Les jeunes et le PQ: à la folie ? beaucoup ? très peu ?

C’est la rengaine populaire du moment. Le Parti québécois a perdu le contact avec les jeunes. Que peut-on en dire vraiment ? Il faut d’abord faire l’état des lieux, en avril 2014. Il faut ensuite distinguer les rapports de la jeunesse avec le PQ des rapports de la jeunesse avec la souveraineté et de la jeunesse avec le Canada. Et il est intéressant d’avoir une vision de l’évolution historique du sujet.

Avril 2014: Pas Une jeunesse mais Des jeunesses

J’ai obtenu deux séries de données qui nous donnent une vision approximative de la répartion de la jeunesse en avril 2014.

Les données du sondage Léger de fin de campagne (1100 répondants ) et les terrains effectués par les sondeurs du PQ pendant l’élection donnent chacun des résultats concordants, même en gardant en tête les ajustements apportés aux sondages par le résultat électoral, dont je tiens compte dans les constats:

Les constats:

La jeunesse francophone est politiquement très fragmentée entre les partis et cette répartition varie selon que l’on soit dans la tranche des 18-24 ou des 25-34.

Le PLQ est maintenant le premier parti de la jeunesse françophone des 18-24, avec près de 30% d’appuis, suivi, dans la marge d’erreur, d’une répartition équivalente entre PQ, CAQ et QS autour de 22-25% chacun.

Cela signifie évidemment que QS tire chez les jeunes nettement plus que sa part générale d’appui, mais QS n’est pas le parti prédominant de la jeunesse et ne dépasse pas le PQ dans ce groupe d’âge (mais il le fait sans doute à Montréal, il est impossible de le mesurer avec les données actuelles).

La CAQ est, de loin, le premier parti des 25-34 ans francophones, avec 38%. Une domination qui se prolonge chez les 35-44. Le PQ et le PLQ sont ensuite dans la marge d’erreur chez les 25-34 autour de 22-25%, QS loin derrière avec 12%.

Le PQ est, de loin, le premier parti des baby-boomers de 45 à 54 ans, avec environ 40%, suivi du PLQ dans la haute vingtaine.

 Bref, du point de vue du PQ, il est faux de prétendre qu’il a perdu le contact avec les jeunes. Dans un système à quatre partis, il détient plus ou moins sa juste part de la jeunesse.  Il est plutôt devenu le premier parti des baby boomers.

Mais lorsqu’on compare au dernier sondage Léger de la campagne de 2012, on doit noter des reculs important. Le PQ détenait alors la première place chez les 18-24 ET chez les 25-34, avec des marges confortables d’une dizaine de points. Le PQ a perdu, là, le tiers de sa force jeunesse.

Le PQ dominait déjà il y a deux ans chez les 45-54, mais a augmenté son avance. Il était nettement derrière les Libéraux chez les +de 65, qu’il talonne désormais.

J’entends l’argument: le PQ avait fait le plein de jeunes en 2012 parce qu’il avait pris fait et cause pour le combat étudiant contre les frais de scolarité. Faux. La chute d’appui des 18-24 ans au PQ est tendancielle sur une plus longue période:

Source: Léger360

Source: Léger360

C’est dire que, malgré son engagement pro-jeunes en 2012, le PQ n’a pas récolté davantage de votes jeunes qu’en 2007.

Les jeunes et la souveraineté

On l’entend depuis longtemps, l’argument que les jeunes ne sont plus souverainistes. Il ne fait pas de doute qu’ils le soient moins. Mais il est exagéré de dire qu’ils ne le sont plus.

La sociologue Claire Durand a publié en mars sur son blogue Ah! Les sondages un tableau récapitulatif allant jusqu’en 1979:

Source: Claire Durand, Ah! Les sondages

Source: Claire Durand, Ah! Les sondages

Bref, chez les 18-34 ans francophones, la souveraineté est passée d’une position écrasante, à 63%, à une position plus proche de la moyenne nationale, environ 40%.

La situation est encore moins reluisante lorsqu’on la passe à la moulinette des tests, discutés hier, de l’intensité de la volonté souverainiste.  En rouge les fédéralistes décidés (F+), puis modérés (F) / en mauve les centristes, peu intéressés et changeants (C)/ en bleu les souverainistes, modérés (S) puis décidés (S+).

Source: GROP, Cumul des terrains quotidiens du 5 mars au 6 avril 2014 N = 6497 Cliquer pour agrandir

Source: GROP, Cumul des terrains quotidiens du 5 mars au 6 avril 2014 N = 6497
Cliquer pour agrandir

Les différences régionales sur les moins de 35 ans sont intéressantes, et déprimantes:

Il n’y a qu’une région où il y a davantage de souverainistes que de fédéralistes chez les moins de 35 ans francophones. (J’omets les centristes.)

Laurentides Lanaudière: S29/F27
Îles de Mtl et Laval: S35/F37
Abitibi-Témiscamingue-Saguenay-Lac-St-Jean-Côte Nord-Gaspésie-les Îles: S31/F32
Montérégie: S33/F39
Bas-St-Laurent-Chaudière Appalache-Centre du Québec-Estrie: S23/F45
Région Capitale nationale: S23/F58
Mauricie: S21/F41
Outaouais: S23/F52

Les jeunes et le lien canadien

Évidemment les sondages testent toujours l’appui à la souveraineté, mais très rarement l’appui au statu quo canadien. Ils le font indirectement en interrogeant les Québécois sur leur attachement au Canada.

Or, selon un sondage de 2010 dont j’ai parlé ici, le lien des jeunes francophones envers le Canada est de plus en plus ténu. Interrogés à savoir s’ils sont « très attachés » au Canada, on obtient les tranches d’âges suivantes:

Francophones très attachés au Canada

18-24 : 18 %
25-64 : 23%
65-74 : 39%
75 et + :  64%

Les jeunes expriment leur détachement envers le Canada de plusieurs façons. Ils sont au total 49% à se dire « pas très » ou « pas du tout » attachés au Canada. Et ce n’est pas comme s’ils étaient indifférents à tout. Dans le palmarès de l’attachement fort, le Québec se place tout en haut:

Jeunes francos très attachés à:

Le Québec: 61%
Le Monde: 34%
Le groupe ethnique: 29%
La ville: 28%
Le Canada: 18%

Ces données de 2010 sont renforcées par le sondage GROP de mai 2013 sur l’identification identitaire des francophones, par groupe d’âge:

Source: GROP

Source: GROP

Les jeunes et la Charte :

Les jeunes n’étant pas seulement jeunes, mais aussi Québécois comme les autres, leur départ partiel du PQ doit aussi être attribuable aux mêmes causes que pour leurs aînés, que l’on a déjà discuté. Sans doute, leur opposition à la Charte — qui a heurté la volonté des jeunes d’interdire toutes les interdictions — a sans doute servi de repoussoir chez une partie d’entre eux. Cependant les sondages disponibles ne permettent pas de conclure que les électeurs péquistes de moins de 25 ans ou les moins de 35 ans étaient proportionnellement significativement plus nombreux que la moyenne des péquistes à être « très défavorables » à la Charte, soit 4%.

En fait, lorsqu’on compare les sondages de septembre 2013 à ceux de janvier 2014, la proportion de « très défavorables » chute chez la totalité des francophones (de 27 à 15%) et chez la totalité des jeunes (de 39 à 22%). Or nous parlons ici des jeunes électeurs péquistes (non, je n’ai pas les données exactes). Mais statistiquement, ils n’ont pu être plus de 8% à être « très défavorables », soit le double de la moyenne des péquistes. Or être « très défavorable » est  le seul indicateur qui peut motiver une désaffection pour cette raison.

