Les vrais signes du déclin du français

J’ai eu l’occasion ces derniers jours de mettre bout à bout les indicateurs préoccupants pour l’avenir du français lors d’échanges avec la ministre responsable de la langue, Marie Montpetit. Comme tous les membres de son gouvernement, elle porte des lunettes roses et refuse même de discuter de ces indicateurs, affirmant que tout va bien.

Voici à la fois des extraits des échanges et des liens vers les échanges complets.

 

 



9 réflexions au sujet de « Les vrais signes du déclin du français »

  1. Les Québécois n’arrêtent pas de dire qu’ils AIMENT LA LANGUE FRANÇAISE et qu’ils y tiennent! Ils DISENT… Mais qu’en est-il vraiment?
    Comme Madeleine Boucher, moi aussi j’ai constaté que de plus en plus de gens utilisent des mots anglais quand ils parlent.. français! Pire encore, à la tv, en interview, notre ÉLITE voulant paraître branchée (tu parles!) sanctionne toujours ses phrases par un mot ou une expression anglaise comme pour « élever » leurs propos, donner des lettres de « noblesse » à une idée que l’on vient d’exprimer.
    ÇA M’ÉNERVE car il s’agit d’un réflexe de colonisé, oui de COLONISÉ! Dans les années 50-60, aux dires de notre élite, nous étions déjà colonisés.. par la France! Il n’était de « bon bec que de Paris »! L’élite d’alors parlait à la parisienne. Celle d’aujourd’hui parle… à l’américaine: donc, nous sommes encore et toujours colonisés! Notre joual est truffé de mots anglo-américains transformés, triturés, « québécisés » que le brave peuple emploie « à journée longue » depuis des siècles, au point de s’y identifier, ce qui est un COMBLE!
    M’est avis que cette identification à une langue française triturée, torturée jusqu’à l’agonie relève encore aujourd’hui du fameux « NÉ POUR UN P’TIT PAIN »…

  2. Le 15 mai 2018

    UN DÉSÉQUILIBRE NÉFASTE

    Le 9 mai dernier, Le Nouvelliste publiait la lettre de mon distingué collègue, le professeur Georges Abdulnour, qui protestait contre la situation révoltante créée par le « lock-out » décrété par la direction de l’UQTR. Comme professeur retraité qui a travaillé ardemment au démarrage de l’institution dès 1969, il est normal que je l’appuie pleinement.

    Bien sûr, ce geste parait totalement inacceptable et aberrant de la part de l’Université, car la direction de cette dernière n’en révèle pas la cause véritable et fondamentale, ce qui aiderait à comprendre. C’est le sous-financement de sa mission, bien d’accord, mais creusons plus loin pour trouver cette cause, car c’est un problème qui touche le réseau de l’Université du Québec particulièrement et les universités francophones du Québec en général.

    D’ailleurs, Mme Lise Bissonnette, ancienne directrice du Devoir, a démissionné récemment de son poste de présidente du conseil d’administration de l’UQAM pour une raison apparentée, mais sans en révéler le fond. On y apprend que « les 10 recteurs les moins payés au Québec sont ceux du réseau de l’Université du Québec ». « Même le recteur de la toute petite Université Bishop’s de Lennoxville — effectif de 2744 étudiants — gagne 100 000 $ de plus que sa vis-à-vis de l’UQAM. (41 580 étudiants) » C’est « le symptôme d’un mal beaucoup plus profond, aux conséquences plus vastes et plus graves encore… »

    Or, ce que trop de nos universitaires, et surtout les recteurs, n’osent pas dire pour diverses raisons, c’est que ce sous-financement vient largement du sur-financement des trois universités anglophones qui raflent depuis des générations de 24 à 29% des subventions de fonctionnement de l’État québécois, pour une population anglophone historique qui tourne autour de 7% et un total anglophone d’environ 12 à 15%. Quand on y ajoute les subventions fédérales, on peut dire qu’elles nagent littéralement dans l’argent, pendant que nous grattons les fonds de tiroirs…

    Cette disproportion révoltante vient tout particulièrement du fait que les subventions de fonctionnement des universités sont simplement basées sur le nombre d’étudiants admis, un critère terriblement déficient pour l’avenir du Québec de langue française. Ceci a les effets néfastes suivants :

    • À l’Université McGill, 42 000 étudiants, près de 50% viennent de l’extérieur du Québec, dont une très forte proportion des États-Unis qui cherchent une formation universitaire à bas prix;
    • À l’Université Concordia, avec près de 30 000 étudiants à plein temps, on retrouve à peu près la même situation : une université issue largement de l’immigration.

    D’après Ici-RC, le nombre d’étudiants étrangers au Québec « est passé de près de 39 000 en 2016 à plus de 42 000 en 2017, soit une progression de plus de 9 %, selon les données du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI). » Or, près de la moitié étudiaient en anglais, largement à nos frais, à McGill ou à Concordia, alors que la vocation naturelle des universités québécoises est de rayonner en français dans le monde entier… Cherchez l’erreur !

    À cela s’ajoute une mission inavouée des universités anglaises, celle d’intégrer le maximum d’immigrants diplômés à l’anglais au Québec, de telle sorte que de plus en plus de Québécois d’origine seront éventuellement obligés de travailler en anglais chez eux pour des patrons diplômés, avec des conséquences prévisibles d’aliénation culturelle.

    Pour être équitable, la distribution des subventions de fonctionnement aux universités devrait donc se faire selon les proportions de citoyens francophones et de citoyens anglophones britanniques, soit 88% et 12% à peu près. Tout simplement en étant très généreux quand on compare au traitement des francophones du Canada.

