Le difficile pari de la franchise

Le difficile pari de la franchise

(Ce texte a été publié dans Le Devoir d’aujourd’hui)

Dans Le Devoir de mercredi dernier (Le Mal-Aimé), Francine Pelletier a posé à mon sujet une hypothèse qui vaut d’être creusée. Peut-être, écrit-elle avec une bienveillance dont je la remercie, n’ai-je pas acquis la capacité ’’de savoir quand il faut parler et quand il faut se taire’’.

Ces dernières semaines, entre les biberons données à notre nouvelle fille Emma, je me suis posé cette question. Et plus généralement celle de la difficulté de la franchise, en politique. C’est sans doute un travers que j’ai acquis pendant quelques décennies de journalisme: dire les choses comme elles sont, sans détour, et faire confiance aux lecteurs — ici, aux électeurs — pour poser le jugement critique qui leur plaira.

C’est délibérément que j’ai jugé qu’une campagne à la direction d’un parti venant de subir une défaite historique était le moment rêvé pour dire exactement ce qu’on pense, révéler exactement qui on est. Du moins si on souhaite susciter l’adhésion, non sur des artifices, mais sur une authenticité que j’estime essentielle à la reconstruction du lien de confiance entre électeurs et élus.

Je sais qu’il est politiquement plus payant de jouer de prudence et de dire ce que les indépendantistes aimeraient entendre et non ce que, selon moi, pour le bien de notre projet, ils doivent entendre. Mais ce n’est pas la campagne que je veux mener.

J’ai commencé par dire qu’il était possible que la souveraineté soit si mal en point dans l’opinion qu’il faille envisager la possibilité de répéter, à l’élection de 2018, la lucidité dont René Lévesque avait fait preuve en 1981, et proposer un mandat sans référendum. Que la patience serait préférable à une autre défaite et à un second mandat Couillard-Coiteux-Barrette. J’ai ajouté qu’il faudrait, d’ici-là et peut-être pour plusieurs années encore, reconquérir la jeunesse et conquérir une partie de la diversité québécoise à l’idée d’indépendance si on souhaitait un jour entrer à l’ONU. Je ne suis pas surpris que cela m’aie rendu moins populaire que ceux qui promettent pour bientôt, ou selon un calendrier pré-établi, des lendemains qui chantent.

Répondant ensuite à la fort pertinente question d’un journaliste, j’ai dit exactement ce que je pense du problème posé par un chef de parti, ou par un premier ministre, contrôlant personnellement le principal média de la nation. J’ai dit le malaise que cela me posait sur le principe, et pointé le risque politique dans lequel cela plongerait notre parti.

Le jour de mon intervention, Philippe Couillard a benoitement affirmé qu’il aurait préféré attendre que Pierre Karl devienne chef du parti avant de soulever cette question. C’est donc qu’il en avait bien l’intention. Et on constate aujourd’hui que le PLQ compte occuper deux ou trois saisons politiques sur ce thème, si l’actionnaire de contrôle de Québecor devient chef du PQ.

Puis il y a la charte. La stricte vérité est que j’étais très favorable à son principe, mais viscéralement opposé à la perspective de mettre des salariés à la porte — surtout des femmes — au nom de notre soudain empressement à changer la norme sociale. J’ai raconté dans mon récent livre l’ampleur du combat interne que j’ai mené sur ce point et révélé qu’en conscience, je n’aurais pu voter pour une charte irrespectueuse des droits acquis.

Je ne me voyais pas offrir mes services au parti et aux électeurs en cachant cette position. En mentant. S’il avait fallu que je propose — comme je le fais aujourd’hui — une charte beaucoup plus respectueuse des droit acquis, comment expliquer ce retournement ?

J’ai ensuite affiché les convictions écologistes que ma participation au gouvernement Marois ne m’avait pas permis de montrer complètement. Selon moi, notre attachement au combat contre le réchauffement de la planète nous impose d’être cohérents. On ne doit pas remplacer notre consommation de pétrole importé par la production, locale, de pétrole émettant davantage de CO2. Ce serait aggraver le réchauffement. Or, ce serait indubitablement le cas avec le pétrole d’Anticosti et, probablement, de Old Harry. (Mais pas celui de Gaspésie.)

