Industrie du tabac: le géant brun toujours d’attaque

Enfin, le gouvernement a déposé ce mardi un projet de loi de modernisation de la loi anti-tabac. Un projet qui va dans la bonne direction, mais auquel il manque deux éléments importants: l’imposition de l’emballage neutre et un moratoire sur les nouveaux produits du tabac.

J’ai annoncé l’intention du Parti québécois de présenter des amendements en ce sens:

On peut lire le communiqué ici.

Ne pas sous-estimer la pugnacité de l’industrie

L’industrie du tabac se bat avec fougue contre la proposition d’emballage neutre, depuis le début. Ceux qui comprennent l’anglais devraient écouter le résumé qu’en fait John Oliver ici:

Cet autre reportage, français, ouvre une fenêtre étonnante sur l’influence occulte que l’industrie a réussi à établir au sein même des institutions européennes:

Toxicomanie, itinérance, prévention: premières victimes de l’austérité libérale

L’austérité libérale a maintenant un an d’existence et frappe déjà durement plusieurs clientèles. Au premier chef, des Québécois parmi les plus fragiles: les victimes de dépendance qui sont aussi prestataires d’aide sociale.

Le gouvernement Couillard a décidé de rendre leur réinsertion plus difficile que jamais en réduisant leurs prestations pendant leur traitement, d’une part, et en fragilisant les 40 centres offrant des services de désintoxication, d’autre part.

Les intervenants n’ont cessé d’avertir les ministres responsables — François Blais, maintenant à l’éducation, puis Sam Hammad, et Lucie Charlebois — que leurs réformes allaient faire reculer les efforts de désintoxication et de réinsertion. Dans un mémoire cinglant, la Commission de protection des droits de la personne et de la jeunesse a réclamé le retrait pur et simple des mesures qu’elle jugeait «discriminatoires» et «régressives».

Le déficit inventé par les Libéraux pour justifier l’austérité

Ah ils sont bons en communication, les libéraux. Ils ont inventé un chiffre: 7,2 milliards de dollars. Et ils le martèlent, pour bien le graver dans nos têtes.

C’est la somme colossale — record historique — du trou budgétaire qui aurait existé sans leurs soins.

Ces chiffres, écrit le chroniqueur économique de Radio-Canada Gérald Fillion « n’existent pas dans la réalité ». Pour sept économistes québécois, il s’agit d’une « campagne de désinformation ». Je résume la situation comme suit:

 

Voilà ce qu’écrit Gérald Fillion dans un blogue de décembre dernier:

Pourquoi Martin Coiteux et Carlos Leitao ne cessent-ils pas de répéter depuis huit mois que le déficit à enrayer est de plus de 5,8 milliards cette année et de 7,3 milliards l’an prochain? Ces chiffres n’existent pas dans la réalité. Ce sont des projections qui sont faites et qui sont utilisées dans la communication politique du gouvernement Couillard parce que le gouvernement Marois n’a pas publié son budget de dépenses avant de déclencher des élections l’hiver dernier.

L’Est de Montréal, l’orpheline du gouvernement Couillard

Une chose est sûre: l’Est de Montréal ne fait pas partie des priorités du gouvernement Couillard. Quatre des dossiers prioritaires de l’Est ont subi des reculs depuis l’élection du PLQ il y a un an.

Avant, le prolongement de la ligne bleue du métro avait fait l’objet d’une décision. Aujourd’hui, le PLQ remet en cause cette décision et pourrait choisir un autre mode. C’est « on verra ».

Avant l’élection, Philippe Couillard s’était engagé à doter le Stade Olympique d’un toit fixe. Récemment, sa ministre a évoqué la possibilité de « pas de toit du tout ». C’est « on verra ».

Avant l’élection, le PLQ s’était engagé à accélérer le projet de modernisation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Les documents budgétaires déposés ce mois-ci indiquent que le projet n’est ni en planification, ni même à l’étude. C’est « on verra un jour lointain ».

Couillard: Comment tout rater à l’international

On l’aurait cru plus habile sur les questions internationales, notre premier ministre. Il avait pourtant de l’expérience et des réseaux. Il avait bossé en Arabie Saoudite, dont il était devenu conseiller d’un ministre. Il avait un compte en banque à Jersey et son grand ami Arthur Porter était le représentant du Sierra Leone. Il avait le monde dans sa poche, non ?

Et pourtant, il se fait publiquement rabrouer par un gouverneur chinois qui ne veut pas lui acheter du porc. Il choisit de ne parler qu’anglais en Islande, ce pays dont le président  vient nous dire combien l’indépendance est une excellente chose. Pourtant, il ne lui vient pas à l’esprit de témoigner personnellement, le 11 janvier en France, de sa solidarité avec le peuple français endeuillé de ses caricaturistes, ni même d’envoyer un ministre ! (J’en ai parlé ici.)

Phillippe Couillard et la fouille à nu: comment, pourquoi et quand il a vu la lumière

Heureusement qu’on l’a, le bon docteur Couillard, pour ramener un peu de bon sens dans le débat public. Non ? N’a-t-il pas, ce jeudi, rabroué son ministre Bolduc en affirmant haut et fort qu’il fallait complètement exclure les fouilles à nu dans les écoles ? Et là où son ministre louvoyait, n’a-t-il pas affirmé un leadership clair et sans faille ?

Euh… non. Ou du moins, ce n’était pas son intention. Il ne s’était pas levé jeudi matin avec la décision de bannir les fouilles à nu. Il ne s’est même pas levé à l’Assemblée pour donner cette réponse. En fait, il s’est levé pour donner… la même réponse que son ministre.

J’étais présent lorsque Philippe Couillard a changé d’avis. Tous les membres de l’Assemblée étaient présents. Et dans ce qui apparaît comme une illustration magistrale de l’utilité de la période de question, c’est l’échange entre le chef péquiste Stéphane Bédard et le premier ministre libéral qui a poussé ce dernier à céder. À céder au bon sens.

L’ahurissante proposition anti-Charlie de la CAQ

Avec mes collègues du Parti québécois, je me lèverai aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour renvoyer aux poubelles de l’histoire — donc à sa juste place — la proposition de François Legault de réprimer la liberté d’expression au Québec.

Aspirée par le vide créé par l’inaction coupable du gouvernement libéral en matière d’intégrisme et de laïcité, la CAQ est tombée dans l’abîme du contrôle du discours religieux — et, on va le voir, politique — dans l’espace public au Québec.

Incroyable ? Lisez plutôt l’extrait de la motion présentée par le parti de Legault:

Que l’Assemblée:

’’presse le gouvernement de déposer un projet de loi interdisant les expressions qui font le déni des valeurs inscrites dans la charte des droits et libertés de la personne en faisant la promotion de la haine OU en incitant au mépris et à la marginalisation d’une personne ou d’un groupe de personnes sur la base d’un motif de discrimination interdit;’’