Deux mai: Le dépit, l’espoir et le rejet

(Mon analyse de l’élection du deux mai, telle que publiée dans L’actualité courant.)

On ne pourra pas nous reprocher, à nous Québécois, de ne pas essayer. Et, lorsqu’on essaie, de ne pas y mettre toute la gomme. Avec la trudeaumanie, en 1968, on a donné 54 % des votes et 56 sièges au «French Power». Le début d’un temps nouveau. Puis, octobre 1970, l’armée et les prisons. Puis, la Constitution, l’exclusion.

Ben Laden et Ben Duceppe éliminés ? Y’a d’la joie !

Qui le dit ? L’éditorialiste du journal de quartier Free-Press NDG, David Goldberg, dans la dernière édition du bi-mensuel:

hampsteadSeeing the Bloc Québécois virtually wiped off the political map was almost as much fun as listening to President Barrack Obama describe Osama bin Laden’s death at the hands of the US Navy Seals.

Je traduis: Voir le Bloc Québécois presque complètement lavé de la carte politique était presque aussi amusant que d’entendre le président Barack Obama décrire comment les forces spéciales américaines ont tué Ossama Ben Laden.

Éric Duhaime: la réplique de l’exterminateur!

Éric-DuhaimeLe cofondateur du groupe de droite Liberté-Québec, Éric Duhaime, que je connais bien, n’a pas totalement apprécié que je cite, dans ce billet, sa chronique du Toronto Sun — et des autres journaux de Sun News — ou il se réjouit de l’extermination du Bloc Québécois.

Voici ce que j’en écrivais:

Pour mémoire, Éric a été pendant plusieurs années conseiller de Gilles Duceppe, avant de passer au Reform Party à l’Alliance Canadienne, puis à l’ADQ et plus récemment à Liberté-Québec. Lisons-le :

Le Bloc doit-il mourir ?

images6-150x150NON !

Les Québécois ont mis un terme, ce lundi, à une phase politique longue de 20 ans. Ils ont décidé de tourner le dos à une stratégie: parler à Ottawa de sa propre voix, peser sur les décisions lorsqu’on avait la balance du pouvoir, ne pas diluer sa force dans des arbitrages au sein d’un parti dominé par le Canada anglais.

La grande évasion

evasionIls se sont évadés. Les électeurs québécois ont massivement tourné le dos au Bloc — puisqu’ils y étaient en plus grand nombre — tourné le dos aussi au Parti libéral et au Parti conservateur pour suivre la piste orange.

Évadés, oui, mais de quoi ? De la prison, justement. De la prison du statu quo.

Je m’explique. Pour l’électeur québécois moyen du début de 2011, l’avenir semblait bloqué. À Québec, un gouvernement libéral détesté. À Ottawa, un gouvernement conservateur tout aussi détesté. À Montréal, un maire dont on souhaite le départ.