(Ironie) Comment le fléau Christianophobe a englouti le Québec

Le récit qui suit doit beaucoup à la boussole idéologique offerte ce lundi aux lecteurs du Devoir par le politologue de l’UQAM Francis Dupuis-Déri. Dans un texte qui fera date, intitulé « De l’antisémitisme à l’islamophobie: de la grève de 1934 à la loi 21 », il crée d’emblée un utile paradigme scientifique et  ouvre un nouvel univers comparatif. Appelons-le « Le postulat Dupuis-Déri de la similitude entre pommes et oranges ».

Je cite d’abord le postulat, tel qu’il l’a décrit : « L’adage suggère de ne pas comparer pommes et oranges. Voilà pourtant deux fruits, ronds, qui poussent dans des arbres et qui réduisent le mauvais cholestérol. Leur comparaison révèle donc d’importantes similarités. »

Cette avancée scientifique majeure qui, enfin, réhabilite le sophisme, lui permet de créer une équivalence entre un événement antisémite survenu au Québec dans les années 30 (le refus d’hôpitaux francophones d’embaucher un médecin juif, parce qu’il était juif) et la volonté manifestée aujourd’hui d’interdire aux employés de l’État en situation d’autorité d’afficher leurs convictions religieuses.

Ainsi outillé, permettez-moi maintenant de vous narrer l’épouvantable période de Christianophobie qui a déferlé sur le Québec depuis les années 1960. Prétendant être « laïcs » et s’inspirer des « lumières » une minorité agissante antireligieuse a infiltré des organisations politiques, comme le Parti libéral de Jean Lesage, et en a créé d’autres, comme le Parti Québécois, dans le but évident de faire reculer les droits fondamentaux des chrétiens et des chrétiennes. Jusque-là, les chrétiens avaient l’entière liberté de travailler dans les services publics en portant leurs signes et vêtements religieux. En plus, à force de dévouement et de travail, ils avaient réussi à diriger la majorité des institutions d’éducation et de santé de la nation.

Leur travail était à ce point exemplaire que dans presque chaque famille québécoise, on trouvait une jeune fille de 16 ans qui, exerçant son plein libre arbitre sans la moindre pression externe, décidait de renoncer à son indépendance pour la vie en  se joignant à une communauté religieuse.

Mais les christianophobes, agissant sans le moindre respect pour les convictions des chrétiens, les ont d’abord dépouillés de leur autorité scolaire en créant – tenez-vous bien – un ministère de l’Éducation.

Les jeunes soeurs et les jeunes curés qui souhaitaient faire carrière dans l’éducation, la santé, comme infirmière, cadre ou mère supérieure ont vu leurs rêves sacrifiés, leur talent gaspillé par un État rétrograde.

Cela a provoqué un climat de tension tel que des milliers de chrétiens membres du clergé, sœurs et curés, ont défroqué tant ils étaient ostracisés. On raconte même que certains d’entre eux se sont mariés et ont eu des enfants, mais on n’ose pas y croire complètement.

En signe de protestation contre une telle agression, les chrétiens du Québec ont déclenché une grêve illimitée de la messe et ont déserté les églises.

Devenant de plus en plus audacieux, les christianophobes ont ensuite ravi aux chrétiens le contrôle de la majorité de leurs hôpitaux. Et ce qui est bien la preuve que, contrairement à ce qu’ils prétendaient dans leurs beaux discours, ils visaient spécifiquement les chrétiens et non l’ensemble des religions,  ils ont laissé l’Hôpital général de Juif de Montréal conserver son caractère religieux distinct. (Preuve ultime, même le plus odieux des christianophobes, le ministre péquiste Bernard Drainville, exemptait le Jewish des effets de sa Charte satanique).

Le paradis multiculturel dans lequel nous vivons maintenant ne nous permet pas de même imaginer la hargne avec laquelle les christianophobes agissaient alors. Il y avait même un groupe de comiques, très justement appelés « Les Cyniques », dont l’essentiel du répertoire était destiné à blasphémer et à tourner en ridicule les chrétiens et leur clergé. Ils ne sont pas allés aussi loin que d’accuser les prêtres de pratiquer la pédophilie, mais c’est tout juste. Il y a quand même des lignes à ne pas franchir.

