Cher journal: Au sujet des cravates

Cher journal,

Ce fut une journée assez occupée encore, en ce 7e jour de ma vie de ministre.

C'est moi, tout au bout, avec la cravate bleue !

C’est moi, tout au bout, avec la cravate bleue ! (L’utilisation d’une loupe est peut-être indiquée.)

Les auditeurs du 98,5, de TVA, de Radio-Canada, de CBC et de quelques autres savent que je me suis fait le porte-parole de mes collègues Agnès, Sylvain, Stéphane et Bertrand pour annoncer aux maires qu’ils auraient davantage de marge de manœuvre pour ne pas avoir à signer des contrats avec des mafieux, en attendant l’adoption d’une nouvelle loi, que l’on souhaite avant Noël, pour assainir une fois pour toutes l’attribution des contrats.

Je suis allé dire ça à la vingtaine de maires de la Communauté métropolitaine de Montréal, réunis en CA ce matin à 10 heures. J’ai appris, à la sortie, que j’étais le premier des ministres à s’être adressé à cette instance, c’est-à-dire à aller voir les maires chez eux, dans leur enceinte. C’est bizarre cette habitude que j’ai prise de créer des précédents sans m’en rendre compte.

Tout est de la faute de la mairesse de Longueuil, je dois le dire, Caroline Saint-Hilaire, que j’ai rencontrée lundi. Elle m’a demandé si je voulais y être. Moi qui suis pressé de connaître tous joueurs importants et d’envoyer des signaux clairs de détermination et de volonté de coopération, ai bien sûr sauté sur l’occasion. Informé, Gérald Tremblay m’a invité, et est advenu ce qui advint.

Un guide culinaire

Ce que les auditeurs ne savent pas, cependant, et ce que je te confie à toi seul, cher journal, est que j’ai pu commencer à comparer la qualité des aliments dans les médias québécois.

En effet, j’ai lunché à la cafétéria de TVA, juste après avoir répondu aux questions de Pierre Bruneau et avant celles de Benoît Dutrizac. Puis j’ai soupé à la cafétéria de Radio-Canada, entre les questions de Philippe Schnobb et celles d’Anne-Marie Dussault. Je prends des notes pour un éventuel guide culinaire des cafétérias médiatiques du Québec.

C’est super ces émissions d’affaires publiques. Je tentais de coincer dans mon horaire une rencontre de prise de contact avec Louise Harel et une autre avec Richard Bergeron, les deux chefs d’opposition de Montréal. Grâce à 24 heures en 60 minutes j’ai pu m’entretenir 15 minutes avec chacun d’entre eux — en attendant nos tours à l’antenne — ce qui me décoince pour l’instant. Merci Anne-Marie! (C’est fou tout ce qu’on apprend, et peut dire, en deux fois 15 minutes!)

L’autre grande nouvelle du jour, dont personne n’a à parler, cher journal, est que j’ai rencontré le Commissaire économique du New Hampshire, George Bald. Sa mère est une Sansouci de Sherbrooke et il se débrouille assez bien en français. Quoiqu’il en soit, il m’a donné une cravate. (Voir ci-contre.)

J’étais content car je manque de cravates ! Mais la sienne est joliment agrémentée de cartes du New Hampshire, ce qui requerrait moult explications si je décidais de la porter à Kinshasa ou à Matignon.

J’ai donc décidé, cher journal, que je commençais aujourd’hui ma collection de cravates d’États américains.

Il ne m’en manque plus que 49 !

J’ai aussi eu une vidéo-conférence avec les 28 chefs de poste du réseau du MRI. Incroyable prouesse technologique. J’étais à Montréal, mon sous-ministre à Québec, une quinzaine au bout de leurs caméras de Rio à Moscou en passant par Tokyo, d’autres encore au téléphone. Aucun bris technique !

Plus tard, une excellente session d’information sur nos programmes de Commerce extérieur, entre autres choses, mais je ne veux pas être trop long aujourd’hui, cher journal, car je veux écouter mes épisodes enregistrés du Daily Show et du Colbert Report avant de me coucher.

Quoi ? Il faut bien que je suive aux meilleures sources les rebondissements de la campagne électorale américaine, non ? C’est notre principal partenaire après tout.

À la prochaine, donc, cher journal

Ton ministre

PS. Ah oui, j’oubliais. Aujourd’hui, les deux partis d’opposition, la CAQ et le PLQ, se sont engagés à ne pas voter pour la réduction de fardeau fiscal que l’on propose pour 5 millions de Québécois de la classe moyenne. Il y a vraiment un Dieu pour le PQ !



