Comment nuire aux familles, à Montréal et au français

Le maintien d’une masse critique de francophones et le dynamisme démographique et économique de l’île de Montréal dépend, en partie, de la rétention des familles sur l’île.

C’est pourquoi le gouvernement du Parti québécois avait, lorsque j’étais ministre de la Métropole, fait produire un rapport consensuel sur les mesures à prendre puis avait, pendant la campagne électorale, pris des engagements pour faire faire Un bond qualitatif à la rétention des familles.

Mais comme le déplore ma collègue Carole Poirier dans un communiqué émis ce vendredi, le gouvernement Couillard va dans la direction inverse.

C’est aussi l’opinion du chroniqueur François Cardinal, de La Presse, à Radio-Canada.


Coupes dans les programmes de subventions en matière d’habitation

Encore un coup dur pour les familles, qui paient
pour les mauvaises décisions libérales

L’Est de Montréal, orpheline du gouvernement Couillard

Ne cherchez pas les lettres HMR (pour Hôpital Maisonneuve-Rosemont) et les mots « ligne bleue » dans le budget du gouvernement Couillard. Ils ont disparu de l’écran radar libéral. Comme le toit du Stade olympique, dont le candidat Couillard avait pourtant vanté les mérites.

Qu’ont en commun ces projets ? Ils sont tous dans l’Est de Montréal. Ils sont tous structurants.

Ils ont également en commun de ne plus être mentionnés par le gouvernement Couillard, alors que d’autres projets, ailleurs sur l’île, font leur apparition.

Comme député de Rosemont, ces questions me turlupinent et j’ai pu questionner la ministre des municipalités, Pierre Moreau, qui défendait ce mercredi les crédits du ministère de la Métropole. Il a confirmé l’absence de volonté politique ferme de son gouvernement à ces sujets.

Des hôpitaux prioritaires, mais pas HMR

Redevenir le Parti de tous les Québécois

(Voici le texte d’une lettre signée par 16 présidents d’exécutifs du Parti québécois au sujet de la proposition de permettre aux électeurs adhérant aux valeurs péquistes de participer à la prochaine course au leadership. La lettre a été publiée dans Le Devoir ce matin. Demain, les participants à la rencontre de la Commission nationale des présidents et présidentes de circonscription seront saisis d’une résolution demandant de ne pas écarter cette option dans les débats à venir sur la prochaine course.)

À l’élection du 7 avril, le Parti québécois n’a pas réussi à attirer, même à retenir, des centaines de milliers d’électeurs qui, pourtant, partagent ses valeurs et son objectif indépendantiste. L’avenir du Parti québécois passe donc nécessairement par une reconnexion avec la population.

L’inspecteur général de Montréal et le chemin de l’intégrité

Nous débattons en ce moment à Québec du Projet de loi créant l’Inspecteur général de Montréal. C’est un outil de plus dans l’effort colossal que mène le Québec de se dégager d’une période de corruption qui l’a profondément miné ces dernières années.

Tous les partis, à l’Assemblée, souhaitent voter pour cet Inspecteur, même si nous avons des divergences avec le gouvernement libéral sur la latitude qui doit être laissée aux dénonciateurs pour aider l’Inspecteur dans son travail. (Nous disons: davantage. Ils disent: ça dépend !)

Au moment où je devais présenter mes arguments en faveur du Projet, j’ai entendu le ministre responsable, Pierre Moreau, tenter de faire l’histoire récente de la lutte pour l’intégrité comme une grande œuvre commune, « transpartisane », où chaque parti en avait fait autant, aussi vite, aussi bien. J’ai cru bon de rétablir les faits. Car si la transpartisanerie est une belle et bonne chose, la vérité a ses droits.

(Vidéo) Réfléchir à l’avenir du PQ: Deux entrevues récentes

Un débat semble bien enclenché chez les militants du PQ sur l’opportunité de se reconnecter avec l’électorat en ouvrant le grand choix à venir — la course au leadership — à une population plus large. (Pour un billet à ce sujet, voir ici.)

À Montréal cette semaine, les présidents de circonscriptions de Montréal-centre ont majoritairement voté la résolution suivante, pour discussion lors du rassemblement du samedi 7 juin:

« Que l’exécutif national n’écarte aucune possibilité, incluant celle de tenir des primaires ouvertes, dans le cadre de ses travaux visant à déterminer les règles de fonctionnement de la prochaine course à la chefferie ».

C’est une bonne nouvelle. Rien ne peut être plus salutaire, après la défaite historique du 7 avril, que ce signal d’ouverture, de reconnexion. J’en ai discuté dans une entrevue récente avec Alain Laforest, de TVA, pour son émission Caucus:

Ligne bleue du métro et SLR: Pour Couillard, c’est « avant moi le déluge » !

