Mes conspirations au 357c

Oui, oui, j’avoue, je passe à table: je suis passé à table. À celle du 357c, le club privé de Daniel Langlois dont mon ancien patron et néanmoins ami Lucien Bouchard est membre.

Lui avocat, moi universitaire et blogueur, nous avons conspiré ensemble à deux ou trois reprises. Comme nous en avons pris l’habitude, nous nous sommes lancés à l’assaut l’un de l’autre, tentant de s’influencer mutuellement sur des questions d’intérêt national: les accomodements raisonnables, le taux marginal d’imposition, le niveau de productivité du Québec, les points de passage vers la souveraineté, les frais de scolarité, cent autres sujets.

Nous avons fait l’un envers l’autre un lobby insistant en faveur de tel livre qu’il faut lire, tel film qu’il ne faut pas voir, tel voyage qu’on voudrait faire.

Le vin offert au 357C est de qualité, et apparié à chaque plat. Mais Lucien boit peu, et c’était le midi, alors nous sommes restés sobres. Mais nous avons peut-être dérangé les convives des tables voisines (celle de M. Bouchard est au coin Sud-Ouest de la salle à manger), car il nous est arrivé de lever la voix dans le feu du débat ou de rire assez fort.

Bref, je craque et me mets à l’entière disposition de la Commission Charbonneau.



23 réflexions au sujet de « Mes conspirations au 357c »

  1. M. Lisée,
    Que vous connaissiez si bien M. Bouchard fait de vous une proie facile pour le président des minières: dans une imitation de Marcel Proust, en une phrase sibylline, ponctuée d’un grand éclat de rire, il instille dans votre oreille un conseil voilé pour la Première Ministre. Mine de rien, avec peu ou prou de vin, vous voilà courroie de transmission entre deux sombres mercenaires des énergies fossiles. Conseil dont vous vous serez vite repenti, cherchant une voie de secours. Ne vaudrait-il pas mieux fuir Le Tentateur?…

  2. Monsieur Lisée
    Je suis très étonnée de vos propos.

    En fait il ne s’agit aucunement du fait de fréquenter des clubs privés ni de rencontrer des amis ou contacts pour échanger.

    L’intention de la Commission Charbonneau à mon avis il me semble en publiant cette liste avait comme but de corroborer ou d’illustrer les constats qui se dégagent de plus en plus de ses auditions à savoir les liens entre le milieu des affaires, la mafia, la politique et le financement des partis

    Je pense qu’il y a un devoir de prudence à observer par les politiciens par rapport à qui ils fréquentent losqu’ils sont en poste afin de ne pas se mettre en position de conflits d’intérêts ou de pressions possibles contraires à leur mission de gouverner en fonction des besoins de la population.

  3. Que vous ayez partager un repas au 357c avec Lucien Bouchard ne me dérange d’aucune façon.
    Mais que des ministres libéraux y aient rencontré des hommes d’affaire reconnus comme étant proches de la Mafia ou mafiosi eux-même, ça c’est enrageant, parce que nous apprenons que c’est là que se négociaient de gros contrats gouvernementaux appelés par la suite, à des dépassements de 78% en moyenne.
    Ces ministres n’étaient certainement pas là pour parler de la température.
    Par souci de transparence et d’intégrité, pourquoi nos ministres et nos haut-fonctionnaires ne rencontreraient-ils pas les investisseurs et entrepreneurs dans les bureaux du gouvernement, lors de réunions formelles inscrites à l’agenda officiel ?

  4. Votre confession est la bienvenue. J’aime particulièrement la manière de vous confesser. Les Libéraux font tellement la chasse aux sorcières que s’ils l’avaient appris avant votre confession, on vous aurait fait un procès d’intention sans ménagement. Une chance que notre Lucien national n’est plus premier ministre, qu’arriverait-il, je vois déjà les pages de Quebecor : le premier ministre partage la même table que le canadian establishmen!

    Quel est la différence entre un club privé et un resto du coin qui n’est fréquenté que par la même clientelle? Le paiement du membership!

  5. Integre et parfois inocent.La publication de cette liste aurra eu pour effet de nous donner une explication sur les tendances exploitees par nos adversaires.
    Andre.

