Brian Topp, les putes, le Québec et moi !

Avertissement: ce billet ne contient aucune relation de contact charnel. Mais il y sera question, de manière rhétorique, de péripatéticiennes. Un peu de patience.

Brian Topp est un des candidats favoris à la direction du NPD, donc au poste de chef de l’opposition, donc au poste de premier ministre aux élections de 2015. Je l’ai connu en 1998, lorsqu’il était conseiller du premier ministre néo-démocrate de la Saskatchewan, Roy Romanow. Oui, le Romanow qui a négocié avec Jean Chrétien l’entente fameuse de la «Nuit des longs couteaux», qui isolerait le Québec pour l’avenir prévisible.

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Roy Romanow, l’agent-double d’Ottawa, et son conseiller Brian Topp

Romanow était cette année-là le porte-parole des provinces dans les discussions avec le fédéral. Puisque j’étais conseiller de Lucien Bouchard, Topp était un de mes vis-à-vis dans ces discussions.

Deux mai: Le dépit, l’espoir et le rejet

(Mon analyse de l’élection du deux mai, telle que publiée dans L’actualité courant.)

On ne pourra pas nous reprocher, à nous Québécois, de ne pas essayer. Et, lorsqu’on essaie, de ne pas y mettre toute la gomme. Avec la trudeaumanie, en 1968, on a donné 54 % des votes et 56 sièges au «French Power». Le début d’un temps nouveau. Puis, octobre 1970, l’armée et les prisons. Puis, la Constitution, l’exclusion.

Nous n’y sommes pas allés de main morte pour remplacer les trudeauistes par les bleus de Mulroney en 1984: 50 % des votes, 58 sièges. Un espoir de réparation, dans l’honneur et l’enthousiasme. Puis Meech. Puis le mépris.

Alors, en 1993, nous n’y sommes pas allés avec le dos de la cuiller pour obtenir «le vrai pouvoir», celui du Bloc québécois: 49 % des votes, 54 députés, assez pour former l’opposition officielle de Sa Majesté. Puis, six élections passent. Le fruit souverainiste semble hors de portée. Le fruit fédéraliste s’entête à ne jamais être assez mûr pour une réforme.

Ben Laden et Ben Duceppe éliminés ? Y’a d’la joie !

Qui le dit ? L’éditorialiste du journal de quartier Free-Press NDG, David Goldberg, dans la dernière édition du bi-mensuel:

hampsteadSeeing the Bloc Québécois virtually wiped off the political map was almost as much fun as listening to President Barrack Obama describe Osama bin Laden’s death at the hands of the US Navy Seals.

Je traduis: Voir le Bloc Québécois presque complètement lavé de la carte politique était presque aussi amusant que d’entendre le président Barack Obama décrire comment les forces spéciales américaines ont tué Ossama Ben Laden.

C’est beau, le bon voisinage, la tolérance et le respect mutuel.

(Merci à l’alertinternaute Louis F. pour ce signalement.)

Deux mai: Pourquoi Harper a gagné !

On a beaucoup discuté, sur ce blogue et ailleurs, de la vague orange qui a bousculé le Québec. Mais le fait politique le plus important de lundi dernier est la victoire, majoritaire, de Stephen Harper.

Dans un long article magistral dans le numéro courant de Maclean’s, nourri par plusieurs sources au sein des partis fédéraux, Paul Wells lève un coin du voile fort instructif pour comprendre le passé récent, et préparer l’avenir.

« Pour comprendre l’élection de 2011, écrit Paul Wells, il faut comprendre comment Michael Ignatieff est devenu le chef d’un ex-grand parti et comment Stephen Harper l’a détruit, morceau par morceau. »

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Je vous invite, si votre english est bon, à lire l’ensemble, mais voici ce que j’en retiens d’essentiel.

Le nerf de la guerre

Éric Duhaime: la réplique de l’exterminateur!

Éric-DuhaimeLe cofondateur du groupe de droite Liberté-Québec, Éric Duhaime, que je connais bien, n’a pas totalement apprécié que je cite, dans ce billet, sa chronique du Toronto Sun — et des autres journaux de Sun News — ou il se réjouit de l’extermination du Bloc Québécois.

Voici ce que j’en écrivais:

Pour mémoire, Éric a été pendant plusieurs années conseiller de Gilles Duceppe, avant de passer au Reform Party à l’Alliance Canadienne, puis à l’ADQ et plus récemment à Liberté-Québec. Lisons-le :

Pour planter le dernier clou dans le cercueil du Bloc, Harper doit maintenant respecter sa promesse de couper le financement public des partis politiques.

Selon la loi actuelle, le Bloc pourrait encore recevoir 1,8 millions $ par an des contribuables canadiens. Ce financement est probablement la meilleure — sinon la seule — raison restante de justifier l’existence du Bloc.