Les trois prises de Phillipe Couillard

Aussi partisan que Charest ? Décevant.

Aussi partisan que Charest ? Décevant.

Ça commence mal. On pouvait espérer que le nouveau chef libéral Philippe Couillard serait moins partisan que Jean Charest, plus consensuel.

L’occasion était belle. Le dernier budget fédéral est un chef d’œuvre d’irrespect des décisions québécoises: formation de la main d’œuvre, Fonds de travailleurs, obsession de créer une commission pancanadienne des valeurs mobilières.

Il n’y a aucun doute, les libéraux, comme les péquistes, les caquistes et QS, s’opposent à chacune de ces mesures. Il serait donc aisé d’exprimer d’une seule voix la position québécoise en votant, tous, une motion dans notre forum démocratique, l’Assemblée nationale, non ? Non.

Philippe Couillard ne veut pas.

Ce mardi, le nouveau chef était avec ses députés à Québec et leur a interdit de voter en faveur d’une motion dénonçant l’ingérence du budget fédérale en main d’oeuvre.

Première prise.

Monsieur 38 %

La famille fédéraliste a beaucoup de difficulté à saisir les rudiments de la démocratie. Récemment, je vous parlais dans ces pages de « Monsieur 66% », Justin Trudeau, qui estimait qu’un référendum sur la souveraineté du Québec,  ou même un amendement constitutionnel canadien, devait passer la barre des deux-tiers pour être accepté.

Voici que le bon docteur Philippe Couillard, nouveau chef libéral québécois, campe à l’autre extrême de l’échelle non-démocratique fédéraliste. Il a affirmé sans rire que le Québec pourrait adhérer à la constitution canadienne par… un simple vote à l’Assemblée nationale.

Il faut savoir ce que cela signifie. Dans l’hypothèse malheureuse où M. Couillard devait un jour former un gouvernement majoritaire, il ne pourrait y arriver qu’avec 37 ou 38% des voix.

Dans son scénario il appartiendrait donc aux députés libéraux, minoritaires dans l’électorat mais majoritaires à l’Assemblée, d’engager, seuls, la souveraineté populaire. Consternant.

Une continuité