Comment nuire aux familles, à Montréal et au français

Le maintien d’une masse critique de francophones et le dynamisme démographique et économique de l’île de Montréal dépend, en partie, de la rétention des familles sur l’île.

C’est pourquoi le gouvernement du Parti québécois avait, lorsque j’étais ministre de la Métropole, fait produire un rapport consensuel sur les mesures à prendre puis avait, pendant la campagne électorale, pris des engagements pour faire faire Un bond qualitatif à la rétention des familles.

Mais comme le déplore ma collègue Carole Poirier dans un communiqué émis ce vendredi, le gouvernement Couillard va dans la direction inverse.

C’est aussi l’opinion du chroniqueur François Cardinal, de La Presse, à Radio-Canada.


Coupes dans les programmes de subventions en matière d’habitation

Encore un coup dur pour les familles, qui paient
pour les mauvaises décisions libérales

Avis de décès: une vraie politique industrielle pour le Québec

C’est donc officiel. Le gouvernement Couillard a procédé à la mise à mort, en bas âge, de 300 Gazelles, soit des entreprises qui ont un fort potentiel de croissance et qui auraient du profiter d’un programme d’accompagnement ciblé de l’État pour leur donner un élan important, les transformer, donc en « gazelles » de l’économie québécoise.

Comme l’explique le chroniqueur Jean-Philippe Décarie dans « On a coupé les jambes aux Gazelles« , la sélection des entreprises était faite, de façon rigoureuse et indépendante, le premier groupe de cent gazelles pouvait franchir les premiers obstacles dès cette année, jusqu’à ce que le couperet tombe.

La mort des gazelles est l’expression la plus visible de l’abandon, par le gouvernement Couillard, de la politique économique élaborée de concert avec les entreprises l’an dernier par le gouvernement du Parti québécois (transparence totale: j’étais chargé du volet Commerce extérieur) et applaudie par tous lors de sa publication. Politiques imbriquées d’innovation, industrielle, de commerce extérieur et d’électrification des transports. Dans le budget Marceau, elles formaient un tout cohérent. Dans le budget Laetao, il n’en reste que des miettes.

Ligne bleue du métro et SLR: Pour Couillard, c’est « avant moi le déluge » !

Dans l’épisode précédent, le gouvernement Couillard avait tenté de nous faire vivre une amnésie collective. Il tentait de nous faire oublier que, unanimement, les élus de Montréal et de la Rive-Sud avait choisi le Système léger sur rail comme mode de transport sur le Pont Champlain et que, unanimement, les députés de l’Assemblée nationale en avait fait autant il y a six mois à peine.

Mais le premier ministre Couillard a frappé encore plus fort en affirmant que toutes les grandes décisions sur le transport à Montréal étaient à revoir. Il faut le lire pour le croire, voici ce qu’il a déclaré aux journalistes:

« Il y a le SLR, le train de l’Ouest, le prolongement du métro vers l’Est, des voies réservées, le boulevard Notre-Dame, le prolongement du métro à Laval. On veut favoriser le transport collectif, mais il faut s’assurer d’avoir les bonnes priorités. »

(Vidéo) À qui profitent les premières décisions du gouvernement Couillard ?

J’ai tenté de répondre à cette question dans ma réplique au discours d’ouverture de Philippe Couillard, jeudi dernier. J’ai voulu savoir aussi à qui ces décisions vont nuire. La vidéo est maintenant en ligne:

Voici le texte intégral de l’intervention:

Merci aux électeurs de Rosemont

Merci, Mme la Présidente. Moi également, je voudrais d’abord dire quelques mots pour remercier les électeurs de Rosemont d’avoir bien voulu reconduire la confiance qu’ils avaient déjà manifestée à mon égard il y a 18 mois. En cette période de 18 mois ou à peu près, j’ai pu aller revoir les mêmes gens, reconnaître les personnes, les organisations, et il y a un lien qui se tisse. Des gens comme le député de Beauce, qui est là depuis longtemps, le savent beaucoup mieux que moi, mais cette relation au long cours que le député peut tisser avec ses commettants fait partie de notre vie parlementaire et enrichie énormément la connaissance du terrain, du réel que les parlementaires peuvent avoir, et j’en suis très heureux. Je suis très heureux d’un système dans lequel les ministres sont députés et donc peuvent constamment passer du particulier au général sans perdre le contact avec la réalité.

Le retour de Placide Couillard

Il avait disparu pendant la campagne électorale. Remplacé par quelqu’un qui disait « détester » le gouvernement péquiste, vouloir être « tough » envers Pauline Marois qui allait « en manger toute une » et j’en passe et des meilleures.

Mais il est revenu, Placide Couillard. Pendant son discours d’ouverture, ce mercredi à l’Assemblée Nationale, le bon docteur avait repris le dessus sur le Hulk-Couillard qui avait usurpé son identité, le temps d’un combat.

Il était tout miel, celui qui a lu sans effet de manche, et pour l’essentiel recto-tono, un discours au ton paternel. Un coup de chapeau à Mme Marois comme introduction, deux références à son chantier sur l’électrification des transports, un retour sur mourir dans la dignité en en attribuant le mérite à Véronique Hivon, une ouverture à des projets de loi déposés par l’opposition, y compris Québec Solidaire: que du bon pain.