18 réflexions au sujet de « Cher journal: Au sujet des cravates »

  1. Ah ! Quel vent de fraîcheur cette transparence de la part d’un ministre. Avec toutes ces décisions et cette ouverture dans le discours – en seulement 1 semaine de gouvernement péquiste, j’ai l’impression de rêver.

  2. Nous sommes à l’affût d’une conscience politique qui saura « mettre la table » avec adresse. C’est ce que vous semblez faire pour l’instant…mais encore faudra-t-il du temps. Nous vous suivons à la piste!

    • Très rafraichissant vous lire dans tout ce tourbillon! Quant à moi, au sujet du refus du PLQ et de la CAQ d’accepter de refiler le
      200$ en santé aux mieux nantis via la rétro, je ne changerais pas la situation…et je ferais porter l’odieux sur vos adversaires lors de la prochaine élection….qui peut venir très vite!

  3. Bravo! d’un ancien diplomate du MRI.
    Voici qui devrait réconforter vos collègues Marceau et Ouellet.
    Si le Canada est le deuxième paradis fiscal mondial, le Québec en fait toujours partie.
    Étude de KPMG sur le fardeau fiscal par pays
    (sept. 2012)
    Tableaux détaillés des taux.
    IRS = impôt sur le revenu des sociétés,
    AIS = autres impôts des sociétés,
    CMPL = coûts de main-d’œuvre prévus par la loi,
    TEIT : taux effectif d’imposition total,
    IFFG = indice de fardeau fiscal global

    Classement par Pays

    10 Australie
    11 Brésil
    2 Canada
    3 Chine
    14 France
    9 Allemagne
    1 Inde
    13 Italie
    12 Japon
    4 Mexique
    7 Pays-Bas
    5 Russie
    6 Royaume-Uni
    8 États-Unis

    détail :
    http://www.kpmg.com/Ca/fr/WhatWeDo/Tax/Focus-on-Tax/Documents/Competitive-Alternatives-Focus-on-Tax-French.pdf

  4. Ah mais vous, vous l’avez saisi ce que le citoyen voulait dire par faire de la politique autrement. À vous entendre, on se dit également que nos deniers sont bien placés, et vous pouvez vous payer toutes les cravates qui vous tentent.

    Continuez à créer des précédents involontairement ! C’est comme ça qu’on vous aime.

  5. J’ai oublié, M. Lisée, et j’ajoute donc que je souhaite aussi vous voir devenir de fait le meilleur ami des « anglos », de les séduire au point de les persuader de finaliser ce pays nôtre avec nous.

  6. M. Lisée, en plus de souhaiter vous voir vous acquitter de vos responsabilités avec succès, je souhaite – presque prioritairement – vous voir contaminer vos collègues, et si possible toute la classe politique, avec votre imagination et votre humour.

    Merci d’oser cette transparence!

  7. Gardez votre candide transparence M. Lisée. Surtout ne perdez pas ce premier « État » d’esprit!

  8. Gardez votre candide transparence M. Lisée. Surtout ne perdez pas ce premier « État » d’esprit!

  9. Bonsoir M. Lisée! Il est toujours très intéressant de vous lire! Au sujet du post scriptum de cette entrée de blogue, j’ai l’impression qu’il serait important que votre gouvernement explique mieux pourquoi il tient à faire les hausses d’impôt rétroactives. Il me semble qu’il n’avait pas été question de rétroaction durant la campagne et le ministre Marceau n’a pas été des plus convaincants dans ses explications… Salutations!

  10. Merci M.Lisée je vous ai rencontré a une de mes rencontres d’employés ou vous m’aviez beaucoup impressionner au Mont-Tremblant et bien depuis que vous êtes élue et même un peut avant je vous lis régulièrement et j’ademire ce que vous faites et a la vitesse que vous le faites et tout ca en rencontrant les personnes concerné, vous pouvez quand a moi continuer ces beaux précédents

  11. Quant à votre recherche culinaire, je veux vous rappeler que, dans les années ’70,
    Radio-Canada offrait au sous-sol de l’ex-Hôtel Ford, où logeait la vénérable Société Radio-Canada, sur l’ex-rue Dorchester ouest,
    une « binerie » desservie par de charmantes dames à chignons, qu’on surnommait « Les Chéries », et qui vous concoctaient en un tour de main un succulent sandwich en vous disant chaque fois: « …Tre chose chéri?!?! »

  12. Merci pour ces billets! Vous faites de politique différemment, et c’est très bien ainsi. Avec vous au Conseil des ministres, le Québec est entre bonnes mains!

  13. Bravo! Bonne initiative. J’ai toujours cru qu’il fallait les tenir par la cravate…

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