Liberticide

Le gouvernement Charest est entré dans l’histoire. Par la pire porte possible.

Le projet de loi spéciale déposé ce jeudi est proprement liberticide.

Voyons l’article 29 :

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Voilà où nous en sommes. Même une omission est désormais passible d’amende.

Cette loi, inédite, interdit aux associations étudiantes qui, légitimement, votent une grève, d’agir de quelque façon que ce soit pour faire appliquer leurs décisions majoritaires.

Cette loi interdit à un professeur de juger qu’il n’est pas en situation suffisamment sereine pour donner son cours.

Cette loi interdit à une direction d’établissement de juger que la situation n’est pas suffisamment sereine pour permettre les cours.

Dans tous les cas, les étudiants, professeurs, directeurs d’établissements qui n’obtempèrent pas feront face à des amendes, individuelles et collectives, considérables.

Une loi assez spéciale, merci !

D’abord, mais peut-être pas surtout, il y a ce qu’on ne sait toujours pas: l’appareil répressif supplémentaire que le gouvernement Charest veut mettre en œuvre dans le projet de loi qu’il déposera sous peu. Le premier ministre en a préfiguré l’importance en insistant sur la fermeté avec laquelle il compte faire « respecter le droit à l’éducation ».

Ensuite, le gouvernement annonce la fin de toute tentative de négociation avec les représentants étudiants et rejette la demande de médiation réitérée ce mercredi par le Barreau. Il confirme l’étalement sur sept ans de la hausse et la bonification déjà annoncée des bourses et des prêts.

URGENCE: Avant l’irréparable

Les déclarations entendues ce matin à Québec semblent conduire le gouvernement à commettre dans les heures qui viennent l’irréparable: une loi spéciale répressive.

La nouvelle ministre Courchesne affirme avoir constaté un « raffermissement » de la position étudiante hier, alors qu’il est au contraire clair que le gouvernement a retiré son offre de la semaine précédente de Conseil des universités, clé de l’entente selon la FEUQ et la FECQ, qui avaient d’autres propositions de sortie de crise à mettre sur la table. De plus, toutes les associations, y compris la CLASSE, étaient prêtes à accepter un moratoire suivie d’une délibération quelconque. C’est un compromis majeur par rapport à leur revendication d’annulation de la hausse.

Mais les dés sont jetés, les mononcles (et matantes) semblent avoir pris le dessus et s’apprêtent à envoyer davantage de matraques, davantage de gaz irritant, davantage de policiers à cheval, davantage d’arrestations contre cette partie de la cohorte étudiante en grève depuis maintenant 14 semaines et qui, c’est certain, refusera de céder.

Libérez un blogueur !

amnistie-blogueVous avez peut-être vu, depuis lundi matin, ce petit rectangle jaune sur la page de ce blogue.

En le cliquant, vous vous rendez sur la page d’Amnistie Internationale. Spécifiquement sur le cas du blogueur Mailkel Nabil Sanad. L’Égyptien de 26 ans a été condamné en avril à trois ans de prison pour avoir mis en cause la neutralité des militaires dans les manifestations anti-Moubarak.

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