Laïcité: au nom de qui Valérie Plante parle-t-elle ?

Sur la laïcité, Valérie Plante et Denis Coderre sont sur la même longueur d’onde. Mais qu’en pensent vraiment leurs électeurs ?

La mairesse de Montréal a pesé de tout son poids, hier, contre le projet de loi sur la laïcité déposé par le gouvernement québécois. L’opposition officielle à l’hôtel de ville réclame que Montréal soit exempté de son application, rien de moins !

Disons d’abord que les opinions de ces élus sont légitimes et qu’ils pourront l’exprimer dans la consultation qui précédera l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale. Mme Plante s’insère parfaitement dans les traces de son prédécesseur Denis Coderre qui s’opposait, en principe, à ce genre de mesures mais qui avait poussé le bouchon un peu plus loin en laissant entendre qu’il n’appliquerait pas ses dispositions dans sa ville. J’étais à l’époque ministre responsable de la Métropole et je l’avais semoncé à ce sujet (Il avait même récidivé lors de la loi libérale sur l’interdiction du voile intégral, beaucoup plus timide – voir plus bas).

Le PQ et le lancinant festival des clichés

Parmi les premiers lecteurs de mon dernier ouvrage, ceux qui ont vécu ces dernières années dans la famille péquiste m’ont beaucoup parlé d’une citation qui semblait bondir de la page pour mettre des mots sur ce qu’ils avaient vécu.

La citation appartient à notre directrice des communications, Antonine Yaccarini. Elle était en congé de maternité à l’hiver et au printemps 2018, alors que nous avions, entre autres, 1)  innové en nommant une vice-cheffe; 2) présenté le plan le plus ambitieux de réduction des gaz à effet de serre; 3) annoncé un calendrier de réforme de la santé bien reçu par la FIIQ et conduisant le vice-président des Médecins québécois pour le régime public à se joindre à nous; 4) mis en avant comme jamais les nombreux X et Y de notre équipe – le leader Pascal Bérubé, nommé parlementaire de l’année par ses pairs, notre nouvelle présidente Gabrielle Lemieux, 35 ans, plusieurs autres; 5) ramené au bercail Camil Bouchard avec une proposition forte sur l’enfance; 6) accueilli dans l’équipe les symboles indépendantistes qu’étaient Jean-Martin Aussant et Lisette Lapointe; 7) mieux campé notre message en proposant « Un État fort au service des gens et pour réussir l’indépendance».

Indépendance et PQ: Petit cours d’autodéfense intellectuelle

Chacun a droit à sa propre opinion. C’est entendu. Mais chacun n’a pas le droit à ses propres faits. Dans le débat qui s’ouvre sur l’avenir du Parti québécois et de l’indépendance, rien ne me semble plus utile que de faire la guerre aux clichés et aux fausses perceptions, qui,  malheureusement, semblent dominer le discours.

Les indépendantistes ont un devoir de ténacité : il est très difficile de faire du Québec un pays, je ne vous l’apprends pas. Mais la difficulté n’altère en rien la justesse du combat. Ils ont aussi un devoir de lucidité. Les innombrables commentateurs de la chose politique gagneraient également à se débarrasser d’un certain nombre d’idées aussi courantes que fausses.

Idée fausse #1: Si on ne parlait que d’indépendance, on aurait 35% du vote, car c’est le nombre d’indépendantiste au Québec.

Unité des indépendantistes: la leçon venue du Sud

Quel est le coût de la division des indépendantistes et des progressistes ? Il tient en un mot : le pouvoir. Se diviser, c’est laisser le pouvoir à ceux qui ne veulent ni l’indépendance, ni le virage vert, ni la lutte aux inégalités sociales, ni la véritable défense du français, ni la chasse aux paradis fiscaux. Toutes choses qui, pourtant, nous unissent.

On comprend mal comment le nouveau chemin de Catherine Fournier peut conduire à des victoires.

Vous en doutez?  Regardons les faits. Au Parti Québécois, nous avions perdu l’élection de 2014 tous seuls. Mais en 2012, l’existence de Québec Solidaire nous avait fait perdre entre 12 et 15 circonscriptions. Si nous avions eu seulement la moitié des voix de QS (pas 100%, la moitié !), notre gouvernement aurait été majoritaire. Hors Montréal, la CAQ et les libéraux sont nos adversaires. Mais notre marge de victoire y a été prise par QS dans des comtés des Laurentides, de l’Estrie, de la Mauricie, même de  la ville de Québec et de l’Outaouais !