  6. Monsieur le ministre,

    vous lire est un vivifiant plaisir. Vous honorez le « politique » de façon ma foi…joliment poétique.Dès que nous nous aventurons à réclamer ne serait-ce que justice, nous subissons leur féroce répression.

    C’est que nos « bons maîtres » tout-à-coup très contrariés, semblent déterminés à nous contraindre, pour mieux nous écraser, comme des raisins pour leurs vendanges. Ils ont les capitaux, où est notre « part des anges… » le petit reste, assuré d’un minimum.

    Vivement une constitution… à nous!

  7. Vous m’avez donnez l’idée et l’envie d’aller vous relire, Pour une gauche efficace, faire payer les riches,: mode d’emploi, chapitre VI, page 85.

    « Voulez-vous dire que 40 % des gens ne versent aucune contribution à l’état parce que leurs revenus ne sont pas assez élevés ? demande l’avocat attablé à ma droite dans un excellent restaurant du Vieux-Montréal. « Absolument aucune », répond son vis-àvis, un cadre supérieur d’une grande société d’État. « Pas étonnant qu’ils soient opposés aux baisses d’impôts ! S’ensuivent les considérations habituelles sur le misérabilisme du modèle québécois. Le vin est bon. Le tartare de saumon aussi.

    À vue de nez, moi excepté, aucun des convives n’empoche moins de 250 000 dollars par an, sur lequel on prélève, bien sûr, beaucoup d’impôt ….

    … Seulement en repas remboursables, le cadre supérieur dépense plus de 20 000$ par an, soit davantage que le revenu de la moitié des adultes québécois. Et il ne paie aucun impôt sur ce qui est, à l’évidence, un revenu supplémentaire. Rien. »

  8. Autant je déteste la corruption de certains politiciens, autant je considère qu’il ne faut pas développer une paranoïa. Oui, il existe des clubs privés où ceux qui en ont les moyens peuvent se rencontrer. Je ne vois pas pourquoi ils seraient obligé d’aller manger au McDonald pour plaire au peuple qui envie leur aisance financière. Personnellement, je ne vais même pas au Costco parce qu’il me font ch*** avec leur carte de membre, mais qui suis-je pour juger de ceux qui y vont?
    Ensuite, deux personnes qui se connaissent ne peuvent plus se parler parce qu’ils ont un job dans lequel ils pourraient éventuellement avoir des discussions d’affaire? Je suis comptable, est-ce que j’ai le droit de diner avec un employé de Revenu Québec?
    Vive la Commission Charbonneau pour son effet, mais que cet effet de deviennent pas une chasse aux sorcières.
    Moi, je le trouve rigolo le texte de JFL et comme dirait nos amis anglophones: « Can’t take a joke? ».

    BM

  9. Bonjour M. Lisée,

    Utiliser l’ironie et l’humour afin de créer un sentiment de sympathie est sans nul doute une preuve d’intelligence et de charme. Vous n’êtes toutefois pas le seul p’tit futé du Québec!!! On peut sentir dans votre ton et vos propos un léger malaise et un petit sentiment de culpabilité. C’est bien tenté, l’humour et l’ironie, mais pas très pertinent à mon avis, vu le rôle qui vous incombe actuellement.
    Mais bon, il faut continuer à rire il parait!

    Pour le reste, Bravo pour votre travail! Continuez à bien servir les Québécois.

    • Parfaitement d’accord avec vous Maxime 84. M. Lisée vous êtes ministre maintenant et vos amis le savent aussi.

    • J’aimerais comprendre pourquoi au juste M. Lisée devrait éprouver un malaise fut-il léger et un quelconque sentiment de culpabilité ? Il a rencontré lulu à quelques reprises à l’époque où il était UNIVERSITAIRE ET BLOGUEUR (en capitales pour ceux qui ne savent pas lire), en quoi est-ce comparable à ce que beauchamp et tomassi ont fait alors qu’ils étaient ministres ?

      Quand on lisait les propos de certains peinturés la semaine dernière, en croisade pour tenter de justifier l’injustifiable comme d’habitude et qui tentaient de faire un parallèle entre les rencontres de M. Lisée et celles des deux ripoux du PLQ, comment pouvez-vous trouver à redire que M. Lisée éprouve le besoin de s’expliquer.

