Le pas-très-beau risque de Québec Solidaire

mulcairL’ingratitude. C’est le mot qui vient à l’esprit. L’ingratitude du NPD envers ceux qui ont contribué à son succès électoral, au Québec, le 2 mai 2011.

L’ingrat, c’est Thomas Mulcair. Il a annoncé ce vendredi qu’à la prochaine élection québécoise, vers 2016, il y aura, dans chacune des 125 circonscriptions, un candidat d’un nouveau NPD-Québec. Et ils feront concurrence aux 125 candidats de Québec Solidaire.

Oui, l’ingratitude. Car en avril 2011, Amir Khadir avait appelé les électeurs québécois de gauche, y compris souverainistes, à soutenir le candidat le plus progressiste, parfois du Bloc, parfois du NPD. Amir avait lui-même donné l’exemple en votant pour le candidat NPD dans son comté.

Ayant ainsi participé à la vague orange, Québec solidaire est désormais la victime de l’organisation NPD qu’il a contribué à créer. Comme si Frankenstein-Mulcair se tournait contre son créateur.

L’effet Mulcair sur les libéraux fédéraux du Québec

indexJe vous le disais le jour de l’élection de Mulcair, le triomphe de cet ex-ministre libéral a pour effet de rendre les libéraux fédéraux québécois catatoniques. Ce sera encore plus vrai si Denis Coderre quitte le navire pour se lancer, l’an prochain, en politique municipale.

Un de mes amis libéraux fédéraux (oui oui, j’en ai!) en est réduit à refaire l’histoire dans sa tête et à tenter de trouver le moment où cette ligne temporelle désastreuse aurait pu être évitée.

Voici ce à quoi il pense, en broyant du noir:

J’ai pensé à quelque chose en fin de semaine en entendant que Justin avait gagné son combat de boxe: que se serait-il passé si Stéphane Dion avait été moins con et avait laissé Justin se présenter dans Outremont [en 2007] comme Justin le souhaitait (c’était une complémentaire après la démission de Jean Lapierre).

Imaginons un peu :

Le jour ou le NPD ne s’est pas suicidé

9f761431-f8bd-4eb3-aea3-86f2d80e5fad_500-300x166Ma collègue et amie Antonia Maioni, de McGill, avait tout expliqué dans son texte du Globe and Mail de vendredi intitulé: The NDP’s question is the Québec question. La question du NPD est la question du Québec.

En effet, il n’existait, et n’existe, qu’un parcours crédible vers le maintien du NPD en position durable d’opposition officielle et de prétendant au pouvoir: il passe par la consolidation de ses gains québécois du 2 mai dernier.

Sans ces gains, sérieusement mis en péril ces derniers mois, le NPD redeviendrait le troisième parti du Canada. Sans Thomas Mulcair, le NPD ne pouvait conserver ces gains. Avec lui, il est possible de les conserver, du moins d’en conserver suffisamment.

Les militants hors-Québec du NPD avaient donc la tâche de comprendre cette dynamique et d’agir en conséquence. Ce n’était pas joué d’avance. Les militants libéraux fédéraux ont deux fois choisi un Québécois impopulaire au Québec — Jean Chrétien et Stéphane Dion — refusant d’écouter les signaux que leurs autres collègues québécois leur envoyaient.

Mulcair, pitbull pour la cause : la mauvaise, puis la bonne ?

mulcair-pugnace-150x150Je tiens à confier au lecteur que je ne suis pas prédisposé à dire du bien de Thomas Mulcair. Comme conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, je l’ai vu mener la charge, chaque jour à la période de questions, avec une agressivité et une mauvaise foi hors normes. « À la Chambre, confirme un de ses collègues libéraux plus modéré, il était terrible ! C’était sans foi ni loi ! »  Idem au sujet des votes référendaires annulés dans sa circonscription, où il a fait preuve d’une extraordinaire malhonnêteté intellectuelle.

Mais, c’est souvent le cas, les pires bagarreurs dans l’opposition peuvent se révéler efficaces  au pouvoir. Et si on mesure la droite, du moins une certaine droite, à son à-plat-ventrisme envers le privé, alors Thomas Mulcair fut, au ministère de l’Environnement, le Che Guevara québécois.

La tentation conservatrice de Thomas Mulcair

charestmulcairThomas Mulcair, le candidat favori dans la course à la direction du NPD, donc un potentiel futur premier ministre du Canada en octobre 2015, a déjà admis avoir été courtisé par le Parti conservateur de Stephen Harper après son départ du gouvernement Charest, en 2007.

Pourquoi un futur chef du NPD aurait-il même accepté de se faire aborder par des proches de Harper ? La question reste posée, lancinante, dans la campagne à la direction néo-démocrate.

Mais un de ses adversaires dans la course, Brian Topp, a lancé une autre question, il y a quelque temps, accusant Mulcair de s’être associé au virage conservateur que Jean Charest a voulu imprimer aux libéraux québécois lors de son arrivée, en 1998.

