Le Québec et le pétrole : pour une position claire, cohérente, verte

La politique du Québec envers le pétrole doit être sans équivoque et fondée sur trois principes :

  • Faire du Québec une nation exemplaire dans l’effort planétaire de notre génération pour éviter la catastrophe humaine, écologique et économique qui serait provoquée par le réchauffement climatique;
  • Engager le Québec dans une transition écologique visant à réduire graduellement puis éliminer l’utilisation du pétrole et autres hydrocarbures.
  • Affirmer que le Québec, actuel ou indépendant, doit avoir le dernier mot en matière de production ou de transport d’hydrocarbures sur son territoire.

Ces principes nous conduisent à prendre des positions fortes sur plusieurs dossiers d’actualité concernant le pétrole et les hydrocarbures, ceux présents sur le territoire québécois et ceux qui transitent ou comptent transiter par notre territoire.

Après consultation d’experts, de collègues et de nombreux citoyens, militants et membres de ma campagne, je prends, comme candidat à la direction du Parti québécois, les engagements suivants :

1 . La transition écologique et les hydrocarbures québécois

Le Parti québécois devrait développer à temps pour l’élection de 2018, avec tous les partenaires intéressés au développement durable au Québec et en s’inspirant d’exemples internationaux, un plan et un calendrier de transition vers un Québec sans pétrole.

Ce plan intégrerait notamment l’écofiscalité, dont des bonus-malus à l’achat de véhicules, la mobilité durable, l’émergence d’énergies de remplacement, le bâtiment vert et l’aide à l’innovation environnementale.

Pendant la période de transition, la question de l’exploitation de gisements de pétrole et de gaz existants sur le territoire québécois devrait répondre à plusieurs impératifs, cohérents avec les principes énoncés ci-haut.

Une question centrale déterminerait nos décisions :

L’exploitation de pétrole ou de gaz québécois qui remplacerait, pendant la transition, le pétrole et le gaz importés générerait-il, depuis l’exploitation jusqu’à la consommation, plus ou moins de gaz à effet de serre (GES), que le pétrole ou le gaz importés ? Laisserait-il une empreinte écologique plus ou moins importante ?

Si le pétrole ou de le gaz québécois produit moins de GES et laisse une plus petite empreinte écologique que le pétrole importé, on peut envisager son exploitation. Sinon, cette exploitation serait en contradiction avec nos objectifs généraux de lutte aux changements climatiques.

Le Bureau d’audience publique en environnement (BAPE) aurait pour mission de développer une expertise spécifique pour les hydrocarbures et serait appelé à faire ces évaluations.

Cependant nous savons déjà que plusieurs gisements existants ou présumés au Québec ne répondent pas à ces critères.

a) La fracturation hydraulique

Dans l’état actuel de nos connaissances, la fracturation hydraulique comporte pour nos napp.es phréatiques, donc pour nos réserves d’eau potable, un risque inconsidéré et potentiellement irréversible. C’est le cas, quelles que soient les avantages économiques qu’on pense pouvoir en tirer.

Je propose donc d’imiter l’Assemblée nationale française, l’Allemagne et d’autres élus qui ont, de l’Espagne jusqu’au Texas, interdit toute fracturation hydraulique sur notre territoire. Si un jour une nouvelle technologie permet l’exploitation de ces ressources sans risque pour l’environnement et avec une émission de GES moindre que les hydrocarbures importés, alors une nouvelle discussion pourra avoir lieu et les autres variables, favorables et défavorables, pourront être examinées. Pas avant.

b) Le cas Anticosti

La fracturation hydraulique est la seule méthode proposée pour explorer l’été prochain, puis exploiter le cas échéant le pétrole qui dort sous l’île d’Anticosti. L’interdiction générale que je propose concernant la fracturation s’appliquerait donc aussi dans ce cas, mais n’est pas la seule raison justifiant une opposition au projet.

Dans l’état actuel de nos connaissances, le pétrole d’Anticosti, s’il existe en quantité significative, ne peut être exploité sans utiliser une grande quantité d’énergie pour son pompage, puis sans brûler dans l’atmosphère une quantité significative de méthane, qui produit à lui seul 25 fois plus de gaz à effet de serre qu’un volume équivalent de carbone.