Il y a d’autres arguments, qui tiennent du fait que le PQ a déjà 50 ans d’âge, ou à la personnalité de Mme Marois — mais ces facteurs étaient présents aussi en 2012 donc n’expliquent pas l’évolution des choses dans l’intervalle.

L’hypothèse la plus crédible, avec les données disponibles, est que la plus grande part du vote jeune francophone perdu par le PQ en 2014 s’est retrouvé parmi les très nombreux abstentionnistes, et seulement accessoirement dans des transferts vers les autres partis.



49 réflexions au sujet de « Les jeunes et le PQ: à la folie ? beaucoup ? très peu ? »

  1. Voici un poême pour le parti québécois et ses sympatisants pourraient lire avant de se coucher, pour se remonter le moral.

    Etre fils du soleil:

    La jeunesse n’est pas une période de la vie: elle est un état d’esprit, un effet de volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive, une victoire de courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
    On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme.
    Les préoccupations, les doutes, les craintes, les désespoirs, sont les ennemis qui lentement nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
    Jeune est celui qui s’étonne et qui s’émerveille.
    Il demande, comme l’enfant insatiable; et après? Il défie les événnements et trouve de la joie au jeu de la vie.
    Vous êtes aussi jeunes que votre foi: aussi vieux que votre doute; aussi jeune que votre confiance en vous-mêmes; aussi jeunes que votre espoir; aussi vieux que votre abattement.
    Vous resterez jeunes, tant que vous resterez réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptifs aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.

    Douglas McArthur, 1945

    .

  2. Quand je lis vos sondages, je vois que les jeunes sont divisés.En fait, ce fait était déjà notable en 2012. Les carrés rouge et les carrés verts, les carrés noirs avaient beaucoup de choix de partis politique. D’autres observateurs ont même parlé d’orphelins politique juste quelques jours avant le vote.

    Cette année jeunes et moins jeunes pouvaient même voter pour le parti « nul »,

    Le devoir à même annoncé en première page la venue de ce « parti », certains journalistes à la télé ont dit pour qui ils allaient annuler le vote, des appels à l’annulation de vote sur l’Internet et lors de manifestation ont été faites car certaines promesses n’ont pas été tenues ou désir d’étudiant non réalisés abordés lors de la campagne.

  3. Je me rappelle de mes commentaires à une certaine époque au sujet du leadership de Pauline Marois. J’ étais plutôt déçu qu’elle n’ait pas voulue démissionner. La démission des 4 députés de l’époque était bel et bien la chronique d’une défaite annoncée. Il faudra bien faire le ménage au sujet de sa garde rapprochée et penser à un leadership fort qui ne laisse plus aucun doute sur la volonté du parti de prioriser la souveraineté qui est la raison d’être de ce parti. Je proposerais même qu’on change le nom de ce parti pour l’appeler : « Parti Souverainiste Québécois »

  4. J’aime votre alignement de la question les jeunes et le PQ par groupes d’âge plutôt que sur deux vecteurs, identitaire et socio-économique.

    La boussole électorale, consensuelle, a plutôt retenu ces deux vecteurs prépondérants, savants et opportunistes présentement mais un peu vétustes quant à l’avenir pour orienter tout venant voulant mieux se situer politiquement dans ce monde en fusion chantait Johnny Halliday, dont le Québec.

    – Mathieu Bock-Côté, sors de ce corps !

    Mon point est que de groupes d’âge à demi-génération, il ne reste à faire qu’un léger effort mental d’ajustement et, bon an mal an, espérer devenir politiquement davantage pertinent, innovateur et socio-démocratiquement productif.

    Merci pour votre coup de chapeau à la créativité et au talent du Québec en prime dans votre Pour une gauche efficace.

    Déjà plus de 5 ans !

    C’est pas Rien, c’est Boréal.

  5. C’est révoltant !
    Voila ce que mon garçon a dit après que je lui ai annoncé qu’on s’apprêtait à démolir l’aérogare de Mirabel. Parce que mon garçon, habituellement, comme bon nombre de sa génération, ne bronche pas beaucoup sauf cette fois-ci.
    Pourquoi un tel scandale, une telle tragédie, une telle absurdité qui s’est terminée avec le changement de nom de l’aéroport de Dorval qui se nomme maintenant PET, décision de Jean Chrétien, ne fasse pas parti des cours d’histoire ?
    J’incite tous les intervenants de ce site, députés, historiens, à réagir en expliquant aux nouveaux arrivants, aux nouvelles générations, aux anesthésiés québécois que nous sommes devenus, comment un gouvernement fédéral (PET, Chrétien, Lalonde, Ouellette) a réussi ce sabotage économique avec des conséquences innommables sur notre territoire, à partir d’Ottawa.

    Vers la démolition de l’aérogare de Mirabel
    http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2014/05/01/004-mirabel-demantele-adm-aeroport.shtml

  6. Dans ma propre famille il s’est passé des choses étranges dans cette élection .. j’ai 5 enfants entre 18 et 24 ans … la plus agée a été très solicité lors de la lutte étudiante et ce n’était pas difficile pour elle de prendre position en faveur du PQ , elle est demeuré en ville pour ses études de cégep et a vu et vécu a quel point l’argent c’est le nerf de la guerre pour subsister loin du nid familial . Mes deux autres de 22 ans (un gars , une fille ) n’ont pas voté ,, et les deux dernières de 18 ans ne voulaient carrément pas parler politique .. me disant assez durement que les opinions politique ça se discute pas ..j’en suis tombée en bas de ma chaise … mais qui leur a mis ça dans la tête ?? Et je sais qu’elles ont voté Libéral comme leur papa … J’aurais souhaité voir apparaître ma candidate péquiste (elle aurait sans doute eu plus de chance que moi pour parler politique ) et qui disont le a brillé par son absence par ici laissant toute la place a Dominique Viens qui elle avait déjà un electorat acquis par ici . … … J’ai vu des amis de mes enfants copier l’opinion de leur grand père libéral tout en affichant une hargne sans fondement contre Pauline Marois aussi basé sur cette opinion désuette de la politique et des femmes fortes ayant marqué la politique québécoise (mysogynie ) en politique , .J’ai cru comprendre que beaucoup de jeunes ami(es ) de mes dernières au Cegep sont aussi libérals , ils ont tout oublié de la lutte étudiante ils n’étaient pas au cégep a ce moment et donc pas concernés encore … Quand a mon mari il est peinturé Libéral et je crois qu’il va mourir ainsi ,,,ses parents l’étaient alors il continue … rien a faire de ce côté .. seule une bonne discussion avec une personne du parti pourrait a mon avis le faire changer d’idée …
    Bref .. lors de la prochaine campagne ..il faudrait marteller que les opinions politiques ça se discute et qu’il n’y a pas de mal à le faire . Et aussi revoir la Visibilité et le Dynamisme du Comité National des Jeunes du Parti Québécois à l’intérieur des écoles comme les cégeps , et pour finir de grâce demandez a vos candidats de se promener et d’aller voir les gens … même en région ..