Dans l’épisode précédent, le gouvernement Couillard avait tenté de nous faire vivre une amnésie collective. Il tentait de nous faire oublier que, unanimement, les élus de Montréal et de la Rive-Sud avait choisi le Système léger sur rail comme mode de transport sur le Pont Champlain et que, unanimement, les députés de l’Assemblée nationale en avait fait autant il y a six mois à peine.

Mais le premier ministre Couillard a frappé encore plus fort en affirmant que toutes les grandes décisions sur le transport à Montréal étaient à revoir. Il faut le lire pour le croire, voici ce qu’il a déclaré aux journalistes:

« Il y a le SLR, le train de l’Ouest, le prolongement du métro vers l’Est, des voies réservées, le boulevard Notre-Dame, le prolongement du métro à Laval. On veut favoriser le transport collectif, mais il faut s’assurer d’avoir les bonnes priorités. »

(vidéo) Avec le PLQ, le SLR n’est plus sur les rails !

C’est une chose que de vouloir revenir sur une décision qui a été prise par un gouvernement précédent. C’en est une autre de le faire… puis de faire semblant qu’on ne le fait pas.

C’est le tour de force que tente d’accomplir le ministre des transports, Robert Poéti, au sujet du projet de Système Léger sur Rail qui doit relier Montréal et la Rive-Sud sur le futur Pont Champlain.

La décision de choisir le SLR, plutôt que des autobus, a été prise l’an dernier, avec l’appui de tous les élus concernés… et du parti libéral.

M. Poéti fait semblant qu’il ne le sait pas, comme l’atteste notre échange à la période de questions ce lundi:

Notez que le ministre tente d’affirmer que la décision de choisir, ou non, un SLR doit être prise l’an prochain, lorsque sera rendu public le rapport du bureau de projet mis sur pied par le gouvernement du Parti québécois.

Pour reconnecter le Parti sur les Québécois: de l’audace à la puissance 3?

Si on veut résumer en une métaphore le résultat de l’élection du 7 avril, cela irait un peu comme ceci: nous avons beaucoup déçu notre blonde (notre électorat). Elle ne voulait pas embarquer dans notre beau grand bateau vers un référendum et vers la souveraineté — elle a compris que c’est là qu’on souhaitait aller quand on a sorti notre PKP. Plus généralement, elle ne nous reconnaissait plus vraiment et elle ne voyait pas pourquoi on lui imposait tout à coup un test de loyauté (électoral) alors qu’on aurait pu continuer à sortir ensemble un bout de temps (en minoritaire) sans brusquer les choses.

Bon. Elle nous a quitté. Elle: quelques centaines de milliers de nos blondes. Mais pour l’essentiel, elle ne nous a pas quittés pour un autre chum (PLQ ou QS). Elle est retournée chez elle, ou chez sa mère (abstention massive).

Sport politique extrême: contredire (un peu) Jacques Parizeau

Les textes de Jacques Parizeau sur la stratégie souverainiste sont des lectures obligées. Son parcours, sa stature, sa droiture sur la question de la souveraineté le justifient amplement.

Cependant faut-il prendre à la lettre tout ce qu’il écrit ? La réalité est complexe et, dans le débat qui s’ouvre sur les chemins que le Parti québécois doit prendre pour retrouver la faveur des Québécois, il est parfois bon de multiplier les points de vue.

1310847129672_ORIGINALJe suis comme chacun déboussolé par l’ampleur de la défaite du 7 avril et j’ai l’esprit ouvert à toutes les options pour la suite des choses — sans toutefois remettre en cause l’identité d’un PQ indépendantiste et social-démocrate.

La contribution de Jacques Parizeau est donc bienvenue mais, comme je le faisais lorsque j’étais son conseiller, je vais me permettre de le contredire sur certains points. Je reproduis donc des extraits de son texte du Journal de Montréal, en y ajoutant quelques commentaires.
Le Parti québécois à la croisée des chemins, par Jacques Parizeau

En entrevue: « Cette élection est d’une grande clarté! »

Voici l’entrevue accordée au journaliste Patrick Lagacé et publiée ce samedi dans La Presse*:

QU’EST-CE QUE ÇA DIT SUR LE PQ QUE TANT D’ÉLECTEURS AIENT CHOISI UN PARTI, LE PLQ, DONT LE PASSÉ ÉTHIQUE N’EST PAS ENCORE « NETTOYÉ » ?

Ça dit que la campagne a été un dialogue entre le PQ et l’électorat. Au début, le PQ disait « on veut gouverner pour toutes sortes de raisons et on va tenter de vois convaincre de faire la souveraineté »

L’électorat a répondu: « on vous écoute mais vous n’êtes pas dangereux car pas assez forts pour faire la souveraineté. »

Puis trois éléments ont changé la donne et on fait en sorte que la possibilité référendaire a gagné en crédibilité.