Pourquoi je suis très préoccupé par les déclarations du ministre Fantino

Voici le texte du communiqué que j’ai émis ce vendredi:

Montréal, le 11 janv. 2013 – Le ministre québécois des Relations internationales, M. Jean-François Lisée, s’est dit ce matin « très préoccupé » par les déclarations du ministre canadien de la Coopération internationale, M. Julian Fantino, au sujet du gel des programmes d’aide canadiens en Haïti. « Les Québécois et leur gouvernement ont fait du soutien au peuple haïtien la priorité de notre action d’aide internationale. Jusqu’ici, le gouvernement canadien a été un partenaire important de l’aide internationale et il serait tragique que cet engagement soit mis en péril par des sautes d’humeur idéologiques », a indiqué M. Lisée.

« Compte tenu de son importante implication en matière de solidarité internationale, surtout en Haïti, le Québec devrait être consulté avant de penser procéder au gel des programmes de l’ACDI. Malheureusement, les Québécois se retrouvent encore une fois face à une action unilatérale du gouvernement Harper qui pourrait avoir de lourdes conséquences », a pour sa part déploré le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, M. Alexandre Cloutier.

Le Québec a financé depuis 15 ans 139 projets en Haïti, dont plusieurs recevaient un financement complémentaire de l’ACDI.  En 2011, le MRI a réalisé un rapport d’évaluation sur la pertinence, l’efficacité et l’impact de ses actions en Haïti pour la période 2004 à 2011. Ce dernier a démontré que les projets financés ont produit des résultats positifs. La grande majorité des projets favorise, à des degrés divers, la réponse aux besoins de base définis par la population et le partenaire local, l’équité des genres, la formation des ressources humaines et le renforcement organisationnel des partenaires.   « L’aide apportée par les organismes financés par le Québec en Haïti ont prouvé leur efficacité et leur pérennité, a dit M. Lisée. Nous en sommes très fiers et nous comptons prolonger cette action. Ces résultats sont largement attribuables au travail remarquable effectué sur le terrain par les organismes de coopération internationale québécois, dont près de la moitié sont actifs en Haïti. Cependant, plusieurs projets sont cofinancés par l’ACDI. Un retrait ou un trop long report de l’aide canadienne handicaperait la portée de notre action. »

M. Lisée a écrit au ministre Fantino pour exprimer son inquiétude et demander une rencontre rapide entre hauts fonctionnaires pour s’assurer que les nouvelles orientations en cours d’élaboration par l’ACDI ne nuisent pas aux actions engagées par le Québec.

« J’ai indiqué au Ministre Fantino que je souhaite que la réévaluation en cours pour l’aide canadienne à Haïti ne se solde pas par un désengagement canadien et conduise rapidement à une reprise de l’aide.»

Près de la moitié des organismes de coopération internationale (OCI) québécois mènent des activités en Haïti. Dans l’éventualité où l’ACDI tarderait à mettre en place un cadre renouvelé permettant de financer de nouveaux projets d’OCI en Haïti, cela aura un impact sur la capacité des organismes québécois à développer de nouveaux projets.

Note d’information

  • Résumé des conclusions du  ‘Rapport d’évaluation sur la pertinence, l’efficacité et l’impact des actions soutenues par le PQDI en Haïti depuis 2004′   Quant à l’efficacité et l’impact des actions réalisées en Haïti
  • Les actions soutenues en Haïti par le PQDI sont efficaces. Notons à cet effet le taux élevé des résultats obtenus (83 %) au terme des projets qui demeurent en vigueur aujourd’hui, la grande majorité des infrastructures construites qui sont toujours fonctionnelles et les partenariats à long terme développés.
  • Les activités de formation présentes dans quasi tous les projets financés, de même que celles liées au renforcement organisationnel des partenaires haïtiens, contribuent particulièrement à la pérennité des initiatives réalisées.
  • Avec le quart des projets financés relevant du secteur de l’agriculture et plus de 32 % du financement total octroyé, on peut estimer que le PQDI a permis un renforcement significatif des compétences des paysans et paysannes, favorisant une production accrue et ainsi, un certain effet sur l’amélioration des conditions de vie des populations visées par ces projets.