    En écrivant mon texte j’ai enfin compris pourquoi plusieurs disaient qu’ils n’aimaient pas Pauline … elle a un vécu en politique ..que les gens plus agés se rappellent, et donc elle est arrivée avec un bagage d’expériences mais aussi un bagage d’histoires passées dans le PQ . Il n’en faut pas beaucoup pour que des rumeurs partent sur une personne , quand on sait que l’époque ou les gens étaient plus impliqués politiquement était une époque plus masculine que féminine et bien on observe qu’on en subit encore les contrecoup encore aujourd’hui , l’influence des grand parents libéraux n’est pas à négliger …

  7. Le premier voeux exprimé par la député Manon Massé est que le PLQ mette de l’avant la Politique nationale de lutte contre l’itinérance, annoncée par l’ex-ministre péquiste Véronique Yvon.

    Il semble que les voeux pieux, ça vous connaît à Québec solidaire!

    Le PLQ devrait y donner suite, du moins en apparence bien sûr, vu que QS, c’est une bonne police d’assurance pour la prochaine élection… Parlant d’élection 2018, il faudra alors composer avec la venue du NPD-Québec!

  8. Entre les causes structurelles et l’impact des difficultés de P.Marois à faire passer ses messages, le fait que la souveraineté n’a plus été affirmé depuis 19 ans par le parti, le jeu des médias à maintenir l’intégralité du statu quo. Cela fait beaucoup de facteurs à explorer.

    Tout comme la fragmentation du vote francophone entre 4 partis, la division du vote souverainiste et nationaliste entre le PQ, la CAQ et QS voici également des phénomènes clés pour comprendre le 7 avril.

    Le PQ a gagné avec 32% en 2012, victoire honorable pour un gouvernement minoritaire mais dénué d’avoir obtenu un réel succès populaire. En perdant avec 25% il y a peu, le PQ n’est donc pas passé d’une grande victoire en 2012 à une forte défaite le 7 avril. Si on voit les choses sous cet angle, on se rappelle que la division du vote souverainiste a été plus forte avec QS mais surtout alors avec O.N dans le portrait. En 2014, O.N est passé de 4% à presque 1%, le vote souverainiste soumis à ce chantage référendaire s’est tassé davantage au PQ comme à O.N. Le plus important étant que le leadership a son mot à dire aussi dans les résultats. P.Marois a connu dans la campagne des difficultés d’importance comme première ministre en fonction qu’elle n’a pas connue en tant que chef dans la campagne de 2012 en traînant non seulement l’hypothèque d’un pas impossible référendum si que en traînant aussi cette promesse mal aboutie de la taxe santé qui a profité au sursaut du vote caquiste dans le 450 des jeunes familles habitant la rive Sud. Tout comme le départ brutal de J.M.Aussant a démobilisé la majorité de ses jeunes électeurs souverainistes de 2012.

    Les jeunes et la souveraineté, il y a une force de mobilisation des partis. Le PQ en jouant défensif sur le sujet n’a pas mobilisé les jeunes. Évidemment, l’époque en Occident favorise une sorte de degré zéro de la politique chez les jeunes sur les enjeux plus classiques. Quoique l’exemple d’un B.Obama principalement en 2008 pourvu de charisme candidat pour le Parti Démocrate très vieux parti prouve que le leader capable de faire passer son message peut ranimer son parti dont il est candidat à la présidence ou chef de parti. Par l’exemple Obama en Occident, les jeunes des É.U ont été plus mobilisés politiquement et pas seulement lorsque c’est le cas par la défense de l’environnement ou par l’apolitisme de la techno ou prétendu tel.
    Au Québec, le dernier leader populaire malgré un départ controversé a été Lucien Bouchard plus populaire qu’un J.Charest ne l’a été dans ses meilleurs moments, autre leader qui a su avec G.Duceppe obtenir les deux la faveur pendant plus que trois ans entre 1998 et 2011 et 2012. Jeunes et plus vieux ont trouvés des leaders de second degré depuis 1998 au Québec. Du côté du PQ et Bloc, G.Duceppe a été trop longtemps chef du Bloc pendant que P.Marois chef péquiste a trouvé sa force dans son curriculum de ministre dans plusieurs ministères, des convictions certaines, une expérience politique forte mais pas par son apprivoisement des caméras. Dire cela c’est aussi dire que la fougue en politique va déterminer la force du message chez les jeunes au premier chef.

    Par contre, si les jeunes se divisent entre plusieurs partis, si la gauche-droite se met à supplanter la question du Québec jusque sur la question de la laïcité, il y a là quelque chose qui ne va pas. La gauche serait devenu multiculturelle, le PQ aurait trahi cette approche. Pourtant -l’interdit d’interdire- appréhendé surévalué rencontre la laïcité de la neutralité des religions ce qui est à gauche tout comme l’accroissement de l’égalité des sexes en réservant le religieux au privé dans les domiciles et lieux publics non étatiques se détermine idem de gauche. Les jeunes sur la charte n’ont sûrement pas été tous contre car le féminisme s’est placé comme un enjeu de cette charte sans oublier la question constitutionnelle qui non plus n’a pas été ignoré par tous les jeunes ayant eu accès évidemment à des cours d’histoire?-!

    L’abstention des jeunes n’est pas nouvelle au Québec depuis 15 ans. Le PQ n’a pas su les rejoindre à part que davantage en 2012.

    Le compté de Sherbrooke gagné par le PQ en 2012 a eu droit à un vote étudiant qu’il a perdu cette fois. La victoire de 2012 s’est faite non seulement contre J.Charest usé par 9 ans de pouvoir, elle s’est faite malgré un fort vote pour O.N, pour QS. Sherbrooke est un compté cible à fin d’analyse pour la direction péquiste car en comparant 2012 et 2014 plusieurs enseignements peuvent en résulter.

    Cardin, Serge (P.Q.) 15 909 42,12 maj 2 642
    Charest, Jean (P.L.Q./Q.L.P.) 13 267 35,13
    Girard, Philippe (C.A.Q.-É.F.L.) 4 457 11,80
    Bibeau, Christian (Q.S.) 2 586 6,85
    Beaudin, Évelyne (O.N.) 1 069 2,83

    Ces résultats prouvent un vote jeune présent également dans QS et ON dont ce taux de participation de 78%.

    Les résultats dans Sherbrooke en 2014 avec un taux de participation de 70%!

    Fortin, Luc (P.L.Q./Q.L.P.) 12 380 36,44 maj 1 855
    Cardin, Serge (P.Q.) 10 525 30,98
    Girard, Philippe (C.A.Q.-É.F.L.)5 672 16,69
    Pigot, Hélène (Q.S.) 4 393 12,93
    Andrews, Jeremy (P.V.Q./G.P.Q.) 328 0,97
    Campbell, Jean-Simon (O.N. – P.I.Q.) 321 0,94

    Il y a un vote jeune perdu pour le PQ dans Sherbrooke et un vote souverainiste réduit comme ça en deux ans malgré une baisse structurelle du vote jeune depuis longtemps.

  9. J’abonde dans le sens de Jonathan Valois qui dit qu’aujourd’hui, les jeunes ne
    peuvent adhérer qu’à un parti fait sur mesure pour eux, incapables de faire des
    compromis parce qu’ individualistes consuméristes. Beaucoup d’entre eux sont
    aussi fanatiques de la liberté de culte, d’expression. Quand je les entends se scandaliser des peccadiles du PQ par rapport au parti notoirement corrompu
    qu’ils ont élu et traiter les Péquistes de menteurs et d’hypocrites, je pense qu’ils
    font de la projection.

    • N’oublions pas que le total des appuis au PQ ET à QS chez les jeunes entre 18 et 24 ans atteint 47% (arrondi).

      Il ne faut pas perdre de vue la variable QS quand on compare l’appui actuel du PQ à celui d’un passé où QS avait moins de visibilité, avait moins eu le temps de se faire connaître ou, même, n’existait pas.