Il est probable que plusieurs milliers de puits, donc plusieurs milliers de torchères au méthane, soient nécessaires pour obtenir le pétrole en quantité économiquement satisfaisante.

Chacune de ces conditions d’exploitation contrevient aux principes édictés plus haut.

Cette exploitation de ce qui est appelé avec raison le « pétrole extrême » met à risque la réserve d’eau potable, augmente nos émissions de gaz à effet de serre,  détruit un espace naturel dont nous avons la garde pour les générations à venir.

Je proposerais donc, pour Anticosti, la fin immédiate de l’exploration et la tenue d’un Bape pour nous éclairer sur les données actuellement connues, sans plus.

c) Le cas Old Harry

Notre connaissance du potentiel pétrolier de Old Harry, au large des Îles-de-la-Madeleine et de Terre-Neuve, est encore fragmentaire. Nous savons cependant qu’un déversement, semblable à celui qui a eu lieu dans le Golfe du Mexique, y serait beaucoup plus dommageable car le fond marin est plus élevé, la zone de déversement plus restreinte et les eaux plus froides.

De plus il est probable que le pétrole et le gaz potentiellement présents dans le gisement soient davantage producteurs de GES que le pétrole en ce moment importé au Québec depuis la Mer du Nord ou l’Algérie. Il semble acquis que l’empreinte écologique et le risque écologique de Old Harry soit plus élevé que ceux du pétrole importé.

Il me semble par conséquent peu probable que l’exploitation de ce gisement, dans l’état actuel de nos connaissances, soit cohérent avec les positions de principe qui doivent guider notre action.

Un argument invoqué est à l’effet que Terre-Neuve pourrait décider d’exploiter son segment de Old Harry, obtenir ainsi un gain économique, tout en faisant peser un risque écologique réel sur le golfe du Saint-Laurent. Certains affirment que cela justifierait le Québec d’imiter Terre-Neuve et d’exploiter son propre segment de Old Harry.

Cet argument est fallacieux. D’abord il n’est pas acquis que le gisement est d’un seul tenant et que l’exploitation terre-neuvienne siphonnerait le pétrole de propriété québécoise. Dans le cas de figure où Terre-Neuve irait de l’avant avec son exploitation, notre décision de les imiter, donc de doubler l’exploitation, donc d’augmenter les GES, puis de doubler le risque environnemental, n’est pas cohérente avec nos objectifs premiers.

Il est préférable, en ce cas, d’exiger de Terre-Neuve qu’il assume les risques environnementaux, y compris pour les impacts potentiels côté québécois.

d) Le pétrole de Gaspésie

S’il existe sur le territoire québécois des gisements de gaz et de pétrole conventionnels, dont l’exploitation génère moins de GES et d’empreinte écologique que le gaz et le pétrole importés, leur production devrait être autorisée.

Cela semble être le cas pour le pétrole trouvé en Gaspésie. En ce cas, l’exploration et l’exploitation doivent se faire dans le respect des bassins versants et de la nappe phréatique, selon les dispositions, parmi les plus sévères en Occident, proposées par le dernier gouvernement du Parti québécois.

  1. Le pétrole qui transite par le Québec

Le Québec est devenu, en quelques années, un lieu stratégique pour l’exportation de pétrole provenant de l’Ouest canadien, principalement des gisements de sables bitumineux, parmi les plus polluants au monde.

Les producteurs de ce pétrole ne participent pas à un marché du carbone et ne paient donc pas le juste prix pour l’impact environnemental de leurs considérables émissions de GES, pour ne rien dire de l’empreinte écologique colossale laissée sur les territoires exploités et affectant les populations locales, y compris des Premières nations.

Le pétrole provenant de l’Ouest canadien traverse actuellement le Québec par rail, avec une augmentation fulgurante des volumes et des risques, comme on l’a vu à Lac Mégantic et ailleurs en Amérique du nord. Son exportation suscite également une forte augmentation du trafic maritime de superpétroliers sur le Saint-Laurent. Une partie de ce pétrole s’acheminera sous peu dans le pipeline d’Enbridge, pour transformation et consommation québécoise.

