Immigrants: Pour un Québec nettement plus accueillant !

Grâce aux actions prises par le Parti québécois depuis 18 mois, le taux de chômage des immigrants au Québec a été réduit d’un tiers. Une très bonne nouvelle. (Pour les détails, voir ici.)

Mais nous devons aller encore plus loin. Nous avons beaucoup discuté, cette dernière année, des règles du vivre-ensemble, avec la Charte. Il faut aussi s’assurer de la réussite du vivre-ensemble, et nous nous y attachons avec vigueur.

Pauline Marois, Diane deCourcy et plusieurs candidates et candidats ont annoncé ce mercredi un bouquet de mesures sans précédent allant en ce sens:

La reconnaissance des compétences. C’est l’embûche le plus souvent cité par les nouveaux arrivants, diplômés et professionnels, avec raison. Nous allons:

1. Réduire à 35 jours ouvrables, dès cette année, le délai de délivrance d’une évaluation comparative des diplômes, un document souvent essentiel pour l’obtention d’un emploi. A notre arrivée, le délai était de plus d’un an. D’ici la fin du mandat, nous serons à même de délivrer cette évaluation encore plus rapidement. Nous allons même offrir un service en ligne qui permettra aux candidats d’obtenir une évaluation préliminaire;

2. Négocier avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie des ententes de reconnaissance réciproque des compétences professionnelles. C’est ce que nous avons fait avec la France, ces dernières années, avec 72 ententes. Nous allons maintenant concentrer nos efforts sur la principale source d’immigration diplômée au Québec, le Maghreb. Ces accords, lorsqu’ils se concluent, s’appliquent non seulement aux futurs immigrants, mais aux ressortissants professionnels déjà présents au Québec et qui en bénéficient.

Cela a été par exemple le cas pour des centaines d’infirmières françaises dont le statut a été reconnu et le salaire rehaussé grâce à une entente. Les futures ententes avec le Maghreb pourront s’appliquer aux professionnels concernés déjà établis ici.

3. Offrir une aide financière remboursable pour les immigrants en formation ou en stage. Il est fréquent, pour des diplômés ou des professionnels, que la reconnaissance complète des compétences nécessite des cours supplémentaires, un stage, une formation. Nous allons mettre sur pied un système de micro-crédit qui permettra à ces personnes de disposer des sommes nécessaires à financer ces périodes de mises à niveau. Une fois en emploi, elles rembourseront la somme, à des taux d’intérêts très bas, et passeront ainsi au suivant.

La réussite de l’immigration se prépare en aval, au moment du choix d’immigrer:

4. Adopter une nouvelle loi sur l’immigration, pour la réussite de tous. Nous allons déposer à nouveau le Projet de loi sur l’immigration au Québec, de février dernier, pour mieux préparer les personnes immigrantes avant leur arrivée au Québec.

– Sélectionnées en fonction de leur scolarité, de leur domaine de formation et de leur maîtrise du français, les candidats à l’immigration ont besoin de temps pour s’adapter au marché du travail québécois, se faire connaître et trouver un emploi à la hauteur de leurs aspirations et de leurs compétences. Un gouvernement du Parti Québécois s’engage donc à raccourcir ce délai, en permettant aux personnes immigrantes de débuter leurs démarches dès leur sélection par le Québec, qui précède généralement de 12 à 18 mois leur arrivée ici.

– Concrètement, nous faciliterons cette préparation en augmentant annuellement de 10 % le nombre d’utilisateurs de la Francisation en ligne et de 20 % ceux du Service d’intégration en ligne.

5. Inciter les immigrants à s’établir partout au Québec. À l’heure actuelle, seulement 20 % des nouveaux arrivants s’installent en dehors de Montréal. Nous mettrons en place des mesures pour augmenter ce taux à au moins 25 % d’ici 2020.

6. Adopter une politique de lutte contre le racisme et la discrimination. Il faut faire davantage pour faire reculer les préjugés et la discrimination. Un gouvernement du Parti québécois élaborera une politique de lutte contre le racisme et développera une campagne, destinée au public et plus particulièrement aux employeurs et responsables du personnel, pour assurer une encore plus grande réussite de l’immigration québécoise. Nous allons déployer un effort particulier contre les crimes dits d’honneur et mettre sur pied l’observatoire de l’intégrisme proposé par Mme Fatima Houda-Pépin.

