La compassion à géométrie variable de Philippe Couillard

Voici ce qu’a dit hier le chef libéral en point de presse, au sujet des primes de départ que vont empocher ses deux derniers députés démissionnaires:

Journaliste : Vous aviez dit en février que les primes de départ, vous n’étiez pas à l’aise. Mais ça ne bouge toujours pas ce dossier.

Couillard : Oui. Là-dessus, 2 choses. Écartons les cas récents de Mme Blais et de M. Ouimet car dans toutes les propositions qu’on entend, tout le monde s’entend que dans des cas de difficultés personnelles ou familiales particulières, ce serait acceptable.

Voici ce qu’a dit en entrevue Sylvain Mallette, président de la Fédération Autonome de l’Enseignement:

Animatrice : Qu’est-ce que vous demandez au gouvernement Couillard?

Marteau-piqueur et lois fédérales

Comment faire sauter une loi fédérale...

Comment faire sauter une loi fédérale…

En détruisant une dalle posée par Postes Canada, le maire Denis Coderre a posé… un geste de souveraineté !

En effet, le maire de Montréal a décidé que la loi fédérale qui donne à Postes Canada le pouvoir de couler du ciment où bon lui semble sur le territoire québécois et contre le vœu des élus locaux devait voler en morceaux. C’est tout de même quelque chose, de la part d’un des anciens lieutenants de Jean Chrétien.

Mieux encore, l’Union des municipalités applaudit !

Malaise du côté du gouvernement Couillard, où le ministre Pierre Moreau a joué les Capitaines Canada contre Coderre:  « ce n’est pas un exemple à donner. Ce n’est pas la façon de marquer le point » a dit celui qui est membre d’un gouvernement qui n’arrive pas à marquer un seul point face au gouvernement fédéral.

Pour un handicapé, l’austérité est un handicap de plus !

Nous avons assisté à des témoignages déchirants dans le hall de l’Assemblée nationale, ce jeudi. Carole Cartier et René Ménard, de l’organisation Ex Aequo, ont raconté comment les compressions du PLQ rendent leur vie quotidienne de plus en plus difficile. Écoutez-les.

Ce n’est pas le premier appel lancé par l’organisation. Elle rappelle dans un communiqué:

« Constatant l’absurdité des coupes dans les services de préparation au repas, Ex aequo a lancé en mars dernier l’Opération : Les casseroles surchauffent.

Durant l’opération, les membres d’Ex aequo ont fait parvenir à M. Couillard des casseroles en signe de leur colère à l’égard des mesures d’austérités qui portent atteinte à leur dignité et menace leur inclusion sociale. Il s’agissait de la 1re vague d’actions visant à faire reculer le gouvernement car ces mesures entrainent un retour de 30 ans en arrière pour ces citoyens.

L’austérité sélective des médecins qui gouvernent le Québec

La journée d’hier fut très instructive. Pour tous les Québécois qui sont victimes de l’austérité libérale, notamment dans le système de santé.

Nous avons appris qu’alors que le gouvernement propose d’abolir les primes des infirmières et de soutirer 90 000 $ des poches de chaque pharmacien du Québec, il n’a rien demandé — mais alors, absolument rien — aux médecins en échange de la levée des sanctions prévues dans le projet de loi 20.

J’ai voulu m’en assurer dans mon échange avec le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin, hier:

Comprenons-nous bien: ma collègue Diane Lamarre et moi serions ravis d’avoir au Québec les médecins les mieux payés au monde ! Mais puisque le gouvernement Couillard fait les poches des autres artisans de la santé, on s’étonne qu’il soit aussi gentil avec les médecins.

C’était l’objet de notre point de presse:

Industrie du tabac: le géant brun toujours d’attaque

Enfin, le gouvernement a déposé ce mardi un projet de loi de modernisation de la loi anti-tabac. Un projet qui va dans la bonne direction, mais auquel il manque deux éléments importants: l’imposition de l’emballage neutre et un moratoire sur les nouveaux produits du tabac.

J’ai annoncé l’intention du Parti québécois de présenter des amendements en ce sens:

On peut lire le communiqué ici.

Ne pas sous-estimer la pugnacité de l’industrie

L’industrie du tabac se bat avec fougue contre la proposition d’emballage neutre, depuis le début. Ceux qui comprennent l’anglais devraient écouter le résumé qu’en fait John Oliver ici:

Cet autre reportage, français, ouvre une fenêtre étonnante sur l’influence occulte que l’industrie a réussi à établir au sein même des institutions européennes:

Toxicomanie, itinérance, prévention: premières victimes de l’austérité libérale

L’austérité libérale a maintenant un an d’existence et frappe déjà durement plusieurs clientèles. Au premier chef, des Québécois parmi les plus fragiles: les victimes de dépendance qui sont aussi prestataires d’aide sociale.

Le gouvernement Couillard a décidé de rendre leur réinsertion plus difficile que jamais en réduisant leurs prestations pendant leur traitement, d’une part, et en fragilisant les 40 centres offrant des services de désintoxication, d’autre part.

Les intervenants n’ont cessé d’avertir les ministres responsables — François Blais, maintenant à l’éducation, puis Sam Hammad, et Lucie Charlebois — que leurs réformes allaient faire reculer les efforts de désintoxication et de réinsertion. Dans un mémoire cinglant, la Commission de protection des droits de la personne et de la jeunesse a réclamé le retrait pur et simple des mesures qu’elle jugeait «discriminatoires» et «régressives».

Le déficit inventé par les Libéraux pour justifier l’austérité

Ah ils sont bons en communication, les libéraux. Ils ont inventé un chiffre: 7,2 milliards de dollars. Et ils le martèlent, pour bien le graver dans nos têtes.

C’est la somme colossale — record historique — du trou budgétaire qui aurait existé sans leurs soins.

Ces chiffres, écrit le chroniqueur économique de Radio-Canada Gérald Fillion « n’existent pas dans la réalité ». Pour sept économistes québécois, il s’agit d’une « campagne de désinformation ». Je résume la situation comme suit:

 

Voilà ce qu’écrit Gérald Fillion dans un blogue de décembre dernier:

Pourquoi Martin Coiteux et Carlos Leitao ne cessent-ils pas de répéter depuis huit mois que le déficit à enrayer est de plus de 5,8 milliards cette année et de 7,3 milliards l’an prochain? Ces chiffres n’existent pas dans la réalité. Ce sont des projections qui sont faites et qui sont utilisées dans la communication politique du gouvernement Couillard parce que le gouvernement Marois n’a pas publié son budget de dépenses avant de déclencher des élections l’hiver dernier.