On vit « un équilibre linguistique parfait » dit le PLQ. Sérieu ?

Pour une surprise, c’est une surprise de taille. On vient d’apprendre qu’après 400 ans de soubresauts et de tensions, le Québec a enfin atteint le nirvana linguistique.

Équilibre: Ensemble/Together

Équilibre: Ensemble/Together

Je n’invente rien. Notre ministre responsable de la promotion de la langue, Hélène David, l’a dit hier en répondant aux militants anglophones inquiets pour l’avenir de leur propre langue au Québec. « Je pense que nous avons un équilibre parfait, compte tenu de la situation ».

Wow. Et elle a dit-ça, rapporte Radio-Canada, « posément » et elle a « bien pesé ses mots ». Donc, elle n’avait rien fumé d’illégal. Elle a fait cette déclaration en pleine possession de ses capacités intellectuelles.

Bon, oui, à sa décharge, elle est « sous influence ». Elle a entendu comme nous son premier ministre affirmer avec force que les mesures de renforcement du français, « ça suffit » ! Jugez-en :

Commission Robillard: qu’on nous rembourse !

En me rendant participer aux chaînes humaines autour des écoles de Rosemont hier matin, j’écoutais la radio. On y parlait du rapport de la Commission Robillard, déposé la veille en grande pompe et qui avait dépensé 3,8 millions de nos dollars pour nous faire des recommandations.

D’abord j’ai écouté le ministre Martin Coiteux répondre aux questions de Paul Arcand:

Arcand : Vous envisagez la fin du monopole à la SAQ?
Coiteux : On est prêts à envisager des modèles de libéralisation du marché. On va le regarder attentivement. Ce que nous dit le rapport c’est : regardez ça attentivement car ce modèle-là n’est pas viable à long terme.

Attendez. On a payé 3,8 millions pour un rapport qui nous dit de « regarder attentivement » quelque chose. Ce n’était pas eux qui étaient censés le « regarder attentivement » ?

Je suis allé voir le rapport et ses brèves pages sur la SAQ. C’est d’une pauvreté intellectuelle affligeante. C’est bref, bête, sans scénario, sans étude d’impact.

La faute de français de Philippe Couillard

Vous l’avez vu, non ?, l’extraordinaire message Facebook envoyé par la ministre libérale Francine Charbonneau à sa collègue démissionnaire Marguerite Blais. Sinon, le voici:

Source: Journal de Montréal

Source: Journal de Montréal

On ne sait s’il faut rire ou pleurer. Je choisis les deux. À cette lecture, j’ai craint pour l’avenir politique de la ministre, d’autant qu’elle est récidiviste (elle avait re-Twitté en mars une image intitulée ’’Martine étudit sans faire chier le Québec’’). Mais je me suis souvenu de l’intransigeance de Philippe Couillard sur la qualité du français.

Ce printemps à l’assemblée nationale, il avait à mot couvert accusé Stéphane Bédard de s’exprimer dans un français imparfait:

Dans la même période, il s’est lui-même lui-même pris en flagrant délit de commettre une faute:

La compassion à géométrie variable de Philippe Couillard

Voici ce qu’a dit hier le chef libéral en point de presse, au sujet des primes de départ que vont empocher ses deux derniers députés démissionnaires:

Journaliste : Vous aviez dit en février que les primes de départ, vous n’étiez pas à l’aise. Mais ça ne bouge toujours pas ce dossier.

Couillard : Oui. Là-dessus, 2 choses. Écartons les cas récents de Mme Blais et de M. Ouimet car dans toutes les propositions qu’on entend, tout le monde s’entend que dans des cas de difficultés personnelles ou familiales particulières, ce serait acceptable.

Voici ce qu’a dit en entrevue Sylvain Mallette, président de la Fédération Autonome de l’Enseignement:

Animatrice : Qu’est-ce que vous demandez au gouvernement Couillard?

Marteau-piqueur et lois fédérales

Comment faire sauter une loi fédérale...

Comment faire sauter une loi fédérale…

En détruisant une dalle posée par Postes Canada, le maire Denis Coderre a posé… un geste de souveraineté !

En effet, le maire de Montréal a décidé que la loi fédérale qui donne à Postes Canada le pouvoir de couler du ciment où bon lui semble sur le territoire québécois et contre le vœu des élus locaux devait voler en morceaux. C’est tout de même quelque chose, de la part d’un des anciens lieutenants de Jean Chrétien.

Mieux encore, l’Union des municipalités applaudit !

Malaise du côté du gouvernement Couillard, où le ministre Pierre Moreau a joué les Capitaines Canada contre Coderre:  « ce n’est pas un exemple à donner. Ce n’est pas la façon de marquer le point » a dit celui qui est membre d’un gouvernement qui n’arrive pas à marquer un seul point face au gouvernement fédéral.

Pour un handicapé, l’austérité est un handicap de plus !

Nous avons assisté à des témoignages déchirants dans le hall de l’Assemblée nationale, ce jeudi. Carole Cartier et René Ménard, de l’organisation Ex Aequo, ont raconté comment les compressions du PLQ rendent leur vie quotidienne de plus en plus difficile. Écoutez-les.

Ce n’est pas le premier appel lancé par l’organisation. Elle rappelle dans un communiqué:

« Constatant l’absurdité des coupes dans les services de préparation au repas, Ex aequo a lancé en mars dernier l’Opération : Les casseroles surchauffent.

Durant l’opération, les membres d’Ex aequo ont fait parvenir à M. Couillard des casseroles en signe de leur colère à l’égard des mesures d’austérités qui portent atteinte à leur dignité et menace leur inclusion sociale. Il s’agissait de la 1re vague d’actions visant à faire reculer le gouvernement car ces mesures entrainent un retour de 30 ans en arrière pour ces citoyens.

L’austérité sélective des médecins qui gouvernent le Québec

La journée d’hier fut très instructive. Pour tous les Québécois qui sont victimes de l’austérité libérale, notamment dans le système de santé.

Nous avons appris qu’alors que le gouvernement propose d’abolir les primes des infirmières et de soutirer 90 000 $ des poches de chaque pharmacien du Québec, il n’a rien demandé — mais alors, absolument rien — aux médecins en échange de la levée des sanctions prévues dans le projet de loi 20.

J’ai voulu m’en assurer dans mon échange avec le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin, hier:

Comprenons-nous bien: ma collègue Diane Lamarre et moi serions ravis d’avoir au Québec les médecins les mieux payés au monde ! Mais puisque le gouvernement Couillard fait les poches des autres artisans de la santé, on s’étonne qu’il soit aussi gentil avec les médecins.

C’était l’objet de notre point de presse: