Le PQ et le lancinant festival des clichés

Parmi les premiers lecteurs de mon dernier ouvrage, ceux qui ont vécu ces dernières années dans la famille péquiste m’ont beaucoup parlé d’une citation qui semblait bondir de la page pour mettre des mots sur ce qu’ils avaient vécu.

La citation appartient à notre directrice des communications, Antonine Yaccarini. Elle était en congé de maternité à l’hiver et au printemps 2018, alors que nous avions, entre autres, 1)  innové en nommant une vice-cheffe; 2) présenté le plan le plus ambitieux de réduction des gaz à effet de serre; 3) annoncé un calendrier de réforme de la santé bien reçu par la FIIQ et conduisant le vice-président des Médecins québécois pour le régime public à se joindre à nous; 4) mis en avant comme jamais les nombreux X et Y de notre équipe – le leader Pascal Bérubé, nommé parlementaire de l’année par ses pairs, notre nouvelle présidente Gabrielle Lemieux, 35 ans, plusieurs autres; 5) ramené au bercail Camil Bouchard avec une proposition forte sur l’enfance; 6) accueilli dans l’équipe les symboles indépendantistes qu’étaient Jean-Martin Aussant et Lisette Lapointe; 7) mieux campé notre message en proposant « Un État fort au service des gens et pour réussir l’indépendance».

Information: 4 propositions pour dompter l’hyper-concentration des médias

En démocratie, l’information est un service essentiel. C’est à la fois le projecteur braqué sur ce qui se dit, se fait, se décide, le carburant de la discussion publique, le garde-fou de l’intégrité. Moins une population est informée, localement ou nationalement, moins elle est équipée pour s’engager dans la chose publique, peser sur les décisions, faire émerger de nouvelles voix, des réformes, des leaders.

Comment va l’information au Québec ? Son état de santé est préoccupant. Son tonus décline. Les conditions de son atrophie s’accumulent.

Le gouvernement québécois ne peut rester les bras croisés et laisser s’affaiblir un bien public aussi important que l’information. Il doit cependant garder une saine distance avec le quatrième pouvoir: créer les conditions de sa vitalité, sans lui dicter sa conduite.

À l’heure où les journalistes sont réunis pour leur congrès annuel, et dans le cadre de la course à la direction du Parti québécois, je soumets à la discussion quatre hypothèses de travail.

Rions un peu avec Jean Lapierre

J’étais heureux de constater ce jeudi que l’opinion que Jean Lapierre a de moi s’améliore. En effet, sur les ondes radiophoniques et télévisuelles, il m’a qualifié de « cheap, petit, mesquin, pas de classe ».

J’insiste: c’est une amélioration! Au printemps, il préférait le terme « chien sale » pour me décrire en ondes.

Cette fois-ci, il était très fâché que j’aie osé rappeler, au lendemain de la désignation d’un Boulevard-Robert-Bourassa, que l’ancien premier ministre libéral a 1) emprisonné 500 personnes dont cinq poètes pour délit d’opinion pendant la crise d’octobre 1970; 2) lancé le formidable chantier de la Baie James et 3) conduit tout le Québec dans un cul de sac après l’échec du Lac Meech.

Toutes choses que j’ai dites, écrites et répétées depuis des années, et encore sur ce blogue en juin dernier. (Voir: En flânant sur l’avenue Robert Bourassa.) Selon Jean Lapierre, il serait incorrect de critiquer un ancien premier ministre « 18 ans après sa mort ». Cela s’applique-t-il aussi à Duplessis, mort depuis encore plus longtemps ?

Éloge de la langue de bois

Avouez que le métier de politicien est périlleux. D’une part il y a la population qui réclame de l’authenticité. Les chroniqueurs relaient le message avec force en dénonçant la langue de bois et en reprochant aux élus de « sortir la cassette ». Ah si seulement ils livraient le fond de leur pensée ! Ah, si seulement ils n’étaient pas prisonniers de la ligne de parti ! Ah, si seulement ils faisaient de la politique autrement !

Prenez la question des avis juridiques de la charte — au hasard ! Aux Coulisses du pouvoir dimanche, l’ancien ministre péquiste Pierre Duchesne est interrogé sur cette question. Prudent, il l’esquive. Il ne dit rien de faux. Il esquive.

Bang!  Patrick Lagacé le harponne dans sa chronique de mardi du quotidien La Presse: « Pierre Duchesne répond donc par de la bullshit… »
(Transparence totale, bien que Pat soit un ami, j’ai déjà eu droit à cet exact traitement de sa part.)