La Charte, les Québécois et le monde. Une mise au point.

On a beaucoup parlé du Conseil du statut de la femme et des avis qu’il a donné, en 2007 et en 2011, sur la laïcité. J’ai pensé utile de vous faire voir un extrait de l’Avis de 2007, sur l’État du droit international sur la question.

Cet extrait contredit clairement les propos malheureusement tenus par le sociologue Gérard Bouchard dans Le Devoir le 11 septembre. Selon lui, « Au cœur de l’affaire, il y a la volonté de s’en prendre à un droit fondamental qui concerne la liberté de manifester sa religion en public, incluant au travail, dans les postes de l’État ou les institutions parapubliques. C’est reconnu comme un droit fondamental par les deux Chartes, canadienne et québécoise, partout en Occident et par l’ONU. »

Le Québec se mettrait donc au banc de l’Occident et de l’ONU ? C’est simplement faux. Voici la vérité, telle que colligée par le Conseil du statut de la femme. Elle est bien différente de ce que prétendent MM Bouchard, Taylor et tous ceux qui voudraient culpabiliser les Québécois de tenir, chez eux, un débat qui a cours dans plusieurs autres démocraties avancées, dans le respect des normes internationales:

5.4 LE DROIT COMPARÉ

La pondération de la liberté religieuse avec le droit à l’égalité entre les sexes fait l’objet d’aménagements divers au sein des États européens. Une revue exhaustive et approfondie des actions mises de l’avant par les États démocratiques afin que l’égalité entre les femmes et les hommes ne soit pas compromise en raison de considérations religieuses déborderait largement les moyens mis à notre disposition dans le cadre de cet avis. Dans l’optique de l’élaboration de nouvelles normes québécoises en matière de gestion de la diversité culturelle et religieuse qui tiennent compte du droit à l’égalité entre les sexes, cette étude devrait être réalisée. Le portrait des mesures promulguées dans les autres pays démocratiques afin de baliser la liberté religieuse, ainsi que l’interprétation que les tribunaux en ont faite, est un exercice incontournable dans cette avenue où nous souhaitons que le gouvernement s’engage.

Entre-temps, comme le souligne la Cour européenne dans l’arrêt Affaire Leyla Sahin
c. Turquie (Sahin), rendu le 10 novembre 2005, nous pouvons constater que si certains pays n’ont pas encore traité de l’éventualité d’interdire le port du voile en milieu scolaire chez les élèves, cette question est cependant débattue chaudement depuis une vingtaine d’années dans la plupart des pays d’Europe, qui ont adopté des solutions diverses. Par exemple, la Cour européenne rapporte qu’en Finlande et en Suède, le port du hidjab est permis, mais il est possible d’interdire la burka et le niqab en Suède si la
mesure vise « le dialogue sur les valeurs communes d’égalité entre les sexes et de respect du principe démocratique sur lequel se base le système éducatif ».

Aux Pays-Bas, les élèves ne peuvent porter la burka puisqu’on estime que cela entraverait l’identification des élèves et la communication avec elles. En Allemagne, les Landers peuvent interdire le port du voile par les enseignantes s’ils désirent réglementer leur tenue vestimentaire. Quant à la France, la loi du 15 mars 2004 interdit le port de tout symbole religieux ostentatoire, en application du principe de laïcité contenu dans la Constitution. Et la Cour européenne note que la Turquie, l’Azerbaïdjan et l’Albanie interdisent le port du voile jusqu’au niveau universitaire.

Ce bref tour d’horizon laisse entrevoir que les solutions adoptées ailleurs dans le monde ne sont pas uniformes. Si l’on prend les exemples français et turc, l’interdiction de tous les signes religieux ostentatoires dans l’espace public est la conséquence directe du principe de laïcité inscrit dans la constitution de ces États. En France, la laïcité est « la pierre angulaire du pacte républicain ». Face aux revendications croissantes des membres des communautés religieuses, aux difficultés d’intégration des immigrantes et des immigrants, à l’aggravation des tensions et des affrontements dans plusieurs villes, la France a adopté la loi du 15 mars 2004, en application du principe de laïcité.