Puis il y a le méga-projet de pipeline Énergie Est, de Transcanada, qui traverserait le Québec pour embarquer ensuite le pétrole par bateau au port de Cacouna, et pour approvisionner les raffineries Irving au Nouveau-Brunswick.

Ces transits sont problématiques à plusieurs égards. Plutôt que de proposer des solutions à la pièce il convient de revenir aux trois principes évoqués plus haut.

a) Le pouvoir québécois de décider

Dans tous les cas – rail, bateau et pipeline, pour transit, transformation ou importation – le Québec doit affirmer sa capacité d’émettre ou de refuser d’émettre des permis de transit s’il juge que le risque environnemental est trop grand.

Dans l’état actuel de nos connaissances concernant le pipeline Énergie Est de Transcanada, et sa volonté de traverser plusieurs cours d’eau, dont le Fleuve Saint-Laurent, avec des techniques nulle part éprouvées, puis sa volonté d’établir son port d’exportation à proximité d’une pouponnière de Bélugas, le projet est, à sa face même, en contradiction avec nos principes de prudence environnementale, pour ne rien dire de l’exigence d’acceptabilité sociale.

En tant que candidat, je m’y oppose formellement.

Le Québec devrait également se réserver le droit de limiter et, le cas échéant, d’interdire non la totalité mais certains transits par rail ou par bateau si les conditions de transit excèdent ses exigences de prudence environnementale.

b) Poser des conditions

Pour ce qui est des volumes d’hydrocarbures autorisés, pour transit, importation ou transformation, le Québec devrait poser les conditions suivantes :

Les entreprises pétrolières devront verser au gouvernement québécois, pour chaque baril ou équivalent, une somme calculée selon trois critères :

  1. Le prix au marché pour chaque tonne de carbone émise lors de la production de l’hydrocarbure, si ce prix n’a pas déjà été payé par l’émetteur au point d’origine. (L’Alberta n’a pas de marché du carbone, devrait donc payer. Le pétrole de Mer du nord est assujetti à une taxe carbone.)

Les sommes ainsi récoltées seraient versées au Fonds Vert du gouvernement du Québec, et utilisé pour la transition écologique, notamment mais non seulement pour les politiques d’efficacité énergétique et une robuste politique d’électrification des transports.

  1. Une contribution à un Superfond québécois pour défrayer les coûts de déversement potentiels et autres impacts écologiques;

Les sommes accumulées dans le Superfond seraient principalement investies dans des entreprises québécoises vertes. Le rendement du fonds serait versé au Fonds Vert.

  1. Une compensation pour le Mal Hollandais. L’augmentation de la production pétrolière canadienne exerce une pression à la hausse sur la valeur du dollar canadien, devenu pétrodollar. La surévaluation du dollar canadien détruit l’emploi manufacturier québécois et nuit à notre économie. Un tarif compensatoire serait donc imposé, par baril ou équivalent, au pétrole canadien transitant sur notre territoire. (Jusqu’à ce qu’un Québec indépendant adopte sa propre devise.)

Le fruit de ces compensations serait versé dans les outils de soutien au secteur manufacturier québécois, à l’innovation, à la hausse de la productivité dont la formation et aux programmes de soutien à l’exportation.

Une autre condition serait posée, en ce qui concerne la sécurité d’approvisionnement du Québec pendant la période de transition énergétique. Ainsi, en cas de rupture d’approvisionnement en pétrole pour le Québec, les entreprises dont les hydrocarbures transiteraient par le Québec serait tenues de répondre aux besoins québécois.

Conclusion

Cet encadrement strict des hydrocarbures au Québec ne constitue qu’un aspect – mais peut-être le plus urgent – de la politique écologique que j’entends proposer, comme candidat, pour faire du Québec une nation exemplaire en cette matière.

Notre parti a trop souffert, ces dernières années, de politiques écologistes parfois excellentes, parfois contradictoires.

Il me semble essentiel d’insérer l’ensemble de nos actions dans un cadre général clair, volontaire et désinhibé, d’abord sur la question du pétrole, ensuite, sur l’ensemble des questions environnementales.

J’estime que le Parti québécois doit afficher son caractère progressiste, écologiste, humaniste et indépendantiste.

J’invite ceux qui partagent cet objectif à se joindre à ma campagne.



23 réflexions au sujet de « Le Québec et le pétrole : pour une position claire, cohérente, verte »

  1. J’estime que le Parti québécois doit afficher son caractère progressiste, écologiste, humaniste et indépendantiste.

    Progressisme, Écologisme, Humanisme et Indépendantisme font PÉHI comme acronyme qui se prononce …

  2. Je ne suis pas en faveur du développement des hydrocarbures. La ville de Quito proposé à la communauté Européenne la non-exploitation de ces hydrocarbures.

    Le président Rafael Correa a proposé de ne pas exploiter le pétrole du sous-sol de la plus grande réserve mondiale. En échange, il demande une compensation financière.

    C’est l’un des projets écologiques les plus novateurs jamais proposé par un pays producteur de pétrole. En 2010, le président de l’Equateur, Rafael Correa, « a présenté officiellement son projet dans le cadre de la Conférence mondiale sur les droits de la nature et sur le changement climatique, organisée à Cochabamba en Bolivie. Il s’agit de l’initiative Yasuni ITT. Au nom de la préservation de l’environnement, le leader socialiste Correa est prêt à renoncer à l’exploitation d’un nouveau gisement d’or noir découvert dans une des dernières parcelles sauvages du parc national du Yasuni, situé en pleine jungle amazonienne. Un Eden tropical qui pourrait renfermer jusqu’à 850 millions de barils, soit 20% des réserves en hydrocarbures du pays.

    L’objectif: ne pas contaminer ce poumon vert de 100 000 hectares, classé par l’Unesco comme la plus grande réserve mondiale de la bio­sphère. Selon une étude faite par des naturalistes internationaux, ce parc est un joyau de la biodiversité: 2274 espèces d’arbres recensées, 567 d’oiseaux, 80 de chauves-souris, 10 de primates, 105 d’amphibiens et plus de 100 000 espèces d’insectes à l’hectare! Un record. Mais c’est aussi le refuge de deux peuples indigènes qui vivent en isolement volontaire – les Tagaeri et les Taromenane – et de plusieurs milliers d’Indiens Huaorani.

    Evidemment, la conservation du parc Yasuni n’est pas gratuite. L’Equateur demande à la communauté internationale une contrepartie financière équivalente à la moitié de ce que l’exploitation pétrolière lui aurait rapporté. Une jolie manne financière estimée à 7,5 milliards de dollars, selon les experts. «Ce ne sont pas des aides ou des subventions que l’on demande aux pays riches, tient à préciser Tarcisio Granizo, sous-secrétaire d’Etat au Ministère du patrimoine équatorien. On fait appel à la responsabilité partagée. Les pays développés doivent leur expansion en partie à la destruction des ressources naturelles. Aujourd’hui, nous les invitons à participer à la préservation de la planète.» Car la non-exploitation permettrait aussi d’éviter l’émission dans l’atmosphère de 410 millions de tonnes de CO2.

    Le principe est simple: les pays riches sont invités à déposer une quantité d’argent sur un compte bloqué, géré par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). On parle de 350 millions de dollars durant dix ans. L’Equateur utilise les intérêts générés par le compte-capital et s’engage à les investir dans quatre domaines: changement du modèle énergétique (énergies renouvelables), conservation des zones protégées, reforestation, développement social durable dans l’Amazonie.

    Cela fait réfléchir pas mal, quand on connait les désastres écologiques que peut engendrer un développement énergétique aussi polluant que le pétrole ou le gaz naturel. Nous sommes assis sur une filière verte depuis l’électrification du Québec et sommes encore incapable de présenter des alternatives viables pour notre propre avenir en termes d’énergies. Il faudrait voir ce qui se fait ailleurs avant de s’avancer dans ce domaine.

