Un grand pas en avant pour les Québécois.e.s trans

C’est un peu passé inaperçu, dans la très lourde actualité des derniers jours. Mais il faut attirer l’attention sur une évolution importante que les élu.e.s québécois.e.s sont en train d’accomplir: une plus grande reconnaissance des droits des personnes trans.

La Commission parlementaire des Institutions, dont je suis membre avec ma collègue Carole Poirier, qui est porte-parole en matières de droits, a patiemment étudié ces dernières semaines le projet de règlement qui permettrait a une personne transsexuelle de pouvoir modifier la désignation de son genre (Masculin, Féminin) sur ses documents officiels… sans devoir subir de transformation chirurgicale.

Je vous laisse écouter mon intervention lors du débat de la semaine dernière avant d’aller plus loin: 

Après l’audition des témoins et des experts, Carole et moi avons proposé à la ministre et à la commission plusieurs recommandations, dont voici l’essentiel:

Phillippe Couillard et la fouille à nu: comment, pourquoi et quand il a vu la lumière

Heureusement qu’on l’a, le bon docteur Couillard, pour ramener un peu de bon sens dans le débat public. Non ? N’a-t-il pas, ce jeudi, rabroué son ministre Bolduc en affirmant haut et fort qu’il fallait complètement exclure les fouilles à nu dans les écoles ? Et là où son ministre louvoyait, n’a-t-il pas affirmé un leadership clair et sans faille ?

Euh… non. Ou du moins, ce n’était pas son intention. Il ne s’était pas levé jeudi matin avec la décision de bannir les fouilles à nu. Il ne s’est même pas levé à l’Assemblée pour donner cette réponse. En fait, il s’est levé pour donner… la même réponse que son ministre.

J’étais présent lorsque Philippe Couillard a changé d’avis. Tous les membres de l’Assemblée étaient présents. Et dans ce qui apparaît comme une illustration magistrale de l’utilité de la période de question, c’est l’échange entre le chef péquiste Stéphane Bédard et le premier ministre libéral qui a poussé ce dernier à céder. À céder au bon sens.

Le manuel du parfait dictateur

Pendant l’été, quelques billets de blogue choisis, en rappel.

Ce n’est pas une sinécure, être dictateur. Il faut un savoir-faire particulier. Et lorsque se soulève la colère populaire, la partie se corse.

Dictator-150x150On a vu en Tunisie, en Égypte puis en Libye des tactiques différentes pour tenter de garder le pouvoir. Sans grand succès pour l’instant. Y a-t-il une méthode meilleure que les autres ?

Un groupe de putschistes russes qui ont tenté, en août 1991, de mettre fin aux réformes de Michael Gorbatchev, ont élaboré un coup qui n’a duré que quelques jours. Il fut mal conçu, mal exécuté et surtout lancé au mauvais moment (un an avant, ils auraient eu davantage de chances de succès).

Cependant ces dictateurs, élevés pendant la dictature de Brejnev et aspirant à y revenir, avaient couché sur papier un certain nombre de principes utiles. Un des auteurs étaient le chef du KGB. Les voici:

Deux profs de l’UdeM matraquent la loi 78 dans le NYTimes !

nyt-150x150Les très nombreux et très influents lecteurs de la page opinion du New York Times ont eu droit ce matin à un article carabiné de deux professeures de science politique de l’Université de Montréal, Pascale Dufour et Laurence Bherer.

D’entrée de jeu, elles accrochent l’attention des lecteurs en expliquant le jeu de mots entourant le nom et le plat « Poutine », puis en écrivant que le Québec « goûte maintenant à la médecine » de Vladimir Poutine en matière d’irrespect des droits.

Scribes prétendant à publier un jour dans cette page lue entre toutes (j’y suis arrivé une fois), notez comment les deux auteures utilisent correctement les tournures américaines pour maintenir l’attention : dans un pays, le Canada, jugé progressiste, « one of its provinces has gone rogue », écrivent-elles. Ce qui signifie que la province est devenue « hors de contrôle », comme Sarah Palin pendant la dernière campagne présidentielle.

Liberticide

Le gouvernement Charest est entré dans l’histoire. Par la pire porte possible.

Le projet de loi spéciale déposé ce jeudi est proprement liberticide.

Voyons l’article 29 :

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Voilà où nous en sommes. Même une omission est désormais passible d’amende.

Cette loi, inédite, interdit aux associations étudiantes qui, légitimement, votent une grève, d’agir de quelque façon que ce soit pour faire appliquer leurs décisions majoritaires.

Cette loi interdit à un professeur de juger qu’il n’est pas en situation suffisamment sereine pour donner son cours.

Cette loi interdit à une direction d’établissement de juger que la situation n’est pas suffisamment sereine pour permettre les cours.

Dans tous les cas, les étudiants, professeurs, directeurs d’établissements qui n’obtempèrent pas feront face à des amendes, individuelles et collectives, considérables.