Le temps est venu pour le Québec de mettre en place lui aussi des actions visant à affirmer sans ambages les valeurs qui sont les siennes et qui font sa spécificité : la valeur d’égalité entre les sexes doit recevoir toute l’attention et toute la considération qu’elle mérite. Elle doit se situer au coeur des actions que le Conseil désire voir adopter par le gouvernement afin de gérer les demandes d’accommodements raisonnables fondées sur la religion.

5.5 L’INTERPRÉTATION DE LA LIBERTÉ DE RELIGION GARANTIE PAR LA CONVENTION EUROPÉENNE

Les États européens qui ont adopté des mesures encadrant l’exercice de la liberté de religion dans l’espace public le font dans le respect de leurs particularités nationales, mais aussi en ayant à l’esprit que ces mesures sont sujettes à l’examen de conformité avec la Convention européenne. Examinons maintenant comment les règles en vigueur en Turquie, en Suisse et au Royaume-Uni ont passé avec succès ce test de conformité.

Tour d’abord, dans l’arrêt Sahin, la Cour européenne a conclu que l’interdiction de porter le voile appliqué à une élève de la faculté de médecine en Turquie ne constituait pas une atteinte à sa liberté de religion garantie par la Convention européenne, notamment en raison du principe de laïcité et du droit à l’égalité entre les sexes.

Comme nous l’avons souligné, la Convention européenne a inspiré la rédaction des chartes québécoise et canadienne. Elle protège, à l’image de nos chartes, la liberté de religion et le droit de ne pas faire l’objet de discrimination en raison entre autres du sexe ou de la religion :

Article 9 – Liberté de pensée, de conscience et de religion
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.
La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publics, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

Article 14 – Interdiction de discrimination
La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.

De plus, dans l’éventualité d’une atteinte à un droit garanti, la Cour européenne a créé un test de justification qui s’apparente à celui mis en place par la Cour suprême du Canada sous l’article premier. Ce test laisse cependant une marge de manoeuvre appréciable aux législateurs européens; même si elle a une fonction unificatrice, la Cour européenne tient compte des droits nationaux et de leurs particularités. La déférence judiciaire à l’égard des choix législatifs est donc plus grande que celle accordée par la Cour suprême du Canada aux législateurs fédéraux et provinciaux. Cette nuance est atténuée cependant à l’égard du Royaume-Uni, qui ne dispose pas d’une constitution écrite. La Chambre des Lords s’est écartée de ce critère de la « marge d’appréciation » établi par la Cour européenne en raison du fait que la Convention européenne a été incorporée dans une loi interne, le Human Rights Act 1998.

Outre cette nuance, il est donc extrêmement intéressant de constater que la Cour européenne a estimé que « l’ingérence » à l’article 9 de la Convention européenne était justifiée en raison du principe de laïcité enchâssé dans la Constitution turque et, aussi, en regard de l’égalité entre les sexes :

Dans un tel contexte, où les valeurs de pluralisme, de respect des droits d’autrui et, en particulier, d’égalité des hommes et des femmes devant la loi, sont enseignées et appliquées dans la pratique, l’on peut comprendre que les autorités compétentes aient voulu préserver le caractère laïque de leur établissement et ainsi considéré comme contraire à ces valeurs d’accepter le port de tenues religieuses, y compris, comme en l’espèce, celui du foulard islamique.

Dans un autre arrêt, Lucia Dahlab c. la Suisse, la Cour européenne a estimé que le port du voile islamique par une enseignante dans le cadre de son emploi dans une école publique primaire pouvait être interdit en raison du principe de laïcité inscrit dans la Loi sur l’instruction publique du canton de Genève. Madame Dahlab, embauchée alors qu’elle était de religion catholique, en 1990, s’est convertie à l’Islam l’année suivante et portait le voile depuis trois ans, lors de son retour de trois congés de maternité. Elle enseignait auprès de jeunes enfants et, apparemment, aucune plainte n’avait été formulée à l’encontre de son enseignement. Néanmoins, la Cour européenne a trouvé que la direction de l’école était justifiée de lui interdire de porter le voile, notamment en raison de l’impact du symbole du voile auprès de jeunes enfants :