  3. Merveilleux plan. Comment allez-vous faire avec l’Accord transnational que vous avez signé? Des droits qui appartenaient à la Nation sont maintenant transférés aux compagnies. Quand elles vont vouloir s’implanter ici, il faudra qu’on se batte à l’infini avec elles, et pour finir elles vont nous poursuivre en vertu de ce très génial accord qui créé une législation supranationale en faveur des multinationales. Je pense qu’une bonne partie de la «souveraineté juridique» du Québec a coulé dans le caniveau lorsque cet accord a été signé.

    On s’en rendra compte peu à peu. Au rythme des poursuites engagées par les grandes compagnies contre les villes/villages et contre le gouvernement. À la faveur des multinationales et à la défaveur des citoyens et de la Nation, il va sans dire.

    Ce «traité» a été tenu loin du regard public. Plan opacité. Aucune ou très peu de transparence. Ni explications adéquates pour permettre un débat citoyen, ni débat qui suive les non-explications, évidemment. C’était pas pensé pour qu’il y en ait un. On s’est fait livrer pieds et poings liés à ces rapaces de la pire espèce qui n’hésitent jamais à forcer les citoyens à accepter leur présence et leur saccage. On pourrait comparer leur comportement habituel au viol. Le consentement, la volonté et la sécurité des citoyens est les DERNIER de leurs soucis. La pétrolière Gastem qui poursuit en ce moment Ristigouche, petit village de Gaspésie pour défendre son «droit» de polluer l’eau des habitants, nous en donne un exemple éloquent.

    Ce n’est pas le premier. Il y a eu les méga-porcheries qu’André Boisclair préférait aux citoyens qui tentaient par tous les moyens de faire valoir le simple fait qu’il n’en voulaient pas dans leurs villages. Est-ce qu’on aura un jour plus d’informations sur l’ampleur du désastre concernant la perte de nos droits comme citoyens et comme entité politique qui résulte de cet accord?

    Le déficit de démocratie est surréel. Quand les gens arrivent au pouvoir, on dirait qu’ils n’ont plus aucun sens de la gravité potentielle des implications découlant des «décisions de parti». Ha…, ça va juste annuler des droits citoyens et nationaux pour les transférer aux multinationales? Un détail. Elles vont être gentilles, respectueuses et responsables. Elles sont connues pour ça les multinationales. Tout le monde le sait. Aucun acharnement juridique quand elles veulent quelque chose. Et aucun budget non plus pour s’acharner sur les populations, les administrations et la Nation elle-même.

    En attendant le déploiement graduel du désastre, et/ou plus d’informations sur QUELS droits citoyens et nationaux ont été abandonnés aux grandes compagnies, je me demande bien comment vous pourrez faire pour vous battre contre les clauses que vous avez signées. Car pour un Québec vraiment vert, c’est ce qu’il faudra faire de plus en plus souvent si j’ai bien compris.

    • C’est pour combattre de tels excès que Solon a posé les bases de la démocratie il y 26 siècles. C’est pour Cela que les Templiers ont été brisés et que Luther s’est fâché. Chaque génération doit repousser les loups qui n’attendent qu’un moment de distraction pour tout dévorer. Nos politiciens semblent avoir perdu le sens historique de leur fonction. Elle semble être devenu une fonction personnelle aussi capricieuse que peuvent l’être les caractères individuels. Hélas! Les ogres ont vidé les champs de leurs récoltes, ils s’activent à vider les greniers et les gouvernements en s’attaquant aux fonds de pensions et les services sociaux vident eux-mêmes les frigos sans vraiment connaître la portée véritable de leur gestes et décisions puisqu’ils semblent n’en avoir qu’une vision toute personnelle. Ils semblent défendre un monde dont ils n’appréhendent qu’une facette à la fois. Désolant! Les médias se plaignent souvent de l’individualisme des citoyens, pourtant l’individualisme le plus menaçant selon moi est celui de ceux là même qui ne devraient pas avoir droit à exprimer leur individualisme puisqu’ils se prétendent au service de tous. Tellement égarés qu’il acceptent venant du capital ce que le capital n’accepterait jamais qu’on lui impose. Tellement égarés qu’ils croient que l’état providence rend le citoyen irresponsable alors qu’en fait c’est la complaisance règlementaire en favorisant un environnement d’affaire mou qui a fragilisé le tonus du système économique qui a la vie beaucoup trop facile. Re-hélas!

