La preuve est faite: le lobbying, c’est payant!

Pendant les vacances, quelques billets de blogue choisis, en rappel.


L’ONG américaine Sunlight Foundation vient de publier un rapport sur le taux de rendement du lobbying. Elle a calculé la somme dépensée par les huit entreprises les plus investies dans le lobbying à Washington, et spécifiquement dans le lobbying pour réduire leur fardeau fiscal. Puis elle a calculé de combien leur fardeau s’était effectivement réduit sur la même période.

Le rendement est épatant ! En moyenne, chaque million de dollars dépensé en lobbying produit 2,4 millions d’économies réalisées sur le fardeau fiscal. Le champion incontesté est le géant des Télécoms AT&T: pour chaque million de lobbying, il a économisé 103 millions d’impôts. Voici le tableau:

lobby

 

 

 

 

 

« The system works » (Le système fonctionne. Mais pour qui ?) Cliquer pour agrandir.

(Via Ezra Klein)

Santé aux USA: Le pire n’est pas toujours sûr, Alléluia !

Supreme-Court-Obamacare

Un diplomate américain de carrière, de toute évidence démocrate, rencontré lors d’un séjour à l’étranger, et en pleine montée du Tea Party, s’était laissé aller devant moi: « Quand on pense qu’on a vraiment atteint le fond du baril, que ça ne pourrait être pire, c’est pire ! »

Il parlait de la propension de la politique américaine de décevoir les progressistes depuis, disons, la démission de Nixon.

Mais en ce jour de juin 2012, contre presque toute attente, le pire n’est pas arrivé. Le pire étant la décision de la Cour suprême d’invalider la réforme de la santé qui allait — et donc qui va — faire entrer les États-Unis dans le XXeme siècle (oui oui, le XXe, pas le XXIe, comme je l’ai expliqué ici) en faisant en sorte que la première puissance mondiale devienne la dernière société industrialisée à offrir à la quasi totalité de ses citoyens une couverture d’assurance-maladie.

États-Unis : vers une génération non lyrique ?

commencement-35-150x150Le printemps québécois de 2012 l’a amplement démontré: nous vivons un retour du lyrisme, de l’idéalisme, du refus des limites imposées par l’économie, les habitudes, la tradition. Une nouvelle révolution tranquille.

Chez nos voisins du Sud, est-ce le contraire? Le démographe Neil Howe a prononcé début mai devant une classe de finissants américains un discours qui détonne. Selon lui, la génération du millénaire — donc qui entre sur le marché du travail au début du 21e siècle — représente l’antithèse à la fois des boomers lyriques et de l’individualisme de la génération X.

La génération du millénaire a la capacité de corriger les excès des boomers et des X qui dirigent en ce moment l’Amérique. Je n’ai pas à vous rappeler quels sont ces excès : le refus du compromis qui conduit au blocage du leadership, l’individualisme galopant, la destruction des traditions, les guerres culturelles sans merci et une méfiance pathologique envers toutes les institutions.

Prisons: l’exemple américain

L’engouement du gouvernement Harper pour les prisons est bien connu. Alors pourquoi en ferme-t-il aujourd’hui alors qu’il prévoit en construire demain ? Selon mon estimée collègue Chantal Hébert, c’est parce qu’ils ferment des prisons dans des circonscriptions d’opposition pour en ouvrir dans des circonscriptions conservatrices ! À voir.

Mais ce qui est déjà tout vu est le très grand succès de l’opération incarcération aux États-Unis, où un adulte sur 100 est désormais derrière les barreaux. Ce graphique est, en soi, hallucinant:

incarceration

 

 

 

 

Comme quoi les Dalton étaient bien seuls, à l’époque !

(Merci à l’alertinternaute Erick F. pour ce signalement.)