La Cour admet qu’il est bien difficile d’apprécier l’impact qu’un signe extérieur fort tel que le port du foulard peut avoir sur la liberté de conscience et de religion d’enfants en bas âge. En effet, la requérante a enseigné dans une classe d’enfants de quatre à huit ans et donc d’élèves se trouvant dans un âge où ils se posent beaucoup de questions tout en étant plus facilement influençables que d’autres élèves se trouvant dans un âge plus avancé. Comment dès lors pourrait-on dans ces circonstances dénier de prime abord tout effet prosélytique que peut avoir le port du foulard dès lors qu’il semble être imposé aux femmes par une prescription coranique qui, comme le constate le Tribunal fédéral, est difficilement conciliable avec le principe d’égalité des sexes. Aussi, semble-t-il difficile de concilier le port du foulard islamique avec le message de tolérance, de respect d’autrui et surtout d’égalité et de non-discrimination que dans une démocratie tout enseignant doit transmettre à ses élèves.

Partant, en mettant en balance le droit de l’instituteur de manifester sa religion et la protection de l’élève à travers la sauvegarde de la paix religieuse, la Cour estime que dans les circonstances données et vu surtout le bas âge des enfants dont la requérante avait la charge en tant que représentante de l’État, les autorités genevoises n’ont pas outrepassé leur marge d’appréciation et que donc la mesure qu’elles ont prise n’était pas déraisonnable.

Finalement, mentionnons le jugement récent de la Chambre des Lords britannique, R (on the application of Begum (by her litigation friend, Rahman)) v. Headteacher and Governors of Denbigh High School ayant pour sujet l’interdiction faite à une élève de 15 ans de porter à l’école le jilbab, une longue robe qui ne laisse que les mains et le visage découverts.

Dans cette école publique, multiethnique et mixte, trois sortes de vêtements étaient autorisés, dont le shalwar kameeze, composé d’un chemisier et d’une jupe ne couvrant pas entièrement les bras et les jambes ou encore d’une longue tunique portée sur un pantalon serré aux chevilles. C’est ce vêtement que les élèves musulmanes portaient en général à l’école. Le port du hidjab était aussi possible, pour celles qui le demandaient. Aucun jilbab, un vêtement plus couvrant, n’était par contre toléré.

Les Lords ont constaté que le code vestimentaire établi par la direction avait été conçu précisément dans un souci d’uniformité et afin de favoriser une identité commune. On ne désirait pas que l’on puisse identifier les élèves, âgées et âgés de 11 à 16 ans et adhérant à dix religions différentes, dont une forte majorité à la religion musulmane, en fonction du vêtement religieux qu’ils ou elles choisiraient de porter. On visait à ne pas créer de classes de musulmanes, des ferventes et d’autres qui, par leur habillement, auraient pu laisser paraître qu’elles l’étaient moins.

La Chambre a jugé que le règlement de l’école n’enfreignait pas la liberté de religion de l’élève garantie par l’article 9 de la Convention européenne. Dans ses motifs, le Baronesse Hale of Richmond note que la décision de porter ou non un vêtement religieux doit résulter d’un choix personnel et non d’une réponse aux pressions d’une communauté :

[S]trict dress codes may be imposed upon women, not for their sake but to serve the ends of others. Hence they may be denied equal freedom to choose for themselves. They may also be denied equal treatment. A dress code which requires women to conceal all but their face and hands, while leaving men much freer to decide what they will wear, does not treat them equally.

Il estime aussi qu’en milieu scolaire, des restrictions doivent être possibles afin de favoriser la cohésion sociale :

But schools are different. Their task is to educate the young from all the many and diverse families and communities in this country in accordance with the national curriculum. Their task is to help all of their pupils achieve their full potential. This includes growing up to play whatever part they choose in the society in which they are living. The school’s task is also to promote the ability of people of diverse races, religions and cultures to live together in harmony. Fostering a sense of community and cohesion within the school is an important part of that. A uniform dress code can play its role in smoothing over ethnic, religious and social divisions. But it does more than that. Like it or not, this is a society committed, in principle and in law, to equal freedom for men and women to choose how they will lead their lives within the law. Young girls from ethnic, cultural or religious minorities growing up here face particularly difficult choices: how far to adopt or to distance themselves from the dominant culture. A good school will enable and support them.
[…]
In deciding how far to go in accommodating religious requirements within its dress code, such a school has to accommodate some complex considerations. These are helpfully explained by Professor Frances Radnay in “ Culture, Religion and Gender ” [2003] 1 International Journal of Constitutional Law 663 :

