Lévesque et l’holocauste

C’était lundi la journée du souvenir de l’holocauste.
Voici l’essentiel de mon allocution à l’Assemblée nationale à ce sujet.

Merci, M. le Président. Je tiens à remercier le député de D’Arcy-McGee et les collègues de La Prairie et de Mercier de permettre à cette Assemblée de souligner, cette année encore, un événement tragique dans l’histoire de l’humanité, semblable à aucun autre et qui a marqué évidemment une population spécifique, la communauté juive, et plusieurs autres minorités en Europe pendant une période noire de notre histoire. Cet événement est d’une gravité telle que jamais il ne disparaîtra de nos mémoires. Toujours il faudra se demander comment une partie de l’humanité a pu sombrer dans une telle barbarie et comment faire en sorte, de manière constante, de se prémunir contre de tels dérapages qui vont jusqu’à l’horreur.
Un ancien membre très éminent de cette Assemblée a été témoin oculaire d’une partie de cette catastrophe. Je parle évidemment de l’ancien premier ministre René Lévesque. Je vais citer, pour mémoire, un extrait du livre Trajectoires juives du Québec de l’universitaire Pierre Anctil : «L’expérience personnelle vécue au cours de la Seconde Guerre mondiale poussa René Lévesque à entrer en communication de manière émotive et récurrente avec la communauté juive de Montréal. Jeune correspondant de guerre avec l’armée américaine, le futur premier ministre du Québec comptait parmi les premiers témoins à être entrés, le 29 avril 1945, dans le camp de Dachau. Le spectacle qui s’offrit alors à René Lévesque en ces temps d’apocalypse est difficilement descriptible. L’image de ces cadavres amoncelés viendra hanter le militant nationaliste jusqu’à la fin de ses jours. Dans une entrevue accordée en 1982, René Lévesque reprenait ce thème sous la forme des souvenirs suivants: « Ce que l’on découvrait dans ce camp, c’était en même temps l’antisémitisme, mais surtout jusqu’où on peut chuter dans la barbarie, en une chute organisée, c’est-à-dire pas un accident de parcours, mais quelque chose de systématique, une organisation de la mort. »»
Ce témoin oculaire qui a été le chef d’un des grands partis, un des grands premiers ministres du Québec, montre à quel point cet événement qui s’est passé loin de nous était proche de nous. Aujourd’hui, nous réitérons à la communauté juive et à toutes les victimes de l’Holocauste notre profonde sympathie et notre volonté d’être à leurs côtés pour se souvenir et pour faire en sorte que plus jamais cela ne se produise. Merci.



11 réflexions au sujet de « Lévesque et l’holocauste »

  1. M. Lisée,

    aurez vous aussi le courage et la détermination de condamner ces actes de racismes décrit ci-dessous?

    http://www.renenaba.com/honte-a-simon-perez-honte-a-la-france/

    En passant,  »l’Holocauste » est un terme à connotation religieuse. Même le mot Shoa vient distinguer d’une manière particulière l’attaque faite aux juifs. L’expression exacte et juste serait le génocide juif. Il n’y a aucune raison de vouloir distinguer un génocide d’un autre. La sémantique reste pareil, tout comme la gravité du crime. Il y a eu le génocide des Tutsis au Rwanda, il y a eu le génocide des arméniens et celui des juifs…

  2. « Ce que l’on découvrait dans ce camp, c’était en même temps l’antisémitisme »

    Désolé René, mais à Dachau la majorité des prisonniers n’étaient pas des Juifs.
    Dachau a été le premier camp de concentration ouvert en 1933. La majorité des prisonniers étaient des politiques.

  3. C’est bien monsieur Lisée.

    J’espère qu’un jour vous trouverez également l’occasion pour faire une déclaration à l’Assemblée nationale pour souligner la déportation de nos frères acadiens, des suites de laquelle périrent près des deux tiers de leur peuple.

