Incarner la laïcité et l’ouverture: l’état de ma réflexion

Je vous jure, on en apprend des choses en remontant le fil des communiqués officiels de notre premier ministre canadien, M. Justin Trudeau.

En trois mois, de la fin mars au début juin, le chef du gouvernement d’un pays du G7 a confirmé que 1) la Reine Esther et son oncle Mordecai ont bel et bien sauvé le peuple juif de Perse, quoi qu’en disent les historiens de l’Antiquité; 2) Jésus Christ est bien mort et ressuscité, quoi qu’en pensent les Canadiens pratiquant d’autres religions; 3) Bouddha a réellement vécu et il faut donc en célébrer la vie et les enseignements, même si la trace historique reste, disons, ténue; 5) le prophète Mahomet a bel et bien reçu le Coran grâce à une révélation divine.

Évidemment, il n’y a rien de nouveau ni de condamnable à ce qu’une figure politique, y compris un chef de parti ou de gouvernement, souligne dans une déclaration – de plus ou moins 144 caractères, cela importe peu – la fête religieuse d’une partie des citoyens.

Leadership : Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition # 8 du candidat Jean-François Lisée

J’ai proposé un cadre général de ce qui doit constituer le socle de notre identité québécoise. Sous l’expression « Concordance culturelle », j’estime que tous les Québécois sont appelés à partager les éléments communs suivants :

Le Québec forme une nation ; a une langue officielle et commune, le français ; s’est incarné dans une production culturelle principalement francophone riche et multiforme ; a produit un récit historique singulier ; se définit par son attachement à des valeurs universelles comme l’égalité entre femmes et hommes ; l’entraide et la concertation ; à son cheminement vers un État et une société de plus en plus laïcs ; à sa quête de justice sociale ; à son engagement pour la démocratie.

Je propose d’enchâsser ces éléments dans une Constitution québécoise, débattue au préalable par une Commission parlementaire élargie (sur le modèle de Bélanger-Campeau) qui aurait statut d’Assemblée constituante proposant le texte à l’Assemblée. (Pour les détails, voir ma proposition #6 : Identité – un concept pour tous les Québécois : la Concordance culturelle)

Leadership: Identité : La concordance culturelle

Proposition # 6 du candidat Jean-François Lisée

« La patrie est un projet commun, une création continue de nos efforts solidaires [. . .] Être ensemble est une immense opération, une orchestration infiniment complexe, dont le chef invisible est la conviction partagée que cet ensemble existe, qu’il a un sens à travers l’histoire, qu’il nous faut y être attentifs afin qu’il ne se relâche pas […] Le plus grave désastre qui puisse menacer un peuple n’est pas l’anéantissement militaire, c’est l’indifférence de ses membres à la forme de son avenir. »
Citation de Pierre Emmanuel, choisie par Camille Laurin et Fernand Dumont pour ouvrir leur Politique québécoise de développement culturel, en 1978

 

‘‘There is no core identity, no mainstream in Canada. There are shared values — openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice. Those qualities are what make us the first postnational state.’’

Lire, voir: Jésus, la vraie histoire?

Pour le congé de Pâques, quoi de mieux que d’examiner une des histoires les plus fascinantes des deux derniers millénaires, celle de Jésus ?

Il y a principalement trois thèses. Celle qui veut que les évangiles doivent être crus sur paroles, une idée assez répandue dans le Bible Belt américain, et selon laquelle les humains ont cohabité avec les dinosaures à la création, il y a 5 000 ans. Celle, qui fait consensus, voulant que sous les très nombreuses enjolivures des évangiles, se cache une vérité historique, qu’on peut identifier, celle de la véritable vie d’un homme nommé Jésus. (Je parle de la troisième plus loin.)

Jésus, un homme remarquable, remis dans un contexte fascinant

ZéloteÉpoustouflant. Si vous n’avez qu’un livre à lire sur ce que l’on croit savoir, historiquement, de Jésus, puis sur le processus de transformation de son récit par ses fans pour s’adapter au contexte historique changeant et aux auditoires visés, il FAUT lire Le Zélote.

On est toujours le xénophobe de quelqu’un, M. Couillard

Voici le texte publié jeudi dernier par Le Devoir, le Journal de Montréal et de Québec et par le site du Soleil (Seul La Presse a décliné.) On peut entendre aussi l’entrevue que j’ai accordée à ce sujet à Richard Martineau.

Cher Premier Ministre,

Votre prédécesseur, Robert Bourassa, a déclaré un jour qu’« en politique, on dit parfois n’importe quoi ». C’est donc dans cette catégorie de déclarations que j’ai d’abord classé vos propos de dimanche dernier, quand vous affirmiez que le PQ et la CAQ avaient « soufflé sur les braises de l’intolérance » et portaient « un lourd passif en matière d’intégration ».

Vous avez été fort critiqué pour avoir fait preuve de partisanerie mesquine, alors que l’heure était à l’unité face aux barbares qui venaient de mitrailler nos frères Français, après avoir semé la mort au Liban et en Égypte. À l’heure où des obscurantistes tuaient pour leur idéal d’un État dictatorial religieux (Bernard-Henri Lévy propose le terme « fascislamisme »), j’estimais que vous aviez erré en blâmant ceux qui, à la CAQ et au PQ, proposent des mesures de francisation et de laïcisation plus ambitieuses que les vôtres.