Cher Journal: Ma mère me l’avait dit !

Cher journal,

Pendant quelques années, quand on me demandait pourquoi je ne me présentais pas en politique, je répondais: « Ma mère ne veut pas ». Et c’était vrai. Et elle avait un argument massue: « tu vas te faire critiquer, tu ne le supporteras pas ».

Bado ne m’a pas manqué ! Ouch !

Je savais que j’allais me faire critiquer. C’est pour ainsi dire une condition d’embauche, en politique, comme pour tous ceux qui occupent une fonction publique, culturelle, économique ou autre. Je l’ai déjà dit: ceux qui ne veulent pas se faire critiquer publiquement devraient se limiter à rénover leurs sous-sols.

Allais-je le supporter ? J’avais de l’entraînement. Jacques Parizeau avait critiqué mon « idéalisme charmant » lors de la sortie de Dans l’oeil de l’aigle, en 1990 (parce que je dénonçais les écoutes électroniques américaines sur René Lévesque, une pratique que Parizeau jugeait inévitable). Robert Bourassa avait publiquement affirmé que les documents confidentiels que j’avais publiés pendant la campagne référendaire de 1992 étaient « des faux » (un mensonge éhonté).