Bilan du PQ: Ma réponse à Jules Falardeau

Il y a quelques jours, le cinéaste Jules Falardeau m’a écrit une lettre ouverte sur le Huffington Post. Il me fait plaisir de lui répondre.

Salut Jules,

Je ne te connais pas personnellement, mais comme tu m’as écrit et que tu poses des questions qui méritent réponse, je me lance.

Tu résumes ton propos dans ces deux paragraphes:

Moi j’aimais bien votre idée d’augmenter les impôts pour les plus riches. L’idée a durée quatre jours? À la place vous indexez les frais de scolarité. Vous trahissez les gens qui ont passé des mois dans la rue à se faire brasser par la police et qui ont causé la chute du précédent gouvernement. Et je ne parlerai pas de Madame Maltais avec ses histoires d’aide sociale. [...]

Qu’est-ce qui fait pousser l’économie de Montréal ?

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Comme ministre de la Métropole, j’ai le privilège d’entendre, avant vous chers internautes, les projets des uns et des autres. Je visite les usines, les bureaux, me fais aborder dans les rencontres, colloques et déjeuner-causeries par tous ceux qui veulent construire ceci, développer cela, faire venir tel investisseur, s’associer à tel autre.

Je fais également la tournée des grappes industrielles, ces huit regroupements sectoriels de l’économie métropolitaine où des entreprises, parfois concurrentes, planifient ensemble la croissance de tout leur secteur. « J’ai travaillé dans plusieurs pays », me disait récemment un dirigeant d’entreprise étrangère établie à Montréal et dorénavant représentant d’une des grappes, « jamais je n’ai vu autant de gens collaborant pour le bien collectif d’un secteur ».

Langue: Diane, chasseresse d’équilibre

Il a fallu à la ministre Diane de Courcy cinq semaines d’écoute et de patience pour entendre tous ceux qui voulaient s’exprimer sur une des législations les plus importantes proposées par notre gouvernement: le renforcement de la Charte de la langue française.

Diane de Courcy

Diane de Courcy

J’ai rarement rencontré, dans ma vie journalistique et politique, une personne qui allie aussi bien détermination, intelligence et capacité d’écoute que Diane de Courcy. Il faut croire qu’elle avait les yeux et les oreilles bien ouvertes le jour où, à l’école, on a enseigné les rudiments de la volonté, puis ceux de la nuance, puis ceux du vivre-ensemble.

Le projet de loi qu’elle pilote entre dans une phase importante. Le Parti libéral du Québec y est opposé à ce point qu’il a annoncé sa volonté de voter contre le principe de la loi. Ce n’est pas anodin. Le PLQ a la capacité d’amender, avec la CAQ, la loi pour la rendre plus conforme à ses vœux. Mais non. S’il n’en tenait qu’aux Libéraux de Philippe Couillard, il n’y aurait pas de projet de loi, amendé ou non. Il n’y aurait aucune nouvelle action sur le français.

Mettre la souveraineté en vitrine

Mon ancien patron Jacques Parizeau a souvent le don de revenir aux choses essentielles. Il aime dire, par exemple, que lorsqu’on veut faire progresser une idée, comme l’indépendance, il est bon de la mettre en vitrine.

C’est ce que le Parti québécois fait à compter de cette semaine, dans la plus grande et soutenue campagne de promotion de la souveraineté jamais tenue à l’extérieur d’une campagne référendaire.

Des clips vidéo thématiques, de Mme Marois, des vidéos de militants, des fiches argumentaires, des débats, seront diffusés à compter de cette semaine et déclinés pendant plusieurs mois à venir.

Voici la moisson de cette semaine :

La souveraineté, une question de fierté!

La souveraineté, c’est payant!

Suggestion de lecture à Justin T.

Il y a quand même du progrès.

Récemment, Justin Trudeau prétendait que c’était un « mythe » de dire que le Québec n’avait pas signé la constitution de son père.

Ce mercredi, le nouveau chef libéral admet que cette signature n’a pas eu lieu. Bravo. Il prétend cependant que c’est la faute du gouvernement souverainiste québécois de l’époque.

Il lui reste à apprendre que le chef libéral de l’époque, Claude Ryan, ne voulait pas la signer non plus, ni ses successeurs Robert Bourassa ou Jean Charest. (Pour Philippe Couillard, c’est moins clair pour l’instant.)

M. Trudeau 2 a besoin de lire encore un peu, c’est certain. Notamment au sujet de René Lévesque, l’homme qu’il tient pour responsable de la non-signature du Québec.

Il me fait plaisir de lui suggérer l’extrait suivant d’un livre récemment publié, La bataille de Londres, de Frédéric Bastien, qui met en parallèle l’approche Trudeau-père et l’approche Lévesque:

Expliquer le Québec au Rest-of-Canada

Sur la question québécoise, le Canada chemine. Il s’éloigne.

Naguère, on les entendait demander « What does Québec want? » (Que veut le Québec?).

Puis, ce fut « Who cares what Québec wants! » (On se fiche de ce que le Québec veut).

Aujourd’hui, on s’approche de « Québec, what’s that? »

Il y en a beaucoup que cela réjouit, notamment les deux auteurs du livre « The Big Shift » (Le grand changement). Il y en a que cela attriste, comme le Commissaire aux langues officielles (et ex-journaliste et correspondant à Québec) Graham Fraser.

Je prends l’initiative de reproduire ici le texte qu’a publié dans les journaux ces derniers jours M. Fraser, à ce sujet. Son texte, écrit pour tenter de contrer l’éloignement entre le Québec et le Canada, nous éclaire sur l’ampleur de la disparition du fait québécois dans l’esprit canadien.

The Big Shift Also Speaks French