Dans tous ces cas, j’ai été à même de constater que la franchise est le plus souvent suspecte. La question n’est pas: cette position est-elle, sur le fond, intéressante, valable, audacieuse ? Mais plutôt: pourquoi dit-il ça ? Par opportunisme ? Par manque de solidarité ? Pour faire parler de lui ?

Les conseils pleuvent: il aurait dû faire dire telle chose par un lieutenant, donc ne pas agir à visage découvert; il n’aurait pas du se dissocier de la ligne de parti; il n’aurait pas du revenir sur des décisions du gouvernement Marois; il ne devrait pas critiquer les autres candidats.

Je savais que mon refus de la langue de bois, des codes politiques établis, ne ferait pas l’unanimité. J’espère qu’il apparaîtra, à la longue, rafraichissant. Entretemps je constate que jamais, de toute ma vie, on ne m’a autant sommé de me taire.

Et pourtant. Les faits, tels que je les vois, sont têtus. Notre gouvernement a mordu la poussière. La majorité des Québécois, y compris francophones, sont aujourd’hui réfractaires au référendum ET à l’indépendance. Les actions de Pierre Karl vont poser un problème politique. Les jeunes nous ont tourné le dos. La diversité québécoise ne se reconnaît pas en nous. Notre attitude dans le débat sur la Charte y est pour beaucoup. Notre flirt avec le pétrole de schiste nous a rendu écologiquement incohérents.

C’est, en toute franchise, ce que je pense, à tort ou à raison. Et je pense aussi qu’il faut réhabiliter la franchise en politique. Pour l’instant, elle est mal-aimée.



24 réflexions au sujet de « Le difficile pari de la franchise »

  1. Bonjour monsieur Lisée,

    Vous écrivez: «…la lucidité dont René Lévesque avait fait preuve en 1981, et proposer un mandat sans référendum. »

    Je me permets respectueusement de ne pas partager du tout cette affirmation.

    Ce fut au moins ex æquo avec la décision du gouvernement péquiste de ne pas saisir l’occasion idéale de ne pas tenir le référendum au printemps de 1977, la pire décision du gouvernement Lévesque que de mettre de côté son option et de solliciter un nouveau mandat en 1981.

    Un mandat assorti de l’obligation de ne rien faire.

    On ne refait pas l’histoire, mais il est permis de rêver.

    Imaginez le PQ maintenant son option et promettre un nouveau référendum lors de l’élection de 1981.

    C’eut été la défaite assurée, mais quelle défaite prometteuse !

    Claude Ryan premier ministre, le PLQ au pouvoir.

    Ils auraient mangé plein la gueule à la fois le rapatriement unilatéral de la constitution de Pierre Trudeau et la terrible crise économique qui força le gouvernement Lévesque à se retourner contre ses ouvriers de la première heure, les employés du secteur public et parapublic.

    Ne cherchez pas ailleurs la raison du faible OUI récolté dans la région de la Capitale nationale en 1995.

    1981, c’était la chronique d’une défaite annoncée en 1995: le PQ a troqué son option pour un mandat de gouvernement provincial complètement édenté.

    Tellement que 1981 a aussi amené le beau risque et l’illusion que le fédéralisme était réformable.

    Dirigé (?) par Pierre-Marc Johnson, cet apôtre de l’affirmation nationale qui, n’eut été le sursaut de plusieurs députés, aurait conduit le parti à son dernier repos, le parti en est venu à un cheveu de disparaître.

    Pierre-Marc Johnson qui ne jugea pas èa-propos de participer à la campagne référendaire de 1995.

    Il restait une chance au PQ, une dernière et elle s’appelait Jacques Parizeau.

    Monsieur Parizeau a pris un parti en ruines à tous points de vue, a effectué un travail de terrain comme seul Robert Bourassa avait été jusque là capable de le faire et a mené en 1989 une superbe campagne qui fut la résurrection de l’espoir.

    On connaît la suite.

    Je termine avec une citation plus que quarantenaire du député-ministre Marc Lalonde, bras droit de Pierre Trudeau, qui disait: «N’enlevez jamais l’espoir à vos adversaires car ils commettront des actes de désespoir.»