“ … genuine individual consent to a discriminatory practice or dissent from it may not be feasible where these girls are not yet adult. The question is whether patriarchal family control should be allowed to result in girls being socialised according to the implications of veiling while still attending public educational institutions. … A mandatory policy that rejects veiling in state educational institutions may provide a crucial opportunity for girls to choose the feminist freedom of state education over the patriarchal dominance of their families. Also, for the families, such a policy may send a clear message that the benefits of state education are tied to the obligation to respect women’s and girls’ rights to equality and freedom … On the other hand, a prohibition of veiling risks violating the liberal principle of respect for individual autonomy and cultural diversity for parents as well as students. It may also result in traditionalist families not sending their children to the state educational institutions. In this educational context, implementation of the right to equality is a complex matter, and the determination of the way it should be achieved depends upon the balance between these two conflicting policy priorities in a specific social environment.”

It seems to me that that was exactly what this school was trying to do when it devised the school uniform policy to suit the social conditions in that school, in that town, and at that time. Its requirements are clearly set out by my noble and learned friend, Lord Scott of Foscote, in para 76 of his opinion. Social cohesion is promoted by the uniform elements of shirt, tie and jumper, and the requirement that all outer garments be in the school colour. But cultural and religious diversity is respected by allowing girls to wear either a skirt, trousers, or the shalwar kameez, and by allowing those who wished to do so to wear the hijab. This was indeed a thoughtful and proportionate response to reconciling the complexities of the situation. This is demonstrated by the fact that girls have subsequently expressed their concern that if the jilbab were to be allowed they would face pressure to adopt it even though they do not wish to do so.

En conclusion, cette revue des normes internationales montre très clairement que la liberté de religion cède le pas à des considérations d’égalité entre les sexes, d’une part,et que plusieurs États subordonnent la liberté de religion au respect de la laïcité et des non-croyances, d’autre part.

Pour l’avis complet du Conseil de 2007.

Pour son avis supplémentaire de 2011.



26 réflexions au sujet de « La Charte, les Québécois et le monde. Une mise au point. »

  1. Je crains qu’une charte des valeurs ne soit pas efficace car le problème d’intégration des fondamentalistes religieux est trop grave et profond : http://www.postedeveille.ca/2010/06/musulmans-et-occidentaux-les-diff%C3%A9rences-psychologiques.html
    D’après les problèmes d’intégration dans les autres pays, j’en retiens que plus le nombre de fondamentalistes immigrés est élevé, plus cela génère des problèmes si graves, qu’on ne trouve pas de solutions, et cela, que les gouvernements en place instaurent plus ou moins de règles.
    Aussi, je me demande si la solution n’est pas simplement de modifier ou d’appliquer les règles de sélection de façon à choisir qui on invite et reçoit à vivre avec nous.
    Les membres des communauté qui s’intègrent bien ici, sont nombreux et ne devraient-ils pas être privilégiés, pour l’évidente raison qu’ils s’intégreront mieux ? Ça n’irait pas contre la charte des droits et libertés, nous serions proactifs, nous n’aurions pas à dire que nous n’acceptons pas telle et telle chose, et ça amoindrirait les très graves problèmes auxquels d’autres pays sont déjà confrontés.

  2. Ping : Vers une charte de compromis acceptables? - Le Globe

  3. Bonjour M.lisée,
    J’ai regardé votre prestation ce soir à tout le monde en parle. Je dois humblement vous avouer que je ne vous connaissais pas particulièrement. Par contre j’ai eu comme une très grande majorité de Québcois des débats avec des proches à ce sujet et j’ai été assez surpris du désir profond pour la charte mais non discuté auparavant à ce sujet. Mes amis sont de différents milieux, quelques uns ayant des entreprises et d’autres de différents horizons pour un bon échantillonage disons. J’ai moi même voyagé beaucoup et pris part à des missions des Nations-unies pendant près de 13 ans. Tout cela pour vous dire M.Lisée que je constate que vous êtes pris de toute part et je sais que ce ne dois pas être de tout repos mais je vous implore d’être ceux qui vont dicter le futur du Québec malgré l’opposition. Je n’élaborerai pas dans ce message mais je vous accord ma confiance en fonction de cet aspect. Soyez fort et continuez, c’est pour le mieux et le futur du Québec.