    • Effectivement! Les biologistes affirment que la diversité des espèces est un mécanisme de survie essentiel à la pérennité du biotope. Cela permet au vivant de s’adapter à une plus grande variété d’environnements. Pour ce qui est de l’espèce humaine, la dernière de 22 espèces d’hominidés. 21 se sont éteintes avant nous. Notre espèce à même connu la 21ème (quel traumatisme atavique (?) cela a t-il provoqué?). Le Darwinisme génétique (l’ADN se reproduit lui-même. Il est auto reproductible en réformant un entier à partant d’une demi) pousse une espèces à renforcer l’uniformité. Dans le cas de l’espèce humaine la seule diversité possible ne peut être que culturelle. La mondialisation et la globalisation du capitalisme, l’uniformisation économique et politique nous conduisent vers une catastrophe inévitable. Aucun système, aucune organisation humaine ne peut répondre à toutes les situations. Avant notre civilisation, 21 civilisations poussant à l’uniformité sociale, politique et économique se sont épuisés et se sont effondrés. Pour la survie naturelle de l’humanité il est impératif que la diversité culturelle soit maintenu. Ce qui se passe en ce moment est l’équivalent de la monoculture en agriculture. Parlez en à un agronome, vous verrez l’inquiétude. La globalisation ne peut servir que la pointe de la lance. Toute la lance ne sert qu’à pousser derrière. La pointe qui est seule à toucher la cible. Qui est prêt à affirmer que des milliards d’êtres humains ne naissent que pour en servir quelques-uns? Aucun humain n’a les capacités psychiques et intellectuelles pour servir tous les humains également et en équilibre. Tous y compris les plus prétentieux naissent un par un en famille entourés d’une petite tribu même si elle est royale. Tous nous n’avons que les capacités nécessaires à vivre une vie dans un environnement limité comme la nature nous a formés.

  10. Le mondialisme n’éteint pas le souverainisme du tout voyons!………C’est tout à fait l’inverse. Si nous sommes des êtres humains responsables de notre partie de planète bleue, il est essentiel et même vital d’être souverainiste. Le contraire est un danger réel contre l’humanité. Cela voudrait dire que nos gens sont irresponsables vis-à-vis le reste de l’humanité, car ce serait un rejet total du principe de durabilité. Et je ne crois pas les fédéralistes qui affirment que les Québécoises et les Québécois sont un péril pour l’humanité.

  11. Le PQ a perdu toute crédibilité en instrumentalisant sa Charte des valeurs à des fins électoralistes, et ce en nous faisant accroire qu’elle était fondée sur des avis juridiques. Ce mensonge et cette hypocrisie me font désormais douter de votre honnêteté, monsieur Lisée.

  12. M. Lisée.
    Nous pouvons tous continuer pendant des heures et des mois à chercher le pourquoi et le comment! Il me semble maintenant évident que nous sommes ici face à une manipulation des masses qui a très bien fonctionné., du travail à la tronçonneuse. Je vous invite donc à taper sur votre fureteur,. neuro -pirates et neuro-esclaves ( conféence ardue mais ô combien éclairante sur le pouvoir de ceux qui ont compris comment détruire pour reconstruire nos façons de penser et de faire selon leur bon vouloir )
    urgent à ecouter et lire les livres des auteurs.

  13. En mettant de côté le travail pédagogique portant sur le pays notamment par des conférences et des débats dans le milieu collégial et universitaire et en n’utilisant pas au maximum les médias sociaux le PQ s’est déconnecté des jeunes. Ces jeunes qui n’ont pas connu les années Trudeau/Lévesque et qui veulent comprendre avant de s’engager. Et comme les jeunes sont devenus citoyens du Monde n’est-il pas raisonnable de conclure qu’ils ont assimilés la Charte à un repli sur les autres ?

  14. Ces bien beau vos grandes theories mais vous oublier la base de tout, augmenter l’avoir collectif a partir de la consommation.

  15. Si un jour je devais faire une analyse du vote francophone au Nouveau-Brunswick et en venir à la conclusion que je dois les convaincre de faire l’indépendance, je crois que j’aurais les même résultats que monsieur Lisée. Une impossibilité! Dans son analyse il a choisit des prémisses qui sont fausses ab-nitio. Pour comprendre le pouls de la province de Québec il faut établir des normes qui se basent sur toute la population et faire face à cette impossibilité. Travaillez donc sur un plan B. L’actuel maire de Montréal a bien compris que rapatrier des pouvoirs de Québec serait SA solution. Faite de ceci VOTRE solution en rapatriant des pouvoirs d’Ottawa. Votre Québec déjà LIBRE de faire ce choix n’e sera que mieux servi.

  16. Je vois que vous vous êtes bien préparé pour la rencontre à huis clos samedi à Laval de quelque 250 membres du Parti québécois pour faire le point, un mois presque après la défaite inattendue. D’autres partisans diraient inespérée.

    J’espérais une défaite PLQ, mais victoire PQ minoritaire.

    Je comprends que le PQ prépare le terrain pour le 7 juin.

    http://www.journaldemontreal.com/2014/04/28/rencontre-a-huis-clos-samedi-pour-le-pq

    Je viens de comprendre pour avril 2017.

    Le poids électoral intergénérationnel, Mes aïeux chantent des vrais affaires, c’est pas un enchantement, ça vient me chercher.

  17. Bon, c’est bien beau tout ça mais je pense que le PQ a perdu la dynamique du changement en ne modernisant pas son pouvoir de négociation. en brandissant le référendum à tout coup c’est comme crier au loup. A la fin personne n’y croit. Il faut savoir faire évoluer la société québécoise de manière intelligente en misant sur l’innovation économique, en supportant nos entrepreneurs, sur ceux qui créent de la richesse. Cette force économique nous servira ensuite de levier pour aller plus loin et réclamer, comme le font nos villes centres (Montréal et Québec) de nouveaux pouvoirs vers une plus grande autonomie. C’est cela, parlons plutôt d’autonomie dans un ensemble canadien et nord-américain. Jouons le jeu de la mondialisation en tissant des réseaux d’alliances. Cessons de nous braquer. C’est cette dynamique que nos jeunes recherchent et qui les encouragera à devenir plus combatifs.

  18. Quant à moi, le point central absolu fut la peur d’un cross du PQ manigancé par vos caribous avec comme résultat un referendum encore perdant. Et 70% des Québécois étaient archi-contre cette folie confirmée par les chiffres. En fait Legault avec son « On verra ça dans 10 ans … à rallonge…» était bien plus en résonance avec beaucoup de vos soutiens habituels. Quelle horrible et inexplicable campagne électorale! Et vous fûtes punis par où vous aviez péché. Pourtant, lors des débats, deux silences de moins et deux NON fermes de plus aurait peut-être pu encore vous sauver.

  19. Cher monsieur Lisée,
    Vous semblez omettre que le Québec n’est plus simplement francophone.
    Vous semblez omettre que la pluralité des votes dissipées provient de l’incapacité du PQ de rallier.
    Vous omettez de dire qu,une tendance n’explique rien mais démontre uniquement un résultats soit d’actions et non l’inverse.
    Vous semblez chercher des raison externes….d’où étonnement et questionnement en forme de…….*C’est pas nous c’est les facteurs externes*. Votre parti a presque tout faux depuis des lustres……dommage !