    Vouloir évacuer la question nationale de la prochaine élection de premier octobre 2018, voire des deux prochaines, c’est abandonner son droit d’aînesse contre un plat de lentilles et c’est aussi donner à celles et ceux de ma génération le goût de ne pas voter en 2018.

    Sur ce je vous souhaite une belle campagne au leadership.

    Merci de m’avoir lu.

    Norbert Morin

    P.S. Je n’ai aucun lien de parenté ou autre avec mon homonyme, député de la circonscription de Côte-du-Sud à l’Assemblée Nationale.

  2. J’ai fait court hier, c’était mon anniversaire.

    J’envisage m’abonner au Devoir pour six mois, et pour deux lecteurs potentiels; ça me ferais un troisième cadeau et à Sa coprop une nouvelle source de lecture et de mots croisés, minimum.

    Comme deuxième cadeau, je suis allé diner au Ciel en sa compagnie : cadeau bien ordonné commence par soi-même; je vous recommande, la vue est imprenable, sauf en cas de neige; il neigeait !

    Si vous m’en permettez une questionnable, si vous êtes Charlie j’ai confiance, je n’y ai pas rencontré de protagonistes des heaveynments de la semaine dernière. Je suis nul en dessin mais remarquable en humour.

    Trève de balivernes.

    Peut-être, …, n’ai-je pas acquis la capacité ’’de savoir quand il faut parler et quand il faut se taire’’. Marie-Claude Bertrand

    Ça s’applique aussi à l’écrit, je n’ai pas de mal à m’imaginer pour être un de vos plus précoces lecteurs ici et là. On ne parle plus de liberté d’expression, mais de volubilité tant à l’oral qu’à l’écrit. Je n’ai rien contre, la démocratie n’étant pas au fond le droit de vote, mais celui au débat public.

    Je dit ça de même après avoir lu le principe démocratie : Enquêtes sur les nouvelles formes du politique d’Albert Ogien et Sandra Laugier, 2014. J’y ai lu pour la première fois sur le concept de care comme outil de démocratie.

    Marie-Claude Bertrand dans un commentaire ci-avant en a retenu :

    Il est très intéressant de voir cette attitude de dire la vérité qui peut habiter l’humain courageux relève entre autres du care.

    « Le care est cette morale antiutilitariste … qui s’articule autour des « concepts de responsabilité et de liens humains » où les situations ne sont définies pas en terme de droit, mais selon la recherche d’un équilibre entre le souci de soi et le souci des autres. (…) »

    Ça va chercher …

    • Oui monsieur Lachance, cela va chercher si loin…à côté de chez nous!
      Qui dit vrai? Le ministre de la santé? Qui donne l’heure juste? Les omnipraticiens? De qui prennent-ils soin? Des citoyens? On peut en douter et beaucoup… À qui faire confiance en politique? Tout un défi! Je nous souhaite bonne chance pour travailler ensemble pour construire un Québéc libre!
      http://plus.lapresse.ca/screens/097e15b8-64a2-4d4e-9f36-21665df9500b|h3Q7fQP9oezH.html
      À lire aussi de Patrick Lagacé « Gaétan Barrette le maquilleur ».
      Marie-Claude Bertrand

  3. Monsieur Lisée vous vous confrontez à une majorité qui dans leur for intérieur n’en ont que faire de la franchise et qui sont fortement assuré de leurs bénéfices à cet égard. Les politiciens pour une bonne part manque d’authenticité et n’ont pas une vision claire de ce que le mot éthique engage. Ils louvoient entre les valeurs qu’ils annoncent et celles qu’ils pratiquent. Nous n’avons plus confiance dans nos institutions politiques et les politiques parce qu’ils ne sont pas authentiques.
    Que peut vouloir dire authenticité? Charles Taylor en dit : « Penser, sentir, juger à l’intérieur d’un tel cadre, c’est agir avec l’idée que certaines actions, certains modes de vie ou certains sentiments sont incomparablement supérieurs à d’autres qui nous sont plus aisément accessibles. »
    Dans l’histoire politique pour Machiavel, de même que pour Confucius, les qualités achevées du gourvernant sont considérées fondamentales. Pour eux, la force de l’institution repose sur cette capacité d’exemplarité, de représentation d’un idéal.
    Ces propos sont repris par des recherches récentes québécoises (Pauchant et Lahrizi 2009) qui démontrent qu’un leader éthique tente d’être authentique. Celui-ci, dans les différents contextes où il intervient, ne distingue pas dans ses actes ses valeurs personnelles et ses valeurs comme chef d’entreprise.
    Également, en ce qui a trait à la qualité de courage, en s’alignant sur le jugement du philosophe Foucault (2009), celui-ci exprime substantiellement l’importance que la personne courageuse apparaisse cohérente entre son agir et son dire. Cette attitude demande de se détacher des opinions et préjugés populaires, pour être transparent. La transparence est une valeur éminemment convoquée en ce moment dans nos univers politiques.
    « Celui qui pratique la libre parole dit en effet ce qu’il pense, mais surtout il “se lie à cette vérité, il s’oblige, par conséquent à elle et par elle”. Pour qu’il y ait libre parole, il faut que le sujet en disant cette vérité qu’il marque comme étant son opinion, sa pensée, sa croyance, prenne un certain risque, risque qui concerne la relation même qu’il a avec celui auquel il s’adresse. » .
    Il est très intéressant de voir cette attitude de dire la vérité qui peut habiter l’humain courageux relève entre autres du care.
    « Le care est cette morale antiutilitariste … qui s’articule autour des « concepts de responsabilité et de liens humains » où les situations ne sont définies pas en terme de droit, mais selon la recherche d’un équilibre entre le souci de soi et le souci des autres. (…) »
    Je nous souhaite comme société québécoise libre de retrouver cette valeur qui nous permettra de collaborer tous ensemble en toute confiance avec l’autre. Merci, monsieur Lisée de votre tentative courageuse d’incarner votre vérité, tout en prenant soin de nous par votre recherche d’humanisme. Et c’est pour cela que je voterai pour vous.

    1) C . TAYLOR. (1998). « Les sources du moi… » p. 36
    2) T. PAUCHANT et F.-A. LAHRIZI. (2009). Élever l’éthique dans les organisations : le témoignage de leaders d’avant-garde, Éthique publique (en ligne), vol. 11, no 2,
    3) M. FOUCAULT. Le courage de la vérité. Le gouvernement de soi et des autres II. Cours au Collège de France, 1984, Gallimard/Le Seuil. « Hautes Études »; rééd. 2009 p.12
    4) C. FLEURY. (2010). « La fin du courage » p 137-137

    Marie-Claude Bertrand

  4. Merci monsieur Lisée de nous faire connaître vos idées claires, nettes et bien structurées. Nous avons besoin de gens de votre qualité et de votre expérience en politique. C’est toujours intéressant de vous lire et nous souhaitons avoir d’autres occasions de le faire.

  5. Le pays a besoin d’un chef énergique et crédible, d’une franchise à toute épreuve sur le projet d’indépendance, dévoué dans l’approche ingrate de la laîcité, tenace vis-à-vis des pollueurs, sans peur dans l’éducation qui tue la pauvreté et la maladie ferme sur l’approche d’un enrichissement par nos ressources et notre position stratégique dans le centre de l’autre pays…

    Il faudra un gros mélangeur pour contenir toutes les têtes présentes dans la course… et un gros flash pour réveiller ce peuple qui salue le démantèlement actuel.

  6. Votre franchise est super nécessaire pour vous et pour animer le débat,sinon on ne se renouvellera pas,et il faut se renouveler,sans faute. C’est vital.
    Bravo et merci.

  7. Restez ce que vous êtes: fécond, fertile, infatigable énonciateur de multiples hypothèses, militant inattaquable, intellectuel de haut niveau. Rien n’est médiocre dans toutes vos actions.
    Pierre Bonenfant

  8. Avec tout le respect que je vous dois, monsieur Lisée, le droit acquis…

    Si porter un voile est (ou était) une obligation de nature essentiellement religieuse et en aucun cas politique, il ne paraît pas très logique de l’autoriser à une partie seulement des personnes visées, en fonction de droits acquis en des jours où le symbole attaché à ces signes religieux n’était pas ce qu’il est aujourd’hui.