Nettoyage identitaire à Québec

On ne peut pas contester au gouvernement Couillard son efficacité dans le nettoyage identitaire de l’État québécois. Assermenté il y a six jours à peine, les symboles sont forts.

Au premier jour, on avait déjà noté que le nouveau gouvernement avait sciemment choisi de faire présider la cérémonie d’assermentation par le reliquat impérial qu’est le lieutenant-gouverneur et avait fait faire l’appel des ministres par un militaire.

La désignation des ministères était également forte de sens symbolique. Sur la langue, le ministre n’était plus responsable, comme avant, de la Charte de la langue française (qui a des aspects contraignants) mais simplement de la Protection et de la promotion de la langue française (qui peuvent être facultatives).

La ministre de l’immigration est devenue ministre de La diversité et de l’inclusion. En prêtant serment en deux langues, elle a bien indiqué que l’inclusion pouvait se faire dans la langue officielle de son choix.

Conseil Couillard: Arrière, toute !

Il y aura sûrement de bons effets qui surgiront de l’organisation nouvelle du gouvernement fignolé par Philippe Couillard. Des jonctions qui, à première vue, semblent incongrus et qui donneront, à l’usage, des résultats heureux. Je souhaite succès à tous les nouveaux ministres.

Mais je dois à la vérité d’indiquer que les initiatives qui sautent au visage aujourd’hui vont dans le sens inverse. Dans l’ordre d’importance:

Martin Coiteux, l’anti-modèle québécois aux commandes du Trésor

Même dans les années fastes, les présidents de Conseil du Trésor sont des gens qui voient d’un mauvais œil chaque dépense de l’État et qui souhaiteraient les voir fondre.

Martin Coiteux. S’il prévaut, le modèle québécois va passer à la tronçonneuse.

Mais jamais n’avons-nous eu à ce poste un économiste s’étant prononcé, dans un passé récent et avec autant de véhémence, contre le modèle québécois. Je connais Martin Coiteux pour avoir débattu avec lui et avoir lu ses écrits sur un blogue dont les archives ont malheureusement disparu du cyberespace.

Le test de français de Philippe Couillard

Ce n’est pas nouveau. Lorsque le PLQ prend le pouvoir, on s’attend au retour du laisser-aller linguistique. Lorsqu’en 2011 l’OQLF avait annoncé pour bientôt la minorisation du français sur l’île de Montréal, Jean Charest avait rétorqué qu’il faudrait « contextualiser » ce résultat. On attend toujours la contextualisation.

Le cas Couillard est cependant plus problématique que le cas Charest. Et ce n’est pas pour rien que la première ministre sortante et que les éditorialistes de La Presse et du Devoir lui lancent en choeur un signal.

C’est qu’aucun chef libéral n’avait, avant Philippe Couillard, lancé un signal aussi fort et aussi délétère pour le français. Au second débat, il tenta de convaincre Françoise David du caractère « indispensable » de l’anglais pour chaque travailleur d’usine, pour le cas où un acheteur anglophone de passage voulait lui poser une question.

Il effaçait ainsi un demi-siècle de lutte pour le droit de vivre et travailler en français au Québec.

Couillard regrette d’avoir dit le fond de sa pensée: les ouvriers doivent tous parler anglais!

En fin de campagne, dans une rare déclaration, l’ex-premier ministre Lucien Bouchard a lancé un avertissement. L’enjeu de cette campagne, a-t-il dit, c’est « la langue ».

« J’avoue que ça m’étonne. On sait que la question identitaire a été abordée durant la campagne par le truchement de la charte. Mais pour moi, la vraie question identitaire, c’est la langue. »

Il s’exprimait une semaine après que le chef libéral, Philippe Couillard, ait ravalé 50 ans de lutte pour le droit de travailler en français lorsqu’il a fait — avec une grande sincérité — l’affirmation suivante pendant le débat:

Il manque la fin de la phrase. Il dit:

« La connaissance de l’anglais, Mme David, elle est INDISPENSABLE »

A quelques heures de l’élection, ce dimanche, Philippe Couillard se rend compte de l’énormité de son aveu. Il tente donc de rectifier le tir, en affirmant qu’il s’est MAL EXPRIMÉ:

If I were Anglo, I’d worry about this guy Couillard

I know most Anglo-Quebecers look at this election with a measure of unease with some of the policies of my party, the Parti québécois. I get that.

But I’ve talked with enough Anglo-Quebecers these past 18 months to know that they often give credit to the PQ for good government and that they resent being taken for granted by the Liberal Party. I know, also, that they loathed the climate of corruption and collusion that was prevalent under the previous Liberal government. And they surely don’t want it to come back.

These past weeks, a lot of allegations have been thrown around. a Tax haven for Couillard, leadership financing for Marois. Shadows of facts.

But this should not mean that integrity is not a foremost issue at this point of Québec’s political history. So let’s focus on the absolute certainties we have and ask this question: