Le manuel du parfait dictateur

Pendant l’été, quelques billets de blogue choisis, en rappel.

Ce n’est pas une sinécure, être dictateur. Il faut un savoir-faire particulier. Et lorsque se soulève la colère populaire, la partie se corse.

Dictator-150x150On a vu en Tunisie, en Égypte puis en Libye des tactiques différentes pour tenter de garder le pouvoir. Sans grand succès pour l’instant. Y a-t-il une méthode meilleure que les autres ?

Un groupe de putschistes russes qui ont tenté, en août 1991, de mettre fin aux réformes de Michael Gorbatchev, ont élaboré un coup qui n’a duré que quelques jours. Il fut mal conçu, mal exécuté et surtout lancé au mauvais moment (un an avant, ils auraient eu davantage de chances de succès).

Cependant ces dictateurs, élevés pendant la dictature de Brejnev et aspirant à y revenir, avaient couché sur papier un certain nombre de principes utiles. Un des auteurs étaient le chef du KGB. Les voici:

Deux profs de l’UdeM matraquent la loi 78 dans le NYTimes !

nyt-150x150Les très nombreux et très influents lecteurs de la page opinion du New York Times ont eu droit ce matin à un article carabiné de deux professeures de science politique de l’Université de Montréal, Pascale Dufour et Laurence Bherer.

D’entrée de jeu, elles accrochent l’attention des lecteurs en expliquant le jeu de mots entourant le nom et le plat « Poutine », puis en écrivant que le Québec « goûte maintenant à la médecine » de Vladimir Poutine en matière d’irrespect des droits.

Scribes prétendant à publier un jour dans cette page lue entre toutes (j’y suis arrivé une fois), notez comment les deux auteures utilisent correctement les tournures américaines pour maintenir l’attention : dans un pays, le Canada, jugé progressiste, « one of its provinces has gone rogue », écrivent-elles. Ce qui signifie que la province est devenue « hors de contrôle », comme Sarah Palin pendant la dernière campagne présidentielle.

Liberticide

Le gouvernement Charest est entré dans l’histoire. Par la pire porte possible.

Le projet de loi spéciale déposé ce jeudi est proprement liberticide.

Voyons l’article 29 :

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Voilà où nous en sommes. Même une omission est désormais passible d’amende.

Cette loi, inédite, interdit aux associations étudiantes qui, légitimement, votent une grève, d’agir de quelque façon que ce soit pour faire appliquer leurs décisions majoritaires.

Cette loi interdit à un professeur de juger qu’il n’est pas en situation suffisamment sereine pour donner son cours.

Cette loi interdit à une direction d’établissement de juger que la situation n’est pas suffisamment sereine pour permettre les cours.

Dans tous les cas, les étudiants, professeurs, directeurs d’établissements qui n’obtempèrent pas feront face à des amendes, individuelles et collectives, considérables.

Une loi assez spéciale, merci !

D’abord, mais peut-être pas surtout, il y a ce qu’on ne sait toujours pas: l’appareil répressif supplémentaire que le gouvernement Charest veut mettre en œuvre dans le projet de loi qu’il déposera sous peu. Le premier ministre en a préfiguré l’importance en insistant sur la fermeté avec laquelle il compte faire « respecter le droit à l’éducation ».

Ensuite, le gouvernement annonce la fin de toute tentative de négociation avec les représentants étudiants et rejette la demande de médiation réitérée ce mercredi par le Barreau. Il confirme l’étalement sur sept ans de la hausse et la bonification déjà annoncée des bourses et des prêts.

URGENCE: Avant l’irréparable

Les déclarations entendues ce matin à Québec semblent conduire le gouvernement à commettre dans les heures qui viennent l’irréparable: une loi spéciale répressive.

La nouvelle ministre Courchesne affirme avoir constaté un « raffermissement » de la position étudiante hier, alors qu’il est au contraire clair que le gouvernement a retiré son offre de la semaine précédente de Conseil des universités, clé de l’entente selon la FEUQ et la FECQ, qui avaient d’autres propositions de sortie de crise à mettre sur la table. De plus, toutes les associations, y compris la CLASSE, étaient prêtes à accepter un moratoire suivie d’une délibération quelconque. C’est un compromis majeur par rapport à leur revendication d’annulation de la hausse.

Mais les dés sont jetés, les mononcles (et matantes) semblent avoir pris le dessus et s’apprêtent à envoyer davantage de matraques, davantage de gaz irritant, davantage de policiers à cheval, davantage d’arrestations contre cette partie de la cohorte étudiante en grève depuis maintenant 14 semaines et qui, c’est certain, refusera de céder.

Libérez un blogueur !

amnistie-blogueVous avez peut-être vu, depuis lundi matin, ce petit rectangle jaune sur la page de ce blogue.

En le cliquant, vous vous rendez sur la page d’Amnistie Internationale. Spécifiquement sur le cas du blogueur Mailkel Nabil Sanad. L’Égyptien de 26 ans a été condamné en avril à trois ans de prison pour avoir mis en cause la neutralité des militaires dans les manifestations anti-Moubarak.

En envoyant un message, vous faites un geste de plus pour la liberté. Car aujourd’hui, bloguer en liberté est un droit démocratique à protéger, ou à acquérir.

On ne pensait pas voir ça à Québec

Cette vidéo a été mise en ligne ce vendredi. Elle est simplement stupéfiante.

Voici le témoignage d’un témoin direct, Éric Gauthier:

J’étais juste en arrière de celui qui à pris la vidéo.

Mise en contexte : à ce moment précis, on venait d’occuper le parterre de la colline parlementaire quand une annonce au micro nous à indiqué de nous diriger rapidement à l’arche de la rue Saint-Louis.

Lorsque nous sommes arrivés proche de l’arche, la police anti-émeute était placée à l’entrée de l’arche.

Le gars de la vidéo brandissait avec fierté et vigueur son drapeau du Québec pour se faire voir. Mais lui, il n’a jamais vu le policier arriver dans son dos.

Donc, je le répété encore que j’étais derrière eux et la police à vraiment pris le temps de peser le pour et le contre (plus le pour) pour enlever le drapeau et de montrer sa petite face d’arrogant par la suite.

Et si DSK avait été arrêté en France ?

Que se serait-il passé si Dominique Strauss-Khan avait été arrêté en France ? Je pose la question, dans le dernier Planète Terre, au juriste Alexandre Stylios, spécialiste de la comparaison entre les système pénaux français et américain.

Une entrevue assez longue, mais qui permet de comprendre les similitudes et les différences entre les deux systèmes, leurs forces et leurs faiblesses.

Le manuel du parfait dictateur

Dictator-150x150Ce n’est pas une sinécure, être dictateur. Il faut un savoir-faire particulier. Et lorsque se soulève la colère populaire, la partie se corse.

On a vu en Tunisie, en Égypte puis en Libye des tactiques différentes pour tenter de garder le pouvoir. Sans grand succès pour l’instant. Y a-t-il une méthode meilleure que les autres ?

Un groupe de putschistes russes qui ont tenté, en août 1991, de mettre fin aux réformes de Michael Gorbatchev, ont élaboré un coup qui n’a duré que quelques jours. Il fut mal conçu, mal exécuté et surtout lancé au mauvais moment (un an avant, ils auraient eu davantage de chances de succès).

Cependant ces dictateurs, élevés pendant la dictature de Brejnev et aspirant à y revenir, avaient couché sur papier un certain nombre de principes utiles. Un des auteurs étaient le chef du KGB. Les voici:

Au sujet de quelques principes pour la situation extraordinaire