  4. Le crucifix à l’Assemblée National signifie que le gouvernement, donc l’état au Québec est chrétienne.

    Alors si on veut un État Laïc, et bien qu’on enleve ca de la… Point final.

  5. Bravo pour cette documentation éclairante MAIS CROYEZ-VOUS RÉELLEMENT QUE CE PROJET DE CHARTE VA CONTRIBUER À PRÉMUNIR LE QUÉBEC DE L’EXTRÉMISME ISSU DE CERTAINE ÉCOLES CORANIQUES?

    ÊTES-VOUS RÉELLEMENT EN MESURE D’INTERVENIR EN CETTE MATIÈRE?!

    De même, comment allez-vous parvenir à définir un signe religieu ostentatoire? Une kippa, un mouchoir, une épinglette, unbonnet, la taille d’une croix, etc

    Bien que je soit globalement d’accord sur les principes, je crois que la véritable menace à l’objectif du vivre ensemble à Montréal se situe bien davantage dans les dérives extrémiste de certaines école coraniques ainsi que le refus fanatique d’enseigner le français dans certaines garderies et écoles. Ne nous voilons pas le visage, la loi encadreRA des pratiques mais elle exacerbe ET EXACERBERA les fanatismes.

    Quoiqu’il en soit,, pour aténuer certains des malentendus actuels, ne devrait-on pas inclure en toute lettre dans leprojet de charte des valeurs, le droit de pratique religieuse pour tous mais BIEN ENTENDU, en dehors des établissements dit publiques.

    De plus, ne pourrait-on pas statuer immédiatement sur l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que sur la neutralité de l’état mais tout en procédant PAR ÉTAPE À L’INTERDICTION DES SIGNES RELIGIEUX OSTENTATOIRES tout dabord DANS LES MINISTÈRES et DANS LE MILIEU DE LA JUSTICE PUIS appliquer UNE SORTE DE CLAUSE GRAND-PÈRE AU MILIEU DE LA SANTÉ ET DE L’ÉDUCATION.

    Cependant, IL EST FORT À PARIER QUE CETTE loi SERA EN PARTIE DÉBOUTER par LA COUR SUPRÊME en particulier en ce qui concerne les lieux de culte dans les établissements D’ENSEIGNEMENT ET DE SANTÉ publiques ET PRIVÉS ou encore, en ce qui concerne le port de la kippa OU D’UN MOUCHOIR PAR LES AGENTS DU milieu de l’éducation et de la santé.

    QUANT AU CRUCIFIX À L’ASSEMBLÉ NATIONALE, LES ÉVÊQUES SE SONT déjà PRONONCÉS MAIS un tel geste de retrait D’UN TEL SYMBOLE PORTE UN POID POLITIQUE DÈS PLUS LOURD.
    Pour l’instant, LA MAJORITÉ SEMBLE ASSEZ D’ACCORD SUR LES PRINCIPES ALORS QUE L’ON OBSERVE UNE GRANDE POLARISATION quant à la notion d’INTERDICTION. On VEUT TELLEMENT pas de chicane, ON A TELLEMENT PEUR DE SE FAIRE haïr, QUE l’on est prêt à toutes les compromissions…

  6. Je m’inquiète que le débat se polarise seulement envers la laïcité,et que nous omettions de parler d’identité. Je comprend mal comment , au quebec, on peut tenir tant à montrer que nous sommes originaire d’une autre culture au point de se mettre sois-même en marge et éventuellement en ghetto.Attention, j’adore la différence culturelle, mais je crois aussi qu’une société doit tenter de se rassembler dans une identité commune.

  7. Tout signe religieux devrait être interdit et cela au nom de la démocratie, pourquoi visé certaine faction religieuse et non pas certaines autres. L’État doit être laïque, donc aucune religion y doit être représentée que les signes soient ostentatoires ou pas.

  8. En Suède, en Finlande et aux Pays-Bas, on parle d’interdiction possible du voile INTÉGRAL à l’école. Sinon, en France et en Albanie, on parle de l’interdiction de symboles religieux dans les milieux scolaires SEULEMENT. En aucun cas il est interdit dans ces pays, comme le vise la charte, de porter la kippa, le hijab et le turban dans l’ensemble de la fonction publique et parapublique.

