Nuire à l’entrepreunariat et à l’économie en régions : Mode d’emploi

Il y a l’austérité. C’est quand on réduit des budgets. Il y a l’austérité toxique. C’est quand la réduction de budget a des conséquences beaucoup plus dommageables que la seule somme soustraite. Quand chaque dollar économisé par l’État fait perdre des milliers de dollars à la collectivité, nuit à la croissance, à l’emploi, au tissu social.

Si vous souhaitez comprendre concrètement le dommage causé, ces derniers mois et pour des années, par le gouvernement Couillard à l’entrepreneuriat et aux régions québécoises, je vous invite à prendre quelques minutes pour écouter les constats exprimés directement devant le ministre des Finances du Québec, jeudi dernier, à l’Assemblée nationale.

1. Démobiliser les entrepreneurs

Yves Maurais est un entrepreneur, spécialiste de l’immobilier commercial sur la rive-sud de Montréal. Depuis des années, il se dévoue bénévolement pour épauler la relève entrepreneuriale, d’abord à la tête du Centre local de développement (CLD) de Longueuil, puis à la tête de l’Association québécoise des CLDs.

Mais cette association va fermer ses portes dans deux semaines, victime de l’acharnement libéral contre les « structures », ces endroits où la société civile travaille de concert avec les élus et les entrepreneurs pour faire du développement.

Les CLDs, explique M. Maurais, donnent chaque année 30 000 conseils techniques aux entrepreneurs, mobilisent 3 000 bénévoles qui se mettent gratuitement au service du développement local. En général, rapporte-t-il, les nouvelles entreprises ont un taux de survie de 35%. Mais celles qui jouissent de l’accompagnement des CLDs ont un taux de survie de 70%.

Dans ce premier extrait, M. Maurais explique l’impact sur l’emploi de la fermeture imminente des 120 CLDs du Québec et le renvoi de leur 1350 salariés.

Dans ce second extrait, il rend compte du climat créé par la décision libérale sur les entrepreneurs bénévoles.

Vous avez entendu la réaction du ministre Laetao ? Si c’est vrai, « il faudra rectifier le tir », dit-il. Il semble découvrir, avec le témoignage d’Yves Maurais, le gâchis que son gouvernement est en train de causer dans le tissu entrepreneurial du Québec.

2. Ranimer l’esprit de clocher dans les régions

Il n’y a pas que les CLDs qui créent de l’emploi dans les régions du Québec. La concertation régionale permet, aussi, de susciter et d’accompagner des projets porteurs qui vont au-delà de l’action de chaque entreprise.

Voyez comment le jeune et dynamique maire de Gaspé, Daniel Côté, explique combien la destruction par le gouvernement Couillard du lieu régional de concertation, les Conférences régionales des élus, aura des impacts sur la création d’emploi.

Pour mieux comprendre, il faut savoir que le territoire québécois est formé, en bas de la pyramide, de villes et de villages. Puis à l’étage supérieur, ces villes et villages sont regroupés dans des Municipalités régionales de comté (les MRC, dirigées par un préfet). Puis, ces MRC sont réunies au niveau de la région dans les maintenant défuntes Conférences régionales des élus (CRÉ). Finalement, en haut de la pyramide, on trouve l’État québécois. (Sans parler du Gouvernement de trop, à Ottawa.)

Donc le jeune maire vient de bien expliquer le rôle de chaque palier, puis a bien décortiqué le fait que le gouvernement Couillard se vante d’offrir 100 $ millions/an aux régions, mais lui coupe en fait 175$ millions/an. Puis vient la question d’une députée libérale.

Remarquez encore la réaction du ministre des Finances, qui semble venir de comprendre la coupure de 83 millions par an dans le développement régional et la destruction des outils de concertation. Il invente sur le champ l’idée que d’autres sommes pourraient venir plus tard. Mais avec la réduction récurrente des budgets de l’État, on ne voit pas très bien ce que ça pourrait être. Et le mal est fait avec la destruction des CRÉ.

Il faut comprendre la tête ahurie du ministre des Finances: les articles de loi qui font le sale boulot sont dans son projet de loi budgétaire, le PL28. Mais il ne les a pas conçus et n’en a peut-être pas compris la portée. C’est une commande conjointe du Conseil du Trésor, du ministre Pierre Moreau des municipalités et du ministre de l’économie, Jacques Daoust.

3. L’effet cumulatif de l’action libérale

Finalement, pour avoir une vue d’ensemble de l’action libérale, rien ne bat une bonne vidéo pédagogique, comme celle produite par la section abitibienne du regroupement Touche pas à ma région:



16 réflexions au sujet de « Nuire à l’entrepreunariat et à l’économie en régions : Mode d’emploi »

  1. De Québec : En juillet 2016, est-ce que cette situation a changé ? Je le souhaite vivement. Mais je ne le crois pas. Les Libéraux ont fait des coupes sauvages dans tous les domaines et cela ne se répare pas tellement c’est du n’importe quoi, n’importe où ! M. Couillard a beau vouloir nous faire avaler ses couleuvres parce qu’il remet des sommes dans différents ministères, cela n’arrange rien dans ce qu’il a fait en 2015. Le mal est fait et demeure tel quel. Quel gâchis ! Un gouvernement du Parti Québécois peut faire beaucoup mieux en 2018, ne l’oubliez pas !

    • Je suis à l’emploi pour peu de temps hélas, dans une Corporation de développement économique communautaire (CDEC) agrée CLD (centre local de développement) pour l’arrondissement Mercier – Hochelaga-Maisonneuve. J’y travaille depuis plus de 20 ans et tout ce qui se passe en ce moment m’attriste beaucoup.

      De ne plus prendre en considération tout le travail que nous avons fait depuis 30 ans et plus, tout le travail accompli par nos nombreux bénévoles qui ont à coeur de garder leur quartier en vie en y développant des projets novateurs, c’est aberrant.

      Est-ce que ces nouveaux organismes sauront aider autant de personnes à s’en sortir et comment contribueront-ils à l’essor des nos quartiers et à la création d’emplois ?

      Beaucoup de mises à pied sont à prévoir d’ici quelques semaines et c’est alarmant !

      Combien coûteront les nouvelles instances qui seront mises en place pour remplacer celles déjà existantes ???

      Merci.

  2. Nous espérons un PARTI FORT
    Nous souhaitons que ceux et celles qui vont le restructurer bientôt soient, non seulement
    l’ ÂME du Québec et de son INDÉPENDANCE
    mais des gouvernants vigilants.
    Les fausses routes du passé ne doivent plus se reproduire.
    De grandes réalisations ont été menées à bien pendant les mandats de 1976 et +
    Hélas l’objectif principal,lui, a maintes fois été retardé.

    Que ce soit par des  » infiltrés « , arrivistes soucieux de s’asseoir à un siège de fonctionnaire .
    Bien établis dans la place ils n’ont rien à ciré de notre idéal.
    C’est tout juste s’il ne sont pas nuisibles à la cause en distrayant le public par quelques scandales
    croustillants en régions relayés habillement par les radios-poubelle .

    Autres infiltrés de plus gros calibre les  » parachutés  » d’Ottawa
    qui aboient : «Souveraineté!!! Souveraineté!!!»puis en stratèges salvateurs viennent
    mettre les bâtons dans les roues avec leurs arguments : « partenariats »,  » étapisme ».

    Les démolisseurs de la Nation Québécoise sont très forts en la matières.
    À chaque fois que nous étions sur le point d’ aboutir leurs stratégies sans scrupules,
    voir frauduleuses nous ont conduit à l’ échec.

    Manquons-nous à ce point de cerveaux clairvoyants pour voir venir le vent?
    Certes non! mais qu’ils se lèvent et nous seront victorieux et nos adversaires cette fois
    ÉCHEC ET MAT.

    Jacques FABRE de La Pinière 2 février 2015

  3. Parti QUÉBÉCOIS Parti

    Le militant de la base est en droit, en vertu de la  » liberté d’expression  » à la une ces temps-ci,
    de se questionner et de formuler quelques réflexions sur l’avenir de son parti.

    Très grande formation politique ayant fait ses preuves haut la main en son temps, on peut dire
    qu’actuellement il sommeille, pour le moins, ou qu’il est en réflexion, en réfection, comme on voudra!

    Il ne faut surtout pas penser qu’il est voué au sort des partis Créditistes et d’ Union Nationale. Non!!
    La restructuration à laquelle on s’attend ce printemps nous laisse espérer une équipe du tonnerre.

    À ses débuts son ascension lente mais tenace l’ a mené à la gouverne du peuple québécois.
    Ce fut vraiment le Parti Québécois le parti des québécois qui mena à bien la révolution tranquille.