Bref, le Parti québécois juge qu’on peut à la fois être clair sur les règles de notre vie commune et mettre tout en oeuvre pour que cette vie commune soit un succès pour tous.



6 réflexions au sujet de « Immigrants: Pour un Québec nettement plus accueillant ! »

  1. Une campagne de publicité du gouvernement Charest sur l’immigration, centrée sur le slogan “L’avenir du Québec ne peut s’écrire sans l’immigration”, était carrément insultante pour la majorité des Québécois. Pourquoi ne serions-nous pas capables comme peuple de survivre et de nous développer par nous-mêmes ? Pourquoi devrions-nous nécessairement compter sur les autres ? Pourquoi n’aurions-nous pas d’avenir en nous-mêmes ?

    Ce qui fait la richesse d’un pays, c’est le produit intérieur brut PIB par habitant, pas le nombre de personnes dans ce pays. Il n’y a aucune corrélation entre le niveau de vie et l’ampleur de la population. On n’a qu’à penser aux pays scandinaves riches et et de faible population, et aux pays africains pauvres et avec beaucoup de population.
    Voici un petit tableau :
    PAYS, POPULATION, PIB/Hab
    Inde :1,1 milliard Hab, 3 344$/Hab
 
Nigeria : 131 millions Hab, 1 188$/Hab
 
Pérou : 27 millions Hab, 5 983$/Hab

 
Danemark : 5,4 millions Hab, 34 737$/Hab

 
Finlande : 5,2 millions Hab, 31 208$/Hab

 
Islande : 295 mille Hab, 35 586$/Hab
 
Irlande : 4.1 millions Hab, 40 160$/Hab

 
Luxembourg : 465 mille Hab, 69 800$/Hab

 
Norvège : 4,6 millions Hab, 42 364$/Hab

    Ajoutons la Suède, la Suisse, etc, tous des pays avec relativement peu de population et un niveau de vie supérieur.

    Il y a actuellement au Québec un mantra (qui commence cependant à être démasqué) à l’effet que le Québec a absolument besoin de plus d’immigrants. Aucunement prouvé. Si au moins nous réussissions à intégrer tous ou presque tous les immigrants au Québec francophone, ce pourrait à la limite être acceptable d’accueillir plus d’immigrants, mais plus de la moitié de ceux-ci ne s’intègrent pas à la majorité francophone, alors on se tire dans le pied en augmentant inconsidérément le nombre d’immigrants.

    On prend exemple que dans une région on manque de tel type de travailleurs (parce qu’on ne les paye pas assez ou qu’on n’a pas préparé la relève) pour dire qu’il faut aller chercher des travailleurs dans d’autres pays. Pourquoi ne pas former ici nos gens en conséquence, les médecins et les infirmières par exemple, ou les techniciens qu’on désire ?

    De plus, l’immigration incontrôlée de personnes sans grandes compétences ne résulte qu’en une diminution des salaires des faibles salariés, comme il a été amplement observé et démontré aux États-Unis. Et cette diminution se répercute aussi à la baisse sur l’ensemble des salaires. On sait alors pourquoi les entreprises y sont favorables.

  2. M.Lisée, je me demande ce que dira les responsables du vote, j’ai l’intention ferme
    de porter une inscription visible disant non à la corruption quand j’irai voter.
    Aussi, je pourrais inscrire un gros numéro 11, et soyez assuré que je ne me presserai pas pour entrer dans le bureau de votation, quitte à reculer plusieurs fois dans la file de votants.

  3. Je suis entièrement en faveur de la Charte et la lutte contre l’intégrisme islamique. Mais je crois qu’il faut «éduquer» les québécois et les québécoises en adoptant une politique de lutte contre le racisme et la discrimination. Il faut faire davantage pour faire reculer les préjugés et la discrimination surtout envers les nouveaux arrivants qui font preuve de l’intégration. Je trouve que c’est dommage que ni moi ni la société québécoise bénéficie de mes diplômes et de mon expérience comme médecin dans mon pays d’origine –la Syrie- et pour lesquels l’ambassade canadienne m’avait accepté comme immigrant. J’ai regretté d’être citoyen canadien quand j’ai constaté que des médecins qui viennent de l’Arabie Saoudite, de le Kuwait et de la Jordanie ont le droit de faire leurs formation comme médecins spécialiste et qui vont retourner pratiquer chez eux pendant que moi je ne trouve pas cette possibilité. Merci pour votre bon travail, M. Lizée.

