Le bilan de fin de session de Philippe Couillard – Revu et corrigé

Voici le texte lu par notre Premier ministre hier, et présentant l’éclatant bilan de la session. Je me permets de le commenter:

M. Couillard: Je voudrais faire un retour aujourd’hui sur le chemin que nous avons parcouru au cours des derniers mois. Il y a beaucoup de bonnes nouvelles au Québec. On a une vision, un plan, une équipe solide…

Mon commentaire: Bon, là, « équipe solide », à sa place j’aurais pas dit ça. Sam Hamad sur le banc des punitions, Lise Thériault qui a eu une maladie bizarre, le ministre de la culture qui a eu un burn-out dès sa nomination, et un joueur étoile (Pierre Moreau) toujours hors-jeu (prompt rétablissement, Pierre !), c’est pas solide solide. Et remarquez que je n’ai même pas mentionné Jacques Daoust. Ou Rita de Santis. Ou David Heurtel. Etc.

bilan

 

M. Couillard:  …et surtout des résultats concrets qui font avancer le Québec. Je dirais, tout commence par la base, par la fondation, tout commence par nos finances publiques. On se souvient qu’en mai 2014, deux rapports avaient montré la présence d’une impasse budgétaire de plus de 7 G$ au Québec.

Mon commentaire: Wo ! Alerte mensonge maximale ! Ces deux rapports n’existent pas. Il n’existe aucun document non signé par le PLQ qui fasse état d’une impasse budgétaire de 7 milliards. C’est une invention pure, dénoncée à répétition par les chroniqueurs économiques et par des économistes.

M. Couillard: Deux ans plus tard, voici le portrait de la situation : on a présenté notre deuxième budget équilibré.

Mon commentaire: Wo ! C’est faux. Le dernier budget présentait un déficit, le nouveau budget n’en présente pas. C’est pas deux ça, M. Couillard, c’est un.

M. Couillard: En soi, c’est une bonne nouvelle. Ça fait longtemps que ce n’était pas arrivé.

Mon commentaire: C’est vrai ça. Mais pourquoi le PM omet-t-il de dire depujis quand ? Depuis Lucien Bouchard et Bernard Landry, dont la ministre des Finances était Pauline Marois ! Puis, pouf !, les Libéraux sont arrivés et on est retombé en déficit. Donc, c’est la première fois depuis les péquistes !

M. Couillard: En fait, depuis 2008, le gouvernement du Québec n’avait pas présenté de budget équilibre consécutif.

Mon commentaire: C’est ça. 2008, qui était premier ministre donc ? Ah oui ! Jean Charest. Et son ministre de la santé ? Un certain Philippe Couillard !

M. Couillard: C’est l’accomplissement,

Mon commentaire: Alerte anglicisme ! Accomplissement, c’est accomplishment prononcé à la française. On dit « réalisation », monsieur le « Premier ministre de l’éducation ».

M. Couillard: …pas uniquement du gouvernement, mais de l’ensemble des Québécoises et Québécois, des gens des services publics qui ont participé à cet exercice

Mon commentaire: Vrai ! Les Québécois ont payé cher en hausses de tarif de toutes sortes, les enfants ont perdu 400 professionnels pour les aider à réussir, les CPE ont mis à pied des éducatrices (et c’est pas fini), les budgets de développement régional ont été sabrés. Au moins, M. Couillard a eu le bon sens de ne pas dire que les médecins ont participé à l’effort.

M. Couillard: …qui était essentiel et qui nous a permis de réussir là où plusieurs avaient échoué.

Mon commentaire: Des noms, des noms ! Robert Bourassa avait échoué, votre grand ami Daniel Johnson avait échoué, et votre pas si grand ami Jean Charest aussi.

M. Couillard: C’est un engagement que tous les partis avaient pris à la dernière élection et nous sommes ceux et celles qui ont été choisis pour le mener à bien et on a accompli cet engagement.

Mon commentaire: Enfin, à mon avis, vous avez été choisi parce que vous promettiez de ne pas tenir de référendum. Mais bon, on aura peut-être une occasion, dans 24 mois, de tester ma théorie.

M. Couillard: Il y a deux choix dans la vie : on accepte les choses telles qu’elles sont, ou on accepte la responsabilité de les changer.

Mon commentaire: Ben oui. C’est comme l’idée de faire réintégrer le Québec dans la constitution du Canada l’an prochain, année du 150e. Il faut accepter les choses telles qu’elles sont. On est exclu, ils veulent pas nous inclure, c’est tout !