Comment ces Cyniques furent-ils châtiés pour avoir ainsi atteint à la réputation des croyants et de leur église ? La société d’État Radio-Canada leur a offert une émission en heure de grande écoute.

Heureusement, ce n’est pas aujourd’hui que ça arriverait.

Les christianophobes sont sournois. Chaque fois qu’ils obtenaient une victoire contre les droits fondamentaux des chrétiens dans l’État, ils franchissaient un autre pas. Après avoir les avoir expulsé des centres de décision aux ministères de la santé et de l’éducation, ils sont revenus à la charge dans les années 1990 pour « déconfessionnaliser » (c’est leur mot pour dire qu’ils suspendaient les droits des chrétiens) les commissions scolaires. Puis ils commirent encore un assaut dans les années 2000 pour mettre à la porte les professeurs de pastorale qui y étaient les derniers combattants de la foi chrétienne.

Y avait-il de la résistance ? Oui, bien sûr. Tels Françis Dupuis-Déry et Francine Pelletier  aujourd’hui, de grands Québécois se sont levés pour défendre le « droit fondamental » de porter des signes religieux lorsqu’on travaille pour l’État (mais pas des signes politiques ou sociaux ou féministes ou athées car, euh, car, ben, c’est pas aussi important que la religion, bon).

Je ne prends qu’un exemple parmi ces hérauts braves et lucides. Camil Samson, dernier chef du grand Parti Créditiste, n’hésitait pas à faire les amalgames appropriés. Il révélait notamment que les christianophobes voulaient « sortir les crucifix des écoles pour les remplacer par le sexe ».  Il n’avait pas peur, lui, de comparer des pommes et des oranges.

Merci à Francis Dupuy-Déri de reprendre son grand flambeau.


Ma nouvelle balado est en ligne


La ville de Montréal examine notre racisme systémique. Ils devraient écouter ma balado !

Cette semaine, j’examine une réelle bizarrerie:

Les Québécois veulent la laïcité mais, selon de nouvelles données très récentes, ils sont à plusieurs égards moins racistes que les Canadiens !

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(Psst: ne le dite pas aux trudeauistes !)


Écoutez des extraits des balados précédentes:

Pourquoi le Québec devrait taxer l’Alberta


Laïcité: Pourquoi le Canada va dire Non !


Pourquoi j’ai honte de Charles Taylor


Découvrez aussi mes balados Lisée202 sur l’histoire du Québec

Disponibles:

Kennedy et le Québec. Pourquoi, de tous les présidents, il connaissait le mieux le nationalisme québécois.

Aussi: Aux sources de la grande chicane politique québécoises.

et  Le problème avec nos héros.

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3 réflexions au sujet de « (Ironie) Comment le fléau Christianophobe a englouti le Québec »

  1. Ce n’est pas toi Jean-François qui a écrit cet article ? Une farce de ta part…je rêve.
    .¨Ca adonne que moi aussi je suis père de cinq enfant dont le plus vieux, François aura 60 ans en août. Jeune indépendantiste en 1958,j’ai toujours eu à me battre contre ces ¨¨pognés de travers«  avec leur religion; ce n’était pas de la politique qu’il faisait, c’était de l’anticléricalisme virulent. La question nationale n’était qu’un prétexte à leur défoulement. Je continuerai plus tard, Jean-François,je vais commencer par acheter ton livre et m’abonner à ton blog. Saluts à ton épouse et à toute ta famille.
    Cécilien Pelchat,3547 Lemieux,Lac-Mégantic.

