Laïcité: Comment répondre aux arguments de la gauche (texte)

CAQ, laïcité, Dupuis-Déri, Manon MasséDe Manon Massé à Charles Taylor en passant par Francis Dupuis-Déri et Francine Pelletier, une certaine gauche québécoise multiplie les arguments pour défendre le droit de porter des signes religieux lorsqu’on travaille pour l’État.

Ces arguments ne sont pas dénués d’intérêt, je les discute un par un.


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Argument #1: Faire reculer le catholicisme dans l’État, c’était bien. Faire reculer les religions « minoritaires », c’est mal

Selon cet argument, avancé entre autres par Francis Dupui-Déri, le combat du Québec pour la laïcité était admirable pendant la Révolution tranquille, car il s’opposait à la religion catholique qui était majoritaire et dominante. La volonté de restreindre les droits des musulmanes à porter des signes religieux dans la fonction publique est au contraire rétrograde, car elle s’attaque à une religion minoritaire, non dominante.

Ma réponse:

Cela ouvre un tout nouveau champ argumentaire. Par exemple, dans le Québec de la Révolution Tranquille, on a fait reculer Et le catholicisme majoritaire Et le protestantisme minoritaire. Problème ? Bon, admettons que le protestantisme était majoritaire dans tout le Canada, donc on pouvait le faire reculer.

Mais les Irlando-Catholiques, eux, étaient clairement minoritaires et ostracisés, à la fois par les protestants et par les catholiques francophones. Aurait-il fallu faire une exception pour eux ? Dilemme.

Et puis, la situation est mouvante. Dans certaines communes belges, dont Molenbeeck, les musulmans sont en passe de devenir majoritaires. Donc, jusque-là, une loi belge qui interdirait le port de signes religieux dans l’État serait « Islamophobe », car s’en prenant à une minorité. Elle ne le sera plus si les musulmans devienaient majoritaires ? 

Permettez-moi de douter de la valeur de cet argument, surtout à gauche. J’ai, dans ma jeunesse, lu Karl Marx. Il affirmait que « la religion est l’opium du peuple ». Il ne disait pas: « la religion majoritaire est l’opium du peuple ».

Argument #2: Puisque des femmes musulmanes sont stigmatisées dans ce débat, il faudrait que notre compassion pour elles prime sur notre volonté de séparation de l’Église et de l’État

Selon cet argument, l’impact, indéniable, du changement proposé sur un groupe social  minoritaire en particulier devrait nous convaincre de ne pas agir.

Ma réponse:

Tous les changements sociaux qui impliquent des valeurs, l’identité, la langue, la religion, ont des impacts dans la vie de milliers de personnes. C’était encore plus vrai au moment de la Révolution tranquille. Même si la religion catholique était hégémonique et dominante, elle était néanmoins constituée de femmes et d’hommes sincères et dévoués qui ont été plongés dans un grand désarroi pendant les années 60 et 70. Il est difficile de concevoir aujourd’hui l’ampleur du sentiment de rejet qu’ils ont ressenti. Ce n’était pas facile d’être sœur ou curé pendant cette période de mise en accusation, ou du moins de mise au rancart, de ce qui avait été, jusque là, leur raison d’être. 

Le malaise des femmes musulmanes voilées qui sont au centre du débat mérite notre empathie, c’est certain. Mais qu’en est-il des autres ? La majorité des Québécois, et en particulier les femmes québécoises, qui ont connu le combat contre le catholicisme, voient dans le retour des signes religieux, principalement islamiques, une régression, donc un retour du religieux et de ses symboles misogynes dans des services publics qui en avaient été libérés.Elles sentent qu’un combat de toute une vie est en péril.

Pour ceux qui n’étaient pas parmi nous à cette époque, je me permets de citer cet extrait du récent ouvrage de Normand Baillargeon: L’esprit en marche

« Qui au Québec n’a pas dans sa famille une histoire d’horreur mettant en cause un représentant de l’Église ? Ici c’est un curé qui a insisté pour que l’on choisisse la vie de l’enfant plutôt que celle de la mère. Là c’est un autre qui a conseillé à un enfant venu se plaindre de mauvais traitements paternels de se taire et de « respecter son père ». Ailleurs c’est un jeune qu’on a manipulé et qui est devenu, contre son gré, prêtre ou frère. Ailleurs encore, un autre qui l’est devenu parce que c’était sa seule chance de poursuivre des études et qui a ainsi raté sa vie. Ou bien c’est un prêtre pédophile que l’on tolérait dans la famille par crainte des représailles.

Sans compter toutes ces femmes devenues malades, trop tôt vieillies ou même mortes parce que « monsieur le curé » interdisait sous peine d’enfer « d’empêcher la famille ». Et sans parler non plus de ces immondes « prêcheurs » aux cheveux gominés et au discours débile qui sont à la tête d’Églises exemptes d’impôts et qui détroussent sans vergogne de vieilles personnes naïves, fragiles, souvent malades, des économies de toute une vie en leur faisant croire mille sottises, les moindres n’étant pas qu’ils peuvent faire des miracles ou effectuer des guérisons par imposition des mains.

Je l’avoue : tout cela, très sincèrement, me donne la nausée, et je répète que je trouve extrêmement dangereuse l’illusion aujourd’hui trop répandue selon laquelle la religion serait désormais chez nous une chose bénigne. »

Bref, on ne peut évacuer l’empathie dont nous devons faire preuve envers les Québécoises qui ont développé envers la religion, et avec raison, de puissants anti-corps.

Et n’est-il pas absolument éclairant de voir le grand nombre de Québécoises musulmanes, ou d’Afrique du Nord, intervenir dans le débat actuel pour, non seulement appuyer le projet de loi, mais demander qu’il aille encore plus loin ?

Pourquoi leur parole, et parfois leur angoisse face à la normalisation de signes religieux qu’elles estiment misogynes, dans l’État, serait-elle de moindre valeur que la parole des femmes musulmanes affirmant que leur droit à porter des signes religieux pendant les heures de travail est plus important que tout principe collectif de laïcité ? 

Argument #3: Vouloir interdire les signes religieux dans l’État aujourd’hui, c’est comme dire aux gais et lesbiennes de cacher leur orientation sexuelle.

L’argument fut avancé par Manon Massé, porte-parole de Québec Solidaire, en ces termes: «À l’époque [dans les années 1980], une large partie de la population était convaincue que nous, les gais et lesbiennes, on ne pouvait pas enseigner ou s’occuper des enfants, parce qu’on allait les contaminer avec nos différences. Une chance que les politiciens de l’époque et ceux qui ont suivi n’ont pas appuyé leur seul jugement sur les qu’en-dira-t-on, parce qu’aujourd’hui, il manquerait bien des profs!» 

Ma réponse:

Mme Massé mélange tout. Elle dénonce avec raison le refus d’embaucher des profs gais et lesbiennes. Aucune discrimination ne doit avoir lieu à l’embauche sur la base des convictions ou orientations de chacun et chacune. Mais le débat porte, non sur l’embauche, mais sur l’affichage des convictions.

Personne ne propose de ne pas embaucher de musulmans dans la fonction publique. Simplement de leur demander de se conformer à la norme actuelle qui interdit aux employés de l’État d’afficher toutes leurs convictions, politiques, sociales, féministes, d’orientation sexuelle ou autre, pendant leurs heures de travail.

Nous sommes d’ailleurs ici dans l’angle-mort absolu de la gauche pro-signes religieux. Pourquoi insistent-ils pour le droit à porter des signes religieux mais non pour le droit à porter les autres signes ? 

Argument #4: Cette volonté d’interdire les signes religieux n’existerait pas sans la peur irraisonnée de l’Islam, donc l »Islamophobie »

D’abord il faut noter que Québec Solidaire, le Parti libéral du Canada et plusieurs autres ont réussi à normaliser le terme « Islamophobie », désormais utilisé couramment, notamment à Radio-Canada. Le terme est cependant très chargé. Il n’est devenu courant qu’après avoir été popularisé après 1979 par les dictateurs obscurantistes d’Iran pour faire taire toute critique de l’Islam. L’expression non polémique, et tout aussi utile, est « sentiment anti-musulman ». C’est celui que je choisis d’employer.

Cela dit, il faudrait être aveugle pour ne pas admettre que la phase actuelle de la marche des Québécois vers un État plus laïque est alimentée par l’irruption récente dans l’espace public, et des services publics, de l’affichage islamique.

Mais il faudrait aussi être aveugle pour ne pas constater que les musulmanes québécoises (et occidentales) ne portaient presque jamais le voile jusqu’à ce que s’installe depuis 30 ans une version plus radicale et politique de l’Islam, alimentée par l’Iran, l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Il s’agit donc d’une actualisation, dans ce nouveau contexte, du principe de séparation de l’Église et de l’État qui est devenu dominant pendant la Révolution tranquille. Si demain, une autre religion connaissait une forte croissance — l’hindouisme, au hasard — et voulait s’imposer dans le service public, la majorité québécoise aurait le même, sain, réflexe.

Argument # 5: Ceux qui veulent interdire les signes religieux sont aussi  »Islamophobes » aujourd’hui que ceux qui refusaient d’embaucher des juifs étaient antisémites dans les années 30.

C’est l’argument central de François Dupuis-Déri dans son texte d’origine du Devoir. Il rappelle les années noires de l’antisémitisme au Québec et la stigmatisation d’une religion minoritaire, juive, pour refuser une embauche d’un médecin juif dans un hôpital francophone.

Ma réponse:

Tout refus d’embaucher quelqu’un sur la base de ses convictions est condamnable. Les Québécois en savent quelque chose car dès après la conquête, les Anglais leur imposaient de dénoncer spécifiquement le Pape, sans quoi ils ne pouvaient avoir d’emploi public (le « Serment du test »). 

Il faut condamner de même tout refus d’embaucher un musulman, un hindou, un juif, un gai, un indépendantiste, un fan des sables bitumineux. Là n’est pas la question. On discute ici du devoir de réserve de toutes ces personnes. Elles ont droit d’être embauchées mais devraient ne pas afficher leurs convictions sur leurs heures de travail.

Mais il est bien d’évoquer l’antisémitisme, qui est un poison. Le Québec en fut notamment infecté dans les années 1930, oui, ni plus ni moins que le reste de l’Amérique du Nord. Jusqu’à Vatican II, le catholicisme fut le grand vecteur de diffusion de l’antisémitisme en Occident.

Peut-on désormais ignorer que l’Islam radicalisé par l’Arabie Saoudite, l’Iran et le Qatar est aujourd’hui le principal propagateur d’antisémitisme ?

C’est vrai à Téhéran et à Riyad mais aussi à Ville Saint-Laurent. Un imam y a été entendu il y a quatre ans parler des « Juifs maudits », qu’Allah devrait «tuer un par un» et «rendre leurs enfants orphelins et leurs femmes veuves».

Ma question: nos concitoyens juifs qui interagissent avec l’État et se retrouvent face à une personne qui choisit d’afficher son appartenance à l’Islam devrait-il avoir à se demander si cette personne est d’accord avec l’antisémitisme ambiant dans certains secteurs de l’Islam montréalais ?

De même, nos concitoyens arabes et pro-palestiniens qui interagissent avec l’État et se retrouvent face à une personne qui choisit d’afficher son appartenance à la religion juive devrait-il avoir à se demander si cette personne est d’accord avec les politiques anti-palestiniennes de certains courants du judaïsme prônant le « grand Israël » ?

Ma réponse est que l’affichage des convictions n’a pas sa place dans les services de l’État, justement par respect pour les convictions de chaque citoyen, y compris de nos concitoyens musulmans et juifs.

Argument # 6: Le nationalisme québécois d’aujourd’hui est  »ratatiné » beaucoup plus qu’auparavant et la question de l’identité n’est qu’une tactique pour attirer des votes

C’est d’abord l’argument de la nostalgie. Les nationalistes d’avant, René Lévesque, Gérald Godin, étaient plus « ouverts » et « inclusifs ». Ceux d’aujourd’hui sont fermés. Et comme ils ne peuvent pas vraiment croire ce qu’ils disent sur les signes religieux, ils font semblant dans le seul but de se faire élire.

Ma réponse:

Le Parti Québécois est né avec la volonté de sécularisation de la société. Il en a été un des porteurs. Les discours de René Lévesque sur l’immigration et sur les Anglo-québécois sont impubliables aujourd’hui, tant ils sont politiquement incorrects. La mesure phare du nationalisme de Lévesque et Godin, la loi 101, fut comparée à l’époque aux pires moment du nazisme. Pierre Trudeau affirmait que cette loi allait nous conduire à  »l’âge des ténébres! » 

La constante dans le nationalisme est qu’on l’a accusé constamment d’encourager « la peur, la méfiance et la haine de l’Autre ». Ce discours, repris par la gauche de QS aujourd’hui, était celle de l’extrême-gauche maoïste des années 1970 qui rejetaient la loi 101 comme discriminatoire et l’indépendance comme une stratégie de la bourgeoisie de diviser la classe ouvrière canadienne. Rien de neuf sous ce soleil.

En fait c’est le « nationalisme civique » de la fin des années 1990, niant l’importance de l’identité dans la nation et internalisant brièvement le multiculturalisme, qui fut l’exception.

Quant à l’accusation d’électoralisme laïc, il ne résiste pas à l’analyse. La volonté de garder la religion hors du cercle de l’État est une conviction réelle, profonde, qui mérite le respect. 


Résumé des épisodes précédents:

  1. Le lundi 29 avril, le politologue de l’UQAM Francis Dupuis-Déri a publié dans Le Devoir un texte qui associe un geste antisémite posé au Québec dans les années 30 au projet de loi actuel sur les signes religieux.
  2. Le mercredi 1er mai, sur ce blogue et dans Le Devoir, je réplique sur le ton de l’ironie en associant la marche du Québec vers la laïcité depuis 1960 à un vilain combat chrstianophobe.
  3. Le mardi 7 mai, M. Dupuy-Déri publie sur le site de gauche Ricochet, une réplique intitulée: Le ratatinement : Réponse à Jean-François Lisée et aux défenseurs du PL 21
  4. J’ai aussi spécifiquement répondu aux arguments de Charles Taylor ici.

 

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En voici un extrait:

 

 

 



9 réflexions au sujet de « Laïcité: Comment répondre aux arguments de la gauche (texte) »

  1. Pourquoi tentez-vous de détruire les arguments de QS alors que vous n’avez cessé de courtiser cette gauche qualifiée de religieuse par Martine Ouellet? Vous auriez mieux fait de vous adresser à vos électeurs. Ils ne vous auraient pas laissé tomber si vous aviez su leur parler. Vous êtes l’artisan de votre défaite et de la mort du PQ.

    • Trop tard pour la laïcité.

      Je ne dirais pas comme vous que M. Lisée a été l’artisan de la défaite du PQ en 2018. Il a admit sa part de responsabilité dans le résultat de l’élection dans son dernier discours comme chef du PQ.

      http://jflisee.org/1er-octobre-2018-22h55/

      Je dirais que celle-ci fait suite d’abord au choix par le PQ d’aller en élection en 2014 après avoir fait voter une loi qui les prévoyait au 4 ans.

      Philippe Couillard a joué avec succès la carte de la crainte d’une nouvelle campagne référendaire. Le PQ s’est réveillé dans l’opposition. J’ai crû comprendre que ce choix au fond n’était pas celui de M. Lisée. J’ai relu les articles qu’il a écrit à cette époque, dont Ouvrir le débat: Véronique, Yves-François, Bernard, Léo, Alexis… :

      http://jflisee.org/page/80/

      Un autre fait qui peut expliquer la défaite de 2018 est la décision que le Conseil national a pris de ne pas donné suite à une lettre signée par 16 présidents d’exécutifs du PQ fin mai 2014 je dirais« au sujet de la proposition de permettre aux électeurs adhérant aux valeurs péquistes de participer à la prochaine course au leadership »

      http://jflisee.org/redevenir-le-parti-de-tous-les-quebecois/

      http://jflisee.org/video-reflechir-a-lavenir-du-pq-deux-entrevues-recentes/

      Il y a eu le moment PKP, une année en moins pour un rajeunissement et réalignement.

      L’électorat n’était pas prêt au virage vert comme il l’est maintenant au point que la CAQ croit bon de le prendre pour 2022. Dans ce contexte, tronqué à gauche et à droite, le projet d’indépendance du Québec ne relève plus d’un seul parti, le PQ, mais d’un nombre de député.es représentatif.es de 55 % des électeur.es, en étant inclusif pour les moins de 18 ans…

      Ou d’un mouvement de foule sur internet : mode de scrutin, constitution, Ottawa.

  2. Excellent argumentaire tout à fait percutant dans un contexte surexploité à des fins partisanes clientélistes par des gauchistes autoproclamés pour qui les mots et l’histoire ne veulent rien dire.

  3. Monsieur Lisée,

    Je viens de lire vos arguments en réponse aux anti PL21 de tout acabit.
    Ils sont parfaits. Ils me parlent car je suis une femme de 76 ans, indépendantiste depuis l’âge de 16 ans, ayant délaissé notre sainte Église à l’âge de 20 ans.
    Merci. Surtout… lâchez pas.

    Louise Lefebvre
    Sherbrooke, QC

  4. Vos arguments sont très bons et réfléchis. J’ajoute ceci: si ce n’était de l’islam et de ses activistes islamiques, le climat actuel serait, à mon humble avis, moins « toxique » sur la question de l’immigration et de la laïcité. L’immigration en soi ne pose pas un problème majeur au Québec, sauf évidemment, le fait que la juridiction principale à ce sujet relève de l’État fédéral qui depuis 1982 nous impose comme nation la doctrine du multiculturalisme inscrite dans une loi constitutionnelle qui n’a pas été signée par le Québec ou approuvée par référendum ni au Québec ni au Canada. De façon générale, les québécois sont ouverts et accueillants face à l’immigration provenant de partout dans le monde. Cependant, ils sont méfiants face à l’islam et plus particulièrement sa version politique, l’islamisme, qui est suprémaciste (Coran 3.110 – « Vous êtes la meilleure communauté au monde » et conquérante (Coran 3.109 – « À Allah appartient la terre et les cieux ») qui nie la liberté de conscience (le droit de croire ou de ne pas croire), l’égalité homme-femme et la séparation de la religion et de l’État. Deuxio, il faut faire une distinction entre le droit à la religion et le droit de manifester sa religion et il faut aussi distinguer l’espace public et l’espace civique (celui des institutions de l’État). Le droit à la religion n’est nullement menacé au Québec, non plus que le droit de manifester sa religion dans l’espace public. Le projet de loi 21 ne vise que le droit de manifester sa religion dans l’espace civique que pour certaines personnes en situation d’autorité,en contrebalançant ce droit avec le droit à la liberté de conscience des bénéficiaires des services de l’État rendus par ces personnes, Aucun droit fondamental n’est absolu. Ex: le droit à la liberté d’expression est limité par le droit à la sauvegarde de son honneur, de sa dignité et de sa réputation (article 4 de la Charte québécoise des libertés et droits fondamentaux). Il en est de même du droit à manifester sa religion dans l’espace civique, limité par le droit à la liberté de conscience des autres. Autre question: si l’État a le mandat de lutter contre toute forme de discrimination, comme peut-il tolérer, dans l’espace civique, la manifestation de cette discrimination que représente le voile islamique? Comment l’État peut-il tolérer qu’une femme à l’emploi de l’État et dans une situation d’autorité peut se transformer en panneau publicitaire ambulant d’une idéologie dont le livre « sacré » ordonne de couper la main des voleurs, de fouetter les amants non mariés, de frapper l’épouse désobéissante, de la forcer aux relations sexuelles, de tuer les apostats, de tuer les polythéistes et de combattre les chrétiens et les juifs en les soumettant en état de mépris?

  5. Même si les contre arguments de Lisée sont solides, il est quand même surprenant que l’argument essentiel et fondamental de ceux qu’on désigne par le mot « gauche » ne soit pas mentionné. Il me semble que tous les arguments secondaires réfutés par Lisée, s’appuient sur une conception de la société où les droits individuels ont toujours préséance sur les droits collectifs ce qui est pour le moins surprenant pour cette « gauche ».

  6. Il faut aussi après une lecture attentive de JFL , permettez le raccourci, absolument lire à ce sujet Djemilah Ben Habib, Louise Mailloux sur World Press , Fatima Houda-Pépin chroniqueuse au Journal de Montréal et Mathieu Bock-Côté sur le multiculturalisme qui fait un tabac en France voir la tele française pcq cette notion compte tenu du contexte français là ou à Clichy une banlieue parisienne la résistance à se comporter ,à reconnaître les valeurs française sont vigoureusement rejetées. Enfin la lutte se précise sur cette question. C’est une question territoriale. La province et Montréal, le maire de Hampstead refusera de se conformer à la loi. Les québécois soutiennent silencieusement M.Legault pcq ils ne veulent plus revenir à l’ancien temps, un véritable cauchemar religieux vécu jusque dans l’intimité de leur famille. En somme NO means NO!

  7. À titre d’essai méthodologique,
    moyen d’attirer ici des lecteur.es de votre page Facebook,
    sur de futurs articles.

    « 8 – Après, on viendra nous dire que le PQ se tasse pas à droite; Christian St-Pierre; »

    Si l’on divise un continuum de 5 millions d’électeur.es en 50 % à gauche, 50 % à droite, il est impossible de gagner un référendum à 50 % plus un. (après avoir obtenu au cours d’une élection mandataire prévue pour 2022 celui de réaliser l’indépendance du Québec.)

    Faut donc que le PQ se tasse à droite en proportion de ce que QS recrute plus facilement à gauche pour que soient élu.es un nombre de député.es indépendantistes suffisant à l’Assemblée Nationale pour qu’il.les deviennent en mesure de s’offrir la tenue d’un référendum au moment opportun.

    Parenthèse. Si QS avait collaboré, il en aurait été autrement.

    Dans le long processus qui a amené le PQ à réajuster son programme après six ans en septembre 2017, les membres selon les statuts en vigueur n’ont pas assez tassé à droite; le PQ en est sorti amaigri en octobre 2018. Sans la gauche de la gauche…

  8. Les commentaires sont plus nombreux sur votre page Facebook. La « TICcratie » s’en vient.

    Sans gêne et discrétion, sans censure, par ordre ascendant de pertinence, les dix derniers sur 86 au moment où je copicolle, vendredi 7h03 :

    1 – Excellents arguments et je suis de gauche, Jacques Cordeau;

    2 – Ça fait du bien pour le cerveau, Joe Bleau;

    3 – j’ai bien hâte au jour ou le monde cessera de croire à ces idioties, Francine Cassivi;

    4 – Faudrait d’abord apprendre à écrire « Molenbeek » correctement et aussi comprendre un peu plus la réalité de Molenbeek avant de la citer en exemple. Molenbeek-Saint-Jean est une commune faisant partie de la Région de Bruxelles-Capitale et de la Communauté française de Belgique (CfB). L’éducation étant un champ de compétence des communautés culturelles, la commune de Molenbeek n’aurait pas le droit d’interdire les signes ostentatoires des enseignants dans les écoles. De plus, bien que la commune soit marquée par une forte influence de la culture maghrébine, le fait qu’elle soit majoritairement musulmane demeure encore un fait à prouver. Dans tous les cas, si on se rapporte à la CfB, la religion musulmane demeure encore un fait minoritaire, qui a le dos large par les temps qui courent; François Fecto;

    5 – Un belle exercice pour assainir le débat; Bastien Gauthier;

    6 – À quand un billet :Comment gagner des élections provinciales ? Victor Dumas Gauthier;

    7 – Cette gauche avec qui tu voulais t associer stratégiquement, Claude J.Roy;

    8 – Après, on viendra nous dire que le PQ se tasse pas à droite; Christian St-Pierre;

    9 – Donc en résumé, ils n’ont pas d’arguments?!, Philippe Bouchard;

    10 – Qu’ ils.se conforment à la loi point final, André Robinson.

    Avertissement : peut contenir des erreurs.

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