Le chiffre : Monsieur 1 %

1 %

C’est la proportion de Québécois qui se disent « très satisfaits » du gouvernement de Jean Charest, dans le dernier sondage Léger mise-en-marché (ma traduction) pour Le Devoir et The Gazette. Ils étaient 6 % de très satisfaits en décembre, 4 % en février, 3 % en avril. Notre premier ministre réussira-t-il l’exploit historique de réduire ce chiffre à 0 % ?

La course est rude car Stephen Harper est également de la partie, la proportion de ses « très satisfaits » au Québec est passée de 4 % en décembre à 3 % en avril à 2 % aujourd’hui.  Le suspense est à couper au couteau !

PPP : les coût$ de l’idéologie

10,4 millions $

C’est ce que le Québec économiserait, au moins, s’il confiait au secteur public, plutôt qu’à un Partenariat Public Privé, la construction des deux Centres hospitaliers universitaires.

Cette conclusion, tirée par le Vérificateur général du Québec ce mercredi, n’est pas l’élément le plus préoccupant de son rapport.

Dans le tableau qui suit, le Vérificateur indique que le bras pro-PPP du gouvernement est récidiviste. Malgré les remontrances précédentes, il n’arrive toujours pas à calculer correctement le coût de ce méga-projet sans PPP. Le Vérificateur avait déjà jugé en 2009 que Québec avait une propension à ne pas donner l’heure juste — ou plutôt à toujours donner l’heure injuste, injustement favorable aux PPP.

L’ex agence des PPP, devenue Infrastructure-Québec, proteste de sa bonne foi, affirmant que tout ça est bien compliqué et que beaucoup de monde tient la calculette (voir sa réponse à la fin du rapport). Mais c’est bizarre que l’erreur penche toujours du même côté.

30 ans après : le Canada, « qu’ossa donne » ?

13 %

C’est la remarquablement faible proportion de Québécois francophones qui estiment que « le développement du Québec a été facilité par son appartenance à la fédération canadienne ». Le double, 26 %, croient au contraire que ce développement a été ralenti par cette appartenance ; 41 % croient que cela n’a fait aucune différence et 20 % ne savent tout simplement pas quoi en penser.

Ces chiffres sont tirés du sondage CROP réalisé pour le compte de nos amis de l’Idée fédérale et dont les médias ont fait état ce mercredi. Le projecteur fut mis sur le fait que 58 % des Québécois estimaient le débat sur la souveraineté « dépassé ». Une proportion similaire aurait pu être trouvée en 1972, 1983, 1987, 2000. Chaque fois, ensuite, la souveraineté est redevenu d’actualité, puis majoritaire, brièvement en 1980, puis de 1989 à 1994, puis en 1996 et 2005. D’autres réponses attestent de l’indécision des Québécois et de leur propension légendaire pour l’entre-deux-chaises.

Ces parias qui ne paient pas d’impôt

45 %

C’est la proportion d’Américains qui ne paient pas d’impôts, selon un récent rapport du Tax Policy Center de Washington. Pourquoi cette statistique est-elle intéressante ? Parce qu’un des arguments les plus souvent entendus pour souligner le dysfonctionnement du Québec est le fait que 42% des Québécois ne paient pas d’impôt québécois. Cette statistique est utilisée comme si elle singularisait le Québec en Amérique du nord, en faisant un lieu où pullulent les assistés et ceux qui ne contribuent pas à la société.

De plus, c’est le genre d’argument qui sou-tend l’imposition à tous les Québécois, riches et pauvres, de la même taxe régressive de $200 pour la santé, et à la future franchise santé de 25$ par visite médicale.

Qui sont les non-payeurs ?

Aux États-Unis, de qui s’agit-il ?

Ce qui ne sera pas dans le budget québécois

50 %

C’est le nouveau niveau d’imposition supérieur, introduit mercredi dernier par le gouvernement britannique, au moment du dépôt de son budget. Le maximum précédent était de 40 %. Le changement est important car la Grande Bretagne est, hors Amérique du Nord et même sous le gouvernement travailliste, fiscalement très conservateur. (Les pays scandinaves ont des niveaux de 52 à 59 %.)

Dans son discours, le Chancelier de l’Échiquier (ministre des Finances), Alistair Darling, a ainsi présenté les choses :

Le taux d’imposition de 50 % sera introduit le mois prochain, mais n’affectera que ceux dont les revenus sont de plus de 230 000 $ par an, soit le 1 % supérieur des revenus. Ceux dont les revenus sont de 150 000 $ par an, les 2 % supérieurs, se verront retirer graduellement leur déduction personnelle de base. […]