    • Votre assomption que le Québec n’est plus simplement francophone est erronnée. Le Québec est français et sa langue officiel est le français. Il a des accommodant pour les anglophones, une communité qui diminue depuis des années dans le Québec. Le visage du Québec a changé avec l’immigration. Les Libéraux pendant les années Charest ont riens fait pour affirmer que ici on parle français et j’ai bien peur que Couillards veut continue dans la même manière.
      Mais tous ceci ne change riens au statut d’un Québec français seul terre francophone en Amérique du Nord à l’exception des îles Miquelon. C’est au gouvernement de maintenir un Québec français fort et appliquer et même renforcer les lois qui sont disponible à le faire. Le PQ était bien mieux placé d’augmeter la visibilité du français, mais on a joué la carte de la peur pour ne pas en parler de la langue, d’une immigration orienté vers le français, l’éducation sur tous les échelles en français etc.
      En faisant tous ça on peu quand’même apprendre une autre langue tel l’espagnol, le portugais, le chinois, le japonais et mais oui aussi l’anglais, une autre langue qui perd de la vitesse dans le monde.
      Soyons fière de vivre dans un Québec en français avec une culture vivante qu’on ne trouve ni au reste du Canada, ni aux États-Unis, on a tous pour intégrer les nouveaux arrivés dans notre culture est dans notre langue. Avec le multuculturisme proclamé à Ottawa et les Libéraux au Québec on risque de perdre tous qui nous fait tant différent, ça sera une perte pour le monde entier.

    • Tiens il y a des baby-boomers de 45 à 54 ans,!!!!!!!!! Je croyais que ce groupe était de 57 à 68 (nés de 1945 à 1954). Je suis surpris de savoir que mon fils est un baby-boomer car je suis né en 1945.

  20. Restons simple pourquoi quand j’avais 20 ans le projet d’un pays était emballant parce que l’argumentaire était sur les raisons du pays non sur comment prendre le pouvoir.Il n’y a pas une idée qui peut avancer sans en parler ! j’espère sincèrement si le PQ veut toujours le pays qu’il fera la réflexion sur le principal pas sur l’accessoire

  21. tant que le pq n’aura pas réglé la question de l’importance de la souveraineté, il y a peu de chance qu’il réussise à faire mieux aux prochaines élections.

    le débat persiste et s’amplifie: peut-on être à droite et être souverainiste?

    je n’ai aucune confiance envers ces gens qui refusent les souverainistes qui ne sont pas à gauche!
    même la chef, mme marois s’interpose pour cacher le seul souverainiste qui s’affiche au leiu de l’utiliser à bon escient comme une personne d’affaires qui a réussi et qui croit que la souveraineté est non seulement possible mais désirable! et les souverainistes mous, sans conviction, sans ardeur se cachent derrière les blogs pour crier leur indignation!
    et on s’étonne que les jeunes se désintéressent de la question nationale.

    qu’est-ce qui est le plus imporrtant, faire la souveraineté ou avoir un gopuverment de gauche? si c’est la gauche allez chez qs… pas de souveraineté mais le bohneur à gauche.

    qu’est-ce qui devrait être le plus important pour le pq? faire la souveraineté ou quoi?

    si ce n’est pas la souveraineté qui définit le pq le pq n’a pas besoin d’exister!

    alors faisons la souveraineté et après on verra quelle société on veut modeler en dehors du canada! parce qu’enfin on pourra décider de la socité qu’on veut se donner sans se soumettre à des règles qui ne nous concernent plus.

  22. Je m’étais bien promis de ne pas intervenir aujourd’hui, mais certains messages m’ont excédée. Pour situer le débat, je vais reprendre une citation de L. Mellenec en remplaçant « Bretons » par « Péquistes ».

    « L’attitude des [Péquistes] n’est ni de près, ni de loin, un repli identitaire sur eux mêmes, une fermeture de leurs frontières, une volonté de s’isoler du reste de l’humanité… Les accusations « d’ethnicisme », de repli identitaire sur soi, de fermeture, appliquées aux [Péquistes], sont GROTESQUES. Ce sont des formules creuses, ridicules. »

    Je ne peux plus supporter ces reproches injustes. Peut-être faudrait-il rappeler aux jeunes qui se piquent d’être internationalistes et donc indifférents au sort de leur pays natal, qui et comment étaient les jeunes Péquistes.

    Dans les années 70, les jeunes Péquistes quittaient leur famille vers 18-20 ans pour voler de leurs propres ailes et être autonomes. Pour s’aimer, ils n’avaient pas besoin d’un appartement tout meublé. Un matelas, un poêle et un frigo leur suffisaient. Ils partaient avec un sac à dos, sans la carte de crédit de papa, explorer le vaste monde. De Katmandou à Essaouira, des îles grecques à l’île de White, ils allaient découvrir leurs frères humains. De là ils ramenaient toutes sortes de musiques. Avant eux, nulle radio n’avait fait entendre de musique latino-américaine, antillaise, ou indienne.

    Ils avaient délaissé la religion pour s’intéresser plutôt à la spiritualité, à toutes les spiritualités et philosophies – orientales, celtes, amérindiennes. Le bouddhisme en particulier les attirait, parce qu’il est essentiellement pacifiste.

    Ils avaient aussi fondé des mouvements de libération, pour les femmes, les homosexuels, les autochtones, et ils luttaient pour la justice sociale. Certains ont fait de la prison pour avoir protesté contre la Loi des mesures de guerre. Ils lisaient Pierre Vallière « Nègres blancs d’Amérique », et Albert Memmi « Portrait du colonisé », ou Frantz Fanon « Peaux noires, masques blancs ». Qui connaît ces livres à présent ?

    Le sort de la nature leur importait, et ils furent les premiers à parler d’écologie, d’auto-suffisance agricole, d’alimentation biologique.

    Alors, s’il vous plaît, arrêtez avec vos sornettes. Certains jeunes sont « internationalistes » parce qu’ils étudient à l’étranger ? La belle affaire. M. Lisée aussi a étudié à l’étranger, et il n’en est pas moins Péquiste. Il n’y a d’ailleurs aucune contradiction entre les deux.

    En guise de conclusion, je citerai M. Facal, du Journal de Montréal :

    « […] Je regarde mes étudiants au début de la vingtaine.
    Forcément, leur connaissance concrète du reste du monde est très limitée, essentiellement issue d’Internet et de voyages avec leurs parents dans le meilleur des cas.
    Un séjour humanitaire de quelques semaines au Guatemala suffit pour en faire des « citoyens-du-monde » qui vous déverseront les habituels clichés sur la mondialisation bienheureuse, le respect de « l’Autre » sans le moindre sens critique et la glorification béate des droits individuels.
    Mais il suffit de leur poser trois questions pointues pour leur faire réaliser que leur opinion tient plus de l’air de temps et de la rectitude politique que de la réflexion maîtrisée.
    Je ne fais aucune prophétie. Je dis seulement qu’il n’est pas interdit de penser que, comme Jaurès le notait jadis, ils découvriront un jour que toute plante a besoin de racines quelque part.

    http://blogues.journaldemontreal.com/facal/journal-montreal-quebec/les-jeunes-et-la-souverainete/

    Il va falloir une bonne fois pour toutes vider la question de ces accusations d’ethnicisme, de repli identitaire, de fermeture, etc.

    M. Lisée, je vous interpelle à ce sujet.

    • Madame,
      Dans le miroir que vous nous avez tendu, j’ai bien reconnu l’âme de ce que vous appelez  » le Péquiste des années 70 « .
      Bien que les racines de mes parents soient italiennes, ils ont choisi le Québec pour leurs enfants en allant nous transplanter sur la Côte-Nord dans un milieu majoritairement francophone. Pour moi, ce terreau a accueilli le rêve de René Lévesque et depuis, son projet n’allait plus me quitter.

  23. M. Lisée,

    J’ai moins de 30 ans. Je suis donc bien placé pour parler (même si je vote PQ). Je crois que le principal repoussoir pour les jeunes, ce n’est pas un projet de loi en particulier. C’est le fait que le PQ est devenu un parti qui fait de la politique de la vieille façon. Les jeunes ne sont pas encore désabusés et cyniques face à la politique (il y a des exceptions, c’est évident) mais ils ne sont pas naïfs non plus. Faire de la politique différemment, ça doit être plus qu’un titre qu’on se donne. Ça doit transparaître dans chaque geste que l’on pose.

    « On ne peut s’empêcher de vieillir, mais on peut s’empêcher de devenir vieux. » – Henri Matisse

  24. Je crois qu’il faille que le PQ change de nom. Ces 2 lettres sont maintenant signe de désaccords et de mésententes. On n’a pas cessé d’entendre dans les médias que les québécois ne voulaient plus parler de référendum. Si le parti doit changer sa plateforme, il doit aussi changer de nom, de logo. Les 2 lettres sont entachées. Un peu comme on fait un nouveau produit amélioré et plus efficace on y ajoute « nouveau « encore meilleur ». Le PQ a-t-il des spécialistes en communication? Un positionnement stratégique à long terme doit être fait pour regagner la faveur du publique. La stratégie ne s’improvise pas, elle est songée et perspicace et échelonnée sur le court,moyen et long terme.

  25. «Des mutants, des mutins et des moutons, c’est ainsi que le sociologue Gérard Mermet dresse le portrait de la société française.»

    pour plus de détails, voir
    http://www.scienceshumaines.com/mutants-mutins-et-moutons_fr_4550.html

    Cette catégorisation date déjà d’une dizaine d’années, mais elle est toujours d’actualité, je crois, même en Amérique.

    On peut y voir des profils d’électeurs, qui s’ajoutent aux groupes d’âge et qui pourraient nous être utiles non seulement sur le plan de la communication, mais aussi dans la formulation de l’idée d’indépendance et de notre programme.

  26. Mr Lisée si vous pouviez nous informer sur les avis juridiques reçus ou pas concernant la charte.
    Jean Lapierre informe sur LCN ce matin qu’il a discuté avec quelqu’un au PQ et cette source lui aurait dit qu’il n’y a eu aucune demande d’avis juridique demandé par Mr Drainville et le parti. Il n’en fallait pas plus pour passer le message qu’on ne peut faire confiance au PQ c’est ce que Lapierre voulait laisser comme info, aux gens.
    Soit le PQ est infiltré, que Lapierre désinforme ou je n’ai rien compris!?
    Merci de m’informer si vous avez le temps.

    • Serait-ce un mensonge? Bush a bien dit que Saddam possédait des missiles et aucun missile n’a été trouvé… Il semble que ce soit la même chose avec les avis juridique de M. Drainville.

      C’est quand même incroyable qu’un gouvernement élu puisse ainsi mentir au peuple! Les partis adverses avaient donc raisson: le PQ s’est servi de la charte pour déclencher des élections, parce qu’il avait la faveur populaire.

    • Vous voulez parler de cette tentative de diversion des libéraux qui ne savent pas comment gérer les finances publiques ? Les trois mousquetaires libéraux de l’Économie ont créé un trou artificiel pour camoufler leurs promesses électorales fallacieuses de 5 milliards de dollars. Ils tentent maintenant de faire oublier leur incurie en ressortant la charte, qu’ils agitent comme un épouvantail… Bien oui, Mesdames et Messieurs, il y a eu des avis de grands juristes comme Me Henri Brun et Me Claire L’Heureux-Dubé. Certes, ces avis ne proviennent pas en bonne et due forme du Ministère de la Justice, mais on comprend bien pourquoi lorsqu’on a suivi attentivement les travaux de la commission Bastarache. Tout le reste n’est que supputations et ergoteries sans intérêt. Le PLQ devrait s’occuper des «vraies affaires» tel que promis, au lieu de s’acharner à casser du sucre sur le dos du Parti Québécois. À mon avis, c’est là un indice certain d’impuissance.

  27. M. Lisée
    Vous lisez, j’en suis convaincu, tous les commentaires des lecteurs de votre blogue. C’est tout à votre honneur et je vous en félicite; ça montre que vous vous mettez à l’écoute du vrai monde, qui veulent qu’on s’occupe des vraies affaires. Or la vraie affaire , ici, c’est de parler de la souveraineté. Je comprends que vous vous donniez comme mission d’établir les bases d’un grand débat national, en toute connaissance de cause. Mais permettez-moi de suggérer qu’indépendamment des analyses des résultats des sondages, la vraie affaire est de ramener la cause de la souveraineté à l’avant-plan de la scène politique. À quand un petit coucou de la part du CSQ?

    En passant, votre premier tableau des non-francos est incompréhensible pour cause de manque de définition des données.

    • Je vous appuie là-dessus. Qui dit la vérité?
      C’est important pour la suite des choses. Ça va faire les cachotteries et les mensonges des « deux » bords. On en assez assez.

  28. M. Lisée, vous dites:

    « Évidemment les sondages testent toujours l’appui à la souveraineté, mais très rarement l’appui au statu quo canadien. Ils le font indirectement en interrogeant les Québécois sur leur attachement au Canada. »

    Il est parfaitement raisonnable de supposer que les jeunes favorisent le « statu quo » tout en se sentant détachés du Canada; le raisonnement étant qu’il n’est pas nécessaire de s’engager dans une bataille constitutionnelle pour affirmer ce qu’on ressent de facto. Ce genre de bataille leur semble inutile à leur identité.

    Si vous interprétez « détachement » avec un désir de changer le statu quo vous risquez d’éparpiller vos énergies dans des démarches et projets qui ne rapporteront pas. C’est plutôt un sentiment de « on s’en foute » qui est à la racine du détachement; je vois cela avec mes propres enfants, tous trois jeunes adultes. Ils n’ont pas d’appétit pour changer le statu quo. Vous devez comprendre qu’ils se sentent tout aussi détachés du Québec que du Canada. Ils ont une vision plus internationaliste, mois tribale. Dans la mesure que le Québec (ou le Canada) n’offre rien de concret pour stimuler le sentiment qu’ils sont attachés à un mouvement global, plutôt que tribal, la cause est perdue. La charte n’a été que le dernier clou dans le cercueil car elle affrontait de face leur vision cosmopolite. Mon fils ainé (24 ans) l’a expliqué parfaitement: il n’est ni pour, ni contre la souveraineté, mais la souveraineté à la sauce PQ (charte, identité, etc.), il est complètement contre et ne veut rien savoir. Les jeunes se sentent menacés par une identité d’exclusion, une identité qui tente d’homogénéiser tout le monde. Mon fils est trilingue et poursuit ses études en Europe après avoir fait son bac à Montréal. Il voit plus large que le Québec et même le Canada.

    L’identité qu’il cultive n’est pas une identité de fermeture sur les autres, mais d’ouverture sure le monde. Un Québec souverain ouvert au monde, ouvert d’esprit plutôt que replié sur lui-même aurait de l’attrait pour les jeunes, plus qu’un Canada qui se refait sur le style républicain « made in USA » à la Harper (que mon fils déteste) qui lui aussi exhibe une certaine fermeture d’esprit. Mais la charte malheureusement pour vous a écarté hors de tout doute que le PQ propose une souveraineté d’ouverture. M. Couillard n’a pas hésité de parler de cette ouverture au autres cultures durant la campagne. Ça n’a pas tombé sur les oreilles d’un sourd, et il en a récolté les fruits le soir de l’élection, parmi les jeunes électeurs entre autres.

    Vous devez donc aller chercher un peu plus de granularité dans cette analyse de ce sentiment de détachement de la jeunesse, en commençant par tenter de comprendre vraiment ce qui motive la jeunesse. Le problème pour vous est que d’ici les prochaines élections provinciales, il risque d’avoir un changement au fédéral et M. Harper sera remplacé possiblement par M. Trudeau, qui semble mieux incarner les valeurs et espoirs de la jeunesse, et donc qui pourra renforcer le sentiment d’appartenance au Canada parmi les jeunes.

    • M. Michel Lafrance, voilà qui est magnifiquement bien dit et superbement bien démontré par la voix de vos enfants. Monsieur Lisée et son Parti Québécois ont à reprendre une réflexion à partir de la révolution tranquille et à trouver une nouvelle piste qui répondra aux aspirations des jeunes d’être réellement les citoyens du monde, et non pas les membres d’une tribu.

  29. Lisée est décidément pris dans son propre piège de s’étonner que le détachement du Canada chez les jeunes Québécois ne se soit pas transformé en un attachement au Québec, garant d’un attachement au Parti Québécois et à la souveraineté.

    Il ne peut s’expliquer cette apparente contradiction. Il ne voit pas que depuis la révolution tranquille des années 60, le Parti Québécois s’est évertué à effacer l’histoire de la contribution des Canadiens français à l’édification de ce grand pays qu’est le Canada.

    Au cours des derniers 50 ans, c’est dire au cours des deux dernières générations, le peuple québécois n’a entendu et vécu que la petite histoire du Québec, confronté à l’énorme poids de ce Canada anglais hostile qui ne cherche qu’à le tenir sous son joug.

    En même temps, au cours de ces 50 dernières années, les indépendantistes ont colporté cette fausse « vérité » que les Canadiens français hors Québec sont dans une « spirale d’assimilation fulgurante » et sont voués à la disparition.

    Ce faisant, les indépendantistes ont mis l’histoire du Canada français aux vidanges. Pourtant, un million de Canadiens vivent en français jusqu’à ce jour hors des frontières du Québec. : 600,000 en Ontario, 300,000 dans les Maritimes et 200,000 dans l’Ouest.

    En conséquence, la jeunesse Québécoise, et tout particulièrement comme le démontre les sondages présentés ici par Lisée, les 18 à 45 se désintéressent tout simplement de leur héritage. Rien de bien excitant à vouloir inculquer aux jeunes depuis deux générations qu’ils sont assiégés et qu’ils doivent s’affairer à construire un mur tout autour de leur province pour se prémunir contre les assauts des autres, ces étrangers malveillants qui veulent les déposséder de leur langue et de leur culture.

    Tout esprit curieux et aventureux que sont toutes les jeunesses du monde et plus particulièrement la jeunesse du 21e siècle, elles sont en mode mondialisation et ne veulent pas se faire envelopper dans un cocon protecteur mais plutôt s’épanouir aux dimensions de la planète. C’est le choix entre citoyen du monde ou adhérent à ce qui équivaut à une secte, déterminée à les confiner dans ce qui équivaut à un ghetto. Oui, l’image est brutale mais on a qu’à analyser objectivement la Charte à Bernard Drainville pour y trouver les ingrédients de ce que j’avance.

    J’en conclus qu’au cours des deux dernières générations, l’histoire du Canada a été faussée et conséquemment l’histoire du Québec. Au point que l’histoire n’intéresse plus personne, et surtout pas la jeunesse québécoise. Tout ce qu’elle connaît, cette jeunesse québécoise d’aujourd’hui, c’est ce qui se passe à l’intérieur de ses frontières. Automatiquement, elle se reconnaît comme Québécoise parce qu’elle ne connaît rien d’autre. Non seulement le système éducatif du Québec y a contribué mais Radio-Canada qui n’a de Canada que le nom, étant donné que la vie des Canadiens français hors Québec demeure invisible aux Québécois.

    C’est tout ce que nous dit les données présentées ici par Lisée et rien de plus.

    • Comme les mots ne sont pas comptés, vous pouvez ajouter monsieur devant le nom de famille du blogueur. Moi, qui ne conçoit pas le moment où je ne serai pas souverainiste ou indépendantiste ou je ne penserai pas que de devenir un pays soit la meilleure chose qui puisse arriver au Québec, je parle toujours de monsieur Charest, de monsieur Couillard et de monsieur Harper. La politesse est une manifestation de respect et un lubrifiant des relations humaines. Elle transcende (ou devrait transcender) les convictions idéologiques et les lignes de parti.

    • « L’histoire n’intéresse plus personne » ?… Que voilà un beau plaidoyer de l’inculture! J’espère au moins que vous n’oeuvré pas dans le domaine de l’éducation.

  30. Plus j’y pense, plus j’en arrive à la conclusion que la défaite du PQ tient à trois principales causes.

    La première de ces causes, et la plus importante, ne vous en déplaise, est sa chef. En effet, avec les dégâts causés par le trop long règne des libéraux, elle aurait dû battre Charest à plate couture en 2012, au lieu de quoi le PQ a dû se contenter d’une simple minorité. De plus, minoritaire, elle s’est comportée comme si elle avait la majorité, avec toutes les déceptions qui en ont découlé.

    Ajoutez à cela le travail de sape quotidien des journalistes et commentateurs fédéralistes ou mal embouchés et le PQ dégringole à coup sûr.

    Enfin, cachez le projet de souveraineté comme si c’était une maladie honteuse et ne parlez de ses avantages qu’aux convertis et aux partisans (malgré les promesses de pubs à la télé qu’on n’a jamais vues) et vous vous écroulerez comme ce fut le cas en avril dernier.

    Remèdes:
    1) Trouver un ou une chef charismatique;
    2) Parler des avantages concrets de l’indépendance, pour TOUS (francos, allos et anglos), jour après jour, sur toutes les tribunes, avec tous les moyens possibles;
    3) Remettre TOUT en question au PQ, en laissant de côté les intérêts personnels et en écoutant les militants pour vrai.

    Avec tout ça, notre pays adviendra peut-être plus vite qu’on le pense.

    • Diane

      100% avec vous.

      C’est exactement tout le contraire de vos « remèdes » que le PQ fait depuis 20 ans. Tout le contraire.

      Ce qui explique pourquoi le PQ s’empêtre dans la médiocrité, pourquoi il devient un parti de vieux, pourquoi il parle un langage qui ne séduit aucunement la jeunesse.

      Un projet de pays, c’est emballant, inspirant pour un jeune. Quand j’avais 18 ans, cette idée était encore relativement nouvelle. Elle enflammait les passions. Elle nous rassemblait. Elle nous faisait rêver.

      Malheureusement quand on aura vu Mme Marois vouloir taire M. Péladeau, « Oh !!! Cachez moi cettte plaie qu’est la souveraineté, cachez moi cette honte qu’est l’idée d’Indépendance !! », le jeune n’aura d’autre option que de mettre ses énergies dans un projet mercantile et individualiste comme ce qu’offre la CAQ

  31. Bien d’accord avec Christian Bernard sauf que je ne suis plus souverainiste pour les raisons qu’il a mentionnées.

  32. Mr Lisée, ouf!
    Nous sommes pourtant plusieurs à vous dire que les sondages, les ci et les ça c’est votre domaine et à vous de les comprendre pour mieux orienter vos messages et surtout ce que vous ne faites pas et qui n’est pas démontré dans vos si nombreux tableaux, vous, avez -vous fait votre boulot à travers le Québec comme Couillard l’a fait alors que vous le réclamiez à l’AN. Lui il allait parler aux gens d’ailleurs si vous écoutez les débats télévisés il l’a répété combien de fois qu.il avait discuté avec les Québécois, partout sur le territoire, pis cela a été payant. Vous aurez beau le tortiller comme vous le voulez, vous avec un travail à faire sur le terrain plein de jeunes ne connaissent pas leur histoire alors difficile de leur parler de cette nation, ils ne la connaissent pas. Concernant la formule pour choisir un chef, lire le papier de MBC qui dit ce que plusieurs nous pensons. Vous devez être capable de choisir le meilleur pour contrer la machine fédéraliste, celui qui pourra porter le ballon sans l’échapper, laisser vos égos à la maison et vous amenez avec vos talents pour appuyer la tête qui fait flipper, craindre les fédéralistes. Pas besoin de dire son nom on s’acharne sur lui pour que le PQ le pousse de coté et j’espère que vous en êtes conscient. Sinon les gens iront vers un autre parti réinventé pour réaliser le rêve du Pays, nous y sommes des choix difficiles mais combien nécessaires.

  33. Je commence en disant que je suis souverainiste et j’ai voté PQ aux dernières élections. Stratégiquement plus que parce que j’ai été « séduit » par vos propositions je dois dire, parce que je ne voulais vraiment pas le retour des libéraux.

    Maintenant, parlons des vraies affaires! Une raison pourquoi vous avez perdus beaucoup d’électeurs et pourquoi selon moi la cause souverainiste perds des plumes, c’est que vous passez à coté de l’argument premier. Pourquoi la souveraineté? Vous n’offrez pas de direction bien différente des autres partis politiques. Dans un monde où on veut tout privatiser, pourquoi ne parliez-vous pas de nationalisation? Nationalisation de nos ressources naturelles, nationalisation de notre eau, pourquoi ne pas avoir offert la gratuité scolaire aussi? L’argent est là, il faut faire les bons choix. Pourquoi ne pas avoir fait de réforme d’un système électoral complètement désuet et malade (on l’a bien vu aux dernières élections).

    La souveraineté c’est bien beau, mais pour en faire quoi? Pour continuer dans la même voie néo-libéraliste que les autres? Pour que vous continuiez à fonctionner selon les sondages et les calculs politiques? Comme les autres partis politiques? Pour que vous nous parliez de mondialisation? C’est blanc-bonnet et bonnet-blanc. Vous avez essayé de boucher les trous faits par 9 années de Jean Charest, oui. Mais avez-vous essayé d’enlever ce qui empoisonne le Québec plus profondément? Avez-vous mit fin au privé dans la santé? Aux agences de santé privées qui siphonnent littéralement des centaines de millions de dollars par années? Avez-vous fait une VRAIE réforme du système scolaire tel que promis aux élections de 2012? Minoritaire ou non, personne ne voulait replonger en élection aussitôt, et aucun partis n’en avait intérêt. Vous aviez les coudées franches pour faire les changement qui s’impose.

    Je suis québécois et souverainiste, mais faire la souveraineté juste pour faire beau et pour donner un chèque en blanc à un parti politique, même souverainiste, non merci. À défaut d’avoir des options, je comprends les autres (et les jeunes) d’avoir baissé les bras. Et tous vos tableaux et vos graphiques ne changent rien au fait que le parti québécois est en grande partie responsable de son propre malheur, fautes d’avoir proposé des choix et des options différents. Il faut sortir des sentiers battus.

    • Monsieur Bernard, Tout d’abord merci pour votre contribution qui alimente la réflexion.
      Deux points que je voudrais commenter.
      1. Quand on veut implanter des choix de société qui vont entraîner des conséquences financières importantes, voire des bouleversements, pour les intérêts en place, telles que les nationalisations, privatisations, gratuités, etc., on ne peut le faire avec un gouvernement minoritaire.
      On ne peut élire un gouvernement et l’investir d’une mission de changement profond sans lui donner les outils du pouvoir nécessaires à son action et ses prises de décision, tout en se disant qu’on verra bien ce qu’il peut faire.
      Les outils du pouvoir politique, c’est d’abord le contrôle de l’Assemblée Nationale.
      Charest nous l’a assez démontré en 2003. Il avait fait campagne sur le seul mot de « Changement » sans jamais expliquer « sa » définition du mot ni le contenu du concept. Au lendemain des élections, on était piégé avec toute une série de mesures dont on ne voulait pas et avec lesquelles on doit vivre depuis ce temps. Il nous les a imposées parce qu’il contrôlait le vote de l’Assemblée Nationale.
      Couillard a fait la même chose. Sa campagne a porté sur « pas de référendum » et pas de « Charte ». Vous avez entendu le discours depuis son élection? Préparez-vous à quelques crises cardiaques.
      Connaissez-vous son programme, sa vision du Québec, la mission qu’il s’est donnée pour son mandat? Rien « mandat en blanc ». Ça fait plus d’une décennie que nous donnons un « mandat en blanc » aux PLQ et vous venez affirmer que vous, péquiste dans l’âme, vous ne donnerez pas de mandat en blanc au Parti qui incarne vos aspirations?
      Elle est où, la logique?
      2. Les tableaux, les graphiques, les statistiques, les remue-méninges, c’est la marque de commerce du PQ, c’est son côté pédagogique. Le PQ a toujours travaillé à éviter la démagogie. Pour compenser la démocratie participative à laquelle aspire une partie importante de son membership et qui n’a pas encore trouver son ancrage chez nous, il a développé une approche pédagogique. On observe, on consulte, on collecte l’information, on l’organise, on l’analyse, on conclut et on agit. C’est un processus long, mais transparent et, bien sûr, inclusif puisqu’ouvert à tous.
      Ceci tient probablement aussi, à l’origine de ses fondateurs et de ses leaders au cours de son histoire. Ils sont traditionnellement venus du milieu des sciences humaines, de la recherche, de l’enseignement, des médias, même les économistes et les avocats venaient principalement du milieu académique. Ils ne viennent pas du milieu du pouvoir traditionnel et, depuis 1970, le peuple s’est reconnu en lui. Peut-être moins, maintenant. Le peuple change parce que ses aspirations et ses responsabilités individuelles évoluent.
      C’est peut-être là la faiblesse qu’on a laissé s’installer, ne pas avoir suivi l’adéquation de la souveraineté avec l’évolution des aspirations citoyennes et sociétales comme diraient Amir et Françoise.
      L’arrivée d’un PKP est significative à cet égard. Elle est porteuse de ces aspirations nouvelles, individuelles et sociétales.
      En conclusion, je crois qu’il faut continuer à encourager les remue-méninges de toutes origines, habiles ou malhabiles, l’important c’est qu’elles s’expriment et participent à l’évolution.

  34. Sauf que. Lorsqu’il est reproché au PQ de vouloir faire la souveraineté et que le PQ au lieu de retourner la question tout bonnement réagit comme s’il était menacé, cela dit que le PQ trouve la souveraineté menaçante. Qui s’attend à ce que la majorité soit pour ce qui semble menaçant pour son promoteur? 😉

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