    • Bonjour monsieur Kaoumi,
      Un peu d’histoire vous permettra certainement de mieux comprendre les réactions viscérales, parfois incompréhensibles, d’un certain nombre de québécois à l’égard des immigrés.
      Dans l’histoire du QC, l’immigration a été systématiquement utilisée pour les soumettre ou faire reculer leur situation linguistique et financière qu’ils avaient réussi à obtenir à force de luttes pacifiques.
      Tout d’abord, la Couronne d’Angleterre, à la demande de la communauté anglaise dirigeante au 19 siècle, nous a envoyé de plein bateaux d’Irlandais que nous aimions bien et que nous avons accueillis avec empathie compte tenu des épidémies qu’ils fuyaient mais qui, largement, nous en ont voulu parce qu’ils ont du apprendre le français dans les écoles catholiques où ils étaient intégrés alors que leur rôle anticipé était de nous anglicisé à travers le partage d’une religion commune. Ils ont donc été écartés des activités économiques de la classe dirigeante dont ils partageaient la langue maternelle. Cette infériorisation les a rendus amers pendant plusieurs générations.
      Il me semble que la situation se soit corrigée pour les jeunes générations, mais ils portent toujours la peine de leurs ancêtres.
      Après la guerre de 39-45, beaucoup d’immigrants venant du sud de l’Europe, Italie, Espagne, Portugal, ont été intégrés au milieu de la construction à des salaires de misère, en remplacement de nos propres artisans qualifiés et expérimentés, ayant acquis leur statut à coup de sacrifices pendant la crise alors qu’ils n’ont jamais fléchi devant la charge d’assurer la construction de nos écoles (celles que nos firmes d’ingénieurs veulent maintenant démolir pour justifier de nouvelles constructions inutiles) et nos hôpitaux tout autant que nos églises qui servaient alors de lieu de rassemblement, en quelque sorte, nos centres communautaires.
      À un tel point, que maintenant l’expertise en construction est plutôt associée aux Italiens. Ils le méritent, ils travaillent très bien, mais le grand dépouillement et la grande dépendance dans laquelle ils sont arrivés chez nous, exploités par les milieux économiques de l’époque, en a fait non pas des alliés des artisans québécois mais des compétiteurs au profit des exploitants.
      À la naissance du ministère de l’Éducation, au début des années ’60, nous avons sollicité l’immigration de professionnels de tous horizons pour occuper les postes de professeurs, particulièrement en région, dans les polyvalentes et les CEGEP.
      Ils étaient avocats, pharmaciens, chimistes, administrateurs publiques, etc.
      Dans l’ensemble de la communauté francophone, l’éducation supérieure passe par le bac. Les enfants entrant à l’école plus tôt que chez nous puisque leurs systèmes scolaires bénéficiaient déjà de maternelles, le bac comptait 14 ans de scolarité. Le nôtre en comptait 15.
      Les échelles salariales étaient établies en fonction du diplôme. Un bac était un bac et valait tant de salaire et bénéfices. Un fonctionnaire brillant a proposé que l’échelle salariale soit plutôt établie en fonction du nombre d’années de scolarité. Évidemment, l’échelle a été établie en fonction du plus bas dénominateur commun, soit les 14 ans du bac étranger et nous nous sommes tous retrouvés avec une coupure salariale de 10% par année. C’est une réduction qui vous suit tout votre vie professionnelle et se répercute sur le niveau de votre pension.
      Dans les années ’70, au moment de l’expansion de notre système de santé, beaucoup de médecins sont arrivés par l’immigration. Ils provenaient principalement des pays en émergence ou même de pays en voie de développement. Les conditions qu’ils avaient connus n’avaient aucune mesure avec celles qui prévalaient dans nos institutions, dont les standards avaient été implantés par les soins de nos communautés religieuses qui avaient procédé à la construction et la gestion rigoureuse de nos infrastructures pendant plus de deux siècles.
      Encore là, ils ont servi de levier pour la négociation à la baisse des demandes de nos administrateurs hospitaliers qui cherchaient à continuer à assurer le haut niveau des standards de nos institutions de santé. Pour les nouveaux arrivants, tout ce qui était mieux que ce qu’ils avaient connu répondait à leurs aspirations, de façon tout à fait compréhensible. Pas pour les nôtres. Il s’en est suivi des guerres de pouvoir très couteuses entre les corporations professionnelles et les gouvernements au détriment des soins et de la population tout autant que de l’intégration des immigrants dans les secteurs de la santé.
      Aujourd’hui, il semble que tout le monde veule la même chose en santé, mais ce qui est à réparer représente des investissements dont on ne voit plus la fin. Chez les professionnels de la santé, la déception, les insatisfactions accumulées, les frustrations professionnelles et personnelles rendent le milieu sinistre, frôlant le désengagement dans beaucoup de situation. Même le pouvoir et l’argent n’arrivent pas à les motiver.
      Les immigrants nous ont traditionnellement été sympathiques pour ce qu’ils apportent de nouveau et d’enrichissant à notre réalité mais il faut bien comprendre que nous n’acceptons plus que le pouvoir se serve de leur dépendance et leur précarité pour nous imposer les conditions qu’ils ont fuies, comme le dénominateur commun.
      On est maintenant assez instruits et assez informés pour définir ce que nous voulons comme société et ce que nous offrons en partage comme nation à ceux qui veulent vivre avec nous. Depuis 350 ans, le « nous » a toujours été en évolution et nous n’avons pas l’intention que ça change. Mais, à la base, les caractéristiques spécifiques qui font de nous une nation sont la référence de notre vivre ensemble.
      J’ai beaucoup d’immigrés autour de moi. J’ai vécu à l’étranger pendant de nombreuses années, accueillie dans des milieux où les étrangers ne mettaient jamais les pieds. Je crois à la richesse de la diversité, comme mes ancêtres. Mais je refuse, à l’avenir, qu’on se serve de ceux qui choisissent ma société pour s’épanouir et s’affirmer financièrement et professionnellement, pour éteindre mes rêves et enterrer ma vision du monde inclusif à ma façon: partenaires d’une société meilleure mais pas levier de compétition ou de retour en arrière pour l’exploitant.

