Philippe Couillard et l’éloge de l’impuissance

On savait que notre premier ministre avait un grand objectif pour sa nation: qu’elle se conforme à la moyenne canadienne. Il le veut pour l’impôt, pour les programmes sociaux, pour le respect pour les représentants de la monarchie au Québec, pour le ratatinement de la présence internationale du Québec, entre autres.

Mais à l’Assemblée nationale, ce jeudi, notre premier ministre a été plus canadien-moyen que d’habitude. Il était question de pétrole, et du fait que le Québec devient, sous nos yeux, une immense autoroute de pétrole albertain, par bateau, par train et, demain peut-être, par pipeline.

Stéphane Bédard, chef intérimaire du PQ, voulait savoir pourquoi le gouvernement libéral ne levait pas le petit doigt pour demander à Ottawa, au moins, des garanties environnementales, alors que d’autres, ailleurs sur le continent, le faisaient.

Voici la réponse de Philippe Couillard:

Course à la direction du PQ: Amendements pour un débat vraiment ouvert

L’exécutif du Parti québécois a fait parvenir aux circonscriptions des propositions pour le débat à venir, sur les modalités de la course à la direction du parti. Après consultations avec plusieurs présidents de circonscriptions et collègues députés, nous avons élaboré six amendements pour améliorer la proposition.

Ces amendements ont été adoptés à l’unanimité par l’exécutif de la circonscription de Rosemont, ce lundi 22 septembre. Nous avons décidé de les faire connaître publiquement pour alimenter le débat dans les autres circonscriptions. Voici le texte adopté:

Pour un débat ouvert, pour une démarche progressiste

Cet automne, le Parti québécois sera appelé à prendre une décision importante pour son avenir: comment choisira-t-il son prochain chef ? Plusieurs estiment que le choix d’un (ou d’une) chef ne doit revenir qu’aux membres du parti, d’autres pensent qu’il faut innover en ouvrant le processus aux électeurs Québécois qui partagent l’objectif d’indépendance et les valeurs du PQ. Chacune de ces positions est légitime et présente des avantages et des inconvénients.

Refaire fleurir le goût de l’indépendance: Un mode d’emploi

Une proposition de Jean-François Lisée, appuyée par 30 militants de la relève indépendantiste

Le mouvement indépendantiste québécois connaît une nouvelle jeunesse. Dans toutes les organisations souverainistes, une nouvelle génération de militants apporte un regain d’énergie et de créativité. Plusieurs d’entre eux se réunissent, cette fin de semaine, dans l’événement destiNation. Ils s’ajoutent à tous ceux qui ont porté le mouvement depuis sa création, ont été de tous les combats et qui répondent toujours présent.

Même s’il a subi plusieurs défaites, le mouvement souverainiste québécois est aujourd’hui encore la plus grande force militante au Québec. C’est pourquoi, en ces heures de flottement de l’option indépendantiste dans l’opinion publique, tous les espoirs sont permis pour renverser la situation et élargir considérablement la base d’appui de notre option.

C’est la tâche principale qui doit nous animer, immédiatement et pour les années à venir. Je soumets à la discussion une première liste de 15 actions à entreprendre.

Victimes d’actes criminels: le déficit de compassion libéral se creuse

L’Association québécoise Plaidoyer-Victimes pose ce jeudi une question essentielle au gouvernement Couillard, qui selon La Presse envisage une « réduction importante » de l’aide aux victimes d’actes criminels, pourtant bonifiée par le gouvernement du Parti Québécois en 2013, avec l’appui du… PLQ:

« Le gouvernement s’apprête à couper dans le régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels. Il avait annoncé ses couleurs dès son arrivée au pouvoir. On n’est guère donc surpris. On peut cependant questionner cette démarche qui vise à sabrer notre régime actuel sous le seul prétexte qu’il est plus coûteux au Québec qu’ailleurs au Canada. Est-ce qu’on s’est questionné sur la qualité des services offerts par les régimes d’indemnisation des autres provinces, voir sur l’absence de tels régimes dans certains coins du pays? »

J’ai interrogé la ministre de la Justice à ce sujet aujourd’hui. Elle répond que des changements sont souhaitables. Je veux bien, mais sans réduire les sommes. Elle a été incapable de s’engager à ne pas piger dans les budgets consacrés aux victimes.

AJOUT: Comment Ottawa compte AUGMENTER la congestion à Montréal, au profit des riches !

Avec le péage sur Champlain, Ottawa propose d'augmenter la dose de congestion à Montréal

Avec le péage sur Champlain, Ottawa propose d’augmenter la dose de congestion à Montréal

Le rapport commandé par Ottawa sur l’impact d’un péage sur le pont Champlain était secret. Ottawa voulait le garder secret. Le ministre québécois des transports, et de la métropole, Robert Poëti, trouvait normal qu’il reste secret.

On sait maintenant pourquoi. Radio-Canada l’a obtenu et ses résultats sont catastrophiques.

Un péage sur le Pont Champlain provoquerait un déplacement de circulation vers les autres ponts et en ferait exploser l’utilisation. Le Pont Jacques-Cartier serait utilisé à 135% de sa capacité. Le Pont Victoria ? à 175% !

« Le péage aurait pour effet de réduire la circulation sur le nouveau pont et cela soulève des inquiétudes parce que la circulation détournée ne peut être absorbée ailleurs sur le réseau, » note l’étude.