  2. SAMEDI 4 MAI 2019 – PENSER QUELLE ÉTRANGE CHOSE – COMMENT CE MÉCANISME PARFOIS UTILE FONCTIONNE-T-IL? – APRÈS LECTURE DE L’ARTICLE ORIGINAL QUI NOUS RAPPORTE QUELQUES PENSÉES DU PASSÉ (RÉ)INTERPRÉTÉES À LA LUMIÈRE ? DU PRÉSENT- IL M’EST VENUES DE MENUES PENSÉES

    – L’AUTEUR DE CE TEXTE LITTÉRAIRE EST PROFESSEUR DE SCIENCE (?) POLITIQUE

    – LA POLITIQUE N’EST PAS UNE SCIENCE

    – NI L’ÉCONOMIE – NI L’HISTOIRE – ET IL N’Y A PAS DE SCIENCE HUMAINE

    – DÉSOLÉ

    – TOUT CECI COMME LA RELIGION FAISANT PARTIE DE LA LITTÉRATURE OU DE L’HISTOIRE LITTÉRAIRE OU DES MŒURS OU DES OPINIONS ET MOUVEMENTS DE PENSÉES OU DES IDÉES

    – IL FAUT VOIR CECI COMME UN COLLECTIONNEUR VOIT SES PILES DE REVUES DE SUPER-HÉROS MARVEL OU DC OU PILOTE

    – L’INDIVIDU EST PROBABLEMENT ATTACHÉ DE COUR (PROF SUPPLÉANT OU DE REMPLACEMENT COMME LORS DES CONGÉS DE MATERNITÉ AU PRIMAIRE) – PUISQUE LES VIEUX PROFS QUI INCRUSTÉS COMME DES BERNACLES SUR UN RÉCIF OU UNE COQUE DE CARGO – ONT LEUR PERMANENCE ET PENSIONS ET BUREAU ET FONT DES RÉUNIONS – COMME CETTE PRÉHISTOIRE COÛTE CHER ON NE VEUT PLUS LA MULTIPLIER

    – PENDANT CE TEMPS LES COURS (NON CONTINGENTÉS) SONT DONNÉS PAR DES PIGISTES – OU EMPLOYÉS TEMPORAIRES – CHÔMEURS

    – LES COURS CONTINGENTÉS EXIGENT DU MATÉRIEL ET DES SPÉCIALISTES COÛTEUX – ET ON Y TRIE LES MEILLEURS CANDIDATS ÉTUDIANTS (AVANT) DONT LES GAGNANTS DE LA COURSE DU RAT ET LES SURVIVANTS RECEVRONT UNE MÉDAILLE (APRÈS) ET LA POSSIBILITÉ D’UN VÉRITABLE JOB – ON APPELLE CECI UNE PROFESSION OU UNE CARRIÈRE

    – LES COURS NON CONTINGENTÉS SONT RENTABLES POUR L’UNIVERSITÉ – ON ENTASSE LES ÉLÈVES DANS TOUS LES ESPACES (SALLES LOCAUX HALL) DISPONIBLES OU ON DONNE LE COURS PAR CORRESPONDANCE – ANCIENNEMENT PAR LA POSTE ACTUELLEMENT PAR LE WEB

    – ENCORE UNE FOIS PAR DES CHÔMEURS PIGISTES ANCIENS ÉTUDIANT OU TOUJOURS ÉTUDIANTS CE QUI LES AIDE À GARDER UN PIED DANS LA BOITE POUR UN POSSIBLE POSTE PERMANENT DE PROF LORSQU’UNE BERNACLE MOURRA ET SE DÉTACHERA DU MUR

    – LES 10 000 OU 100 000 DIPLÔMÉS ANNUELS DEVIENDRONT LIBRAIRES OU VENDEURS DE CHAUSSURES – QUI SONT DES CARRIÈRES NOBLES UTILES SOCIALEMENT QUOIUE PEU RENTABLES

    – OU ATTACHÉS DE COURS AFIN DE REPRODUIRE LE CYCLE ÉTERNELLEMENT – REPRODUCTION DE L’INDUSTRIE CULTURELLE UNIVERSITAIRE – REPRODUCTION DE LA FORCE DE TRAVAIL (BÉTAIL HUMAIN) – REPRODUCTION DE LA CLASSE DIRIGEANTE ET POSSÉDANTE