  4. Est-ce que le Ministère du Commerce Extérieur du Québec exporte aussi ses recettes pour combattre efficacement le chômage ?
    Le système de micro-crédit qui permettra à des personnes de disposer des sommes nécessaires à financer des périodes de mises à niveau me paraît particulièrement bien vu. Il n’y a plus qu’à pratiquer des méthodes de pédagogie active pour relancer en France nombre de personnes aujourd’hui sans espoir de retrouver un emploi.

  5. M Lisée, je vous lis régulièrement. Je suis aussi allé au «débat» organisé par le CDE Comme vous l’avez remarqué, les immigrants étaient absents à cette réunion, Ce qui exprime je crois, une certaine faillite de l’intégration de ces personnes. À cette rencontre, je voulais justement poser une question sur l’immigration, en particulier à Montréal… Mais le sort ne m’a pas favorisé. Petit fils d’immigrant italien, je suis évidemment sensible à tout ce monde de l’immigration.

    Je regrette que le PQ se soiit pas tellement présent dans les activités organisées par toutes les associations ethniques. Les 2 Partis libéraux y sont, très présents … (et y mettent des sous en passant ….). M Godin faisait ce travail jadis. Et je crois que vous seriez la bonne personne pour prendre la relève. Par ailleurs, je crois que vous auriez dû faire connaitre davantage les réalisations de gouvernement du PQ en matières d’immigration et la politique annoncée sur cette page, ne serait-ce que pour répondre aux accusations de xénophobie, en particulier autour de la Charte. Je suis entièrement en faveur de la Charte, mais je crois qu’il faut «éduquer» ceux qui insultent les femmes voilées sur la rue et bien faire comprendre que la laïcité vise la fonction publique et parapublique , et non pas la rue et l’entreprise privée…

    Une suggestion concernant la politique d’immigration: aider davantage les associations communautaires qui visent l’intégration des immigrants et favoriser la participation des citoyens au processus d’intégration.

    Merci pour votre bon travail, M. Lizée.
    PS J’aurais aimé que vous soyez davantage présent dans la campagne électorale, sur le plan national. ..

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