On peut entendre une entrevue que j’ai donnée hier à ce sujet à Michel C. Auger de Radio-Canada.

8 réflexions au sujet de « Pourquoi je suis très préoccupé par les déclarations du ministre Fantino »

  1. J’aime bien ce commentaire de « Pierre Paul » suite à un article de « Normand Lester » concernant les Amérindiens:  » Il y a un parallèle intéressant à faire entre nos réserves autochtones et Haïti et beaucoup d’autres pays du Tiers-Monde. Même pauvreté des populations due à la corruption et à l’incompétence de leurs dirigeants. Et même hésitation des gouvernements qui leur viennent en aide et qui craignent de froisser les peuples en cause. Cette attitude ne fait que favoriser et renforcer les corrompus au pouvoir. Il faudra bien un jour briser ce cercle vicieux: nous payons et nous allons suivre à la trace chaque dollar que vous dépensez. Et ce n’est pas négociable. » J’ajouterai que la dilapidation des fonds publics chez les blancs du Québec, ça vous dit aussi quelque chose…?

  2. Relativement à ce sjet, je pense que le gouvernement du Québec devrait agit unélatéralement. Nous devrions prendre l’intiative d’envoyer de l’équipement, entre autres des pelles mécaniques qui ne servent pas l’hiver, pour installer un peu d’infrastructures d’égouts et d’acqueduc. En ces périodes de questionnement face à nos entreprises et à leur intégrité, certainement que certains se montreraient intéresser à participer, via un programme de don ou de fondation, à ce type de programmes pour redorer leur image.

    Les besoins sont criants et il faut agir. Prenons l’initiative et logiquement le fédéral devrait embarquer. M.Martin de la Canadian Steamship Line pourrait fournir le bâteau et ainsi redorer son image. Faite vérifier et vous pourriez être surpris de l’intérêt que ce projet pourrait avoir. Aidons pour vrai ce peuple qui mérite un destin certainement plus rose que celui qu’il a reçu à ce jour.

  3. Bonjour M. Lisée,
    Souvent j’ai exprimé que vous étiez parmis les plus talentueux au Québec par votre savoir, savoir être et savoir faire. Je le pense toujours.
    Mais voilà que ce matin alors que j’attendais votre premier communiqué de l’année 2013, vous nous parlez ce ce dossier concernant Haiti.
    Vous êtes comme beaucoup de Québécois bien au fait de la gourvernance de M. Harper. Que ce soit le dossier sur l’aide à Haiti ou tous les autres dossiers je pense que l’année va être bien longue si vous ne faites que dénoncer sans bouger. Aujoud’hui les Québécois sont prêts comme dirait l’autre pour que le gouvernement pose des gestes concrets.
    Je crois que de septembre à décembre les gens comprenaient que vous deviez vous installer dans vos fonctions respectives donc un délai pour se faire.
    Maintenant ce délai est passé et votre communiqué me dit que ça commence mal.
    Je pense qu’il y a assez d’information qui circule partout pour croire qu’il est nécessaire d’avancer, de se commettre en tant que peuple.
    D’abord reprendre le controle de téléQuebec pour nous donner une voix, celle qu’on nous a enlever partout dans nos institutions en mettant à la barre des gens qui sont pour un Canada uni. Votre dossier de ce matin pourrait y être débattu et le Québec en entier pourrait comprendre ou nous en sommes. À mon sens c’est l’une des premières choses qui devrait être faites. La télévision peut rejoindre tout le monde voilà pourquoi cela est si important.
    Pour les rencontres à venir avec le fédéral, vous perdez votre temps mais vous savez comment faire les choses. Ceci dit le parti québécois n’a pas beaucoup de temps pour se permettre de tourner en rond.
    En passant à Noel j’ai reçu deux de vos livres et j’en fais la lecture en même temps.Intéressant et stimulant.
    Bonne annnée M. Lisée et ne nous decevez pas vous et vos collègues.

