate-t-elle comme nous que l’attitude complaisante de son gouvernement en matière de protection du français, notamment avec la loi n° 115 sur les écoles passerelles, a mené tout droit à la perception que révèle ce sondage?

Explosion d’humour anglo dans la gazouillosphère

indexLe dossier de L’actualité sur les Anglo-Québécois a provoqué de vives réactions chez quelques collègues anglophones, mais également une explosion de gags, pour l’essentiel bon enfant, sur twitter.

Les participants, presque tous anglos, rapportent ou — on l’espère — inventent des comportements de « mauvais anglos ».

Je vous traduis mes préférés:

#Appuyer 1 pour le service en français, puis parler anglais quand même

#Désigner les zones francophones de Montréal comme le « French District »

#Prononcer exprès Jean Talon Jeen Tailloon

#Entendre parler d’une fusillade à Montréal Nord, et ne pas savoir où c’est

#N’avoir pas écouté un seul épisode de Star Académie ou d’Occupation double

#Être presque certain que Julie Snyder et Véronique Cloutier sont la même personne

#Manquer de respect pour la Fête Nationale en 1) y participant 2) n’y participant pas

#Être allé cinq fois en France mais jamais à Chicoutimi

Bonjour, mon nom est J-F Lisée. Je suis anglophile.

covactuCe titre, véridique, est un message de bienvenue en forme de clin d’œil à notre blogueur invité, le chroniqueur Josh Freed de la Gazette, qui va dialoguer avec nos internautes, le temps que notre dossier spécial sur les Anglo-Québécois sera en kiosque.

Josh signe son premier papier: Bonjour, mon nom est Josh. Je suis anglophone. Ce titre est un gag en soi. Car il reprend la formule consacrée par les Alcooliques Anonymes où chacun se présente ainsi: « Bonjour, mon nom est XX. Je suis alcoolique ».

Josh nous fait donc un aveu, comme s’il était porteur d’une tare: être anglo au Québec. Ayant lu notre sondage, il en tire cette grande conclusion:

Le point important pour moi, c’est que les choses s’améliorent rapidement ici au Québec ; notre communauté anglophone évolue plus rapidement que beaucoup d’habitants du monde occidental.

L’avenir du français ? Les 3/4 des jeunes anglos n’en ont rien à cirer!

meetings-300x231J’ai une question pour vous. La voici:

«À votre avis, les grandes entreprises montréalaises devraient-elles avoir le droit  d’embaucher des unilingues  anglophones comme cadres  supérieurs, même si cela signifie que  les salariés francophones devront travailler en anglais ?»

Je me doute de votre réponse. Mais nous avons voulu savoir, à L’actualité, ce qu’en pensaient nos concitoyens anglophones. Avec CROP et avec 98,5 FM nous avons conçu un sondage nous permettant d’entrer dans la tête des anglo-québécois qui sont, c’est indubitable, de plus en plus bilingues.

Notre grande découverte est la suivante: les jeunes anglo-québécois de 18 à 34 ans, donc la relève pour l’essentiel déjà active dans la société, est nettement plus froide envers le fait français que les anglophones plus âgés.  Ainsi, à la question précise du droit de travailler en français dans des grandes entreprises, 74% des jeunes anglos n’ont rien à cirer d’une des dispositions les plus centrales de la loi 101, pour ne pas dire du simple respect de la majorité francophone.