  4. Le Devoir nous apprend aujourd’hui que Philippe Couillard ferme définitivement la porte à une évaluation des impacts du projet Energie-Est sur la production de GES. Comme quoi le premier ministre albertain Jim Prentice ne se sera pas déplacé pour rien!

    On y apprend également que l’Office National de l’Énergie (ONE) n’étudiera évidemment pas cette question car je cite: « les projets qui engendrent des gaz à effet de serre sont réglementés au niveau provincial ».

    Bref, c’est maintenant bar ouvert pour toutes les pétrolières au Canada…

    • Faut bien être médecin de très mauvaise foi pour prétendre que l’air qui entre dans les poumons vicié n’a aucun effet sur le reste du corps!
      Hélas!

  5. Bonjour mr. Lisée, par curiosité, es-ce que vous êtes un député exemplaire et avez rejoint les électro-mobilistes en roulant en auto électrique ou vous êtes toujours un consommateur de pétrole?

    • J’aimerais être électro-mobile, mais pour l’instant je n’ai trouvé aucune minivan pouvant transporter tous mes enfants qui soient offerte en version hybride ou électrique. Mais j’ouvre l’oeil !
      jf

  6. Bravo monsieur Lisée, j’adhère à votre politique sur le pétrole. Ça me permet d’entrevoir l’avenir avec optimisme. Pensons maintenant à la prochaine étape : à quand un Montréal et ses banlieues quadrillées par un réseau tentaculaire de transport en commun, à quand des voies sécuritaires, réservées pour tout ce qui est alternatif à l’automobile ?

  7. Excellent !
    Merci M. Lisée,
    Maintenant, je suis mieux renseignée sur la situation globale du Québec face au grave problème concernant l’environnement et le pétrole. Votre information ajourne une connaissance qui me permet de questionner les choix à faire pour moderniser besoin- milieu. Autour de moi, c’est une question qui revenait bien souvent. On se demandait qu’elle était votre position face à ce grave problème concernant l’environnement .C’est maintenant clair. Et je vous en suis très reconnaissante. Souhaitons-nous bonne continuité.
    Bernadette Martin

  8. Wow! Content d’avoir signé ton bulletin de candidature sius conditions ecolos et souhaite que le futur Réseau d’écologistes pour l’indépendance du Québec (RÉPI-Quebec) te supporte en temps et lieu avec Martine Ouellet.

  9. Je suis content de voir la verdure de votre propos et j’irais même à souhaiter que le « pipeline » passe par les U.S.A. et non sur votre territoire pour rejoindre Saint John.

    • Je souhaite encore mieux. Puisque de faire passer le pipeline à un autre endroit ne fait que déplacer le problème, aussi bien qu`il n`y ait pas de pipeline.

