Le Québec, nation entrepreneuriale; moi, j’y crois.

Notes pour une allocution du chef du Parti Québécois, M. Jean François Lisée – Forum économique de la relève d’affaires

Vendredi 24 février 2017
Montréal
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Chers jeunes entrepreneurs,

 Le Québec, nation entrepreneuriale; moi, j’y crois.

Le Québec a besoin de tous ses talents, spécialement du talent, de la vision et de la détermination de ses jeunes entrepreneurs.

D’ailleurs, un gouvernement du Parti Québécois mettra en œuvre un nationalisme économique moderne, musclé, avec l’objectif de solidifier notre économie pour mieux soutenir nos entrepreneurs, nos PME, et pour mieux se projeter à l’étranger.

Toutes les raisons sont bonnes pour soutenir les jeunes entrepreneurs.

J’aimerais vous en présenter trois qui illustrent l’importance de se doter d’une stratégie solide.

Regardez les pourcentages d’adultes qui envisagent de se lancer en affaires.

  • En 2009.
  • En 2016.
  • Chez les néo-Québécois.
  • Chez les 18-35 ans.

Vous êtes une génération entrepreneuriale.

gout entreprenaial

Encourager nos jeunes entrepreneurs, c’est aussi agir pour nos régions.

Parmi les gens désirant se lancer en affaires, 69,4 % souhaitent créer ou reprendre une entreprise dans leur région de domicile.

Et le timing est excellent pour reprendre le flambeau.

Selon le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, en 2018, le Québec comptera 25 200 entrepreneurs de moins. Principalement des départs à la retraite.

Au Parti Québécois, nous voulons faire en sorte que les intentions deviennent des entreprises, qui deviendront à leur tour des succès.

Je suis issu d’une famille d’entrepreneurs. J’ai grandi dans un environnement entrepreneurial et j’ai toujours été proche de cet univers.

PME régions

Lancer une entreprise est un acte audacieux qui requiert un énorme effort.

Que cet effort soit compliqué, entravé, bloqué par un fardeau réglementaire excessif est une insulte au bon sens et à une saine politique.

D’abord, on veut que l’État arrête de nuire.

Moins de paperasse et un allègement réglementaire pour les cinq premières années d’existence d’une entreprise.

Et on veut mettre fin à la culture du racket chez Revenu Québec.

PRIORITÉ PME

Nous serons le gouvernement des entrepreneurs et des PME.

Les PME constituent la colonne vertébrale de notre économie.

Pour être à l’écoute des entrepreneurs, j’ai demandé à trois députés, trois entrepreneurs – Mireille Jean, députée de Chicoutimi, Martin Ouellet, député de René-Lévesque, et Alain Therrien, député de Sanguinet, qui est avec nous aujourd’hui – d’aller sur le terrain, rencontrer les entrepreneurs.

Mireille, Martin et Alain, c’est notre équipe Priorité PME.

Ils ont le mandat d’identifier les meilleurs moyens et solutions pour stimuler notre économie et créer de la prospérité.

Ils sont là pour entendre ce que vous avez à dire, particulièrement les jeunes.

Je vous invite d’ailleurs à aller discuter avec Alain tout à l’heure ou à nous écrire.

priorité PME

REPRENEURS D’ENTREPRISE

Le départ progressif d’une génération d’entrepreneurs laissera une grande place que la relève doit prendre.

Pour faciliter le passage du flambeau, nous voulons revoir les règles fiscales qui font obstacle à la transmission des entreprises d’une génération à l’autre et qui rendent plus alléchante l’acquisition par des étrangers.

Nous permettrons, sous certaines conditions, aux nouveaux actionnaires de reporter l’impôt sur les gains en capital au moment où les actions sont ultimement vendues.

De la même manière, nous voulons faciliter le rachat d’une entreprise par les employés, en mettant en place un environnement réglementaire mieux adapté.

EXPORTATIONS

Le nationalisme économique, c’est renforcer notre économie pour être plus présents au monde.

Nous voulons construire une nation d’entrepreneurs. D’entrepreneurs exportateurs.

Les entreprises qui exportent investissent dans leurs produits, dans leurs procédés. Elles innovent pour se démarquer et être plus compétitives.

L’exportation, c’est un formidable levier de croissance.

Nous allons bonifier les budgets d’aide à l’exportation pour répondre à toutes les demandes valides des PME.

Pour encourager davantage d’entreprises à exporter, nous allons exempter d’impôt, par paliers, l’augmentation des exportations.

Par exemple, si la base des ventes est de 1 M$ et que la première année, l’entreprise vend pour 2 M$, le 1 M$ supplémentaire n’est pas imposable. La deuxième année, la base sera de 2 M$.

Il s’agit d’un incitatif très fort, à coût nul pour l’État.

LEVIERS DE L’ÉTAT

Une nation d’entrepreneurs, c’est une nation où les leviers de l’État sont mobilisés pour soutenir le développement économique.

C’est d’abord la nécessité de reconnaître l’importance de nos sièges sociaux stratégiques et d’agir pour les garder chez nous, comme le font plusieurs autres États dans le monde, y compris le Royaume-Uni et les États-Unis.

Vous le savez aussi bien que moi : des propriétaires locaux embauchent davantage localement et s’investissent davantage dans leur communauté.

La présence de sièges sociaux stratégiques entraîne également l’émergence d’une expertise de pointe et d’un écosystème de fournisseurs.

Nous l’avons vu avec Rona, avec Bombardier, avec le Cirque du Soleil.

Élu en 2018, notre gouvernement précisera la mission de la Caisse de dépôt dans sa loi. D’abord, pour y ramener la volonté de son créateur, Jean Lesage, de mettre en équilibre le rendement et le développement économique.