    Comparons donc des pommes avec des pommes: parlons concrètement de l’interdiction du hijab, du turban et de la kippa juive dans toute la fonction publique et parapublique. Pour trouver une prohibition de signes religieux aussi stricte et large que celle que votre charte propose, de toutes les nations que vous avez citées, il ne reste que l’Azerbaïdjan, un pays à très forte majorité musulmane, aux prises avec des forces intégristes redoutables, dépourvu de communautés juives et sikhs, dirigé par un régime au bilan accablant en terme de droit de la personne, .

    Voilà, de tous les les pays que vous avez cités, dans les faits, il ne reste que l’Azerbaïdjan qui soit allé aussi loin en terme de « laïcité de l’État » que votre fameuse charte.

    L’Azerbaïdjan. C’est tout.

    Mais je vous sais intelligent. Vous saviez déjà tout cela avant d’écrire la première ligne de votre « mise au point ». Je suis sûr que vous rectifierez le tir pour ne pas que le Québec soit la seule nation du monde civilisé à emboîter le pas à l’Azerbaïdjan.

  9. En premier pourquoi ne pas commencer a penser a la futur immigration pour le Québec , ca fait maintenant 65 ans que je voit des immigrants qui se sont très bien intégrés alors que d’autres ne l’ont jamais fait , a titre d’exemple (les italiens , les grecques et plusieurs autres se sont très bien intégrés et ce sans accommodations) faudrait commencer a y songer pour l’avenir.
    M. Lisée bravo et continuer dans le même sens

  10. Merci pour ces informations qui rétablissent les faits. À travers tous ces débats, il faut se rappeler que la laîcité de l’État a justement pour objectif d’assurer l’égalité pour tous. Et « tous » , ici au Québec, cela inclut les femmes, ce qui n’est pas le cas dans certains pays musulmans. Lorsque des personnes viennent s’établir ici, oui, elles nous enrichissent. Mais, de grâce, qu’elles ne nous imposent pas ce qui ne fonctionnait pas dans leurs pays! Pour moi, c’est clair: un voile sur la tête d’une femme reste un symbole de modestie et de soumission de la femme envers l’homme, lequel, ne porte pas de voile. Alors, moi aussi, je vous remercie, monsieur Lisée, et je remercie le gouvernement Québécois pour les propositions de la Charte des valeurs. Je vous appui à 100%. Il faut tenir bon.

  11. Tout à fait d’accord avec les principes de la laïcité. Je tiends toutefois à vous préciser que le voile dit islamique n’est pas une obligation religieuses aux femmes musulmanes et que j’ai plusieures amies musulmanes et pratiquantes qui ne le portent pas. Le voile est devenu avec le temps et la pression de certaines sociétés un symbole islamique, tout comme la croix et d’autres symboles religieux. Je constate avec regret que l’ignorance religieuse de bon nombre de citoyens fait qu’ils croient n’importe quoi qu’ont leur dit au nom de la religion d’autruit. Même les soit disant ‘experts’ s’y confondent. La religion appartient au domaine privé et, à mon humble avis devra y rester.

  12. Merci monsieur Lisé de nous présenter clairement les enjeux de la Charte.
    La charte doit être acceptée pour le plus grand bien des femmes voilées.

  13. Je suis d’accord avec le principe de laïcité. Pour ce qui est du niqab et de la burqa, je crois qu’ils devraient être interdits partout, parce que la femme au visage voilée est proche parente de la femme lapidée et de la femme excisée. C’est un symbole d’oppression patent. Par quelle dérive les Droits et libertés qui avaient été créés pour combattre l’oppression en sont-ils venus à la justifier et à la permettre ? La femme voilée n’a pas de place – en aucun endroit – dans une société qui proclame l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce symbole d’oppression puissant est malheureusement banalisé. Il est le parfait exemple de la religion détournée servant à masquer des fins inadmissibles.

  14. Il faut tenir bon. En même temps, rester dans l’esprit de débat. Je pense que nous vivons une période troublante et, en même temps, riche de sens si l’on pense que nous sommes en face PLUS QUE JAMAIS à ce que devient le Québec, à savoir une société pluraliste. Alors cette période de débat autour de la Charte ne peut que nous éduquer aux débats, citoyens-citoyennes d’un Québec en marche pour ses valeurs. Bravo Monsieur Lisée pour la qualité de l’information que vous renvoyez sur la place publique.