  10. « J’estime que le Parti québécois doit afficher son caractère indépendantiste. »
    Depuis longtemps le parti québécois prétend être indépendantiste mais ne fait absolument rien pour réaliser notre rêve. D’ailleurs, le Québec devrait déjà être indépendant et souverainiste; je l’ai dit depuis longtemps et Mme Wynne, première ministre de l’Ontario, l’a confirmé récemment:
    « …le fruit n’était pas mûr pour une reprise des pourparlers visant à réintégrer le Québec dans le giron constitutionnel dont il est exclu depuis 1982 ».
    Que veut-on de plus pour commencer le transfert des pouvoirs après 32 ans? Pas besoin de référendum pour plusieurs raisons:
    1. La constitution de 1982.
    2. L’entrée dans la Confédération: seulement 5 députés francophones ont fait la différence dans un vote en assemblée; résultats sur 49 députés: 27 pour, 22 contre, et plusieurs députés avaient des intérêts dans la construction du train transcontinental.
    3. On défait un jouet de la même façon qu’on l’a construit, mais en sens inverse; si on s’est servi d’un boulon, on dévisse le boulon et le tour est joué.
    4. Aucun contrat, surtout signé par le pouvoir de 5 personnes, ne peut être en vigueur pour l’éternité.
    5. Un contrat non signé ne saurait contraindre les non-signataires à suivre
    l’entente entre les signataires.
    6. Les Pères de la Confédération avaient eux aussi des intérêts dans le transcontinental.
    Tout le processus a été entaché de malversation dans le but ultime de se débarrasser des francophones que MacDonald voulait assimiler ou faire disparaître, langue et religion.incluses.
    Le seul référendum à organiser doit maintenant l’être par les fédéralistes québécois qui voudraient rentrer dans la constitution de 1982.
    On doit être conséquent avec notre projet, et commencer par le commencement de la séparation: cesser de payer des impôts et des taxes au Canada.
    Entreprendre ensuite les discussions pour compenser la série d’exactions que le Canada a fait subir par le Québec, depuis toujours.
    Affirmer que le Québec, actuel ou indépendant, doit avoir le dernier mot dans toutes les matières, pas seulement la production ou de transport d’hydrocarbures sur son territoire.

  11. Je trouve que c’est bien mal commencé une campagne que d’être contre… le pétrole, le gaz de schiste, le nucléaire, les centrale thermique et quoi encore. Pour faire un pays et devenir autonome ne serait-il pas mieux d’expliquer ce qui serait à faire, à construire, à développer pour grandir. On ne peut construire un pays en commençant par être contre c’est mal parti.

  12. Vous voyez pourquoi je parle de cœur dans cette affaire ?
    Préférer sa voiture à son conjoint, ça ne fait pas des enfants forts… Certains messieurs ne s’étonneront donc pas de retrouver un jour dans leur lit, à la place de leur femme, une poupée… en polyuréthane.

    « Plus du tiers des Canadiens hésiteraient à choisir entre leur voiture et leur conjoint… C’est le constat plutôt navrant dont nous fait part l’Association automobile canadienne en cette journée de la Saint-Valentin [2012].
    « En fait, 18 % des répondants du sondage mené pour la CAA ont candidement indiqué qu’ils donneraient préférence à leur voiture. Un autre 18% s’est gardé une petite gêne en n’osant pas se prononcer. Petit conseil d’ami à ces indécis: ne dites pas à votre plus ou moins tendre moitié que vous hésitez entre elle et votre bagnole, ça pourrait mal tourner…
    « Le sondage mené auprès de 3679 répondants à l’échelle nationale (marge d’erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20) révèlent par ailleurs que la voiture conserve sa place dans le cœur des Canadiens, malgré l’avènement de nouveaux gadgets électroniques de plus en plus séduisants.

    http://blogues.cyberpresse.ca/monvolant/auto/2012/02/14/cheri-je-te-quitte-je-pars-avec-la-voiture/

  13. Merci M. Lisée, c’est exactement ce que nous attendions de vous. Votre prise de position nous rassure. Tout ce que l’on entend de la part des chroniqueurs, c’est le constat fataliste que nous ne pouvons rien faire, vu que le problème est de juridiction fédérale. Cette lâcheté est inacceptable, compte tenu de la gravité des enjeux.

    Nous pouvons si nous le VOULONS prendre notre destin en main, et l’avenir de nos enfants. Voilà un argument majeur pour ceux qui doutent encore de la nécessité de se séparer d’un Canada toxique. Ce problème à lui seul justifie l’indépendance. Nous avons besoin de prendre nos propres décisions en la matière. Et le candidat J.F. Lisée nous offre de le faire.

    M. Lisée a du cœur au ventre, M. Lisée a du cœur à revendre. Et son cœur ne carbure pas au pétrole. Voilà pourquoi j’embarque avec lui…

    • Tout à fait d’accord avec vos commentaires…j’embarque moi aussi avec M. Lisée.

