Intégrité: Mes 12 questions à Philippe Couillard

Phillipe Couillard a dit deux choses au sujet du passé trouble de son parti en matière éthique. Pour être poli. je dirai qu’il a été paradoxal.

PC_130317_ih9hf_couillard-charest_sn635Interrogé ce dimanche à savoir s’il était « à l’aise avec l’héritage de Jean Charest » il a répondu: « je suis à l’aise avec tout l’héritage du PLQ ». Donc: c’est oui.

Mais il ne semble pas parfaitement à l’aise avec le passé car il a cru bon de dire aussi, la veille, que le PLQ, « c’est mon parti maintenant ». Ce qui peut laisser croire qu’il fait une distinction claire entre « son » parti et celui de son prédécesseur.

Toujours prêt à rendre service, je voudrais aider M. Couillard à tirer les choses au clair sur ces questions d’intégrité en lui posant des questions précises qui ne concernent que lui et son propre jugement éthique. Les voici:

Fraude électorale ? Les raisons de l’inquiétude

Soyons clairs: le droit de vote est sacré et tous ceux qui ont le droit de voter doivent pouvoir le faire.

Soyons clairs: le passé électoral récent du Québec est jalonné de comportements immoraux et/ou illégaux des fédéralistes en période électorale.

Voici les éléments du dossier, qui alimentent une légitime suspicion. Par ordre chronologique, sur les 20 dernières années:

1. 1994-1995: La fabrique de citoyens

Dès l’élection du PQ en septembre 1994, l’appareil fédéral s’est accéléré pour délivrer un nombre record de certificats de citoyenneté: de 23 800 en 1993, le nombre a bondi à 40, 500 en 1994, puis à 43 850 en 1995, grimpant de 84% en deux ans.

Intégrité et commerce extérieur québécois

Nous avons lancé cet automne un important plan de développement du Commerce extérieur. Et j’ai eu la chance, lors de missions en Afrique, en Chine, en Inde et en Europe, d’être accompagné d’un grand nombre d’entreprises.

Mais comment aider les entreprises du Québec à l’étranger tout en s’assurant que l’intégrité règne.

J’ai abordé la question devant les entreprises qui m’accompagnaient, au premier jour de notre mission en Afrique de l’Ouest, en septembre dernier. Voici un extrait du discours:

Vous savez, la première fois qu’on dit oui ou non à un corrupteur est déterminante. Si on commence par dire oui, car on se dit que tout le monde le fait, ensuite on peut être tenté de devenir des champions de la corruption.

Certaines entreprises se sont aussi dit qu’elles pouvaient se le permettre, car les régimes avec qui elles faisaient affaire seraient en place pour des générations.

La Vraie révélation qui incrimine les Libéraux

On ne saura sans doute jamais ce que Eddy Brandone a glissé à l’oreille de son ami Jean, lors de sa rencontre « fortuite » avec lui dans un hôtel de Montréal. On ne saura sans doute jamais si le PM a ordonné que cesse la filature en cours de son ami Eddy.

Et cela n’a presque aucune importance.

Non. L’énorme information divulguée par l’équipe d’enquête de Radio-Canada est ailleurs. Elle nous explique pourquoi le chef libéral a tant insisté, pendant trois ans, sur l’importance des enquêtes policières en lieu et place d’une Commission d’enquête. Souvenez-vous, c’était son dogme: une Commission d’enquête allait nuire au travail des policiers. Il fallait à tout prix empêcher une Commission de venir au secours des escrocs en polluant la preuve.

On saisit maintenant que le Premier ministre avait une autre raison de préférer les enquêtes policières. Et ce sont les policiers qui l’ont révélé à Radio-Canada:

Le Déserteur: La NON-croisade anti-corruption de François Legault

Ainsi, Jacques Duchesneau a pensé qu’en tant que futur vice-premier ministre d’un gouvernement de François Legault, il lui reviendrait de désigner les ministres impliqués dans les questions de corruption: transport, sécurité publique, quelques autres.

Son chef  l’a fait rentrer dans le rang, mais j’ai ma propre théorie sur la raison pour laquelle M. Duchesneau a pensé qu’il serait préférable que ce soit lui, plutôt que M. Legault, qui prenne les choses en main: parce que si on avait écouté François Legault depuis deux ans, il n’y aurait eu ni rapport Duchesneau, ni Commission d’enquête sur la corruption, ni… candidat vedette Duchesneau.

Le fil des événements*

Remontons simplement le fil des événements:

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À droite, ceux qui se sont acharnés sur le dossier de la corruption, Duchesneau et la députée Sylvie Roy. À gauche, celui qui ne voulait pas en parler, François Legault.