    • Bonjour,
      Bonne idee!
      Et meme on pourrait sortir une premiere serie tv qui se vendrait beaucoup pour financer des projets, du made in Quebec, tous les debats televises de la Commission Charbonneau, plusieurs saisons en vue!

      Gardons les revenus des pubs pour les quebecois, au lieu des les envoyes ailleurs…

    • On ne profite pas suffisamment de ce genre de situation pour démontrer aux québécois l’importance d’être « maître chez soi » au lieu de laisser Ottawa parler en notre nom…. Vite, un PAYS.

  4. Fantino a changé d’idée sur la politique canadienne à l’égard d’Haïti parce qu’il a vu des déchets partout dans ce pays.

    Pauvre type! Il est pas sorti souvent. Partout dans le tiers monde, on voit des déchets partout. Cela ne veut pas dire que les gens de ces pays n’ont pas une bonne qualité de vie.

    • Non mais plusieurs citoyens des classes aisées et riches des pays dit du tiers monde sont les premiers à faire preuve de mauvaise foi quant au traitement des déchets. Saviez-vous qu’il existaient des Haïtiens aisés et plusieurs carrément riches à craquer? Saviez-vous que non seulement les gens du peuple mais aussi (surtout?) ces gens aisés bénéficie de l’aide étrangère. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils la détourne, enfin, pas systématiquement. Là où je veux en venir, ces que des élites du tiers-monde comme on en voit en Haïti sont les premiers à déchirer leurs chemises dans dans campagne promotionnelles de lutte à la mauvaise gestion des déchets. Vous m’avez bien lu, là-bas, on combat la pollution avec de la propagande. Les mêmes familles aisées n’iront jamais jusqu’à proposer d’instaurer de simples services de ramassages ou de systématiser l’installation de récipients adéquats devant les commerces de proximité et dans les transports en commun. Il faut y avoir mis les pieds pour avoir une idée de l’ampleur du problème. C’est si choquant que c’en est presque au point de supporter la thèse des punitions divines proposées par les illuminés de pasteurs chrétiens. Honnêtement, je me sens solidaire des élites et du peuple haïtiens et je suis pour le fait que mon gouvernement appuie le développement là-bas. En même temps, je suis tout à fait pour l’idée que notre influence sur les élites haïtiennes serve à faire pression pour une gestion des déchets. Si nous sommes honnête dans nos objectifs d’aider Haïti à se développer, nous devons obligatoirement passer par là.

    • Non mais plusieurs citoyens des classes aisées et riches des pays dit du tiers monde sont les premiers à faire preuve de mauvaise foi quant au traitement des déchets. Saviez-vous qu’il existait des Haïtiens aisés et plusieurs carrément riches à craquer? Saviez-vous que non seulement les gens du peuple mais aussi (surtout?) ces gens aisés bénéficient de l’aide étrangère. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils la détournent, enfin, pas systématiquement. Là où je veux en venir, ces que des élites du tiers-monde comme on en voit en Haïti sont les premiers à déchirer leur chemise dans des campagnes promotionnelles de lutte à la mauvaise gestion des déchets. Là-bas, on combat la pollution avec de la propagande. Les mêmes familles aisées n’iront jamais jusqu’à proposer d’instaurer de simples services de ramassage ou de systématiser l’installation de récipients adéquats devant les commerces de proximité et dans les transports en commun. Il faut y avoir mis les pieds pour avoir une idée de l’ampleur du problème. C’est si choquant que c’en est presque au point de supporter la thèse des punitions divines proposées par certains illuminés. Je me sens solidaire des élites et du peuple haïtiens et je supporte mon gouvernement pour qu’il appuie le développement là-bas. En même temps, je voudrais que notre influence sur les élites haïtiennes serve à faire pression pour une gestion des déchets. Si nous sommes honnêtes dans nos objectifs d’aider Haïti à se développer, nous devons obligatoirement passer par là.

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