    Or, le port du voile semble facultatif même parmi les musulmanes pratiquantes. En quoi une employée en fonction pour l’État jouirait-elle d’un droit de porter l’emblème de son appartenance à une religion et une idéologie qui est mondialement associée par ses plus fervents adeptes à des valeurs et ambitions foncièrement et irrémédiablement contraires aux nôtres et à des crimes honteux et lâches? Si je fais un «amalgame inapproprié» (selon Philippe Couillard) c’est que «allah akbar» et« le prophète est vengé» avec une AK 47 dans les mains ne me semble pas une combinaison très appropriée qui mérite qu’on considère comme un droit acquis de pouvoir s’y associer, même symboliquement.

    • Associer le port du voile par les femmes déjà employées au service de l’État au brandissement d’un AK-47 par un illuminé criant Allah Akhbar!… il faut le faire.
      Mais ce genre de commentaire est exactement ce qu’il faut pour faire hésiter ceux qui ont délaissé le désir de l’indépendance à revenir au bercail.
      Si c’était là votre intention, bravo, vous avez pleinement réussi.

  9. Faire de la Politique Autrement !
    Voilà l’objectif poursuivi par JFL. Bien évidemment en raison du fait qu’il n’a pas la langue de bois et que comme certains il ne protége pas ses arrières, ses propos dérangent. Mais son message doit être entendue. Autrement, à quoi servirait une course à la chefferie ? Malheureusement si la tendance se maintient l’on pourrait assister au couronnement de PKP, un chef sans expérience politique, dont le programme demeure inconnu et pour qui les débats ne semblent pas être sa tasse de thé.

    Partant delà, comment dans le contexte, expliquer que des grands démocrates comme Bernard Landry et d’ex ministres et députés accordent leur appui à PKP ? Le rêve du Messie qui n’aura pas nécessairement la vie facile. Faut-il rappeler le traitement injuste accordé à Lucien Bouchard qui a mené le Québec si prés de son indépendance sans omettre la démission de Bernard Landry à la suite d’une évaluation non satisfaisante.

  10. « Et je pense aussi qu’il faut réhabiliter la franchise en politique. Pour l’instant, elle est mal-aimée ».
    Il est étrange qu’un analyste politique aussi intelligent et aussi fin que vous se soit fait prendre dans les filets du realpolitik. Quand vous avez, très justement, fait remarqué que PKP ne pouvait pas décemment, garder ses parts dans Québecor, nous sommes plusieurs à avoir pensé que c’était arrangé avec PKP avant que ça n’explose au PLQ et à la CAQ, (laissons QS). On dit PKP rancunier, il n’est pas assez bête pour se passer longtemps. de votre connaissance de la politique québécoise, canadienne et internationale, mais jusqu’à la chefferie n’attendez rien de lui. Et comme ses opposants actuels ne sont pas direct-e-s comme vous, il recevront plus de suffrages que vous des membres du PQ qui sont acquis-e-s à PKP si deuxième tour. Quand vous avez annoncé que vous auriez voté contre la Charte, les gens ont entendu que vous étiez contre la Charte. Peut-être auriez vous pu dire haut et fort, » je suis pour la Charte, il faut une charte mais j’aurais eu beaucoup de mal à la voter si l’on n’y avait ajouté une (bienvenue) clause grand-père ». Il était possible encore de l’ajouter. Si Mme Marois et ses bizarres conseillères et conseillers d’alors, (nous savons que vous n’y étirez pas) n’avaient pas poussé aux élections avant le vote d’une Charte légèrement modifié avec la CAQ, la clause grand-père aurait pu y être inscrite. Nous n’avons ni Charte ni clause grand-père. Drainville vient de vous couper l’herbe sous le pied en annonçant qu’il la proposerait dans sa nouvelle mouture de projet de loi. Bien des grands hommes politiques ont traversé le désert avant de revenir en force au pouvoir. Peut=être serait-il sage que vous vous retiriez en publiant les deux mille signatures. Vous en sortiriez grandi alors que s’il y a déconfiture comme cela semble se profiler, vous auriez du mal à revenir à la surface. Vous êtes indispensable au mouvement souverainiste.