      Ce qui me sidère, c’est de constater qu’il y en a encore qui s’amusent à perpétuer la calomnie. M. Lisée s’explique et voilà t’y pas qu’il éprouve un malaise et un sentiment de culpabilité et s’il ne s’était pas expliqué il serait sans doute assimilé à la racaille du PLQ qui fréquente des mafieux, des bandits et des ripoux. Avec les gens dans votre genre, il n’y a rien à faire, ils trouvent toujours l’argument pour condamner et il y a des décérébrés pour acquiescer.

  10. J’apprécie toujours votre transparence et ce message ne me permet pas de douter de votre intégrité…

    • Surtout que le message est écrit avec un brin d’humour, que certains commentateurs ont ignorés.
      Mr Lisée, vous avez toute ma confiance.

  11. Mais oui, la perception qui tient lieu de réalité. Et pauvre club select qui n’aura rien fait que de dresser la table à des conversations utiles. Mais devenues suspectes sous les projecteurs. Commissions et redevances, la politique doit s’élever toujours au dessus du contingent.
    Hier aux Francs Tireurs vous avez fait amande honorable en disant que vous vous soignez de votre soi-disant condescendance dont on vous affuble. Lorsque vous étiez jeune et doué, vous deviez user de vos talents en soufflant fort afin de vous faire découvrir comme esprit supérieur. Maintenant que nous sommes plusieurs à savoir que vous êtes fort en thème, il vous appartient de nous orienter et de passer au niveau qui est dorénavant le vôtre : Ministre. Et de prendre vos distances… et de vous protéger des influences indues.

    Mais surtout, ne perdez jamais votre faconde. Votre transparence. Votre fraîcheur, auxquelles nous nous identifions. Ce dont le Québec à besoin actuellement, c’est d’air frais. Et nous comptons sur vous pour nous élever au rang auquel nous aspirons collectivement. L’État du Québec est et demeure orphelin d’un René Lévesque. Ne l’oubliez pas.

  12. Intéressant de luncher avec Lucien mais cela risque de devenir une mauvaise fréquentation , non parce que vous avez mangé au 357C mais qu’il n’y a plus rien a faire pout convaicre notre Lucien national qui est est beaucoup trop conservateur dans l’âme …. Mais je vous fait confiance monsieur Lisée …

  13. Monsieur Lisée,
    Vous êtes parmi ceux qui m’inspirent encore confiance. J’espère cependant que vos rencontres avec Lucien Bouchard ont eu lieu avant votre nomination comme ministre du gouvernement Marois. J’imagine en effet assez mal vous voir intervenir au Conseil des ministres sur un sujet( comme le gaz de schiste ou la langue) que vous venez de discuter longuement quelques minutes plus tôt avec votre « ami » Lucien Bouchard. Monsieur Bouchard étant un homme cultivé et sachant être convaincant, je suis sûr qu’une conversation avec lui sur des sujets comme ceux-là pourrait avoir pour effet de modifier votre façon de voir les choses, si ce n’est qu’à la marge. C’est souvent à travers des lunchs « inoffensifs » comme ceux-là que les meilleurs lobbyistes influencent les politiciens et gouvernements dans le sens désiré par les maîtres qu’ils servent. Dites-moi si j’ai tort.

    Salutations respectueuses.

  14. Un aveu candide et prématuré. Étiez-vous invité au 357 avant d’être ministre ?

  15. Monsieur Lisée,
    Depuis votre élection et vos nominations j’observe avec plaisir votre façon nouvelle de faire de la politique. Mais celle-là, vous l’avez échappée. Je me range derrière monsieur Vaugeois et me permets de douter de la pertinence du ton utilisé ici. Peut-être s’agissait-il d’ironie? Si oui, vous auriez dû vous assurer qu’elle serait saisie sans ambiguïté.
    Je vous donne tout de même le bénéfice du doute.
    Julie Duchesne

  16. Il ne faut donc pas prendre au sérieux les révélation de la ceic. Merci de nous aviser. Ce serait bien d’y mettre fin alors dans un souci d’économie.

    • Ce n’est pas la clientèle ou le club 357 C qui sont en cause ni la commission Charboneau mais certaines réunions qui se sont déroulées entre « méchants ». Il faut prendre au sérieux les révélations de la CEIC et croyez moi si certains se sentent insultés ou dérangés c’est que le chapeau leur fait ! Lorsqu’on est bien dans ses actions on ne craint pas la publicité….

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