  15. Je suis d’accord que tous les employés de l’État québécois, des écoles et des garderies subventionnées par l’État également, devraient s’abstenir d’afficher leur religion aux heures de travail, en vertu du principe d’égalité des sexes. En toute logique, le gouvernement devrait aussi retirer le crucifix de l’Assemblée nationale : notre héritage chrétien est de toute façon bien en vue avec la croix de notre drapeau.

  16. Les Évêques du Québec ont récemment annoncé qu’ils ne s’opposeront pas au retrait du Crucifix de l’Assemblée nationale. (
    http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2013/09/19/001-eveques-charte-valeurs-quebecoises.shtml )
    Les évêques précisent qu’ils ne lanceront pas non plus de campagne pour que le crucifix soit retiré. Selon eux, c’est aux élus de prendre la décision, parce que ce sont des élus qui l’ont fait entrer à l’Assemblée nationale en 1936.

    Il s’agit là d’un geste de bonne volonté qui honore ces évêques qui sont conscients que les dérives islamiques se repandront bientôt ici comme en Europe, où le militantisme islamiste intégriste fait des ravages et mine l’identité nationale de ces pays.

    Oui au retrait du Crucifix !

    C’est une question de respect pour le Crucifix, qu’on ne peut pas mettre n’importe où, et de bienséance.

  17. Bonjour Mr Lisée,
    Ce qui est important c’est de tenir bon concernant le voile. Je suis d’avis que le crucifix n’a pas a être sur le même pied que les symboles représentant l’islam. Notre religion catholique fait partie de nous. A ce que je sache, il y a encore des baptêmes dans nos églises, des mariages. Notre religion n’a pas une relique comme certains voudraient le faire croire. Beaucoup de Québécois sont attachés à ce qui a fait le Québec et la religion de nos ancêtres en fait partie. Si le crucifix est enlever de l’AN, pour moi cela voudrait dire que ce que nous sommes comme nation qui n’a plus d’histoire car elle serait parmi d’ autres et cela je ne suis pas d’accord du tout.
    Les immigrants sont bienvenus mais ils ne sont pas égaux à ceux qui ont défriché pour en avoir tous les droits. Immigrer est un privilèges et non un droit et si le respect du peuple qui accueille n’est pas accepté comme tel alors nous n’avons pas à plier pour intégrer ces nouveaux arrivants.
    Le gouvernement doit aller de l’avant .

  18. Comme le disait si bien ma mêre, vous cherchez midi à 14 heures. Le peuple y perd son latin et il ne sait plus sur quel pied danser. Voici une explication toute simple que la majorité du peuple comprend:

    Si tu travailles au McDonald, il faut que tu portes un uniforme et tu ne peux pas porter de foulard islamique. Bon, et bien à l’avenir si tu travailles au gouvernement tu ne peux pas porter de signe ostentatoire.

    Le débât a bifurqué parce qu’il n’a pas été mis en surbrillance le fait que ce ne sont que les employés du gouvernement (et cpe, …) qui sont touchés.

  19. Où est donc l’éthique de réciprocité dans vos demandes ?

    Etrangement, ceux qui tiennent mordicus aux droits de porter tout symbole religieux dans l’espace d’état n’offrent plus du tout cette liberté quand vient le moment d’entrer dans une église, une synagogue ou une mosquée.

    Si je veux me recueillir dans une synagogue, on va me demander de porter une kippa. Si je veux prier dans une mosquée, on va m’obliger à enlever mes souliers même s’ils sont propres comme un canard blanc. Si je veux apaiser mon esprit dans une église, on va me recommander cette fois d’enlever mon chapeau.

    Alors, aux tenants de la liberté religieuse, je pose la question : où est donc l’éthique de réciprocité dans vos demandes ?

    Parce qu’entre vous et moi, tous ces symboles religieux sont en fait des symboles de séparation entre les humains plutôt que de rassemblement universel.

  20. J’abonde dans le même sens que les deux intervenantes précédentes.
    Tenez bon.

  21. Entièrement d’accord avec votre propos. Il faut tenir bon! L’égalité de TOUTES les femmes doit transcender l’exercice de liberté de religion des individus dans la sphère étatique.

  22. Merci de ce texte éclairant et j’espère que votre gouvernement maintiendra sa position à l’égard de la charte… de la laïcité.

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