Un automne 2013 caricatural

En cette fin d’année, un petit retour sur l’actualité de votre ministre-blogueur, vu par la plume des caricaturistes:

1) La Charte des valeurs

En août, les journalistes obtiennent des infos sur la future proposition de charte:

735888-28-aout-20136a00d8341c5dd653ef019aff17f081970c-800wiLe projet proprement dit est rendu public par Mme Marois et Bernard Drainville en septembre, pendant que je suis en mission en Afrique. À mon retour, j’interviens:

Suggestion de lecture à Justin T.

Il y a quand même du progrès.

Récemment, Justin Trudeau prétendait que c’était un « mythe » de dire que le Québec n’avait pas signé la constitution de son père.

Ce mercredi, le nouveau chef libéral admet que cette signature n’a pas eu lieu. Bravo. Il prétend cependant que c’est la faute du gouvernement souverainiste québécois de l’époque.

Il lui reste à apprendre que le chef libéral de l’époque, Claude Ryan, ne voulait pas la signer non plus, ni ses successeurs Robert Bourassa ou Jean Charest. (Pour Philippe Couillard, c’est moins clair pour l’instant.)

M. Trudeau 2 a besoin de lire encore un peu, c’est certain. Notamment au sujet de René Lévesque, l’homme qu’il tient pour responsable de la non-signature du Québec.

Il me fait plaisir de lui suggérer l’extrait suivant d’un livre récemment publié, La bataille de Londres, de Frédéric Bastien, qui met en parallèle l’approche Trudeau-père et l’approche Lévesque:

Justin T: Monsieur 66%

Le grand intellectuel Justin Trudeau a bien voulu nous éclairer cette semaine, sur l’ampleur de sa réflexion démocratique. Devant des étudiants Montréalais, il a fixé la barre que devraient franchir les Québécois pour accéder à la souveraineté:

« Si on est pour changer la Constitution canadienne et l’état de notre pays de façon aussi profonde, on devrait au moins exiger le même seuil que celui qui est nécessaire pour changer la constitution du parti néo-démocrate, qui est des deux tiers. »

L’enthousiasme démocratique de Trudeau No 2 est proprement époustouflant. Il nous entraîne cependant vers une question fâcheuse.

Lors du référendum historique qui a permis de « changer la constitution canadienne et l’état de notre pays », en 1982, de combien la majorité favorable a-t-elle excédé 66% ?

« Monsieur », les Anglos et moi

La version de Garnotte, du Devoir

Notre débat vu par Garnotte, du Devoir

Rien de ce que M. Jacques Parizeau ne pourra dire à mon sujet n’entamera l’énorme respect que j’ai pour l’homme et sa remarquable contribution à l’histoire du Québec. Je lui dois aussi d’avoir accepté de faire de moi son conseiller spécial (et non son bras droit, qui était Jean Royer) pendant qu’il était Premier ministre. Je lui en serai toujours reconnaissant.Nos relations ont connu des hauts et des bas, lui et moi, depuis la fin de notre lien d’emploi. Je préfère les hauts: c’est à lui que j’ai dédié mon ouvrage « Pour une gauche efficace », et il était présent au lancement, car j’ai tenté de m’imprégner de son progressisme pragmatique.

Il m’a, en retour, fait quelques coups de chapeau dans son propre ouvrage suivant, en citant favorablement quelques passages. Les points de convergence sont donc majeurs.

Mon avis sur le (la?) futur(e) pape

La version de Chapleau

La version de Chapleau

Je ne sais pas pourquoi, mais deux caricaturistes ont pensé, ce mardi, que la succession de Benoît XVI m’intéresserait. C’est en effet un sujet important. Voici ce que j’en ai dit aux journalistes, qui m’ont accueilli avec les mots « habemos papam » ?

J’aimerais souligner la qualité du geste posé par Benoît XVI hier. C’est vraiment très important, c’est un geste de modernité, c’est un geste de respect. Effectivement, je pense que vous voulez savoir si ce serait bon pour le Québec d’avoir un Pape québécois. Évidemment nous dans notre rayonnement international, chaque fois qu’un Québécois excelle dans son champ d’activités, c’est une bonne chose pour le Québec.

On laissera évidemment le Vatican déterminer son choix mais moi si, au XXIe siècle, je pouvais exprimer un vœu ou une prière : je pense que ce serait le temps d’une femme. Ce serait le temps d’une femme. Il y a seulement une façon d’y arriver : c’est un miracle. Mais, c’est au bon endroit pour le demander.

Notre Home: joies et périls du bilinguisme

caricature

Votre blogueur croqué par Guy Perkins, de QMI

Jeudi soir à Westmount, j’ai eu trois questions — plutôt, trois fois la même — sur le bilinguisme, de la part d’Anglo-Québécois. Vendredi, sur les radio, j’ai eu plusieurs questions de francophones — plusieurs fois la même — sur le même sujet. J’ai donc traversé le miroir linguistique.

Ces questions sont intéressantes et il vaut la peine de s’y attarder.

Radio X, plus tatillons que l’OQLF

Mes interlocuteurs francophones étaient surpris du caractère bilingue, et principalement anglophone, de la chanson « Notre Home », qui part en tournée dans les écoles anglo-québécoise grâce à une petite subvention gouvernementale.

« Comment, se sont insurgés certains, le PQ finance une chanson bilingue ? C’est du Justin Trudeau! » La langue commune au Québec n’est-elle pas le français ?

En effet, lorsque les Québécois de divers horizons linguistiques parlent ou travaillent ensemble, la langue commune est le français. C’est entendu.

Cher Journal: Ma mère me l’avait dit !

Cher journal,

Pendant quelques années, quand on me demandait pourquoi je ne me présentais pas en politique, je répondais: « Ma mère ne veut pas ». Et c’était vrai. Et elle avait un argument massue: « tu vas te faire critiquer, tu ne le supporteras pas ».

Bado ne m’a pas manqué ! Ouch !

Je savais que j’allais me faire critiquer. C’est pour ainsi dire une condition d’embauche, en politique, comme pour tous ceux qui occupent une fonction publique, culturelle, économique ou autre. Je l’ai déjà dit: ceux qui ne veulent pas se faire critiquer publiquement devraient se limiter à rénover leurs sous-sols.

Allais-je le supporter ? J’avais de l’entraînement. Jacques Parizeau avait critiqué mon « idéalisme charmant » lors de la sortie de Dans l’oeil de l’aigle, en 1990 (parce que je dénonçais les écoutes électroniques américaines sur René Lévesque, une pratique que Parizeau jugeait inévitable). Robert Bourassa avait publiquement affirmé que les documents confidentiels que j’avais publiés pendant la campagne référendaire de 1992 étaient « des faux » (un mensonge éhonté).