Le Canada doit continuer à aider l’État de droit en Palestine

Ce n’est pas banal. L’Assemblée nationale a été unanime, ce mardi, pour adopter la résolution suivante:

« Que l’Assemblée nationale invite le gouvernement du Canada à prendre acte de la décision de l’Organisation des nations unies reconnaissant le statut d’État observateur pour la Palestine et à maintenir l’aide canadienne précieuse prodiguée à la construction de l’état de droit en territoire palestinien ;

Qu’elle réaffirme le soutien indéfectible du Québec à une solution négociée qui incarne à la fois la nécessité pour Israël de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ainsi que le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à la création d’un État. »

J’ai présenté cette motion, après négociations avec le PLQ, la CAQ et Québec solidaire, qui l’a secondé.

Elle vise à être utile. C’est pourquoi elle ne discute ni ne semonce le Canada pour son vote à l’ONU. Elle lui demande d’en « prendre acte », donc de l’accepter puis, ce qui est essentiel, de ne pas réduire ou interrompre l’aide prodiguée par le Canada à l’Autorité palestinienne.

J’ai visité, à Rhamallah, la mission canadienne et pu constater combien son intervention pour la formation des forces de l’ordre et des juges, entre autres, est importante pour la construction d’un État palestinien moderne. Cette action, de 300 millions de dollars (financés à 20% par les impôts québécois), contribue à la paix de façon concrète, en rendant stable et efficace le futur État palestinien, en lui donnant les moyens d’être un interlocuteur crédible dans des négociations à venir.

Il est rare que l’Assemblée nationale s’aventure sur des sujets internationaux épineux. Plus rare encore qu’elle arrive à se prononcer de façon unanime sur un sujet aussi difficile que le conflit israélo-palestinien. Nous invitons le gouvernement canadien à prendre ce point de vue en compte lors de la réévaluation de sa politique dans la région et invitons les citoyens et les ONGs à ajouter leurs voix à celle de l’Assemblée nationale.

(Je me suis aussi exprimé à ce sujet ici.)

 

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A propos Jean-François Lisée

Né à Thetford Mines le 13 février 1958, Jean-François Lisée obtient une licence en droit de l’Université du Québec à Montréal en 1979 et une maîtrise en communications de la même institution en 1991. Il poursuit des études à Paris en 1981 au Centre de Formation des journalistes de la rue du Louvres avant de devenir journaliste indépendant pour divers médias québécois et français, dont le Soleil, la Presse et Radio-Canada, et il publie quelques textes dans Le Monde, Libération et l’Express. À la fin des années 1980, il est correspondant à Washington pour La Presse, L’actualité et l'hebdomadaire français L'Événement du jeudi. À la même époque il signe des textes d’opinion dans le Washington Post, le New York Times et l’International Herald Tribune. Il est rédacteur en chef adjoint de L’actualité de 1990 à 1992. En 1994, au lendemain de l’élection du Parti québécois, il devient conseiller du premier ministre Jacques Parizeau et participe à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la stratégie référendaire de 1995. À la suite de la démission de M. Parizeau, il exerce les fonctions de conseiller politique sous Lucien Bouchard et ce, jusqu’en 1999. De 2001 à 2004, il est chercheur invité au Département de science politique de l’Université de Montréal puis à Sciences Po Paris. En 2004, il co-fonde le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), dont il demeure le directeur exécutif jusqu’en 2012. En 2007, il conseille la chef du Parti québécois, Mme Pauline Marois, relativement à un projet de loi sur l’identité, duquel émaneront des propositions de Constitution et de citoyenneté québécoise, puis de Charte de la laïcité. M. Lisée est l’auteur de nombreux essais remarqués sur la politique et l’identité québécoises. En 1990, il publie Dans l’œil de l’aigle, sur l’attitude américaine envers le mouvement indépendantiste québécois. Un essai qui lui vaut le Prix du gouverneur général. Il fait aussi paraître Le tricheur et Le naufrageur (1994), sur la vie politique québécoise au lendemain de l’échec des accords du Lac Meech, Sortie de secours : comment échapper au déclin du Québec (2000), Nous (2007), Pour une gauche efficace (2008) et Comment mettre la droite K-O en 15 arguments (2012), puis le livre, Des Histoires du Québec (2012). De 2009 à 2012, il commente régulièrement l’actualité politique, sociale et économique sur un des blogues politiques les plus lus de la Francophonie. Ministre, il continue à tenir un blogue à jflisee.org Cet hyperlien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. En août 2012, il se présente comme candidat du Parti québécois dans la circonscription de Rosemont et est élu le 4 septembre

13 réflexions au sujet de « Le Canada doit continuer à aider l’État de droit en Palestine »

  1. Je suis très fière que cette motion que tu as présentée ait été adoptée à l’unanimité,
    Cela me semble en phase avec la valeur partagée par les québécois de résolution pacifique des conflits et du refus de reconnaître que la loi du plus fort prétende être la meilleure!
    merci Jean-François
    Louise Harel

  2. Félicitations,

    Vous montrez là que vous êtes un homme de coeur, de paix et de justice. Qualités qui honorent ceux qui nous ont précédé.
    Il est temps que le Québec réafirme sa différence qui s’inscrit dans sa tradition et son histoire.
    Merci de ce geste. C’est bien le minimum pour le peuple Palestinien étant donné la position de M. Harper toujours prêt à soutenir inconditionnellement l’envahisseur. Et surtout, dans leurs souffrances quotidiennes, les Palestiniens ont bien besoin de notre appui.

  3. Voilà qui devrait faire contrepoids à une politique illégale de colonisation, appuyée par le Canada et les USA. Courageux et audacieux, tel l’affrontement entre David et Goliath. C’est la pierre qui aura mis Goliath à terre…

  4. Félicitations pour avoir obtenu l’accord des partis sur une question internationale aussi délicate.! Voilà une action diplomatique dont nous pouvons être fiers en tant que québécois.

  5. Je vous félicite de votre promotion de la part de Gesca de « Le représentant de la «–diplomatie québécoise–» … » comme quoi ça avance!!!
    Sinon une petite remarque vous déclarez: «L’objectif est d’avoir une paix négociée avec un État palestinien fonctionnel et un État israélien en sécurité»
    Ne serait-il pas plus pertinent de déclarer à l’avenir: «L’objectif est d’avoir une paix négociée avec un État palestinien et un État israélien en sécurité l’un par rapport à l’autre».
    Le premier ministre de l' »Etat de Palestine » (non membre de l’ONU mais reconnu comme un Etat par 138 pays contre 9), Salam Fayyad a démontré à la communauté et aux institutions internationales que cet Etat était fonctionnel. Mais il n’était ni libre ni en sécurité avec son voisin qui continu l’implantation de citoyens israëliens sur des territoires palestiniens.
    Et que depuis ce vote de l’ONU, ce ne sont plus des territoires occupés ou disputés avec une autorité locale mais bien un Etat et un gouvernement légitime et reconnu comme tel. Un pays, une nation occupée par son voisin Israël.

  6. J’aurais bien aimé bien sûr qu’à l’instar de la plupart des pays du monde, que le Québec se positionne très clairement pour un état Palestinien. Mais voilà le hic, notre statut provincial nous limite à ce genre de propostion pour obtenir l’appui unanime de l’Assemblée Nationale .

    • Il reste encore quelque Hommes de bonne volonté sur terre, ne croyez-vous pas? Il faut les chercher et les appuyer tout en donnant notre avis bien entendu. Vous les reconnaîtrez car c’est notre avis qui les intéresse surtout.

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