  14. Je trouve votre énoncé de politique pétrolière courageux, audacieux et exemplaire. J’ose espérer qu’il sera endosser par vos collègues, candidats à la direction et représentants à l’Assemblée nationale.
    En contrepartie, peut-être pourriez-vous adopter une attitude plus positive pour une charte de la laicité.
    Une charte de laicité répond à un besoin grandissant.
    Raheel Raza, présidente du Council for Muslims Facing Tomorrow, a lancé un cri du coeur demandant au Canada de fermer les mosquées pendant trois mois, d’exiger que les organisations musulmanes déclarent d’où proviennent leurs dons, de décréter un moratoire sur l’immigration en provenance de pays musulmans, d’expulser du pays, après leur avoir retiré la citoyenneté canadienne, ceux qui veulent partir pour le djihad ou qui en reviennent et d’évaluer les demandes d’accommodements religieux à la lumière des valeurs canadiennes. Un message pour nos « inclusifs ».
    Raheel Raza est une musulmane pratiquante qu’on ne pourra certes pas qualifier d’islamophobe.
    Il y a quelques jours, un groupe de personnalités musulmanes, dans une lettre aux journaux, exigeait la laicité comme présentée par M. Drainville.
    Les signataires:
    Mustapha Amarouche, Salah Beddiari, Djemila Benhabib, Nabila Benyoussef, Ferid Chikhi, Fatima Da Silva, Nadia El-Mabrouk, Aziz Fares, Monsour Fekhi, Shiva Firouzi, Rakia Fourati, Hadj Mohand Ferroudja, Mouloud Idris, Ali Kaidi, Aomar Kaidi, Redouane Khris, Sibel Kose, Leila Lesbet, Louenes Hassani, Salimata Sall, Akli Ourdja, Imen Zayani, Nacéra Zergane.

  15. J’ai une question:Le fleuve St Laurent est-il de compétence fédéral? Si c’est le cas je ne vois comment on pourrait appliquer quoi que ce soit…Enfin rappellons-nous le libéral Stéphane Dion qui disait qu’il pouvait permettre à Terre Neuve de passer sur le territoire québécois pour faire transiter leur éléctricité pour la vendre aux US sans gêne…!!! Faudrait être un pays avant!!!!!!!!!!

    Pierre

  16. Positions très claire que je pourrai partager avec des jeunes et moins jeunes sans gêne.

  17. Le pétrole est par sa nature même 100% toxique. Cela fut une dérive monumentale de notre civilisation d’en faire usage si longtemps. Un seul exemple: 100 tonnes de plastique s’ajoutent tous les jours au continent de plastique. Le pétrole est même toxique pour l’économie en la pervertissant. Toxique pour le politique en l’aveuglant. on ne devrait imaginer aucun avenir pour le pétrole au Québec. Nous devrions le laisser s’éteindre et travailler activement de toutes nos forces avec les énergies vertes. Des énergies à coût marginal proche de zéro, ce qui ne sera jamais atteignable avec le pétrole. Au début de son exploitation son rendement était de 6 baril pour l’équivalent de 1 baril en investissement. Actuellement son rendement est d’un seul baril de baril pour un investissement égal à un baril de pétrole soit 1 pour 1 en investissement et la situation empire sans tenir compte des infrastructures publiques et des dommages permanents à tout ce qui vit et à l’environnement. Examinez les courbes de capitalisation boursières à la bourse. Elles ne cessent de baisser. Les pétrolières ne survivent qu’en augmentant les prix à la distribution et à la vente. Les investisseurs majeurs savent que l’industrie est dans les faits moribonde. Les panneaux solaires de 5% d’efficacité qu’ils étaient sont à 41%. Ce qui double à tous les deux ans. Les éoliennes dispendieuses à construire fonctionnent presque sans entretien par la suite et atteignent un taux marginal proche de zéro à l’usage. L’énergie géothermique également atteint rapidement un taux marginal proche de zéro sans pollution. Il n’y a que le lobbyisme de l’industrie pétrolière profitant de l’ignorance de la classe politique et la cupidité de notre monde qui peut encore défendre l’indéfendable horreur.

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