    Cette équipe du tonnerre de Brest comprenait des hommes et des femmes qui avaient le Québec
    dans les tripes. C’était leur moteur pour oser braver toutes les oppositions et réaliser l’impossible.

    Fonder ce parti, s’approprier l’énergie électrique, créer la caisse de dépôt outil précieux de notre
    développement. Réformes en santé, en enseignement, garderies abordables, zonage agricole…

    Voilà ce que nous attendons de ceux qui vont assurer la continuation de ce qu’attend le peuple.
    Qu’ils et elles soient forts. Qu’ils osent. Guidés par un meneur ayant à coeur le PAYS du QUÉBEC.

    Jacques FABRE_ La Pinière Janvier 2015

    .

  4. Encore une fois, M. Lisée.
    … vous avez su trouver les bons arguments, au bon endroit, pour tenir nos lanternes allumées et éclairer notre vigilance sur les décisions à prendre : autonomie de nos régions et emplois en cause…, ce n’est pas rien !
    Se mobiliser …, en quoi notre parole ensemble a-t-elle plus de poids aujourd’hui au Québec? « L’action « , qui suit la mobilisation, pour un résultat possible, où la chercher ? Je doute…
    Bernadette Martin

  5. C’est là où vous êtes à votre meilleur, Monsieur Lisée: dans l’analyse politique.
    Continuez dans cette voie, le Québec a besoin de vous et de toutes les personnes de bonne volonté!
    Cordialement,
    N. Paiement

  6. Bonjour M. Lisée!

    Voici un extrait de de wikipedia: « Point de mire est une émission de télévision québécoise d’informations nationale et internationales (vulgarisées) diffusée de 1956 à 1959 à Radio-Canada. Elle était animée par le futur premier ministre du Québec René Lévesque, avant que ce dernier n’entre en politique en 1960, réalisée par Claude Sylvestre et supervisée par Romain Desbois. Au début, l’émission, en noir et blanc et d’un format de 30 minutes, était diffusée de 23 h 15 à 23 h 45. Toutefois, en raison de son succès, sans toutefois faire partie des émissions les plus regardées de Radio-Canada, elle changea d’horaire. La première émission a notamment traité du Canal de Suez. »

    Pour ceux qui s’en rappelle. René Lévesque et Point de mire étaient à voir.

    M. Lisée, je vous verrais vraiment animer une telle émission à la SRC ou TVA.

    *** Il est très difficile de décortiquer l’information d’aujourd’hui.

  7. Il est grand temps de se révolter
    On laisse les multinationales nous voler la porte ouverte par l’entremise des libéraux
    Pas de félicitations a faire aux gens de la région de Roberval (naifs)

  8. Je le retrouve ce Jean-François qui analyse et décortique pour faire la démonstration de l’ineptie, de l’incurie du gouvernement en place.

    C’est tellement gros et odieux cette façon de faire des libéraux qu’il est assez évident qu’il faut le dénoncer. Reste que la manière et la rigueur de cette démonstration y fait aussi. C’est dans ce rôle de pédagogue que Jean-François est à son meilleur.

    Les conséquences sont catastrophiques pour le Québec au complet. Ce n’est en voulant centrer autour des grands centres qu’on réussira à mobiliser les régions.

    Avec l’annonce de M.Couillard d’aider le secteur forestier dans sa région, on retrouve les vieilles recettes de saupoudrage d’argent publics auprès de grandes entreprises tout en négligeant le soutien aux petites entreprises du milieu qui réussissent, à force de courage et d’effort, à maintenir ou créer l’emploi.

  9. Les propos entendus lors de cette commission parlementaire démontre que le Québec est administré par des apprentis sorcier. L’instruction, c’est comme la boisson, ce n’est pas tout le monde qui porte ça..

  10. La destruction par le gouvernement Couillard.
    Au moyen-âge il y avait un engin de guerre qui s’appelait le « couillard » (ce n’est pas une blague). Cet engin de destruction s’appelle aussi un catapulte. Le gouvernement Couillard est un engin de destruction massive de l’État social québécois. Ce gouvernement couillarde sans vergogne.

  11. Merci Monsieur Lisée…c’est très clair votre article et mouvementé par les vidéo-clips…L’intention du gouvernement Couillard de détruire les structures sociales du Québec devient de plus en plus visible. De plus, les gens commencent à voir clairement qu’ils n’ont qu’un but : «Créer de la pauvreté et donc de la dépendance pour mieux contrôler le peuple québécois»…Je me souhaite que vous continuez à publier de tels articles…encore une fois merci…

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