M. Couillard: Ce principe s’applique dans plusieurs secteurs, mais certainement à question des finances publiques et de l’avenir du Québec. On a pris nos responsabilités, on tient nos engagements et on le confirme. L’agence Standard’s & Poors a renouvelé la perspective de crédit de notre cote pour la première fois depuis la récession de 2008-2009. Plusieurs observateurs, dont le journaliste Francis Vailles note que ça fait très longtemps que ce n’était pas arrivé.

Mon commentaire: C’est vrai. Et si au lieu de couper 400 professionnels de l’éducation, on en avait coupé 800, ou 1200, et si on avait augmenté encore plus les tarifs de garderie, et si on avait éliminé complètement les budgets de développement régional, Standard’s & Poors aurait été encore plus contente !

M. Couillard: Notre situation financière s’améliore, mais si on a l’a fait, c’est pour nous donner les moyens de réinvestir dans des secteurs qui nous tiennent à cœur : l’éducation, la santé,

Mon commentaire: Oh boy ! Donc, si on a coupé plus d’un milliard dans l’éducation et presque autant dans la santé, c’est précisément pour avoir des sous pour… réinvestir des sommes nettement moindres dans l’éducation et la santé…

M. Couillard: …l’économie, la création d’emploi.

Mon commentaire: Oups ! Le PM a complètement oublié de nous parler de sa promesse de créer 250 000 emplois. Pourquoi ? Manque de temps, sûrement !

M. Couillard: Au cours des prochaines semaines, je rencontrerai M. Trudeau

Mon commentaire: Bon, il va parler au vrai patron !

M. Couillard: …pour discuter des grands projets de transport collectif. Outre le projet de Montréal, il y a celui du SRB Québec-Lévis.

Mon commentaire: Quand même dommage que ces projets aient été complètement omis du budget fédéral, qui avait cependant de la place pour aider l’Alberta souffrant d’un dégonflement du prix du baril.

M. Couillard: On va faire la promotion de notre stratégie aérospatiale en Angleterre avec nos PME et nos grandes entreprises.

Mon commentaire: Oups ! Rewind ! Vous allez voir M. Trudeau mais sans lui parler de Bombardier ? Ni du scandaleux traitement fait au chantier naval de Lévis, qui ne recevra que 700 millions des 100 MILLIARDS de dollars de contrats fédéraux ? Allo !

M. Couillard : On sera en Allemagne pour parler de la stratégie maritime avec une délégation économique, on sera au Conseil de la fédération au Yukon.

Mon commentaire: OK, voyages en perspective. C’est la saison.

M. Couillard: Cet automne, Sébastien lance les consultations pour la première politique gouvernementale pour la réussite éducative.

Mon commentaire: La réussite ? Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ! Bilan du mandat: deux ans pour nuire à la réussite, suivi d’un sommet pour se dire que ce serait une bonne chose, puis un an et demie pour tenter de réparer les pots cassés. Mamma mia !

M. Couillard: On aura un sommet sur l’emploi avec nos partenaires gouvernement, patronaux et syndicaux, et un sommet sur la forêt.

Mon commentaire: Excellent lien. Parce qu’en termes de création d’emploi, avec les Libéraux, on n’est pas sortis du bois !

M. Couillard: On avait dit ce qu’on ferait et on a fait ce qu’on avait dit qu’on ferait.

Mon commentaire: Ben non ! Vous aviez dit que ce n’était pas nécessaire de tenir un sommet économique quand Pierre Karl n’arrêtait pas de le demander. Il aurait fallu dire « On avait dit le contraire de ce qu’on ferait et on fera ce qu’on avait dit qu’on ne ferait pas ».

M. Couillard: Ce n’a pas été facile.

Mon commentaire: À qui le dites-vous !

M. Couillard: On sait qu’il faut reconnaitre la volonté profonde du gouvernement et de tous les Québécois d’aller de façon encore plus dynamique vers la prospérité pendant que d’autres cherchent d’autres moyens de se définir,

Mon commentaire: Bon, le rédacteur du discours fatigue, là, ça paraît !

M. Couillard: …que ce soit par la question référendaire ou d’autres questions qui témoignent d’une difficulté à trouver son identité, comme la CAQ, par exemple.

Mon commentaire: Non mais, personne n’a relu le texte avant de le donner au PM ? Ou la bonne version a-t-elle été effacée avec les courriels de Mme Boily dans la clé USB (par Jacques Daoust qui essayait de comprendre comment fonctionne Word ?)

M. Couillard: Dans les deux cas, il est de bon ton de mettre de l’ombre sur les bonnes nouvelles que je viens de vous signaler.

Mon commentaire: C’est la pire chute de discours de toute l’histoire des discours de Phillippe Couillard.



15 réflexions au sujet de « Le bilan de fin de session de Philippe Couillard – Revu et corrigé »

  1. J’ai adoré votre « réflexion à haute voix ». Merci de nous rappeler, ou de porter à notre connaissance, des faits « vrais et vérifiables ». Face aux à-peu-près et aux mensonges, qui sont des insultes à mon intelligence, vos réponses me font un bien immense. Quand je vous lis, je me sens TELLEMENT plus instruite politiquement !

  2. Je trouve votre réplique du discours plein de mensonges de Couillard savoureuse, drôle, impertinente mais en même temps polie.J’ai hâte de vous entendre lui répliquer et lui clouer le bec comme chef de l’opposition en attendant votre élection comme premier ministre d’un C de bon gouvernement.Demeurez tel que vous êtes et vous gagnerez.Bravo!

  3. Je désire laisser un second commentaire. Je parle ici de la période de questions et de réponses orales.
    Comme le Premier Ministre et ses Ministres ne répondent à peu près pas aux questions des oppositions ou qu’ils répondent en question comme pour renvoyer la balle aux autres partis, souvent le Parti Québécois, c’est comme une joute de tennis sauf que la balle leur rebondit souvent dans la face, j’appelle ce moment la période de questions sans réponses. Plus sérieusement, L’Assemblée Nationale doit se pencher sur cette dite période car des fois ça tourne en insultes et ce n’est pas beau à voir et à entendre.

  4. Sept milliards de déficit, dit-il. On ne le trouvera jamais par écrit. Je crois que monsieur Couillard est un des seuls à le connaître et, en fait, je crois que c’est plutôt 15 milliards.
    À la veille d’autoriser la Commission Charbonneau, les journaux ont rapporté que Jean Charest avait donné 15 milliards de contrats à l’industrie de la construction.
    Quelques semaines plus tard, ils ont ajouté que ces 15 milliards n’étaient pas budgétés.
    Puis on n’en a jamais plus entendu parler.
    Dès son entrée en fonction, le gouvernement Couillard a donné un contrat à Lucienne Robillard pour la réalisation d’une enquête dont on n’a pas non plus entendu parler.
    La seule information donnée par madame Robillard, lors de la seule entrevue que je l’aie entendu accorder, portait sur les 15 milliards qu’il fallait dégager pour remplacer nos infrastructures désuètes.
    C’était à Gravel le matin.
    Ceci arrivait quelques semaines après que monsieur Couillard, un matin du mois d’août, nous ait annoncé avec un grand sourire, qu’il avait dégagé de son budget d’austérité un surplus de 5 milliards par année pour les trois prochaines années.
    Il ne faut pas un maîtrise en mathématiques pour déduire que nous sommes probablement en train de payer ces 15 milliards de contrats de construction pas budgétés, avant les prochaines élections, de façon à ce qu’ils ne paraissent jamais nulle part et que ces nouvelles infrastructures puissent être utilisées au crédit d’un bon gouvernement soucieux du confort du peuple, au moment de la prochaine campagne électorale.
    Quelqu’un a-t-il accès à la liste et à la valeur des contrats en cours dans les forêts de cônes oranges qui poussent sur l’ensemble des routes et des autoroutes de la province et dans le bitume des artères commerciales de nos villes?
    Et aux contrats occultes du MTS? Aux clés USB modifiées? Aux extras sur ententes parallèles? Aux contrats discrétionnaires de moins de 100 000 $? Et autres mesures masquées, ésotériques ou occultes?

  5. Ce texte est un plaisir à lire , avec tout l’humour que vous y apportez ,mais d’une grande sagesse. Ce texte devrait paraître dans les journaux, peut-être que ça réveillerait les indécis. Bravo pour le commentaire de M.Roland Pépin.

  6. «Bon, le rédacteur du discours fatigue, là, ça paraît !»

    C’est le PLQ au grand complet qui est fatigué. Envoyons-les se coucher.