  11. Texte intéressant. Je le trouve explicatif et franc. Je le trouve assez loin de la stratégie et du calcul. Peut-être devrions nous réfléchir, échanger des idées, partager au lieu de calculer, supputer et tergiverser.
    Le problème c’est qu’il faut être en mode solution, et cela à court terme, car le PQ porte tout le poids de cette stratégie du vide qui n’ a rien donné sinon que de rendre caduque le débat du statut du Québec.
    Il faut trancher entre l’approche dite du beau risque et de refaire le débat de notre meilleure place dans ce pays ou de foncer droit devant avec l’approche dite de l’absence de compromis. Reprendre là où il aurait fallu agir soit après la défaite de 1995.
    Votre position comme celle de M.Drainville devrait être plus clair et affirmer haut et fort qu’il s’agit d’un beau risque. Celle de PKP ne va pas dans le même sens pour l’instant..Soyez visionnaire dans votre approche sur la question nationale comme vous l’êtes dans votre réflexion sur les autres enjeux.

  12. J’ai lu votre lettre dans le Devoir de ce matin. Il faut absolument, pour contrer le Lisée-bashing, que vous soyez lu et entendu ailleurs que sur votre blogue. J’espère que c’est un commencement

  13. Bravo et merci, M. Lisée. J’ai encore quelques heures à vous confier, à vous et à ce projet de société, pour faire bouger les choses.

  14. Franchise en politique: oui!

    Courage et lucidité en politique: encore oui!

    Ce,autant en politique fédérale qu’en politique provinciale!

    Hélas! Nous n’y sommes pas encore.

    Vivement des élections fédérales en 2015.

    Je milite sans cesse pour les intérêts de la Terre.

  15. Attendez au printemps! La pauvreté s’installe de plus en plus! Et puis, comment commencer à croire aux politiciens alors qu’ils n’ont pas le courage ou la capacité d’aller chercher l’argent où il se trouve! Parce qu’ils les servent et succombent à leur lobbying. Ces banques à qui il faudrait leur ordonner de briser cette dette. Et la réflexion peut continuer. Qui les politiciens servent-ils?

  16. Je pense que c’est la nuance qui est la plus mal-aimée dans notre ère. Je suis ce vent d’impopularité que vous subissez et je suis sidérée. Cela m’a beaucoup surprise que l’on vous recommande d’en dire le moins possible, afin que l’on puisse projeter sur vous tous nos idéaux.

    Être franc entraine souvent la nuance. Et la nuance n’a pas la cote. C’est exigeant recevoir d’une personne une idée nuancée. Ça fait travailler les méninges. Ça prend plus de temps et d’effort. Par exemple, quand je vous ai entendu dire (et lu dans votre livre Journal), oui, à la charte mais en y ajoutant une clause de droit acquis. J’ai lu des analystes politiques, pour qui le travail c’est la nuance : « bon, ça y est, Lisée change d’idée » quand ce n’était pas un changement d’idée que d’apporter une nuance. La majorité des électeurs se plaignent, c’est dommage la ligne de partie, elle empêche de nuancer avec son « tout ou rien ».

    Vous vous proposez comme chef de parti et on vous demande de tenir encore la ligne de parti ! C’est mal vu de dire que vous voulez apporter une nuance à la charte, respectueuse des droits acquis.

    C’est là qu’est venue ma déception personnelle. Du citoyen peu politisé, qu’il n’ait pas de temps pour la nuance, qu’il veuille du simple et facile à consommer, à la rigueur, oui. Mais des analystes qui disent, ça y est, Lisée change d’idée … (soupir).

    Je désire un politicien franc, je désire un politicien nuancé, je désire un homme tel que vous. Voilà. Même avec l’exercice de méninges que ça entraine.

  17. La franchise fait rarement partie dans le monde politique, vous avez la mérite de la proclamer. Un exemple à ne pas oublier la nuit des couteaux à Ottawa a demontré que la franchise et la sincerité fait payer cher à ceux qui en croient.

    Sur la Charte, les évenements récents en France démontre l’urgence d’une charte au Québec car le Canada est evenu une cible à cause de l’aveuglement de Harper de supporter Israel et combattre le terrorisme loins de nos frontiers.

    On devrait avoir plus de politiciens de votre caliber qui dissent ce qu’ils pensent, mais vous n’irait pas loin dans l’arène politique actuel.

    Bonne chance.

