Avis de décès: une vraie politique industrielle pour le Québec

C’est donc officiel. Le gouvernement Couillard a procédé à la mise à mort, en bas âge, de 300 Gazelles, soit des entreprises qui ont un fort potentiel de croissance et qui auraient du profiter d’un programme d’accompagnement ciblé de l’État pour leur donner un élan important, les transformer, donc en « gazelles » de l’économie québécoise.

Comme l’explique le chroniqueur Jean-Philippe Décarie dans « On a coupé les jambes aux Gazelles« , la sélection des entreprises était faite, de façon rigoureuse et indépendante, le premier groupe de cent gazelles pouvait franchir les premiers obstacles dès cette année, jusqu’à ce que le couperet tombe.

La mort des gazelles est l’expression la plus visible de l’abandon, par le gouvernement Couillard, de la politique économique élaborée de concert avec les entreprises l’an dernier par le gouvernement du Parti québécois (transparence totale: j’étais chargé du volet Commerce extérieur) et applaudie par tous lors de sa publication. Politiques imbriquées d’innovation, industrielle, de commerce extérieur et d’électrification des transports. Dans le budget Marceau, elles formaient un tout cohérent. Dans le budget Laetao, il n’en reste que des miettes.

TPS/TVQ: Un étonnant cadeau aux entreprises

images8-150x150Un milliard de dollars par an. C’est ce que les entreprises québécoises obtiendront en cadeau, d’ici la fin de la décennie, en vertu de l’entente Québec-Canada sur la TPS et la TVQ.

Les grandes entreprises y gagnent, précisément 945 millions de réduction de taxes par an — les institutions financières, elles, devront verser quelque 300 millions de plus.

Cela signifie que le 2,2 milliards qui arriveront dans les caisses québécoises en 2012-2013 aura été complètement englouti, en 10 ans, en réduction de taxes pour les entreprises et que l’entente coûtera aux contribuables, année après année ensuite, au moins 600 millions !

Si vous ne me croyez pas, allez voir le tableau produit par le ministère des Finances, ici.

Je n’ai personnellement rien contre la réduction du fardeau fiscal des entreprises, mais j’aimerais savoir deux ou trois choses:

Budget Générationnel

visages-jeune-vieux1-150x150Le budget Bachand était générationnel. Vous n’aviez pas remarqué ? Oui, il faisait en sorte:

1. que la nouvelle génération d’étudiants paient nettement plus pour leur éducation universitaire et que,

2. une fois sur le marché du travail, ils paient, toute leur vie, davantage pour assurer la rentabilité du Régime de rentes, mis à mal par l’arrivée des bébéboumeurs à la retraite – alors que;

3. quant à eux, les bébéboumeurs ne paieront le plein tarif qu’au maximum pendant 10 ans — leur arrivée massive à 65 ans arrivant entre 2016 et 2026.

Les citoyens, jeunes et vieux, sont-ils conscients de ce biais générationnel ? Le sondage Léger mise-en-marché publié en début de semaine par l’empire Quebecor indique que la réponse est…. plutôt oui.

J’ai extrait quelques éléments dignes d’intérêt:

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Lettre au ministre des finances: pour un Québec enrichi !

Monsieur le Ministre,

Ces derniers jours, nous avons beaucoup discuté (enfin, surtout moi) des meilleurs moyens d’augmenter les revenus de l’État tout en préservant le pouvoir d’achat de la majorité des ménages et en accentuant le nécessaire virage vert.

Ces remèdes ne sont pas sans valeur, mais ils ne peuvent remplacer le ressort principal de la qualité de vie future des Québécois: leur capacité de créer davantage de richesse, bien répartie et respectueuse de leur environnement.

Le premier mot clé est: productivité. Il ne signifie ni d’allonger les heures de travail, ni d’augmenter les cadences. On ne peut mieux le décrire que ne l’a fait le comité dirigé l’an dernier par un de vos économistes conseils, Pierre Fortin:

La capacité des gens de faire plus par heure d’ouvrage repose sur leur motivation, sur leur niveau d’éducation et de formation, sur la quantité et la qualité des outils que l’on met à leur disposition et sur une organisation intelligente du travail qu’ils contribuent eux-mêmes à définir.

Lettre au ministre des Finances: Tarifer au cube ?

Monsieur le Ministre,

Je vous rejoins aujourd’hui au coeur du sujet qui semble inspirer vos plus grands élans: la tarification.

Et je vais commencer en vous disant que votre budget de mars tombe à un moment assez précoce dans le mandat de votre gouvernement pour tenter de trouver un consensus avec l’opposition péquiste et adéquiste sur trois points importants, de façon à les dépolitiser. Plus tard, ce serait trop tard. (Transparence totale: quoique proche du PQ, je n’ai aucune information. C’est une pure analyse, un peu intuitive.)

1. L’indexation de la tarification (hors-Hydro). Si le gouvernement a jugé que les garderies devaient être de 7$ par jour le premier janvier 2007, il est évident que ce 7$ a perdu de sa valeur au premier janvier 2010: pour l’État et pour le parent. Le fétichisme autour du chiffre brut est purement politique et ouvre la porte à des débats infantiles pendant les campagnes électorales. Proposez à l’opposition une entente cordiale sur le principe général de l’indexation des tarifs gouvernementaux. Mais puisque le revenu des citoyens ne progresse pas toujours au rythme de l’indice des prix à la consommation, indexez sur la croissance du revenu familial médian.

Lettre au ministre des Finances: est-ce l’heure des taxes ?

Monsieur le Ministre,

Hier je vous écrivais pour vous indiquer qu’à mon humble avis, il était essentiel de présenter à la nation un plan crédible de retour à l’équilibre budgétaire, mais qui ne serait appliqué, automatiquement, que lorsque la reprise économique du secteur privé serait avérée.

Cela signifie-t-il qu’il ne faille rien faire en attendant ? Évidemment non. Surtout que votre homologue fédéral a annoncé que, dans son propre discours du budget du 4 mars prochain, il n’allait ni réduire les paiements de transfert aux provinces, ni augmenter les impôts, ni augmenter la TPS. Cela vous donne, cher ministre, toute la marge de manœuvre voulue. Je vais vous parler de la TVQ, d’une surtaxe verte et d’une taxe spéciale sur les bonus et primes.