La question est bonne et éclaire la plasticité intellectuelle dont Thomas Mulcair est capable. J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai parlé à plusieurs libéraux qui ont vécu ces événements de l’intérieur.

Brian Topp et le Québec, printemps 2011

web-ndp-topp-br_1318699cl-8-150x150Le Montréalais d’origine et actuel candidat à la direction du NPD Brian Topp a été mis à contribution pendant la campagne fédérale de 2011. Il est bon de le rappeler pour comprendre, au-delà des beaux discours, la pensée de l’homme sur la question québécoise.

Au printemps 2011, la presse canadienne venait de découvrir la « déclaration de Sherbrooke » de 2005 dans laquelle le NPD avait accepté de reconnaître un vote souverainiste pour le Oui à 50 % + 1, une position diamétralement opposée à la loi C-20 sur la clarté référendaire, pourtant votée à l’époque par tous les députés néo-démocrates sauf un.

Que fallait-il en penser ? Comme je l’ai signalé à l’époque, la campagne Layton a expressément donné à Brian Topp le soin d’éclairer les lanternes anglo-canadiennes. Ce qu’il a fait en communiquant avec mon collègue Paul Wells, de Maclean’s, par téléphone puis par courriel, pour attribution.

Brian Topp, les putes, le Québec et moi !

Avertissement: ce billet ne contient aucune relation de contact charnel. Mais il y sera question, de manière rhétorique, de péripatéticiennes. Un peu de patience.

Brian Topp est un des candidats favoris à la direction du NPD, donc au poste de chef de l’opposition, donc au poste de premier ministre aux élections de 2015. Je l’ai connu en 1998, lorsqu’il était conseiller du premier ministre néo-démocrate de la Saskatchewan, Roy Romanow. Oui, le Romanow qui a négocié avec Jean Chrétien l’entente fameuse de la «Nuit des longs couteaux», qui isolerait le Québec pour l’avenir prévisible.

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Roy Romanow, l’agent-double d’Ottawa, et son conseiller Brian Topp

Romanow était cette année-là le porte-parole des provinces dans les discussions avec le fédéral. Puisque j’étais conseiller de Lucien Bouchard, Topp était un de mes vis-à-vis dans ces discussions.

Le NPD au Québec: ce qui monte vite redescend plus vite encore

Le site threehundredeight vient de mettre à jour son tableau des sondages portant sur les élections fédérales. On peut observer ici combien le NPD, orange, a profité des mois d’hiver pour faire de la luge sur l’électorat québécois:

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Et le Bloc, en bleu pâle, fait du trampoline…

Le site fait également une projection de circonscription
à partir de ces chiffres. (Le nombre de sièges actuels
est dans la parenthèse)

Bloc: 25 (4)
Libéraux: 21 (7)
NPD: 18 (59)
Conservateurs: 11 (5)

Mais l’élection n’est qu’en octobre 2015 !

Fusion Libéraux et NPD: bonne ou fausse bonne idée ?

La recomposition du paysage politique canadien reste du domaine du possible. Le futur chef du NPD voudra-t-il explorer avec le futur chef du PLC une alliance tactique ? Il a jusqu’au printemps 2015 pour le faire car l’élection n’aura lieu qu’à l’automne 2015.

L’absence de mouvement en ce sens, au début 2012, ne présage donc en rien l’avenir. L’approche d’une probable reconduction d’un gouvernement conservateur majoritaire, en 2014, jouera plus fort que tous les égos et toutes les carrières pour remettre la question à l’avant plan.

À Planète Terre cette semaine, j’anime un débat entre deux politologues de l’Université de Montréal, l’un, Denis Saint-Martin, favorable à la fusion et l’autre, Jean-François Godbout, estimant qu’elle n’est pas réaliste.

Ils ont chacun signé un texte sur le sujet, Saint-Martin ici, Godbout là, et votre blogueur favori a sa propre idée, ici.

Y a-t-il un pilote au NPD ?

Je pensais en avoir terminé avec le NPD pour la semaine — au moins. Mais je ne puis m’empêcher de vous relayer, in extenso, le communiqué émis aujourd’hui:

Déclaration de Guy Caron, président du caucus Québécois du NPD, sur la décision du gouvernement Charest de mener une enquête publique sur l’industrie de la construction

Le 19 octobre 2011

Comme plusieurs concitoyens, les députés québécois du Nouveau Parti démocratique ont suivi de près la série de scandales qui ont frappé l’industrie de la construction depuis deux ans. Le NPD tient à saluer la décision du gouvernement de Jean Charest de mener une commission d’enquête publique sur la corruption et la collusion dans ce secteur.

Nous considérons qu’il s’agit d’un exercice nécessaire afin de rétablir la confiance de la population envers toute la classe politique. Les citoyens ont le droit de savoir comment sont dépensés leurs impôts et il est normal qu’ils exigent plus de transparence de leurs élus.