  18. Vous savez, Monsieur Lisée, je crois que votre parti aurait beaucoup plus de chance de se remettre à flot en vous élisant comme chef que ce fantôche de PKP. En fait, je trouve sain que vous disiez en terme simple votre critique sur le gouvernement Marois antérieur: charte et pétrole. Mais, ne vous faites pas d’illusion, mon opinion est celle d’un vieux militant de gauche, socialiste et critique sur les orientations socio-économiques de votre parti. En plus, en raison de mon âge, rien n’assure si je serai là pour voter aux prochaines élections.
    En fait, si j’avais un conseille à vous donner et qui vous permettrait de prendre la tête de votre parti et même de devenir un futur premier ministre, ce serait de revoir d’un oeil tout à fait neuf ce que pourrait être le Québec de demain! Vous voulez que la jeunesse prenne la relève! Alors, présentez des projets pour construire une « économie » qui fasse appel à l’innovation, qui soit inclusif, qui respecte l’environnement…. créons des emplois, transformons , créons de la technologie, oeuvrons nous-mêmes pour exploiter et protéger nos ressources au lieu de les confier aux capitaux étrangers! Bref, osons au lieu de se replier sur une économie frileuse d’austérité dont le seul avantage est de protéger les capitaux énormes de la grande entreprise et du secteur financier.
    Bref, si vous désirez vraiment que votre parti reprenne la direction du pays, il faut offrir à la population du 21ième siècle de nouveaux horizons et cesser de répéter ce que déjà proposent les libéraux et les caquistes! Après 30 d’échec où les partis au pouvoir appliquent les formules rétrogades du néolibéralisme, il est temps de penser et de passer à une autre approche! Sinon, oubliez l’intérêt que pourrait vous prêter les jeunes générations…

  19. Je préfère une idée qui anime, un discours qui me fait avancé qu’à une ligne de parti qui me rend muet sur mon avenir.

  20. Bonjour M Lisée
    J’espère que vous comptez continuer à laisser la langue de bois de côté. Je crois ne pas être le seul à avoir remarqué que votre séjour au gouvernement a été très néfaste à votre libre parole et je pense que c’était une petite trahison envers vos électeurs. J’espère que vous aurez bien appris de cet écart. Restez conscient que peu importe ce que vous en dites présentement, ce n’est que lors de votre retour dans un éventuel gouvernement péquiste que nous pourrons juger de la sincérité de votre repentir. Il vous appartiendra à ce moment de rester la personne intègre que vous dites être en ce moment, ce que je souhaite ardemment, ou de basculer pour toujours du côté des pourris-sales-double-face-politiciens-de-métiers-qui-vendraient-leur-mère-pour-rester-au-pouvoir.

    Dans un deuxième temps, je souligne la justesse de vos propos quant à la distance qu’à pris le PQ d’avec la société dans lequel il évolue. Pour vous aider à aller plus loin dans votre démarche, je vous invite à retourner dans votre passé d’analyste lors de la dernière campagne fédérale. Vous y aviez alors identifié le « patient zéro » lors d’une émission de Tlmep. Je vous suggère d’avancer maintenant à votre dernière apparition à cette émission où vous étiez en présence de ce même Mike Ward. Son discours était tout aussi empreint de cette banale généralité caractérisant l’air du temps et mérite que vous vous y attardiez, avec votre esprit d’analyste svp.

    Pour finir, je mettrai l’emphase sur la question nationale où malheureusement peu de gens semblent voir et comprendre l’état de la situation. Le contexte actuel est que beaucoup de chemin a été accompli, beaucoup d’institutions ont été créées, qui font en sorte que les Québécois d’aujourd’hui se sentent en premier lieu… Québécois! Je pense que cela explique la relative mollesse dans le désir souverainiste des gens en ce début de millénaire. Personne ne se reconnait dans le vieux discours indépendantiste parce que ce vieux discours indépendantiste ne reconnait pas la réalité actuelle qui est qu’une importante partie de la souveraineté est déjà accomplie. Au lieu de mettre l’emphase sur le projet général, il faut mettre de l’avant les grands bouttes qui restent (rapatrier des points d’impôt et des pouvoirs, se doter d’une constitution, continuer de créer des institutions importantes québécoises, etc.)
    Rassemblez les Québécois de toute origine autour de la nécessité de prendre nos décisions et d’avoir les outils nécessaire à notre épanouissement national.

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