    – D’INSTINCT ON SERA TOUJOURS DU CÔTÉ DU PLUS FORT CONTRE LES PLUS FAIBLES – OU LES PERDANTS – AU BESOIN EN UTILISANT DES MOTS TROMPEURS AFIN QUE LE NOVICE NE PUISSE RIEN COMPRENDRE – ON DÉTOURNERA DE LEUR SENS DES CONCEPTS AFIN DE LEUR FAIRE DIRE LE CONTRAIRE – RHÉTORIQUE SOPHISME DÉMAGOGIE FOURBERIE

    – ON DIRA DONC DES CHOSES

    – ON COMPREND QUE DES FIFILS OU FIFILLES DE BOURGEOIS N’AYANT AUCUNE NOTION D’HISTOIRE POLITIQUE ÉCONOMIQUE MILITAIRE RELIGIEUSE CULTURELLE ARTISTIQUE – ET AUCUNE CURIOSITÉ OU ENVIE DE SE LA DONNER À EUX-MÊMES – DISENT DES CHOSES

    – ON A D’AILLEURS ENTENDU BEAUCOUP DE CHOSES LORS DES SKETCHS HUMORISTIQUES SLAV KANATA (SOUS-CLASSE APPROPRIATION CULTURELLE)

    – MONSIEUR FRANCIS DUPUIS-DÉRI DIT DONC DES CHOSES

    – ON PEUT LE VOIR COMME UN JEU AMUSANT – DE BONNE FOI (?) OU POUSSÉ PAR UN MÉCANISME INSTINCTUEL QUELCONQUE UN INDIVIDU NOUS DIT DES CHOSES – MÊLANT LES ANACHRONISMES LE FAUX LE VRAI DES APPROXIMATIONS – S’AUTOCONVAINQUANT AU FUR ET À MESURE DE SON DISCOURS OU SON PRÊCHE OU SON PRÔNE

    – POUR L’ESPRIT EN ÉVEIL C’EST PLUS AMUSANT ET JOUISSIF QU’UN CASSE-TÊTE OU UN MOT CROISÉ

    – ON AVERTIRA LE NOVICE QUE CE PETIT JEU POURRAIT ÊTRE SOURNOIS ET DANGEREUX POUR SON CERVEAU IMMATURE

    – CONTRAIREMENT À CE QUI EST DIT – LA PLUPART DES GENS NE PENSENT PAS – LES IDÉES LEUR SAUTENT DESSUS COMME DES VIRUS – ET ÇA PREND PARFOIS DES ANNÉES POUR QUE LA FIÈVRE SE DISSIPE – OU PAS

    *

    De l’antisémitisme à l’islamophobie: de la grève de 1934 à la loi 21
    Francis Dupuis-Déri
    Professeur de science politique, UQAM
    29 avril 2019
    IDÉES ?
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/553137/de-l-antisemitisme-a-l-islamophobie-de-la-greve-de-1934-a-la-loi-21

  3. Que d’histoire pas pour rien mais pourquoi, pour quoi ?

    J’y comprends que dans les 1930, après la crise de 1929, des Québécois des plus instruits, à l’époque les Québécoises n’existaient pas si voter c’est exister, étaient antisémites ou simplement concurrents professionnels.

    Proche trois générations plus tard, j’y comprends que des Québécois.es des plus instruit.es sont islamophobes pour féminisme ou pacifisme.

    Bref, écrire l’avenir c’est maintenant, comme conclut son article Francis Dupuis-Déri, c’est laisser lire que 80 ans plus tard, une préoccupation passagère de l’époque, l’antisémitisme, est remplacée par une autre maintenant, l’islamophobie. Fort professionnel !

    37 j’aime pour l’article. Foule impressionnante de commentaires; sauf erreur, 268. Je ne les ai pas tous lus. Le commentaire le plus aimé que voici, 46 j’aime, est indicatif de l’appréciation générale :

    « Les événements rapportés sont terribles. Mais les comparaisons avec le présent dont le texte est émaillé sont grotesques et caricaturales. Elles ne méritent pas plus de réponse que le nettoyage ethnique du maire d’Hampstead. »

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