Ensuite, pour ajouter à ses orientations la rétention des sièges sociaux stratégiques. La Caisse n’aura absolument pas le mandat de les garder tous, mais aura l’obligation de se poser chaque fois la question.

Les recommandations du rapport Séguin, déposé en 2013, dorment toujours sur des tablettes. Nous allons les réveiller.

Je pense à trois d’entre elles :

  1. Conférer des droits de vote supplémentaires aux actionnaires de long terme, pour défavoriser des actionnaires spéculatifs;
  2. Ne pas permettre à l’auteur d’une offre d’achat hostile de voter sur sa propre proposition;
  3. Et empêcher que soient révoqués les administrateurs en poste au profit de personnes nommées par l’acheteur.

Il ne doit jamais être question de dicter à la Caisse ses décisions au quotidien. Mais il y a des cas où la vente d’un siège social peut être excellente pour le rendement de la Caisse, tout en étant néfaste pour le tissu économique du Québec.

FONDS DES GÉNÉRATIONS

La Caisse administre également le Fonds des générations.

Les dépôts au Fonds des générations s’établissent à 2 G$ en 2016-2017.

Ils s’élèveront à 3,6 G$ en 2020-2021. En conséquence, la valeur comptable des montants versés au Fonds passera de 10,5 G$ en 2016-2017 à 22,6 G$ en 2020-2021. Ce sont des sommes considérables.

Actuellement, à cause de la manière plutôt conservatrice dont il est géré, le Fonds des générations contribue assez peu, et certainement pas autant qu’il le pourrait, au développement du Québec.

À cet égard, j’ai donné le mandat à Nicolas Marceau d’élaborer une politique d’usage du Fonds qui ferait en sorte que les sommes s’y trouvant permettent d’accélérer la croissance économique, tout en s’assurant que le rôle du Fonds, de réduire le poids de la dette, soit maintenu.

BUY QUÉBÉCOIS ACT

Les marchés publics québécois, soit le gouvernement du Québec et les municipalités, s’élevaient à 23 G$ en 2008.

Vous imaginez l’impact que les politiques d’achat peuvent avoir sur notre économie et sur nos entreprises!

Le nationalisme économique, c’est favoriser l’achat local, dans le respect des accords commerciaux que nous avons signés.

À des degrés variables, tous les pays et toutes les juridictions du monde contrôlent l’accès à leurs marchés publics par des politiques d’achat local. Pourquoi pas nous?

J’ai donc confié à Nicolas Marceau le mandat d’élaborer une politique d’achat québécois pour nos marchés publics qui respecte les accords commerciaux auxquels le Québec est lié et qui accroît la part des achats publics effectués auprès de fournisseurs québécois.

Comme j’ai hâte de vous entendre et d’échanger avec vous, ma conclusion sera brève : vous êtes une génération d’entrepreneurs.

Vous avez devant vous d’extraordinaires possibilités.

Vous avez besoin de partenaires. D’un gouvernement qui écoute, qui agit, qui sait de quoi il parle et qui croit en vous.

En 2018, vous aurez ce gouvernement.

Merci.

 



5 réflexions au sujet de « Le Québec, nation entrepreneuriale; moi, j’y crois. »

  1. Bravo. C’est convaincant parce que, comme toujours c’est bien documenté, et c’est aussi bien stimulant, parce que, comme toujours, c’est positif et constructif .

  2. J’ai plus confiance à quelqu’un qui croit aux capacités des Québécois, que quelqu’un qui a des doutes sur nos capacités de réussir sans la péréquation, parce qu’il n’ont jamais étudié les motifs de l’existence de la péréquation.

    Je fournirai quelques exemples.

    1) Avec ses 37 laboratoires fédéraux de R & D à Ottawa et aucun à Gatineau, il n’est pas surprenant que l’on doive verser de la péréquation au Québec;

    2) Pourquoi le plus grand chantier maritime du Canada, situé à mi-chemin entre le Golfe St-Laurent et les Grands Lacs n’obtient pas sa part des 100 G$ de contrats fédéraux pour des navires de guerre, de brises-glace et pour la Garde-Côtière;

    3) Le Québec fournit de l’aluminium aux industries de transformation de toutes les provinces canadiennes et des USA, parce qu’on vend notre électricité à un prix de 0,0375 $ /kWh, alors qu’en 2017, il en coûte 0,10 $ / kWh à la sortie des turbines, auquel il faut ajouter un minimum de 0,02 $ /kWh pour les Postes et les lignes de transport jusqu’aux alumineries.

    Pourquoi les libéraux ne parlent jamais de ce type d’enjeux, alors que les Canadiennes croient que nous vivons sur leur BRAS ?

    Je suspecte que le PLQ et le PLC sont des partis, dits des affaires, alors que ce sont des partis qui utilisent l’État et ses institutions pour favoriser les amis.

  3. De Québec, bonjour M. Lisée. Je suis comme vous. J’ai le même âge et feu mon père avait sa propre petite entreprise. De plus, les gens que mes parents fréquentaient ainsi que des amis proches avaient leur propre petite entreprise. J’ai grandi là dedans moi aussi. Je désire dire aux jeunes et moins jeunes de ne pas avoir peur de lancer leur propre entreprise. C’est ce que mon père avait fait à l’âge de 30 ans et il a très bien réussi ! J’ai un neveu qui a fondé sa propre entreprise également et il ne manque pas de travail au, au contraire ! Alors allez-y, foncez, vous serez aidés. Un mot sur l’achat local. C’est bien beau d’encourager les gens de chez-nous, mais quand c’est plus cher et que nous ne sommes pas très riches, c’est tentant d’acheter ce qui vient d’ailleurs et qui coûte moins cher. Je me dis que tout le monde quel que soit le pays fait la même chose. Que voulez-vous ? C’est la vie !

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