Comment ratatiner la présence internationale du Québec

La compagnie britannique d’effets spéciaux Cinesite était à quelques jours de confirmer son implantation à Toronto. Près de sept millions d’investissement initial, création de 200 emplois. Une belle prise pour la ville-reine.

C’était sans compter avec le Délégué général du Québec à Londres, Stéphane Paquet. Nommé depuis quelques semaines à peine, Stéphane a contacté Cinesite, travaillé avec le ministère des Finances à Québec pour produire rapidement une offre concurrente, vanté les avantages de Montréal et… obtenu pour Montréal les 200 emplois.

Voilà l’homme dont le gouvernement Couillard ne veut plus à Londres. L’homme qui est pourtant en début de mandat et qu’il faut rapatrier, avec ses deux jeunes enfants, en pleine année scolaire, de toute urgence.

Pourquoi? Parce qu’ils ont trouvé quelqu’un avec un « meilleur CV ». Et cela tombe bien, il est libéral: Christos Sirros. Car, a-t-on expliqué, il faut s’occuper d’économie à Londres. J’admets sans peine que Christos, un homme charmant, a obtenu un bacc en commerce de McGill en 1970.

Le PQ et le référendum: Le Parti doit entendre les Québécois

L’électorat a été très dur avec le Parti québécois le 7 avril dernier. Très dur avec notre projet de faire du Québec un pays. Pour les indépendantistes convaincus que nous sommes, découvrir que moins de 30% des Québécois partagent en ce moment notre idéal, constater que les trois quarts de nos concitoyens sont réfractaires, pour ne pas dire allergiques, à la tenue d’un référendum, cela fait mal.

Les militants du PQ sont conviés à une grande consultation cet automne, dans chaque circonscription. Puis une campagne à la direction permettra de choisir, avec un nouveau chef, une direction à prendre.

À mon avis, deux avenues seulement sont possibles : rester sourd à l’humeur actuelle des Québécois, revenir immédiatement à la charge avec notre projet, sous une forme ou une autre, aux élections de 2018, se cogner durement la tête sur le mur de l’opinion et ainsi donner pour longtemps les clés du pouvoir aux Libéraux. À moins d’un imprévisible retournement de situation d’ici-là, j’estime que les Québécois fermeront les portes du pouvoir à un PQ qui voudrait mettre, au prochain rendez-vous électoral, l’État au service de son option.

Encore la schizophrénie canadienne de Philippe Couillard,

Ce samedi à Québec, le premier ministre Couillard a plongé tête baissée dans la piscine constitutionnelle. «À l’aube du 150e anniversaire du Canada, les Québécois souhaitent que le pacte qui lui a donné naissance soit réaffirmé» a-t-il dit devant un Stephen Harper impassible.

Que voulait-il dire ? Ses conseillers ont ainsi traduit sa pensée, selon ce qu’en a rapporté La Presse:

Dans l’entourage de M. Couillard, on confirme que cette «réaffirmation» fait référence à la signature par le Québec de l’acte constitutionnel de 1982. On indique aussi que c’est la première fois que le M. Couillard exposait cette volonté devant le premier ministre du Canada.

Signer la constitution d’ici 3 ans ? M. Couillard n’a pas vérifié avant de plonger, mais la piscine est vide. Le bureau de Stephen Harper a immédiatement indiqué aux journalistes qu’il n’était pas question de reparler de constitution.

C’était samedi. Qu’a-t-il dit dimanche ? Le contraire !

Mon premier engagement de peut-être-futur-candidat

Il m’est venu spontanément, en discutant avec Benoît Dutrizac ce vendredi, dans une entrevue franche et rigolote qui porte à la fois sur la course au leadership, la difficulté d’être chef du PQ, l’héritage de Robert Bourassa, les montées de lait de Jean Lapierre et de Lucien Bouchard, l’image que font de moi les caricaturistes et la vraie raison pour laquelle je me suis coupé la barbiche.

À écouter ici. (Indice, l’engagement à quelque chose à voir avec la toponymie, mais pas comme le pense Garnotte, ici dans Le Devoir.)

direction-du-pq-un-prolongement-logique-de-mon-parcours-politique

Le ressort cassé de Lucien Bouchard

Lucien Bouchard adore l’histoire. Il est un grand dévoreur de biographies et d’essais historiques. Sa bibliothèque en est remplie.

Il voulait la faire, l’histoire. Celle du Québec. Il a longtemps résisté à l’envie de raconter la sienne. Du moins celle qui porte sur l’année référendaire et les suivantes. Bravo à Yves Boisvert et à Télé-Québec d’avoir réussi à l’asseoir pendant 22 heures pour qu’il se livre enfin.

C’est un témoignage important. L’estime que les Québécois ont envers Lucien Bouchard est réelle, durable et méritée. Parmi les indépendantistes, je suis un de ses quelques défenseurs. Même si nous avons notre dose de désaccords. J’ai hâte de voir le documentaire.

Les bribes rapportées par les journalistes donnent le ton. Si Jacques Parizeau l’avait écouté, en 1995, le référendum aurait été couronné de succès, dit-il. Mais l’échec de 1995 a créé un traumatisme dont l’indépendance ne s’est pas relevée et ne se relèvera pas pour l’avenir prévisible. D’ailleurs, ajoute-t-il, le Bloc Québécois a fait son temps.