  7. Que c’est enrageant d’écouter les faussetés de Couillard! Aussitôt qu’il a répété pour la xème fois le mensonge du déficit de 7 millions, j’ai enlevé le son de ma télé. Suis plus capable! Ça fait des mois que lui et son parti font les manchettes. Que de mauvaises nouvelles et il ose dire qu’il y a beaucoup de bonnes nouvelles au Québec! La bonne vieille tactique des libéraux: dire exactement le contraire de la vérité, sachant qu’une bonne partie de la population va les croire. Tout comme Charest, Couillard ment comme il respire avec un tel aplomb qu’il en devient crédible au yeux des non politisés.

    Merci de vos commentaires sur son discours, ça fait du bien. Je trouve aussi que votre texte devrait paraître dans les médias.

    • Tout à fait d’accord avec vous, D. Drouin. J’ai toujours appelé Jean Charest le menteur.
      Ces gens là mentent comme ils respirent !

  8. COUILLARD : VERS LE FÉDÉRALISME

    Il est grand temps de savoir pourquoi le gouvernement libéral, dirigé par M. Couillard, coupe dans tous les services risquant justement de rendre les citoyens plus malades ou d’en faire des itinérants. Mais il faudrait savoir pourquoi un médecin se dirige dans cette impasse, entraînant avec lui un flot de misère pour les personnes qu’il devrait pourtant protéger. Savez-vous pourquoi? Je pense…
    En août 2014, Mme Kathleen Wynne, première ministre de l’Ontario, a eu un entretien avec notre premier ministre et lui a confirmé que le Québec était SOUVERAIN depuis 1982. Personne ne veut le savoir et tous les médias se taisent à propos de la séparation réussie du Québec. Même les partis prétendument séparatistes se taisent. Il y a séparation parce que les Canadians nous ont mis à la porte, tout simplement. Ce n’est pas glorieux de le subir et de le dire, mais c’est un fait parce qu’un contrat non signé ne saurait contraindre un non-signataire.
    Le prochain référendum devra être préparé par des Québécois fédéralistes qui veulent réintégrer le Canada, lequel les a toujours traités en subordonnés sinon en esclaves.
    La meilleur façon de faire des citoyens un peuple asservi, c’est de leur couper les vivres, de leur faire croire qu’ils sont incapables de se gouverner eux-mêmes. C’est ce que Couillard prépare avec succès, sans fournir de portrait préalable, en faisant endosser la privation par le souci d’une meilleure administration.

  9. Dans sa sagesse, Socrate amenait les élèves à réfléchir; aujourd’hui, il se demanderait si celui qui prononce un discours de ce genre nous dit la vérité, si son propos est bon et utile, dans les circonstances.

  10. J’ai envoyé mon appui par la poste, alors je me permets. Un peu drôle, mais je préfère votre plume plus sérieuse. Il faudrait éviter de confondre les genres. Un peu d’humour, c’est bon, trop, on ne vous croira plus capable d’être premier ministre. À enlever « Pierre Moreau » dans le début du texte. Pour l’instant, c’est un intouchable.

    • Moi j’aime bien l’humour de temps en temps. C’est une façon de relaxer après une lourde session parlementaire. C’est bien d’avoir changer votre texte pour M. Pierre Moreau à qui je souhaite toutes les chances du monde pour vaincre sa maladie.

    • On dit de M. Lisée qu’il est trop « intellectuel » et quand il réfléchit comme nous, on le blâme … cherchez l’erreur?

  11. Bravo M. Lisée, excellente analyse du discours de notre Premier Ministre. M. Couillard est déconnecté rare de la vie, que dis-je , de la survie, de nombreux citoyens(es) . Pendant ce temps là, les prix au supermarché augmentent . Pour dire vrai tout augmente et en prime, le Ministre de la Santé enlève de sa liste un tas de médicaments que les gens ne payaient pas il y a quelque temps. Cela fait que ce n’est encore que la pointe de l’iceberg. On va payer plus cher le renouvellement d’un paquet d’affaires et c’est déjà commencé. Quel parti libéral hypocrite qui enlève d’une main pour redonner parcimonieusement de l’autre. J’ai hâte aux élections générales pour qu’on les renvoie dans leurs terres parce que ce ne sera pas mieux d’ici la fin de leur mandat. M. Couillard ne connaît certainement pas le prix du lait et autres et il s’en fiche royalement. En fait, il se fiche pas mal du vrai monde. On n’a pas de poignée dans le dos. On dirait qu’il vit dans un monde à part et qu’il ne lit pas les journaux.Mais de ça aussi il s’en fiche pas mal !

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