    En tant que français d’Amérique issu de la Nouvelle-France, je n’oublierai et ne pardonnerai jamais ce que l’on a fait à nos frères Acadiens et j’estime qu’il serait grand temps que nos représentants politiques se rappellent que notre devise est la suivante:  » Je me souviens!  »

  4. Bravo monsieur Lisée mais je suis tout à fait d’accord avec vous monsieur Cusson. Un jour il faudra bien avoir le courage de chercher à répondre à cette question. Pourquoi cette communauté est-elle la plus virulente à s’opposer à notre projet de libération alors qu’elle devrait être la première à comprendre? De Libman à Galganov en passant par Jedwab, Tierney, Wajsman, Tyler, sans oublier Richler, ils sont nettement surreprésentés chez les ennemis acharnés du Québec. C’est pour le moins troublant et nous devrions avoir le droit de nous poser cette question sans être évidemment suspecté d’antisémitisme.

    Je n’ai pas non plus souvenir qu’un élu juif ait pris la parole à l’Assemblée nationale à l’occasion de la journée nationale des patriotes ou encore, compatir pour les milliers de morts et sans abris victimes de la conquête Anglaise. Voilà pourtant un geste qui démontrerait une bonne volonté de vivre ensemble.

    Incomparable direz-vous? Voilà tout le problème: la hiérarchisation de la souffrance. Les 20 millions de chinois exterminés pendant le seconde guerre l’ont pourtant été par de japonais motivés par la même haine raciste que les élites allemande de l’époque.

    Une compassion trop souvent à sens unique. Parlez-en à Yves Michaud.

    • M. Cusson, la communauté juive ce pose la même question que vous, mais a l’envers. Pourquoi est-ce-que les québécois souverainistes sont-ils si pro-Palestiniens et anti-Israel? Pourtant, les israéliens, comme les québécois, sont un peuple distinct entouré par des centaines de millions d’habitants d’une autre culture. Les israéliens, comme les québécois, doivent défendre leur langue, leur culture et même leur existence tous les jours, sinon la culture majoritaire de la région les ferait disparaitre sous peu. La différence, évidemment, est que les voisins du Quebec ne lance pas des obus dans les cours d’écoles québécoises et n’ont pas comme objectif notre annihilation totale.

      Quand a Yves Michaud, que voulez-vous? Voici un homme qui est très associé au mouvement souverainiste, qui fait des remarques anti-semitiques et qui décrit l’anglais comme étant « une cicatrice sur le visage de Montréal », pour ensuite se demander pourquoi les juifs anglophones ont votés non a 99% lors du dernier referendum. Peut-etre que quelqu’un pourrait lui expliquer.

    • Pourquoi ne pas nous l’expliquer vous-même ? Et par la même occasion, expliquez-nous cette citation d’Yves Michaud :

      « Mes propres concitoyens devraient suivre l’exemple de ce que le chanoine Groulx disait à propos du peuple juif. Le chanoine Groulx disait et nous invitait, et je le cite, « à posséder, comme les Juifs, leur âpre volonté de survivance, leur invincible esprit de solidarité, leur impérissable armature morale ». Et l’historien donnait alors l’exemple du peuple juif comme modèle à suivre pour que les Québécois affirment leur propre identité nationale et assument, et assument pleinement, l’héritage de leur histoire, ajoutant que l’anti-sémitisme était « une attitude anti-chrétienne et que les Chrétiens sont, en un sens, spirituellement des Sémites ». Fin de la citation »
      — Yves Michaud, États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, 13 décembre 2000

    • Tout à fait d’accord avec vous M. Lapierre et M. Cusson, on peut se demander pourquoi cette minorité est souvent la plus acharnée contre une autre minorité. À chaque fois par exemple que le Québec veut légiférer pour une protection accrue de notre langue, ce sont toujours les premiers à monter aux barricades..Incompréhensible.

  5. Dommage que la communauté juive du Québec n’arrive pas à reconnaitre au peuple québécois la légitimité de sa démarche vers la souveraineté.
    Difficile de comprendre aussi comment Israel peut encore justifier ses actions envers les palestiniens. On dirait qu’ils ont oublié la douleur et la souffrance de la guerre.
    Merci de leur rappeler que nous n’avons jamais été des ennemis, au pire seulement des adversaires puisqu’ils sont toujours en opposition à nos aspirations légitimes…coûte que coûte.
    Honnêtement j’aimerais mieux qu’ils aillent ailleurs puisque je ne crois pas qu’ils font progresser le Québec.

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