    Nous avons de toute évidence besoin d’améliorations radicales dans la façon de gérer notre Québec, qui manque toujours des moyens d’un pays normal.

    Jean-Luc Dion
    Ingénieur et professeur retraité
    Directeur fondateur en 1969
    Département de Génie électrique et Génie informatique
    Université du Québec à Trois-Rivières

    RÉFÉRENCES
    https://www.ledevoir.com/societe/education/518893/la-presidente-de-l-uqam-se-vide-le-coeur
    https://www.ledevoir.com/societe/education/517181/des-iniquites-flagrantes-dans-le-salaire-des-recteurs
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/518047/education-superieure-le-salaire-des-recteurs-et-le-sous-financement-du-reseau-de-l-uq
    http://www.education.gouv.qc.ca/universites/professeurs-et-personnel-duniversite/regles-budgetaires-et-reddition-de-comptes/calculs-des-subventions/
    http://grandslabours.blogspot.ca/2012/12/des-subventions-desequilibrees.html
    https://uqam.ca/information/chiffres/
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1074592/universites-hausse-inscriptions-etrangeres-quebec-etudiants
    http://www.mcgill.ca/about/fr/info-eclair

    -o-o-o-o-

  3. De Québec, concernant la politique d’immigration de la C.A.Q. et de François Legault. Les oppositions et le gouvernement ont démoli immédiatement ce que ferait un gouvernement de la C.A.Q. avec leur proposition. Nombreux sont ceux qui ont tout rejeté en ce mardi parce que ça n’a aucun sens et le tout se terminerait dans un cul-de-sac en laissant le dernier mot au fédéral ! Je suis de votre avis, on a besoin de plus d’immigrants(es) qui parlent déjà le français et qui combleraient le marché du travail.

  4. La révolution de l’automatisation sera bien plus importante que les autres révolutions, parce qu’elle affectera surtout le secteur des services, et qu’elle touchera autant les économies avancées que les pays en voie de développement.Au début des années 2020, les investissements rapides dans l’automatisation permettront de compenser plus de la moitié des destructions d’emplois qu’elle aura provoqués.
    Mais à la fin des années 2020, l’automatisation pourrait avoir éliminé 20 à 25 % des emplois américains actuels, et mis au chômage 40 millions de travailleurs. Les plus touchés seront ceux qui perçoivent les plus petits salaires, ou des salaires moyens. Il s’ensuivra une récession d’une ampleur considérable.
    À cause des avancées technologiques, l’on prévoit que l’on aura de moins en moins besoin de travailleurs dans dix ou quinze ans? Que ferons-nous alors?
    Pourquoi, plutôt que de recourir à l’immigration, ne fait-on pas appel à des ouvriers temporaires pour cette période critique?
    Bien plus facile à gérer et beaucoup moins coûteux.

  5. Félicitations pour le combat que vous menez .
    Suggestion : que l’Éducation soit la priorité du PQ pour la campagne électorale
    par ce que votre projet est vraiment bon .

  6. Pourtant, ce n’est pas ce que soutient Michel C. Auger. Vous n’avez qu’à revoir son intervention à TLMP où il soutient la progression du français à Montréal ! Intervention qui n’a pas fait broncher le «très souverainiste» Guy A. Lepage. Devant de tels «enfumages» comment pensez-vous que le Québécois très moyen y comprenne quoi que se soit ?

  7. Une partie du problème est surtout la langue de travail, combien de fois j’entre dans un resto dans la région de Montréal et le personnel communique en anglais entre eux, celui-ci est souvent bilingue mais dans leur communications usuelles de travail, ça se passe en anglais. Même chose chez chaussures Rubino à Vimont Laval, un quartier , jadis, très francophone,la gérant parle en anglais à tous le personnel, les jeunes commis ont immensément de difficulté à nous parler en français, ils se prétendent bilingue mais sont plutôt dysfonctionnels en français J’habite St-Lazare de Vaudreuil, petite communauté à haute teneur anglophone ( 45% de la population) , et bien, lorsque mon fils jouait dans des sports organisés, tels , soccer ,hockey et baseball, les communications aux parents étaient trop souvent en anglais uniquement, les rencontre d’équipe, presque dans tous les cas en anglais. Les anglophone sont souvent très impliqués dans la vie communautaire et ils imposent leur langue sans trop de gêne. Il me semble nous devrions imposer le français obligatoire dans les sports et loisirs. Autre situation, je commande un hot-dog tout garni à la pataterie du coin et la petite caissière qui prend ma commande dicte la commande aux cuisiniers en anglais. Le problème il est là, la langue de travail doit absolument être le français, c’est la seule façon de l’apprendre. C’est pourquoi la loi 101 devrait s’appliquer à toutes les entreprises, pas seulement celles de 49 employés ou plus. Je ne vois pas d’objection à ce que les immigrants prennent des cours mais encore faut-il qu’ils puissent mettre en pratique ce qu’ils apprennent , malheureusement cela ne se produit pas dans les zones ou la masse d’anglophone est considérable , comme la région de Montréal.

  8. De Québec. On peut dire que le problème du français se situe en général sur l’île de Montréal. Si on compare avec la Capitale Nationale, le problème de la langue est moins présent, presque nul pour ainsi dire. Pourquoi nier le problème ? Il est bien présent pourtant. J’ai beaucoup de parenté à Montréal et autour et je peux vous dire que certaines de ces personnes mettent des mots anglais en parlant français. Je l’ai constaté souvent ! C’est un vrai problème auquel il faut s’attaquer le plus rapidement possible surtout qu’il y a de moins en moins de francophones de souche vivant à Montréal.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *