Information: 4 propositions pour dompter l’hyper-concentration des médias

En démocratie, l’information est un service essentiel. C’est à la fois le projecteur braqué sur ce qui se dit, se fait, se décide, le carburant de la discussion publique, le garde-fou de l’intégrité. Moins une population est informée, localement ou nationalement, moins elle est équipée pour s’engager dans la chose publique, peser sur les décisions, faire émerger de nouvelles voix, des réformes, des leaders.

Comment va l’information au Québec ? Son état de santé est préoccupant. Son tonus décline. Les conditions de son atrophie s’accumulent.

Le gouvernement québécois ne peut rester les bras croisés et laisser s’affaiblir un bien public aussi important que l’information. Il doit cependant garder une saine distance avec le quatrième pouvoir: créer les conditions de sa vitalité, sans lui dicter sa conduite.

À l’heure où les journalistes sont réunis pour leur congrès annuel, et dans le cadre de la course à la direction du Parti québécois, je soumets à la discussion quatre hypothèses de travail.

Pour reconnecter le Parti sur les Québécois: de l’audace à la puissance 3?

Si on veut résumer en une métaphore le résultat de l’élection du 7 avril, cela irait un peu comme ceci: nous avons beaucoup déçu notre blonde (notre électorat). Elle ne voulait pas embarquer dans notre beau grand bateau vers un référendum et vers la souveraineté — elle a compris que c’est là qu’on souhaitait aller quand on a sorti notre PKP. Plus généralement, elle ne nous reconnaissait plus vraiment et elle ne voyait pas pourquoi on lui imposait tout à coup un test de loyauté (électoral) alors qu’on aurait pu continuer à sortir ensemble un bout de temps (en minoritaire) sans brusquer les choses.

Bon. Elle nous a quitté. Elle: quelques centaines de milliers de nos blondes. Mais pour l’essentiel, elle ne nous a pas quittés pour un autre chum (PLQ ou QS). Elle est retournée chez elle, ou chez sa mère (abstention massive).

La (trop) froide passation des pouvoirs

Ce matin, les nouveaux ministres québécois entrent dans leurs bureaux. Les hauts fonctionnaires les accueillent, tous sourires (n’étant pas certain de leur sort prochain), armés de grands cahiers d’information.

Les ministres ne verront pas trace de leurs prédécesseurs, qui ont quitté les lieux avec leur personnel et leurs effets personnels il y a quelques jours. Il y a une froideur dans cette transition qui n’a pas lieu d’être.

On a vu, la semaine dernière, Philippe Couillard reçue par Pauline Marois pour la passation des pouvoirs. Pas de chaleur dans le contact mais, au moins, une rencontre, un décorum, une politesse. Un entretien, ensuite, scripté certes par les adjoints, mais où le dialogue est possible, des messages peuvent être envoyés, sinon entendus.

Il y a surtout le symbole de la continuité du pouvoir et du respect des individus.

Transfuges: une modeste proposition

chaiseIl y a beaucoup de circulation, ces jours-ci, dans les corridors qui séparent généralement les caucus des partis. Une néo démocrate chez les libéraux, des péquistes chez les caquistes, des indépendants, un nouveau parti d’un membre…

Plusieurs propositions sont avancées pour interdire ce genre de changement de cap qui bafouent la volonté populaire, en obligeant par exemple la tenue d’élections partielles. Je les trouve excessives.

Notre système parlementaire a plutôt profité de la constitution de nouveaux partis provenant de députés démissionnaires pour qu’on ferme complètement cette porte.

Mais il est vrai que la facilité avec laquelle on peut passer d’un parti à un autre est trop grande. Cette légèreté laisse entendre que le choix des électeurs d’une bannière politique ne pèse rien. Il faudrait à mon avis lester la décision de quitter un caucus d’un risque réel.